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Etoundi Zeyang : Les enfants demandent le théâtre

Le directeur du Fatej juge la sixième édition qui s’est achevée hier à Yaoundé.
Propos recueillis par Jules Romuald Nkonlak – Comment vous sentez-vous à l’issue de la sixième édition du Festival africain de théâtre pour l’enfance et la jeunesse (Fatej), qui s’est tenue à Yaoundé du 9 au 16 novembre ?
Je dirais d’abord "ouf" qu’on l’ait réalisée. C’était inestimable. La sixième édition s’est tenue, maintenant nous avons le regard vers l’avenir.

Comment est-ce que vous la jugez par rapport aux cinq précédentes ?
Le Fatej va crescendo et c’est ça qui nous soutient. Que ce soit qualitativement ou quantitativement, les choses sont allées de l’avant. Lors de la dernière édition, nous étions à 14 800 spectateurs. Il me semble que nous avons largement dépassé ce chiffre. La qualité des spectacles cette année est encore plus forte. Les thèmes tournent autour de l’amitié des peuples et là aussi c’est très intéressant. L’enthousiasme même des participants, que ce soient les artistes, les acheteurs, les diffuseurs et les organisateurs, ils ont vraiment créé une ambiance assez intéressante durant cette édition.

Vous parlez d’une amélioration quantitative et qualitative. Peut-on penser que l’augmentation du public est liée à l’amélioration de la qualité des spectacles ?
Non, je pense qu’au-delà des affiches, il y a un engouement des enfants par rapport au théâtre. Maintenant, comment notre pays, le Cameroun, s’organise au service de cette demande ? Le théâtre, en fait, fait partie du service public, parce que, ce domaine-là, nous ne pouvons pas l’éloigner de nos enfants. Ils nous ont montré une fois de plus qu’ils veulent le théâtre. Ils traînaient ici chaque jour, ils rentraient tard parce qu’ils attendaient le théâtre. Je pense que les moyens suivant, on espère que les prochaines fois, les choses iront mieux.

Vous parlez d’un engouement des enfants pour le théâtre. L’avez-vous noté également lors des spectacles venus d’ailleurs, du Danemark ou de Suède, par exemple ?
Il m’est arrivé de voir les démarrages des spectacles, beaucoup plus les spectacles européens, parce que j’avais une appréhension par rapport à leur réception. Mais, tous les quatre spectacles européens ont été très bien accueillis. La communication a été directe et les enfants ont gardé leurs réflexes, ils ont réagi pendant les spectacles, ce qui est différent en Europe. Cela a énormément marqué les comédiens.

Avez-vous quelques regrets au terme de cette édition ?
Lorsqu’on organise un festival en Afrique, on ne saurait ne pas regretter des choses. On a toujours ce goût amer d’inachevé, on est obligé de mettre à la trappe des choses tout aussi importantes, parce qu’on veut faire une grande fête, on n’a pas les moyens… aujourd’hui, nous devons nous mobiliser, que ce soit au niveau de la logistique ou de l’argent. Nous avons ressenti une frustration au niveau de l’accueil de l’événement. Il faut reconnaître que des efforts ont été faits du côté du ministère de la Culture qui a soutenu cette sixième édition. Les jeunes ont la chance d’avoir plusieurs secteurs ministériels qui doivent s’occuper d’eux, il ne faudrait pas qu’on assiste au ponce-pilatisme que nous avons vécu face à cet événement qui est quand même mobilisateur. Nous ne comprenons pas que certains ministères qui sont liés à la jeunesse se soeint défilés. Il est temps que les gens comprennent que les villes ont besoin des événements comme le Fatej. Nous avons intérêt à mettre l’énergie nécessaire.

On a remarqué qu’il y avait un certain lien entre le Fatej et les écoles. L’autre jeunesse, celle qui n’est pas scolarisée, n’est-elle pas oubliée par l’événement ?
Non, je ne pense pas. La symbiose entre les écoles et le Fatej ne date pas d’aujourd’hui. C’est un travail de près de 25 ans qui a été fait par le théâtre du chocolat qui a un partenariat privilégié avec beaucoup d’établissement. Le plus important, c’est de se dire qu’on apporte quelque chose pour les enfants, les enseignants ont pris le temps pour le comprendre et c’est pourquoi nous arrivons à faire des choses pour ces enfants-là.

Peut-on avoir une idée des voies que vous compter explorer à l’avenir ?
Je ne peux pas dire grand chose par rapport aux projets à venir. On se donne rendez-vous pour l’édition 2008. Nous sommes dans un pays où les gens fonctionnent comme aux pompes funèbres. Nous réservons la surprise. 2008 sera différent !

Toujours uniquement à Yaoundé…
Nous essayons de voir. Ce festival a été le premier festival itinérant. Nous avons commencé avec Yaoundé et Douala, mais nous n’avions pas le retour à Douala. Il y avait un désintérêt total. Or, budgétairement, c’était de trop. C’est pourquoi nous avons arrêté. Nous sommes en train de voir dans quelle mesure le Fatej pourrait reprendre la route de Douala.

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