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Concert : Tcheumani réconcilie classique, jazz et variété française

Le chanteur lyrique a édifié le public d’une prestation de qualité mardi dernier à Yaoundé. –

La soirée de mardi dernier a failli tourner à la déception pour les fans qui avaient fait le déplacement du Centre culturel François Villon de Yaoundé (Ccfv). Soirée où était annoncé le concert de musique de l’artiste Angelbert Tcheumani dénommé "Romance 4è partie" et qui rentrait dans le cadre de la semaine européenne.
Finalement, les fans n’eurent point à regretter d’avoir patienté au-delà d’une heure pour voir enfin le rendez-vous commencer. Tant le jeune chanteur lyrique a démontré qu’au pays de Manu Dibango, et à côté des gros requins de studio qui écument les scènes du monde, existe une ressource sur laquelle l’on peut compter s’agissant du chant et qui, bien encadrée, peut parvenir aussi à faire des envieux au-delà du triangle national.
Dans cette salle de spectacle du Ccfv, le jeune chanteur a édifié plus d’un sur ses capacités artistiques ; cela au gré des rythmes et compositions qu’il s’est fait un plaisir de reprendre. Le tout sans fausse note. Il y eut d’abord la musique classique qui lui permit de revisiter Schubert, Mozart, Ravel et autre Offenbach. Du fait peut-être d’un public pas assez connaisseur, cette entame ne fût pas des plus applaudies, alors même qu’Angelbert Tcheumani fit une interprétation remarquée.

Heureuse harmonie
Pour la deuxième partie de la soirée par contre, le public fût au rendez-vous. Mu sans doute par un cortège de souvenirs, il ne se fit pas prier pour reprendre en chœur les classiques de la variété française que reprenait le chanteur avec bonheur. D’Aznavour à Brel, en passant par Massenet, il enchanta la soirée. Toujours au moyen de cette voix qui oscille entre le baryton d’opéra et celle plus grave des jazzmen.Mais le clou de ce spectacle de 95 minutes aura été ce "Si j’étais un ange", une composition personnelle interprétée en duo avec sa sœur. Et qui devait précéder un final de Louise Mariano avec le titre "Mexico". A côté de cette maîtrise vocale du héros du soir, comment passer sous silence ces autres prestations de l’orchestre qui donnèrent à l’ensemble une portée et un niveau artistique magnifique.

Car entre la contrebasse du grand Jean-Paul Lietcheu, le piano de Simon-Pierre Ndoye, l’orgue d’Urbain Nguille dit Pipeau, la batterie de Rody, la basse d’Alain Mvondo ou le trombone du Français Thierry Huttois, se dégageait une harmonie heureuse. Une harmonie que salua à sa juste valeur le public qui remercia longuement la prestation d’ensemble au terme d’un moment que beaucoup souhaitaient voir se prolonger. Plusieurs minutes en effet après le concert, des commentaires continuèrent d’instiller la nuit rendue déjà à sa moitié.
Dans les yeux du jeune artiste pouvait se lire la satisfaction d’avoir tenu promesse devant un public souvent qualifié par les artistes eux-mêmes de difficile. Une satisfaction d’autant plus sincère et justifiée qu’Angelbert Tcheumani n’a pas pour habitude de surfer sur une palette artistique aussi large s’agissant de l’interprétation. Ne reste plus maintenant pour lui qu’à poursuivre cette route dont l’horizon s’annonce des plus prometteurs. A condition de ne pas s’enfermer dans une auto-glorification qui pourrait annihiler les espoirs qu’il suscite désormais auprès des mélomanes.

Parfait Tabapsi

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