Regroupement : Duta dévoile les codes du monde
La deuxième édition de la Biennale des arts visuels bat son plein à Douala.
Marion Obam – C’est autour de la mappemonde, qui représentait uniquement l’Amérique latine, l’Afrique et l’archipel des caraïbes, installée par la plasticienne Sud africaine, Rebecca Townsend, que Samuel Nja Kwa, le commissaire général de la Biennale des arts visuels, a dit le mot de bienvenue pour l’ouverture de la deuxième édition de Duala urban touch of arts (Duta). "Le monde codifié" est le thème de cette année, et il a été choisi d’après Samuel Nja Kwa parce que "le monde n’est que codes. Nous sommes tous pareils et différents. Pareils parce que nous appartenons à la famille des Humains et différents parce que nous portons en nous des codes qui nous rendent uniques. Par le geste, l’artiste tente de tracer des liens dans la société dans laquelle ils évoluent. Nous invitons le public à venir les découvrir".
Le vernissage du Duta, qui a eu lieu jeudi 8 mars 2007 au Bonapriso Center for the arts, a drainé beaucoup de monde. Ceux qui ont fait le déplacement n’ont pas été déçus. Toutes les disciplines annoncées étaient présentes : photographie, sculpture, peinture et vidéo d’arts.
Comme un goulot d’étranglement les travaux photographiques de Angèle Etoundi Essama et Fabrice N’gon retenaient l’attention du public. Chez ces deux camerounais, on retrouve un formidable travail qui consulte le positif des deux couleurs fortes le noir et le blanc. Angèle Etoundi Essama, pour rester dans la célébration de la journée internationale de la femme, a proposé une série de portraits de femmes : belles, noires et expressives. Ces images vont au-delà des mots. Fabrice N’gon est dans une dualité de contraste.
Les titres des photos qui sont en noir et blanc parlent d’elles-mêmes : Le réel et l’irréel, l’ombre et la lumière, l’amour et la haine, etc. la Congolaise Rohde Bath-Schéba Makoumbou tranche dans ce foisonnement d’expression artistique avec sa sculpture. Une femme pilant le maïs son bébé attaché au dos, un homme rentrant de la pêche le sourire aux lèvres, sa belle prise accrochée à l’épaule. Son travail qui mêle sciure, colle à bois et peinture est simple, réaliste et humain. " Mon but est de partir des codes des traditions qui m’ont entourées depuis ma naissance pour mettre en valeur le travail et la vie de tous les jours", explique l’artiste.
La deuxième édition de Duta qui va se dérouler à Douala du 8 au 18 mars 2007 a comme pays invités d’honneur la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Ces pays sont le point de ralliement entre l’Afrique et le reste du monde. A la vue de leurs œuvres on comprend que le choix n’a pas été fait au hasard. Il y’a une énergie magmatique qui s’en dégage. Une féminité d’une rare sensualité transparaît des tableaux comme Force cinq et Mama Poul’la du martiniquais Christophe Mert.
Mama Poul’la qui veut dire "mère poule" en français, présente une grande poule jaune au cœur de laquelle se trouve une femme noire métissée aux traits nets et aux formes sensuelles. A travers cet hyperréalisme, le sable, peinture et les coraux retracent le parcours des esclaves, les vestiges amérindiens et l’amour que la mère perceptible dans toutes les civilisations a pour le monde.
Le Guadeloupéen, Audrey Cédric Phibel, à travers deux installations " Where do you comme from et codes comportementaux", développe un travail engagé sur le corps dans l’espace urbain, mais explore aussi les techniques du stylisme et du modélisme. Pendant 10 jours le Ccf de Douala, le Bonapriso center for the arts, l’hôtel Ibis, l’Espace créateur et l’atelier Art Wash seront les différents sites qui accueilleront l’évènement.
Cette biennale des arts visuels, organisée par l’association Zoom, permettra aux artistes, les meilleures de toutes les disciplines, d’exposer une centaine d’œuvres à Atlanta aux Etats Unis.

