Emmanuel Matateyou : Le conte fait partie des genres attrayants
L’auteur de « La princesse de Massangan » parle du contenu de son œuvre.
Propos recueillis par D.E – Votre livre, sorti aux éditions tropiques, cible principalement les enfants. Qu’est-ce qui a poussé l’enseignant que vous êtes à vous lancer dans la littérature pour jeunes ?
Les enfants de 9à14 ans peuvent déjà trouver leur compte dans ces récits merveilleux qui permettent de voyager à travers la campagne. Me lancer dans la littérature pour jeunes m’a également permis de leur faire découvrir une psychologie et une sensibilité tout à fait extraordinaire. Des sentiments appréciés des jeunes dont l’éveil est maintenu, dans l’ouvrage grâce aux illustrations qui accompagnent le récit.
Pourquoi avoir choisi ce type d’écriture qu’est le conte pour vous adressez à ces enfants ?
Les contes sont une catégorie qui participe à l’écriture de la vie. Et Cette écriture de la vie ne s’arrête pas à une catégorie sociale ou à une tranche d’âge donnée. Les contes sont de tous les temps et de toutes les périodes et de tous les pays. J’ai choisi ce type d’écriture parce que, non seulement, les contes égaient mais ils participent à la culture de l’humain. Et c’est la raison pour laquelle, comme professeur de littérature, je sais que cette dernière est mieux distillée à travers certains genres qui sont assez attrayants et le conte fait partie de ces genres-là.
Qu’est-ce qui explique cette passion que vous avez pour les contes ? Après "les merveilleux récits de Tita KI" publié à Clé en 2004 ?
Les contes ont contribué à la formation de ma personnalité parce que, très jeune, j’ai écouté, auprès de ma mère des récits que j’ai transcrits dans cet autre ouvrage que vous citez. Ce sont ces contes qui m’ont appris à maîtriser la langue Bamoun que je parle aujourd’hui. Le conte est une école d’initiation à la langue, à la rhétorique, à la linguistique. Dans le conte,on retrouve beaucoup de genres qui sont entremêlés. A mon avis, c’est le genre magnifique qui permet à l’enfant de découvrir le monde.
Vous parlez de la langue Bamoun, et malgré votre volonté manifeste de ne point faire ressortir vos origines dans "La Princesse" de Massangan, cela transparaît toujours à travers vos écrits…
Il faut avouer qu’à chaque fois, je suis toujours emporté par le désir de partir d’un environnement précis où j’ai envie de puiser des choses qui donnent quelque vraisemblance à mon ouvrage. C’est pour cette raison qu’à la lecture du texte, on est emmené à penser que ce qui est raconté dans l’ouvrage à vraiment exister. C’est vrai qu’à certains moments, il y a un peu d’exagération mais ce que je vais toujours puiser dans mon enfance me permets de garder un pied dans la réalité.
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