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Festival : La scène pour surmonter les handicaps

Non voyants mal voyants, sourds, muets… se sont produits le week-end dernier à Yaoundé.
Justin Blaise Akono – Le deuxième festival des arts et sports pour personnes handicapées, "handicap sur scène", qui s’est ouvert jeudi dernier, s’est achevé samedi à la salle de spectacles du centre culturel "Le Petit Tam-tam" de Yaoundé. Plus d’une centaine de jeunes gens, handicapés de tous ordres, y étaient. Ils venaient de sept associations des handicapés de la ville de Yaoundé. Ils étaient aussi là à titre personnel, à l’instar de l’artiste Rodrigue Taffou, handicapé visuel venu de Douala, et qui a déjà un album sur le marché intitulé "Koua coucou".

Sur la scène, des troupes théâtrales, des chorales et même des ballets d’un autre genre. Des jeunes gens ont exécuté un ballet de "Coupé-décalé", sans un son de cette musique ivoirienne. "Un spectacle dans l’empire du silence", pour reprendre les propos de Didier Onana, l’organisateur du festival. Bien avant eux, l’association Tam-tam, composée de sourds-muets, a exécuté une pièce de théâtre dans laquelle chacun vante les mérites de sa profession: qui chauffeur, menuisier, maçon, qui d’autre artiste, couturier, cultivateur, qui d’autre encore médecin. Tous les acteurs se comprenaient puisque ayant appris le langage des signes. Pour passer le message au public, une interprète traduisait et, pour ovationner les différentes prestations, le public devait lever les mains, et non applaudir, selon le langage des sourds-muets

La troupe As Tam-tam a remporté le grand prix "pour s’être illustrée dans tous les ateliers pendant le festival", a expliqué l’organisateur. La meilleure artiste du festival est une élève du Lycée d’Ekounou. Bernadette Ngono, non voyante, s’est illustrée à travers un conte émouvant, clamé sous la forme chantée: "abinga bi ngole", l’histoire d’un enfant né handicapé moteur, qui perd sa mère à sa naissance. Il est, pour son père, un "objet encombrant". Bernadette Ngono ne tient pas à s’arrêter en si bon chemin: "Je voudrais faire du conte une profession en même temps que je rêve de devenir journaliste ", a confié celle qui avait été élue l’année dernière Miss Handicapée visuelle.

Absence
Tous les types d’handicaps étaient représentés au festival. Notamment les handicapés mentaux, qui ont pris part à une course, les handicapés moteurs, les sourds-muets, non voyants et malvoyants. La plupart des activités sportives prévues n’ont pas eu lieu. Les autorités administratives que l’organisateur a annoncées n’étaient pas de la partie. Notamment les ministres des Affaires sociales et de la Culture. Certains handicapés ont estimé que cette absence était une illustration de la marginalisation dont ils sont victimes. Néanmoins, a relevé l’organisateur, "le ministère de la Culture nous a alloué des fonds pour l’organisation de ce festival. Mais, comme c’est le cas pour tous le bénéficiaires de cette aide, nous ne sommes pas encore rentrés en possession de l’argent".

Outre les représentations théâtrales et musicales, le festival "handicap sur scène" a aussi été le prétexte d’une foire-exposition-vente d’objets d’arts. Des colliers, des services de tables, de la maroquinerie faite des mains de handicapés. Le deuxième festival à peine achevé, le présentateur de l’émission "Au cœur de l’espoir" diffusée sur la Radio Tiémeni Siantou, par ailleurs président de l’association du même nom, compte produire les handicapés qu’il dirige en spectacles dans les écoles. Question de vulgariser leur savoir-faire et de les aider financièrement en créant des sources de revenus à travers la culture.

Mutations

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L`homme qui partagea le dernier repas de Moumié

Autobiographie d`un témoin.

Autobiographie d`un témoin.

Haman Mana

Ce jour là, Félix Moumié, président de l`Union des Populations du Cameroun avait rendez-vous avec la mort. Et avec Jean-Martin Tchaptchet, l`auteur de " Quand les jeunes Africains créaient l`histoire ", ce récit autobiographique qui apporte à sa manière, une pièce de plus à l`énigmatique puzzle qu`est l`histoire de la marche à l`indépendance du Cameroun. Les circonstances mystérieuses de la mort du leader politique camerounais, empoisonné à Génève, ont forcément jeté de la suspicion sur tous ceux qui de près ou de loin étaient là. Or Jean-martin Tchaptchet était là.

Il a, comme dans la Cène, partagé le dernier repas de Félix Moumié. Il ne se privera d`ailleurs point de dire sa part de vérité dans cet ouvrage (voir passage ci-dessous). Mais avant d`en arriver à cet épisode dramatique, ce récit est d`abord un témoignage simple, à la limite de la naïveté, du quotidien d`un jeune Camerounais qui, au début des années cinquante, après son bac, s`en va continuer ses études en France. Il y a, au passage, la description succulente, de la vie en France en ces années-là. Le tout, du point de vue d`un petit Africain qui découvre " le pays des Blancs ", ses hommes, ses femmes, sa nourriture et sa manière de voir le monde.

Au fur et à mesure qu`avance le récit, il se " politise ", comme le jeune étudiant, puis enseignant et militant. On en apprend ainsi beaucoup, sur ces creusets de la prise de conscience noire et de la construction des nationalismes africains, qu`ont été la Fédération des etudiants
d`Afrique (Feanf) et l`Unek ( l`Union nationale des etudiants Kamerunais…) L`intérêt ici, c`est que l`auteur révèle un certain nombre de stratégies, déjà utilisées à l`époque par le pouvoir colonial, pour déstabiliser les mouvements : " la stratégie la plus utilisée pour mener la vie dure aux étudiants était évidement le tribalisme.

Il avait pour principal objectif d`empêcher les étudiants camerounais de se constituer en une seule et unique association unie, forte, responsable, clairvoyante. Ce faisant, ces institutions visaient à bloquer le développement d`une conscience nationale au sein des étudiants… " Comme quoi, certaines pratiques observables de nos jours datent… L`ouvrage de Jean Martin Tchaptchet est aussi une remarquable galerie de portraits de Camerounais de sa génération, saisis tels qu`ils ont été dans leur jeunesse. L`auteur a ainsi un mot tantôt acide sur un Abel Eyinga, ou plutôt flatteur sur Sengat Kuo.

A travers le parcours de l`étudiant et du militant, il y a comme cela une nouvelle lecture des " années ardentes " du Cameroun, selon le mot de Léopold Moume Etia. On peut aussi lire, en filigrane, une explication sur les raisons pour lesquelles perdure la néocolonie. Mais l`interpellation la plus forte de cet ouvrage réside dans son titre : " Quand les jeunes Africains créaient l`histoire ". En effet, on se rend compte que cette génération d`Africains là, âgés d`à peine vingt ans, ont, par leur prise de conscience des problèmes de leur peuple, pris en main le destin de celui-ci. Qu`en est-il de ceux qui ont le même âge aujourd`hui ?

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Ce jour là, Félix Moumié, président de l`Union des Populations du Cameroun avait rendez-vous avec la mort. Et avec Jean-Martin Tchaptchet, l`auteur de " Quand les jeunes Africains créaient l`histoire ", ce récit autobiographique qui apporte à sa manière, une pièce de plus à l`énigmatique puzzle qu`est l`histoire de la marche à l`indépendance du Cameroun. Les circonstances mystérieuses de la mort du leader politique camerounais, empoisonné à Génève, ont forcément jeté de la suspicion sur tous ceux qui de près ou de loin étaient là. Or Jean-martin Tchaptchet était là.

Il a, comme dans la Cène, partagé le dernier repas de Félix Moumié. Il ne se privera d`ailleurs point de dire sa part de vérité dans cet ouvrage (voir passage ci-dessous). Mais avant d`en arriver à cet épisode dramatique, ce récit est d`abord un témoignage simple, à la limite de la naïveté, du quotidien d`un jeune Camerounais qui, au début des années cinquante, après son bac, s`en va continuer ses études en France. Il y a, au passage, la description succulente, de la vie en France en ces années-là. Le tout, du point de vue d`un petit Africain qui découvre " le pays des Blancs ", ses hommes, ses femmes, sa nourriture et sa manière de voir le monde.

Au fur et à mesure qu`avance le récit, il se " politise ", comme le jeune étudiant, puis enseignant et militant. On en apprend ainsi beaucoup, sur ces creusets de la prise de conscience noire et de la construction des nationalismes africains, qu`ont été la Fédération des etudiants
d`Afrique (Feanf) et l`Unek ( l`Union nationale des etudiants Kamerunais…) L`intérêt ici, c`est que l`auteur révèle un certain nombre de stratégies, déjà utilisées à l`époque par le pouvoir colonial, pour déstabiliser les mouvements : " la stratégie la plus utilisée pour mener la vie dure aux étudiants était évidement le tribalisme.

Il avait pour principal objectif d`empêcher les étudiants camerounais de se constituer en une seule et unique association unie, forte, responsable, clairvoyante. Ce faisant, ces institutions visaient à bloquer le développement d`une conscience nationale au sein des étudiants… " Comme quoi, certaines pratiques observables de nos jours datent… L`ouvrage de Jean Martin Tchaptchet est aussi une remarquable galerie de portraits de Camerounais de sa génération, saisis tels qu`ils ont été dans leur jeunesse. L`auteur a ainsi un mot tantôt acide sur un Abel Eyinga, ou plutôt flatteur sur Sengat Kuo.

A travers le parcours de l`étudiant et du militant, il y a comme cela une nouvelle lecture des " années ardentes " du Cameroun, selon le mot de Léopold Moume Etia. On peut aussi lire, en filigrane, une explication sur les raisons pour lesquelles perdure la néocolonie. Mais l`interpellation la plus forte de cet ouvrage réside dans son titre : " Quand les jeunes Africains créaient l`histoire ". En effet, on se rend compte que cette génération d`Africains là, âgés d`à peine vingt ans, ont, par leur prise de conscience des problèmes de leur peuple, pris en main le destin de celui-ci. Qu`en est-il de ceux qui ont le même âge aujourd`hui ?

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Il a, comme dans la Cène, partagé le dernier repas de Félix Moumié. Il ne se privera d`ailleurs point de dire sa part de vérité dans cet ouvrage (voir passage ci-dessous). Mais avant d`en arriver à cet épisode dramatique, ce récit est d`abord un témoignage simple, à la limite de la naïveté, du quotidien d`un jeune Camerounais qui, au début des années cinquante, après son bac, s`en va continuer ses études en France. Il y a, au passage, la description succulente, de la vie en France en ces années-là. Le tout, du point de vue d`un petit Africain qui découvre " le pays des Blancs ", ses hommes, ses femmes, sa nourriture et sa manière de voir le monde.

Au fur et à mesure qu`avance le récit, il se " politise ", comme le jeune étudiant, puis enseignant et militant. On en apprend ainsi beaucoup, sur ces creusets de la prise de conscience noire et de la construction des nationalismes africains, qu`ont été la Fédération des etudiants
d`Afrique (Feanf) et l`Unek ( l`Union nationale des etudiants Kamerunais…) L`intérêt ici, c`est que l`auteur révèle un certain nombre de stratégies, déjà utilisées à l`époque par le pouvoir colonial, pour déstabiliser les mouvements : " la stratégie la plus utilisée pour mener la vie dure aux étudiants était évidement le tribalisme.

Il avait pour principal objectif d`empêcher les étudiants camerounais de se constituer en une seule et unique association unie, forte, responsable, clairvoyante. Ce faisant, ces institutions visaient à bloquer le développement d`une conscience nationale au sein des étudiants… " Comme quoi, certaines pratiques observables de nos jours datent… L`ouvrage de Jean Martin Tchaptchet est aussi une remarquable galerie de portraits de Camerounais de sa génération, saisis tels qu`ils ont été dans leur jeunesse. L`auteur a ainsi un mot tantôt acide sur un Abel Eyinga, ou plutôt flatteur sur Sengat Kuo.

A travers le parcours de l`étudiant et du militant, il y a comme cela une nouvelle lecture des " années ardentes " du Cameroun, selon le mot de Léopold Moume Etia. On peut aussi lire, en filigrane, une explication sur les raisons pour lesquelles perdure la néocolonie. Mais l`interpellation la plus forte de cet ouvrage réside dans son titre : " Quand les jeunes Africains créaient l`histoire ". En effet, on se rend compte que cette génération d`Africains là, âgés d`à peine vingt ans, ont, par leur prise de conscience des problèmes de leur peuple, pris en main le destin de celui-ci. Qu`en est-il de ceux qui ont le même âge aujourd`hui ?

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Il a, comme dans la Cène, partagé le dernier repas de Félix Moumié. Il ne se privera d`ailleurs point de dire sa part de vérité dans cet ouvrage (voir passage ci-dessous). Mais avant d`en arriver à cet épisode dramatique, ce récit est d`abord un témoignage simple, à la limite de la naïveté, du quotidien d`un jeune Camerounais qui, au début des années cinquante, après son bac, s`en va continuer ses études en France. Il y a, au passage, la description succulente, de la vie en France en ces années-là. Le tout, du point de vue d`un petit Africain qui découvre " le pays des Blancs ", ses hommes, ses femmes, sa nourriture et sa manière de voir le monde.

Au fur et à mesure qu`avance le récit, il se " politise ", comme le jeune étudiant, puis enseignant et militant. On en apprend ainsi beaucoup, sur ces creusets de la prise de conscience noire et de la construction des nationalismes africains, qu`ont été la Fédération des etudiants
d`Afrique (Feanf) et l`Unek ( l`Union nationale des etudiants Kamerunais…) L`intérêt ici, c`est que l`auteur révèle un certain nombre de stratégies, déjà utilisées à l`époque par le pouvoir colonial, pour déstabiliser les mouvements : " la stratégie la plus utilisée pour mener la vie dure aux étudiants était évidement le tribalisme.

Il avait pour principal objectif d`empêcher les étudiants camerounais de se constituer en une seule et unique association unie, forte, responsable, clairvoyante. Ce faisant, ces institutions visaient à bloquer le développement d`une conscience nationale au sein des étudiants… " Comme quoi, certaines pratiques observables de nos jours datent… L`ouvrage de Jean Martin Tchaptchet est aussi une remarquable galerie de portraits de Camerounais de sa génération, saisis tels qu`ils ont été dans leur jeunesse. L`auteur a ainsi un mot tantôt acide sur un Abel Eyinga, ou plutôt flatteur sur Sengat Kuo.

A travers le parcours de l`étudiant et du militant, il y a comme cela une nouvelle lecture des " années ardentes " du Cameroun, selon le mot de Léopold Moume Etia. On peut aussi lire, en filigrane, une explication sur les raisons pour lesquelles perdure la néocolonie. Mais l`interpellation la plus forte de cet ouvrage réside dans son titre : " Quand les jeunes Africains créaient l`histoire ". En effet, on se rend compte que cette génération d`Africains là, âgés d`à peine vingt ans, ont, par leur prise de conscience des problèmes de leur peuple, pris en main le destin de celui-ci. Qu`en est-il de ceux qui ont le même âge aujourd`hui ?

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