Non classé

AMINA

Après quelques années de retrait volontaire de la scène hip hop kamer, la rappeuse Amina est de retour. Depuis 5 mois, elle est sur tous les fronts : avant première du spectacle de la Fouine au camp sonel, spectacle triple XXL à africréa à Yaoundé. Avec son style Hardcore, l’ancienne membre du groupe force A4 nous parle des meufs dans le hip hop, de son retour, de sa vision du rap kamer, de ses projets. –

 

Qui est Amina ?
Amina est une jeune camerounaise âgée de 24 ans qui fait du rap depuis une dizaine d’années. Le public me connaissait à travers mon premier posee qui s’appelait force A4. je tiens à rappeler que j’ai commencé par la chanson avant d’opter pour un style plus présent qu’est le rap.

Parle moi de tes débuts ?
J’ai commencé à m’intéresser au hip hop très jeune. Mais c’est en 1998 que j’ai décidé de le pratiquer. Sous les conseils de Shabazz (EX membre du groupe Othentik klik, j’abandonne la chanson pour le rap. En 1999, j’intègre le groupe Force A4 qui était composé de : Claudia, Vegan’s, Spirit et moi-même. Il y’avait aussi une chanteuse du nom de Flow-JO. Nous avions participer à l’album du groupe Othenthik Klik dans les sons « reste sage  et désespoir » . Et voila les débuts d’Amina.

Pourquoi t’as choisi le hip hop comme moyen d’expression ?
Tu sais, j’ai toujours kiffé le hip hop. J’ai opté utilisé une arme qui s’appelle « Micro » pour me faire entendre. D’aucun traite la femme comme étant un « sexe faible », eh bien je suis là pour montrer aux gens que la femme est la mère de l’humanité et elle doit être respecter. Je défends les valeurs africaines qui donnent à la femme la place qu’elle mérite.

N’as-tu pas peur de te faire écraser par ses machos ?
Je rappe bien. Les rappeurs aiment les gens vrais. Ils savent reconnaître les talents. Je reçois d’eux des encouragements. Je suis une fille digne et c’est pour cela qu’ils me respectent. Il y’a parmi eux  ceux qui me soutiennent. Je pense comme ça à DJ Bilik, Snipy, Shabbaz, DJ Jaye mx, Kreezry, et bien d’autres. J’ai également le soutient de ma mère et de mes frères.

Depuis l’album d’Othentik klik, t’as disparu ainsi que ton crew. Alors qu’est ce que tu deviens ou qu’est ce vous devenez?
Je tiens à rappeler quelque chose. Je ne faisais pas partie du groupe Othentik klik. Nous avions à l’époque participer à 2 sons (reste sage et désespoir) de leur album. Mon crew (force A4) qui était composé de quatre meufs a existé jusqu’en 2003. nous avions participé à beaucoup de spectacles. Nous avions aussi fait un freestyle avec la rappeuse Bam’s. l’ambiance était très bonne. C’est dommage que le groupe n’existe plus. Nous incarnions à l’époque les groupes féminins comme les spice girl ou encore les TLC version rap. malheureusement les contraintes scolaires m’ont amené à m’éloigner un peu de la scène hip hop. Et voila, je suis de retour.

Est-ce facile d’abandonner un  mouvement et le revenir en force ?
C’est vrai que ce n’est pas facile. Mais dans mon cas, je n’avais pas arrêté le rap. Je suivais la vibe. C’est vrai que je faisais moins de scène, mais je continuais toujours à écrire des textes. Bref je travaillais dans l’ombre. J’étais entre l’école et le rap.

Alors est ce facile de concilier school et rap ?
Moi je fais la part des choses. L’école occupe une place importante, le rap également occupe une place non négligeable. Lorsqu’on est organisé, on peut faire l’école et le rap. La preuve, j’ai obtenu mon bac et je rap toujours.

Quelle relation entretiens tu avec les autres hippopeuses du bled ?
Pour être franche, sur le plan professionnel, je dirais aucune. Mais je suis restée amie avec certaines meufs comme vegan’s, claudia et spirit. Bref les anciennes membres de force A4.

Quelle place occupent les meufs dans le hip hop kamer ?
Il est bien vrai qu’il y’a très peu de meufs dans ce milieu, mais ce phénomène est mondial. Regarde en France et aux states, il y’a aussi moins de meufs. Au kamer, il y’a Lady B, Vegan’s, les fee-minin, Mamy Wata, Diallo… et moi. Sinon généralement, dans ce milieu, il y’a peu de meufs. La raison, je pense que c’est parce que le mouvement hip hop est issu d’une culture de rue, un espace ou « on considère que les meufs ne doivent pas traîner ». nous qui sommes là, essayons de nous faire une place et nous nous défendons très bien.

C’est quoi ton style de rap ?
Je fais du hardcore. Je fais aussi du groove. Mais les messages que je véhicule m’amène à être hardcore. C’est le style de rap que je sens le plus. Je ne suis pas contre ceux qui font du rap mboa (encore faut il qu’il en existe un), ni meme ceux qui vont du rap ethnique. Je dis à chacun son biz.

T’as un projet d’album ?
Pas encore. Je compte plus tôt mettre d’abord sur pied un maxi qui s’intitule « princesse Bamoun ». pourquoi cette appellation ? tout simplement parce que je suis de la tribu Bamoun (tribu qui se trouve dans la province de l’ouest Cameroun, très connue de part sa culture très riche. Le palais Bamoun fait parti du patrimoine de l’UNESCO).
il aura 6 sons. Dans le titre « ne baisse pas les bras », je demande à la femme de garder la tête haute et en même temps, je ramène certaines à la raisons. Je leur dit de ne pas céder à la facilité et de ne pas se laisser mâter par les hommes. Je valorise également la femme africaine.

Comment trouves tu l’environnement du hip hop kamer ?
Il a beaucoup évolué. Actuellement, les rappeurs ont plus de facilité de scène. J’ai fait la première partie du spectacle de la fouine et de JRO chose qui n’existait pas avant. Il y’a aussi moins de préjugés. Les rappeurs passent sur des chaînes de télé et dans des radios à longueur de journée. Il y’a meme ceux qui passent sur Trace TV, MTV… des chaînes de télé mondialement reconnues. Tu as le groupe AK Sang Grave, Krotal et Lady B qui ont été au festival international de rap urbain du Gabon « GABAO ». ça veut dire que les choses avancent. Je pense que si l’Etat et les sponsors soutiennent le hip hop kamer, il connaitra l’envol.

T’as des models dans le rap ?
Bien sur. Je peux citer comme ça : Rah Digga, Eminem, le groupe français Sniper, Diam’s… ils sont très nombreux.

Est-ce qu’il y’a une critique que tu aies peur t’entendre ?
Il y’a certaines personnes qui disent que je ne m’habille pas comme une rappeuse, que je n’ai pas l’air d’une rappeuse. Mais je leur dit que je préfère ne pas paraître ce que je suis.

On n’a l’impression que les rappeurs n’ont pas de vie privée. Alors toi, t’en as une ?
Avant d’être une rappeuse, je suis avant tout une femme. J’ai une vie normale comme toute femme normale. Bref J’ai une vie privée. Il bien vrai que quelqu’un l’a dit : « on ne peut pas être un Homme public et avoir une vie privée ». mais moi j’en une que je protége.

Quelles conseils tu pourras donner aux jeunes filles qui voudraient faire du rap comme toi ?
Je ne peux que les encourager. Il faut qu’elles fassent très attention, car c’est un milieu vicieux. Il y’a pleins d’obstacles, mais elles doivent être très forte. Je suis de tout cœur avec elles. Ensemble, nous mènerons un meme combat pour le hip hop féminin en général et kamer en particulier. Au départ, c’est dur mais avec du travail et de la persévérance, ça ira. Comme disait le groupe Balafon Kunta « ça va aller, ça va aller, ça aller, le hip hop au merka (kamer) » et à Big Bzy d’ajouter « one days, one days, le hip hop au kamer, ça va payer ». 

Ton mot de fin ?
Tout d’abord, je tiens à vous féliciter pour le travail que vous abattez pour le hip hop kamer. Vous allez vers tout le monde et j’aime ça. Internet est un media mondial et on espère qu’avec cette visibilité que vous nous offrez, le hip hop kamer sera vulgarisé de part le monde.
Je remercie le tout puissant de me donner la force et la volonté d’aller de l’avant. Amina est de retour, elle compte être là le plus longtemps possible. Je serais dans les bacs dans bientôt.

Idy

http://www.kamerhiphop.com

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Chinois Yangue : “ Au sein du groupe, une crise pr

Chinois Yangue

“ Au sein du groupe, une crise profonde ”

Après la rentrée culturelle manquée de la CY Entertainement qu’il dirige, Chinois Yangue, a accepté de lever un pan de voile sur ce qui s’est passé.

Vous venez de reporter pour une date ultérieure, les concerts de Yaoundé qui rentraient dans le cadre de la rentrée culturelle de CY Entertainement. Que s’est-il passé ?
En fait, les conditions n’étaient plus réunies pour la suite de l’opération. La deuxième date de Douala, a connu un sérieux problème, à cause de la pluie qui a arrosé toute la ville ce jour-là. Au moment où la pluie s’arrête, il est 20 heures. Notre heure butoir au lieu de spectacle, c’était 22 heures. Nous aurons pu monter les appareils et lancer le show. Mais l’eau de pluie qui ruisselait n’était pas une garantie pour la sécurité des artistes qui devaient utiliser le matériel électrique. Nous n’avons pas voulu courir de risque et, sur les conseils de nos techniciens et de nos partenaires, nous avons reporté ces concerts. Mais ce n’est que partie remise.

Lors de la conférence de presse de cette rentrée, vous avez dit avoir préparé l’événement en question, pendant trois mois. Quand vous parlez de conditions qui ne vous ont plus permis de réaliser cet événement à moins d’une semaine, de quoi s’agit-il exactement ?
Le moment venu, je m’ouvrirai à la presse. C’est bien beau de critiquer, sans pour autant avoir l’avis des organisateurs pour comprendre ce qui se passe. Je vous assure qu’aujourd’hui, organiser un spectacle au Cameroun, ce n’est pas évident. On manque vraiment de tout, pour le faire. Quand je parle de conditions, ce sont ces aléas qui peuvent surgir à la dernière minute, obligeant les organisateurs à arrêter tout. Nous étions prêts à 95 %. Les frais de location des salles étaient payés, les artistes avaient reçu 50 % de leur cachet. Mais la pluie est venue nous obliger, à surseoir le spectacle, alors que nous avons loué l’espace jusqu’à 22 heures et payé les artistes.

Les promoteurs culturels se plaignent toujours que la presse ne vient pas vers eux. Ce qui n’est pas toujours exact. Maintenant, vous avez la parole, dites nous ce qui a manqué pour la réussite de cette rentrée culturelle. Vous ne pouvez pas rester camper sur cette pluie qui s’est abattue sur Douala empêchant le concert prévu au collège De La Salle, pour expliquer l’annulation des concerts de Yaoundé.
Lorsqu’on annule un spectacle comme cela a été le cas dernièrement, personne ne vous rembourse. Que ce soit pour la sono, la régie, les cachets d’artistes ou la salle. Si vous avez dépensé 10 millions de francs Cfa, cet investissement est perdu. Or lorsqu’on investit, on attend des retombées. Dans notre cas, il n’y a pas eu de retour. De facto, cette situation a pénalisé la suite de l’événement. Voilà une des raisons du report de nos spectacles. Nous aurons pu forcer et continuer l’aventure sur Yaoundé. Mais en professionnels avertis, nous ne voulions pas offrir n’importe quoi à notre public, qui nous est cher.

A vous entendre, on dirait que les spectacles de Yaoundé, financièrement dépendaient un tout petit peu, de ceux de Douala ?
Pas forcément. Je vous dis que tout était payé, en ce qui concerne les salles. Les radios partenaires avaient perçu la somme conclue pour la communication. Les affiches étaient déjà posées et les hôtels réservés pour les artistes, étaient payés. Vous pouvez aller vérifier. Pour le concert de Douala, les artistes ont touché leur cachet, même s’ils n’ont pu jouer que pour un seul spectacle. Dire que les spectacles de Yaoundé dépendaient de ceux de Douala, oui et non. Nous avions besoin de ces ressources pour continuer. Au-delà de tout cela, au sein du groupe, il y a eu des problèmes que je ne voudrai pas pour l’instant m’attarder dessus. J’ai fait ce qui était de mon devoir et, mes conseillers sont penchés sur la question en ce moment.

Revenons encore sur le spectacle raté du collège De La Salle. Vous êtes dans le domaine de l’organisation des spectacles, depuis bien longtemps. N’est-ce pas de l’amateurisme pur que d’organiser un spectacle en plein air en saison de pluie ?
Quand je vous dis que le milieu de l’art au Cameroun est abandonné, c’est aussi ça. Il ne revient pas à nous organisateurs de spectacles et promoteurs culturels, de construire des salles de spectacle. Mais aux autorités qui ne manquent pas de moyens, mais de volonté culturelle. Une salle de cinéma comme son nom l’indique, n’est pas faite pour des concerts. Aller faire un spectacle dans la cour d’un établissement n’est pas approprié. Mais, avons-nous, un autre endroit pour le faire ? C’est vrai que nous avons été vraiment surpris par la pluie. Ce n’est pas la première fois que nous organisons des spectacles en mai. Nos trois derniers concerts ont eu lieu en mai. Nous qui connaissons les saisons au Cameroun, nous savons que la petite saison de pluie a lieu en mars, la grande en juillet, août. Là, c’était vraiment une surprise. Si nous l’avons su, nous nous serions limités au spectacle en salle.

L’un des artistes invités pour ces spectacles, en l’occurrence, Sergeo Polo, a fait une sortie sur une chaîne de radio de la capitale économique pour parler d’un nombre de problèmes que vous avez en commun. De quoi s’agit-il ?
Sergeo est un jeune frère et un artiste que nous adulons tous. Si notre choix s’est porté sur lui pour cette série de concerts, c’est pour toutes ces raisons-là. Entre un promoteur et un artiste, il peut avoir des problèmes. Et comme je disais tantôt, il y a eu des problèmes. Pas seulement avec Sergeo Polo, mais aussi avec certaines personnes qui n’ont pas voulu que les choses se passent comme prévu dès le départ. Si seul le cas de Sergeo Polo a retenu votre attention, je vous parlerai également de la Crtv qui a été une entrave à la bonne réussite de cet événement. Je me réserve encore, peut-être vous aurez même la primeur de l’information, le moment venu.

A quand le prochain spectacle sur Yaoundé, exactement ?
Nous n’allons pas juste faire un spectacle pour contenter le public de Yaoundé. Il nous a été rapporté également que le public du cinéma Le Wouri est parti, insatisfait, avec comme un goût d’inachevé. A notre niveau, nous avons cru avoir fait le bon choix, entre la vieille garde que constitue Aïcha Koné et la nouvelle garde qui est représentée par Annie Anzouer et un peu Sergeo Polo, et la jeune génération, avec Mia, Christina Dj, Mukuluku DJ. pour nous, le choix était évident. Si une partie du public n’a pas eu pour son argent, nous sommes en train d’étudier une autre stratégie. Nous avons au moins quatre grands plateaux à proposer à notre public, tout au long de cette année.

Vous disiez tantôt qu’il paraît que certaines personnes dans le public du spectacle du Wouri n’ont pas été satisfaites. A propos d’argent dépensé pour assister à ce show. Ne trouvez-vous pas que 10.000 francs Cfa pour une soirée de spectacle sont trop lourds pour le Camerounais, dont le pouvoir d’achat est assez réduit ?
Au départ, je vous ai dit que faire un spectacle au Cameroun en ce moment, ce n’est pas vraiment facile. Vous êtes abandonné à vous-même. Nous avons financé cette opération à hauteur de 90 %. Aucun des artistes sur le plateau ne réside au Cameroun. Entre les billets d’avion, l’hôtel, la location des salles de spectacles et des véhicules pour le transport, c’est toute une artillerie. Je pense que si notre souci était de gagner de l’argent, nous n’y serions pas allés sans les annonceurs. Mais comme nous nous sommes dit que le prix est abordable, nous avons mis en avant la politique, de pré-vente qui est utilisée dans plusieurs pays européens et même africains. Cela permet à celui qui achète son billet avant le jour du spectacle, de bénéficier d’un prix préférentiel. Malheureusement, cela n’a pas marché. Je ne sais pas si la faute est à notre stratégie commerciale ou si elle se trouve ailleurs. A 10.000 francs Cfa, je ne pense pas que le prix était si élevé. Sachant combien les Camerounais sont snobs et ne veulent pas parfois se frotter aux autres classes sociales.

Un spectacle comme celui que, vous avez organisé, coûte combien ?
Chiffre à l’appui, c’est trente millions de francs qu’il faut débourser. Nous avons dépensé 25 millions de francs. Ceux qui s’obstinent à croire que nous avons annulé les spectacles à cause des finances, tout était payé d’avance. Nous aurons pu continuer à Yaoundé. Mais au sein du groupe, une crise profonde s’était installée. 

Par Entretien mené par Vanessa Nana
Le 07-06-2006

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Chinois Yangue : “ Au sein du groupe, une crise pr

Chinois Yangue

“ Au sein du groupe, une crise profonde ”

Après la rentrée culturelle manquée de la CY Entertainement qu’il dirige, Chinois Yangue, a accepté de lever un pan de voile sur ce qui s’est passé.

Vous venez de reporter pour une date ultérieure, les concerts de Yaoundé qui rentraient dans le cadre de la rentrée culturelle de CY Entertainement. Que s’est-il passé ?
En fait, les conditions n’étaient plus réunies pour la suite de l’opération. La deuxième date de Douala, a connu un sérieux problème, à cause de la pluie qui a arrosé toute la ville ce jour-là. Au moment où la pluie s’arrête, il est 20 heures. Notre heure butoir au lieu de spectacle, c’était 22 heures. Nous aurons pu monter les appareils et lancer le show. Mais l’eau de pluie qui ruisselait n’était pas une garantie pour la sécurité des artistes qui devaient utiliser le matériel électrique. Nous n’avons pas voulu courir de risque et, sur les conseils de nos techniciens et de nos partenaires, nous avons reporté ces concerts. Mais ce n’est que partie remise.

Lors de la conférence de presse de cette rentrée, vous avez dit avoir préparé l’événement en question, pendant trois mois. Quand vous parlez de conditions qui ne vous ont plus permis de réaliser cet événement à moins d’une semaine, de quoi s’agit-il exactement ?
Le moment venu, je m’ouvrirai à la presse. C’est bien beau de critiquer, sans pour autant avoir l’avis des organisateurs pour comprendre ce qui se passe. Je vous assure qu’aujourd’hui, organiser un spectacle au Cameroun, ce n’est pas évident. On manque vraiment de tout, pour le faire. Quand je parle de conditions, ce sont ces aléas qui peuvent surgir à la dernière minute, obligeant les organisateurs à arrêter tout. Nous étions prêts à 95 %. Les frais de location des salles étaient payés, les artistes avaient reçu 50 % de leur cachet. Mais la pluie est venue nous obliger, à surseoir le spectacle, alors que nous avons loué l’espace jusqu’à 22 heures et payé les artistes.

Les promoteurs culturels se plaignent toujours que la presse ne vient pas vers eux. Ce qui n’est pas toujours exact. Maintenant, vous avez la parole, dites nous ce qui a manqué pour la réussite de cette rentrée culturelle. Vous ne pouvez pas rester camper sur cette pluie qui s’est abattue sur Douala empêchant le concert prévu au collège De La Salle, pour expliquer l’annulation des concerts de Yaoundé.
Lorsqu’on annule un spectacle comme cela a été le cas dernièrement, personne ne vous rembourse. Que ce soit pour la sono, la régie, les cachets d’artistes ou la salle. Si vous avez dépensé 10 millions de francs Cfa, cet investissement est perdu. Or lorsqu’on investit, on attend des retombées. Dans notre cas, il n’y a pas eu de retour. De facto, cette situation a pénalisé la suite de l’événement. Voilà une des raisons du report de nos spectacles. Nous aurons pu forcer et continuer l’aventure sur Yaoundé. Mais en professionnels avertis, nous ne voulions pas offrir n’importe quoi à notre public, qui nous est cher.

A vous entendre, on dirait que les spectacles de Yaoundé, financièrement dépendaient un tout petit peu, de ceux de Douala ?
Pas forcément. Je vous dis que tout était payé, en ce qui concerne les salles. Les radios partenaires avaient perçu la somme conclue pour la communication. Les affiches étaient déjà posées et les hôtels réservés pour les artistes, étaient payés. Vous pouvez aller vérifier. Pour le concert de Douala, les artistes ont touché leur cachet, même s’ils n’ont pu jouer que pour un seul spectacle. Dire que les spectacles de Yaoundé dépendaient de ceux de Douala, oui et non. Nous avions besoin de ces ressources pour continuer. Au-delà de tout cela, au sein du groupe, il y a eu des problèmes que je ne voudrai pas pour l’instant m’attarder dessus. J’ai fait ce qui était de mon devoir et, mes conseillers sont penchés sur la question en ce moment.

Revenons encore sur le spectacle raté du collège De La Salle. Vous êtes dans le domaine de l’organisation des spectacles, depuis bien longtemps. N’est-ce pas de l’amateurisme pur que d’organiser un spectacle en plein air en saison de pluie ?
Quand je vous dis que le milieu de l’art au Cameroun est abandonné, c’est aussi ça. Il ne revient pas à nous organisateurs de spectacles et promoteurs culturels, de construire des salles de spectacle. Mais aux autorités qui ne manquent pas de moyens, mais de volonté culturelle. Une salle de cinéma comme son nom l’indique, n’est pas faite pour des concerts. Aller faire un spectacle dans la cour d’un établissement n’est pas approprié. Mais, avons-nous, un autre endroit pour le faire ? C’est vrai que nous avons été vraiment surpris par la pluie. Ce n’est pas la première fois que nous organisons des spectacles en mai. Nos trois derniers concerts ont eu lieu en mai. Nous qui connaissons les saisons au Cameroun, nous savons que la petite saison de pluie a lieu en mars, la grande en juillet, août. Là, c’était vraiment une surprise. Si nous l’avons su, nous nous serions limités au spectacle en salle.

L’un des artistes invités pour ces spectacles, en l’occurrence, Sergeo Polo, a fait une sortie sur une chaîne de radio de la capitale économique pour parler d’un nombre de problèmes que vous avez en commun. De quoi s’agit-il ?
Sergeo est un jeune frère et un artiste que nous adulons tous. Si notre choix s’est porté sur lui pour cette série de concerts, c’est pour toutes ces raisons-là. Entre un promoteur et un artiste, il peut avoir des problèmes. Et comme je disais tantôt, il y a eu des problèmes. Pas seulement avec Sergeo Polo, mais aussi avec certaines personnes qui n’ont pas voulu que les choses se passent comme prévu dès le départ. Si seul le cas de Sergeo Polo a retenu votre attention, je vous parlerai également de la Crtv qui a été une entrave à la bonne réussite de cet événement. Je me réserve encore, peut-être vous aurez même la primeur de l’information, le moment venu.

A quand le prochain spectacle sur Yaoundé, exactement ?
Nous n’allons pas juste faire un spectacle pour contenter le public de Yaoundé. Il nous a été rapporté également que le public du cinéma Le Wouri est parti, insatisfait, avec comme un goût d’inachevé. A notre niveau, nous avons cru avoir fait le bon choix, entre la vieille garde que constitue Aïcha Koné et la nouvelle garde qui est représentée par Annie Anzouer et un peu Sergeo Polo, et la jeune génération, avec Mia, Christina Dj, Mukuluku DJ. pour nous, le choix était évident. Si une partie du public n’a pas eu pour son argent, nous sommes en train d’étudier une autre stratégie. Nous avons au moins quatre grands plateaux à proposer à notre public, tout au long de cette année.

Vous disiez tantôt qu’il paraît que certaines personnes dans le public du spectacle du Wouri n’ont pas été satisfaites. A propos d’argent dépensé pour assister à ce show. Ne trouvez-vous pas que 10.000 francs Cfa pour une soirée de spectacle sont trop lourds pour le Camerounais, dont le pouvoir d’achat est assez réduit ?
Au départ, je vous ai dit que faire un spectacle au Cameroun en ce moment, ce n’est pas vraiment facile. Vous êtes abandonné à vous-même. Nous avons financé cette opération à hauteur de 90 %. Aucun des artistes sur le plateau ne réside au Cameroun. Entre les billets d’avion, l’hôtel, la location des salles de spectacles et des véhicules pour le transport, c’est toute une artillerie. Je pense que si notre souci était de gagner de l’argent, nous n’y serions pas allés sans les annonceurs. Mais comme nous nous sommes dit que le prix est abordable, nous avons mis en avant la politique, de pré-vente qui est utilisée dans plusieurs pays européens et même africains. Cela permet à celui qui achète son billet avant le jour du spectacle, de bénéficier d’un prix préférentiel. Malheureusement, cela n’a pas marché. Je ne sais pas si la faute est à notre stratégie commerciale ou si elle se trouve ailleurs. A 10.000 francs Cfa, je ne pense pas que le prix était si élevé. Sachant combien les Camerounais sont snobs et ne veulent pas parfois se frotter aux autres classes sociales.

Un spectacle comme celui que, vous avez organisé, coûte combien ?
Chiffre à l’appui, c’est trente millions de francs qu’il faut débourser. Nous avons dépensé 25 millions de francs. Ceux qui s’obstinent à croire que nous avons annulé les spectacles à cause des finances, tout était payé d’avance. Nous aurons pu continuer à Yaoundé. Mais au sein du groupe, une crise profonde s’était installée. 

Par Entretien mené par Vanessa Nana
Le 07-06-2006

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Chinois Yangue : “ Au sein du groupe, une crise pr

Chinois Yangue

“ Au sein du groupe, une crise profonde ”

Après la rentrée culturelle manquée de la CY Entertainement qu’il dirige, Chinois Yangue, a accepté de lever un pan de voile sur ce qui s’est passé.

Vous venez de reporter pour une date ultérieure, les concerts de Yaoundé qui rentraient dans le cadre de la rentrée culturelle de CY Entertainement. Que s’est-il passé ?
En fait, les conditions n’étaient plus réunies pour la suite de l’opération. La deuxième date de Douala, a connu un sérieux problème, à cause de la pluie qui a arrosé toute la ville ce jour-là. Au moment où la pluie s’arrête, il est 20 heures. Notre heure butoir au lieu de spectacle, c’était 22 heures. Nous aurons pu monter les appareils et lancer le show. Mais l’eau de pluie qui ruisselait n’était pas une garantie pour la sécurité des artistes qui devaient utiliser le matériel électrique. Nous n’avons pas voulu courir de risque et, sur les conseils de nos techniciens et de nos partenaires, nous avons reporté ces concerts. Mais ce n’est que partie remise.

Lors de la conférence de presse de cette rentrée, vous avez dit avoir préparé l’événement en question, pendant trois mois. Quand vous parlez de conditions qui ne vous ont plus permis de réaliser cet événement à moins d’une semaine, de quoi s’agit-il exactement ?
Le moment venu, je m’ouvrirai à la presse. C’est bien beau de critiquer, sans pour autant avoir l’avis des organisateurs pour comprendre ce qui se passe. Je vous assure qu’aujourd’hui, organiser un spectacle au Cameroun, ce n’est pas évident. On manque vraiment de tout, pour le faire. Quand je parle de conditions, ce sont ces aléas qui peuvent surgir à la dernière minute, obligeant les organisateurs à arrêter tout. Nous étions prêts à 95 %. Les frais de location des salles étaient payés, les artistes avaient reçu 50 % de leur cachet. Mais la pluie est venue nous obliger, à surseoir le spectacle, alors que nous avons loué l’espace jusqu’à 22 heures et payé les artistes.

Les promoteurs culturels se plaignent toujours que la presse ne vient pas vers eux. Ce qui n’est pas toujours exact. Maintenant, vous avez la parole, dites nous ce qui a manqué pour la réussite de cette rentrée culturelle. Vous ne pouvez pas rester camper sur cette pluie qui s’est abattue sur Douala empêchant le concert prévu au collège De La Salle, pour expliquer l’annulation des concerts de Yaoundé.
Lorsqu’on annule un spectacle comme cela a été le cas dernièrement, personne ne vous rembourse. Que ce soit pour la sono, la régie, les cachets d’artistes ou la salle. Si vous avez dépensé 10 millions de francs Cfa, cet investissement est perdu. Or lorsqu’on investit, on attend des retombées. Dans notre cas, il n’y a pas eu de retour. De facto, cette situation a pénalisé la suite de l’événement. Voilà une des raisons du report de nos spectacles. Nous aurons pu forcer et continuer l’aventure sur Yaoundé. Mais en professionnels avertis, nous ne voulions pas offrir n’importe quoi à notre public, qui nous est cher.

A vous entendre, on dirait que les spectacles de Yaoundé, financièrement dépendaient un tout petit peu, de ceux de Douala ?
Pas forcément. Je vous dis que tout était payé, en ce qui concerne les salles. Les radios partenaires avaient perçu la somme conclue pour la communication. Les affiches étaient déjà posées et les hôtels réservés pour les artistes, étaient payés. Vous pouvez aller vérifier. Pour le concert de Douala, les artistes ont touché leur cachet, même s’ils n’ont pu jouer que pour un seul spectacle. Dire que les spectacles de Yaoundé dépendaient de ceux de Douala, oui et non. Nous avions besoin de ces ressources pour continuer. Au-delà de tout cela, au sein du groupe, il y a eu des problèmes que je ne voudrai pas pour l’instant m’attarder dessus. J’ai fait ce qui était de mon devoir et, mes conseillers sont penchés sur la question en ce moment.

Revenons encore sur le spectacle raté du collège De La Salle. Vous êtes dans le domaine de l’organisation des spectacles, depuis bien longtemps. N’est-ce pas de l’amateurisme pur que d’organiser un spectacle en plein air en saison de pluie ?
Quand je vous dis que le milieu de l’art au Cameroun est abandonné, c’est aussi ça. Il ne revient pas à nous organisateurs de spectacles et promoteurs culturels, de construire des salles de spectacle. Mais aux autorités qui ne manquent pas de moyens, mais de volonté culturelle. Une salle de cinéma comme son nom l’indique, n’est pas faite pour des concerts. Aller faire un spectacle dans la cour d’un établissement n’est pas approprié. Mais, avons-nous, un autre endroit pour le faire ? C’est vrai que nous avons été vraiment surpris par la pluie. Ce n’est pas la première fois que nous organisons des spectacles en mai. Nos trois derniers concerts ont eu lieu en mai. Nous qui connaissons les saisons au Cameroun, nous savons que la petite saison de pluie a lieu en mars, la grande en juillet, août. Là, c’était vraiment une surprise. Si nous l’avons su, nous nous serions limités au spectacle en salle.

L’un des artistes invités pour ces spectacles, en l’occurrence, Sergeo Polo, a fait une sortie sur une chaîne de radio de la capitale économique pour parler d’un nombre de problèmes que vous avez en commun. De quoi s’agit-il ?
Sergeo est un jeune frère et un artiste que nous adulons tous. Si notre choix s’est porté sur lui pour cette série de concerts, c’est pour toutes ces raisons-là. Entre un promoteur et un artiste, il peut avoir des problèmes. Et comme je disais tantôt, il y a eu des problèmes. Pas seulement avec Sergeo Polo, mais aussi avec certaines personnes qui n’ont pas voulu que les choses se passent comme prévu dès le départ. Si seul le cas de Sergeo Polo a retenu votre attention, je vous parlerai également de la Crtv qui a été une entrave à la bonne réussite de cet événement. Je me réserve encore, peut-être vous aurez même la primeur de l’information, le moment venu.

A quand le prochain spectacle sur Yaoundé, exactement ?
Nous n’allons pas juste faire un spectacle pour contenter le public de Yaoundé. Il nous a été rapporté également que le public du cinéma Le Wouri est parti, insatisfait, avec comme un goût d’inachevé. A notre niveau, nous avons cru avoir fait le bon choix, entre la vieille garde que constitue Aïcha Koné et la nouvelle garde qui est représentée par Annie Anzouer et un peu Sergeo Polo, et la jeune génération, avec Mia, Christina Dj, Mukuluku DJ. pour nous, le choix était évident. Si une partie du public n’a pas eu pour son argent, nous sommes en train d’étudier une autre stratégie. Nous avons au moins quatre grands plateaux à proposer à notre public, tout au long de cette année.

Vous disiez tantôt qu’il paraît que certaines personnes dans le public du spectacle du Wouri n’ont pas été satisfaites. A propos d’argent dépensé pour assister à ce show. Ne trouvez-vous pas que 10.000 francs Cfa pour une soirée de spectacle sont trop lourds pour le Camerounais, dont le pouvoir d’achat est assez réduit ?
Au départ, je vous ai dit que faire un spectacle au Cameroun en ce moment, ce n’est pas vraiment facile. Vous êtes abandonné à vous-même. Nous avons financé cette opération à hauteur de 90 %. Aucun des artistes sur le plateau ne réside au Cameroun. Entre les billets d’avion, l’hôtel, la location des salles de spectacles et des véhicules pour le transport, c’est toute une artillerie. Je pense que si notre souci était de gagner de l’argent, nous n’y serions pas allés sans les annonceurs. Mais comme nous nous sommes dit que le prix est abordable, nous avons mis en avant la politique, de pré-vente qui est utilisée dans plusieurs pays européens et même africains. Cela permet à celui qui achète son billet avant le jour du spectacle, de bénéficier d’un prix préférentiel. Malheureusement, cela n’a pas marché. Je ne sais pas si la faute est à notre stratégie commerciale ou si elle se trouve ailleurs. A 10.000 francs Cfa, je ne pense pas que le prix était si élevé. Sachant combien les Camerounais sont snobs et ne veulent pas parfois se frotter aux autres classes sociales.

Un spectacle comme celui que, vous avez organisé, coûte combien ?
Chiffre à l’appui, c’est trente millions de francs qu’il faut débourser. Nous avons dépensé 25 millions de francs. Ceux qui s’obstinent à croire que nous avons annulé les spectacles à cause des finances, tout était payé d’avance. Nous aurons pu continuer à Yaoundé. Mais au sein du groupe, une crise profonde s’était installée. 

Par Entretien mené par Vanessa Nana
Le 07-06-2006

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Chinois Yangue : “ Au sein du groupe, une crise pr

Chinois Yangue

“ Au sein du groupe, une crise profonde ”

Après la rentrée culturelle manquée de la CY Entertainement qu’il dirige, Chinois Yangue, a accepté de lever un pan de voile sur ce qui s’est passé.

Vous venez de reporter pour une date ultérieure, les concerts de Yaoundé qui rentraient dans le cadre de la rentrée culturelle de CY Entertainement. Que s’est-il passé ?
En fait, les conditions n’étaient plus réunies pour la suite de l’opération. La deuxième date de Douala, a connu un sérieux problème, à cause de la pluie qui a arrosé toute la ville ce jour-là. Au moment où la pluie s’arrête, il est 20 heures. Notre heure butoir au lieu de spectacle, c’était 22 heures. Nous aurons pu monter les appareils et lancer le show. Mais l’eau de pluie qui ruisselait n’était pas une garantie pour la sécurité des artistes qui devaient utiliser le matériel électrique. Nous n’avons pas voulu courir de risque et, sur les conseils de nos techniciens et de nos partenaires, nous avons reporté ces concerts. Mais ce n’est que partie remise.

Lors de la conférence de presse de cette rentrée, vous avez dit avoir préparé l’événement en question, pendant trois mois. Quand vous parlez de conditions qui ne vous ont plus permis de réaliser cet événement à moins d’une semaine, de quoi s’agit-il exactement ?
Le moment venu, je m’ouvrirai à la presse. C’est bien beau de critiquer, sans pour autant avoir l’avis des organisateurs pour comprendre ce qui se passe. Je vous assure qu’aujourd’hui, organiser un spectacle au Cameroun, ce n’est pas évident. On manque vraiment de tout, pour le faire. Quand je parle de conditions, ce sont ces aléas qui peuvent surgir à la dernière minute, obligeant les organisateurs à arrêter tout. Nous étions prêts à 95 %. Les frais de location des salles étaient payés, les artistes avaient reçu 50 % de leur cachet. Mais la pluie est venue nous obliger, à surseoir le spectacle, alors que nous avons loué l’espace jusqu’à 22 heures et payé les artistes.

Les promoteurs culturels se plaignent toujours que la presse ne vient pas vers eux. Ce qui n’est pas toujours exact. Maintenant, vous avez la parole, dites nous ce qui a manqué pour la réussite de cette rentrée culturelle. Vous ne pouvez pas rester camper sur cette pluie qui s’est abattue sur Douala empêchant le concert prévu au collège De La Salle, pour expliquer l’annulation des concerts de Yaoundé.
Lorsqu’on annule un spectacle comme cela a été le cas dernièrement, personne ne vous rembourse. Que ce soit pour la sono, la régie, les cachets d’artistes ou la salle. Si vous avez dépensé 10 millions de francs Cfa, cet investissement est perdu. Or lorsqu’on investit, on attend des retombées. Dans notre cas, il n’y a pas eu de retour. De facto, cette situation a pénalisé la suite de l’événement. Voilà une des raisons du report de nos spectacles. Nous aurons pu forcer et continuer l’aventure sur Yaoundé. Mais en professionnels avertis, nous ne voulions pas offrir n’importe quoi à notre public, qui nous est cher.

A vous entendre, on dirait que les spectacles de Yaoundé, financièrement dépendaient un tout petit peu, de ceux de Douala ?
Pas forcément. Je vous dis que tout était payé, en ce qui concerne les salles. Les radios partenaires avaient perçu la somme conclue pour la communication. Les affiches étaient déjà posées et les hôtels réservés pour les artistes, étaient payés. Vous pouvez aller vérifier. Pour le concert de Douala, les artistes ont touché leur cachet, même s’ils n’ont pu jouer que pour un seul spectacle. Dire que les spectacles de Yaoundé dépendaient de ceux de Douala, oui et non. Nous avions besoin de ces ressources pour continuer. Au-delà de tout cela, au sein du groupe, il y a eu des problèmes que je ne voudrai pas pour l’instant m’attarder dessus. J’ai fait ce qui était de mon devoir et, mes conseillers sont penchés sur la question en ce moment.

Revenons encore sur le spectacle raté du collège De La Salle. Vous êtes dans le domaine de l’organisation des spectacles, depuis bien longtemps. N’est-ce pas de l’amateurisme pur que d’organiser un spectacle en plein air en saison de pluie ?
Quand je vous dis que le milieu de l’art au Cameroun est abandonné, c’est aussi ça. Il ne revient pas à nous organisateurs de spectacles et promoteurs culturels, de construire des salles de spectacle. Mais aux autorités qui ne manquent pas de moyens, mais de volonté culturelle. Une salle de cinéma comme son nom l’indique, n’est pas faite pour des concerts. Aller faire un spectacle dans la cour d’un établissement n’est pas approprié. Mais, avons-nous, un autre endroit pour le faire ? C’est vrai que nous avons été vraiment surpris par la pluie. Ce n’est pas la première fois que nous organisons des spectacles en mai. Nos trois derniers concerts ont eu lieu en mai. Nous qui connaissons les saisons au Cameroun, nous savons que la petite saison de pluie a lieu en mars, la grande en juillet, août. Là, c’était vraiment une surprise. Si nous l’avons su, nous nous serions limités au spectacle en salle.

L’un des artistes invités pour ces spectacles, en l’occurrence, Sergeo Polo, a fait une sortie sur une chaîne de radio de la capitale économique pour parler d’un nombre de problèmes que vous avez en commun. De quoi s’agit-il ?
Sergeo est un jeune frère et un artiste que nous adulons tous. Si notre choix s’est porté sur lui pour cette série de concerts, c’est pour toutes ces raisons-là. Entre un promoteur et un artiste, il peut avoir des problèmes. Et comme je disais tantôt, il y a eu des problèmes. Pas seulement avec Sergeo Polo, mais aussi avec certaines personnes qui n’ont pas voulu que les choses se passent comme prévu dès le départ. Si seul le cas de Sergeo Polo a retenu votre attention, je vous parlerai également de la Crtv qui a été une entrave à la bonne réussite de cet événement. Je me réserve encore, peut-être vous aurez même la primeur de l’information, le moment venu.

A quand le prochain spectacle sur Yaoundé, exactement ?
Nous n’allons pas juste faire un spectacle pour contenter le public de Yaoundé. Il nous a été rapporté également que le public du cinéma Le Wouri est parti, insatisfait, avec comme un goût d’inachevé. A notre niveau, nous avons cru avoir fait le bon choix, entre la vieille garde que constitue Aïcha Koné et la nouvelle garde qui est représentée par Annie Anzouer et un peu Sergeo Polo, et la jeune génération, avec Mia, Christina Dj, Mukuluku DJ. pour nous, le choix était évident. Si une partie du public n’a pas eu pour son argent, nous sommes en train d’étudier une autre stratégie. Nous avons au moins quatre grands plateaux à proposer à notre public, tout au long de cette année.

Vous disiez tantôt qu’il paraît que certaines personnes dans le public du spectacle du Wouri n’ont pas été satisfaites. A propos d’argent dépensé pour assister à ce show. Ne trouvez-vous pas que 10.000 francs Cfa pour une soirée de spectacle sont trop lourds pour le Camerounais, dont le pouvoir d’achat est assez réduit ?
Au départ, je vous ai dit que faire un spectacle au Cameroun en ce moment, ce n’est pas vraiment facile. Vous êtes abandonné à vous-même. Nous avons financé cette opération à hauteur de 90 %. Aucun des artistes sur le plateau ne réside au Cameroun. Entre les billets d’avion, l’hôtel, la location des salles de spectacles et des véhicules pour le transport, c’est toute une artillerie. Je pense que si notre souci était de gagner de l’argent, nous n’y serions pas allés sans les annonceurs. Mais comme nous nous sommes dit que le prix est abordable, nous avons mis en avant la politique, de pré-vente qui est utilisée dans plusieurs pays européens et même africains. Cela permet à celui qui achète son billet avant le jour du spectacle, de bénéficier d’un prix préférentiel. Malheureusement, cela n’a pas marché. Je ne sais pas si la faute est à notre stratégie commerciale ou si elle se trouve ailleurs. A 10.000 francs Cfa, je ne pense pas que le prix était si élevé. Sachant combien les Camerounais sont snobs et ne veulent pas parfois se frotter aux autres classes sociales.

Un spectacle comme celui que, vous avez organisé, coûte combien ?
Chiffre à l’appui, c’est trente millions de francs qu’il faut débourser. Nous avons dépensé 25 millions de francs. Ceux qui s’obstinent à croire que nous avons annulé les spectacles à cause des finances, tout était payé d’avance. Nous aurons pu continuer à Yaoundé. Mais au sein du groupe, une crise profonde s’était installée. 

Par Entretien mené par Vanessa Nana
Le 07-06-2006

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.