Non classé

Communauté urbaine de Yaoundé : Tsimi Evouna annonce le licenciement de cadres

Une enquête sur un détournement de 40 millions est en cours.

A l’évocation de l’affaire ayant conduit, il y a près deux mois, trois de leurs collègues à la prison centrale de Kondengui, les agents de la communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) perdent subitement la voix. Les rares personnes disposées à en parler s’expriment sous cape. Tout en suggérant l’embargo sur cette information. "Il ne faut pas publier ça; c’est très sale", lance un agent, les mains chargées de volumineux registres et un pied sur une marche des escaliers en spirale conduisant au bureau du receveur municipal. Malgré le voile de silence autour de cette affaire, il reste vrai que Vincent de Paul Tsanga Tsanga, Ngon et Nyasse, agents du service de recouvrement à la Cuy sont écroués à la prison centrale de Yaoundé depuis le 25 mars 2009. Ils sont présumés coupables de détournements de 40 millions de Fcfa. Ils auraient ainsi utilisé, à leur profit, de fausses quittances lors d’opérations de recouvrement auprès de commerçants de la ville. Et le réseau s’étendrait à plusieurs autres communes et individus sur l’ensemble du territoire national.

Une source introduite indique que des registres de quittances ont été subtilisés dans certaines communes et remis aux agents de la Cuy pour utilisation frauduleuse. Une autre soutient l’inverse : "Ce sont plutôt les registres de la communauté urbaine qui se sont retrouvés là-bas." Un troisième avis fait état d’une fausse carte de stationnement, délivrée à un automobiliste et portée sur la table du délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, qui a aussitôt déclenché l’enquête et "donné des consignes pour qu’on démantèle tout le réseau".
A l’Hôtel de ville, un agent désigne un cadre de la maison qui aurait "remarqué certaines choses et a écrit au délégué". Approché le 7 mai dernier, le cadre concerné a déclaré, énigmatique: "A ma connaissance, aucun de mes collaborateurs n’est en prison au moment où je vous parle. Du moins en ce qui me concerne. La maison peut avoir 600 personnes, j’en connais à peine 20. Beaucoup de choses peuvent se passer dans la maison sans que je sois au courant." Il jure en plus ne connaître ni Tsanga Tsanga, ni Ngon, ni Nyasse.

Problème récurrent
Comme lui, les responsables des communes citées dans l’affaire n’ont pas souhaité s’exprimer sur l’affaire. Dans la commune rurale d’Olanguina, Angoula Nkodo, conseiller municipal, précise : "Le secrétaire général a distribué le même document à tous les conseillers et pas à moi seul. Je ne peux en parler parce que je suis un patriarche." Joint au téléphone le 22 avril 2009 autour de 13h30, Gilbert Tsimi Evouna s’est limité à dire : "Il faut aller voir le secrétaire général. C’est lui le chef de l’administration. S’il a besoin d’un complément d’information, c’est lui qui devra vous conduire chez moi. Nous luttons contre la corruption sans faire de bruits. Il y a des cadres qui seront licenciés." A quelques semaines de la Fête nationale, Alphonse Roger Ondoa Akoa, le Sg de la Cuy, ne trouve plus du temps pour recevoir : "Vous savez, il est très pris par les préparatifs du 20 Mai. Je ne pense pas qu’il puisse vraiment vous recevoir", tranche-t-on au secrétariat. Les multiples coups de fil passés n’aboutiront à aucun rendez-vous.

Deux jours avant l’entretien téléphonique avec Gilbert Tsimi Evouna, Vincent de Paul Tsanga Tsanga criait son innocence du fond de sa cellule du quartier 1 de la prison centrale de Kondengui. "J’ai tout remis à Dieu. Je ne sais rien de tout ce qui se passe. J’ai passé 22 jours dans une cellule mal éclairée, et avec ces lunettes [pendant à son cou], j’ai signé sans toutefois savoir ce que je signais." Interpellé le 3 mars 2009 par les éléments de la délégation régionale de la police judiciaire pour le Centre (Dppj) et placé sous mandat de dépôt le 25 mars 2009, suivant ses dires, l’agent de la Cuy affirme ne savoir ni avec qui il est dans le même dossier, ni le lieu où les autres se trouveraient. "Je sais seulement qu’au sortir de la cellule, j’ai vu une dame assise avec un bébé en main et à qui on a demandé si elle me connaissait. La dame a répondu par la négative. On l’a laissée partir et moi j’ai été conduit ici."

Selon plusieurs témoignages, la dame en question serait Akamba, adjointe au maire de la commune rurale d’Afanloum, dans le département de la Mefou-et-Afamba. Elle aurait toutefois bénéficié du soutien d’une élite de son coin qui s’est apitoyée sur une dame allaitant et sans moyens nécessaires pour nourrir son enfant, pendant qu’elle est en détention. Sa commune, avec celles d’Essé, d’Olanguina, d’Edzadouan dans le Centre, celle de Bertoua à l’Est et Maroua à l’Extrême-Nord, "sont trempées", révèle une source.

Célestin Obama

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Communauté urbaine de Yaoundé : Tsimi Evouna annonce le licenciement de cadres

Une enquête sur un détournement de 40 millions est en cours.

A l’évocation de l’affaire ayant conduit, il y a près deux mois, trois de leurs collègues à la prison centrale de Kondengui, les agents de la communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) perdent subitement la voix. Les rares personnes disposées à en parler s’expriment sous cape. Tout en suggérant l’embargo sur cette information. "Il ne faut pas publier ça; c’est très sale", lance un agent, les mains chargées de volumineux registres et un pied sur une marche des escaliers en spirale conduisant au bureau du receveur municipal. Malgré le voile de silence autour de cette affaire, il reste vrai que Vincent de Paul Tsanga Tsanga, Ngon et Nyasse, agents du service de recouvrement à la Cuy sont écroués à la prison centrale de Yaoundé depuis le 25 mars 2009. Ils sont présumés coupables de détournements de 40 millions de Fcfa. Ils auraient ainsi utilisé, à leur profit, de fausses quittances lors d’opérations de recouvrement auprès de commerçants de la ville. Et le réseau s’étendrait à plusieurs autres communes et individus sur l’ensemble du territoire national.

Une source introduite indique que des registres de quittances ont été subtilisés dans certaines communes et remis aux agents de la Cuy pour utilisation frauduleuse. Une autre soutient l’inverse : "Ce sont plutôt les registres de la communauté urbaine qui se sont retrouvés là-bas." Un troisième avis fait état d’une fausse carte de stationnement, délivrée à un automobiliste et portée sur la table du délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, qui a aussitôt déclenché l’enquête et "donné des consignes pour qu’on démantèle tout le réseau".
A l’Hôtel de ville, un agent désigne un cadre de la maison qui aurait "remarqué certaines choses et a écrit au délégué". Approché le 7 mai dernier, le cadre concerné a déclaré, énigmatique: "A ma connaissance, aucun de mes collaborateurs n’est en prison au moment où je vous parle. Du moins en ce qui me concerne. La maison peut avoir 600 personnes, j’en connais à peine 20. Beaucoup de choses peuvent se passer dans la maison sans que je sois au courant." Il jure en plus ne connaître ni Tsanga Tsanga, ni Ngon, ni Nyasse.

Problème récurrent
Comme lui, les responsables des communes citées dans l’affaire n’ont pas souhaité s’exprimer sur l’affaire. Dans la commune rurale d’Olanguina, Angoula Nkodo, conseiller municipal, précise : "Le secrétaire général a distribué le même document à tous les conseillers et pas à moi seul. Je ne peux en parler parce que je suis un patriarche." Joint au téléphone le 22 avril 2009 autour de 13h30, Gilbert Tsimi Evouna s’est limité à dire : "Il faut aller voir le secrétaire général. C’est lui le chef de l’administration. S’il a besoin d’un complément d’information, c’est lui qui devra vous conduire chez moi. Nous luttons contre la corruption sans faire de bruits. Il y a des cadres qui seront licenciés." A quelques semaines de la Fête nationale, Alphonse Roger Ondoa Akoa, le Sg de la Cuy, ne trouve plus du temps pour recevoir : "Vous savez, il est très pris par les préparatifs du 20 Mai. Je ne pense pas qu’il puisse vraiment vous recevoir", tranche-t-on au secrétariat. Les multiples coups de fil passés n’aboutiront à aucun rendez-vous.

Deux jours avant l’entretien téléphonique avec Gilbert Tsimi Evouna, Vincent de Paul Tsanga Tsanga criait son innocence du fond de sa cellule du quartier 1 de la prison centrale de Kondengui. "J’ai tout remis à Dieu. Je ne sais rien de tout ce qui se passe. J’ai passé 22 jours dans une cellule mal éclairée, et avec ces lunettes [pendant à son cou], j’ai signé sans toutefois savoir ce que je signais." Interpellé le 3 mars 2009 par les éléments de la délégation régionale de la police judiciaire pour le Centre (Dppj) et placé sous mandat de dépôt le 25 mars 2009, suivant ses dires, l’agent de la Cuy affirme ne savoir ni avec qui il est dans le même dossier, ni le lieu où les autres se trouveraient. "Je sais seulement qu’au sortir de la cellule, j’ai vu une dame assise avec un bébé en main et à qui on a demandé si elle me connaissait. La dame a répondu par la négative. On l’a laissée partir et moi j’ai été conduit ici."

Selon plusieurs témoignages, la dame en question serait Akamba, adjointe au maire de la commune rurale d’Afanloum, dans le département de la Mefou-et-Afamba. Elle aurait toutefois bénéficié du soutien d’une élite de son coin qui s’est apitoyée sur une dame allaitant et sans moyens nécessaires pour nourrir son enfant, pendant qu’elle est en détention. Sa commune, avec celles d’Essé, d’Olanguina, d’Edzadouan dans le Centre, celle de Bertoua à l’Est et Maroua à l’Extrême-Nord, "sont trempées", révèle une source.

Célestin Obama

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Communauté urbaine de Yaoundé : Tsimi Evouna annonce le licenciement de cadres

Une enquête sur un détournement de 40 millions est en cours.

A l’évocation de l’affaire ayant conduit, il y a près deux mois, trois de leurs collègues à la prison centrale de Kondengui, les agents de la communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) perdent subitement la voix. Les rares personnes disposées à en parler s’expriment sous cape. Tout en suggérant l’embargo sur cette information. "Il ne faut pas publier ça; c’est très sale", lance un agent, les mains chargées de volumineux registres et un pied sur une marche des escaliers en spirale conduisant au bureau du receveur municipal. Malgré le voile de silence autour de cette affaire, il reste vrai que Vincent de Paul Tsanga Tsanga, Ngon et Nyasse, agents du service de recouvrement à la Cuy sont écroués à la prison centrale de Yaoundé depuis le 25 mars 2009. Ils sont présumés coupables de détournements de 40 millions de Fcfa. Ils auraient ainsi utilisé, à leur profit, de fausses quittances lors d’opérations de recouvrement auprès de commerçants de la ville. Et le réseau s’étendrait à plusieurs autres communes et individus sur l’ensemble du territoire national.

Une source introduite indique que des registres de quittances ont été subtilisés dans certaines communes et remis aux agents de la Cuy pour utilisation frauduleuse. Une autre soutient l’inverse : "Ce sont plutôt les registres de la communauté urbaine qui se sont retrouvés là-bas." Un troisième avis fait état d’une fausse carte de stationnement, délivrée à un automobiliste et portée sur la table du délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, qui a aussitôt déclenché l’enquête et "donné des consignes pour qu’on démantèle tout le réseau".
A l’Hôtel de ville, un agent désigne un cadre de la maison qui aurait "remarqué certaines choses et a écrit au délégué". Approché le 7 mai dernier, le cadre concerné a déclaré, énigmatique: "A ma connaissance, aucun de mes collaborateurs n’est en prison au moment où je vous parle. Du moins en ce qui me concerne. La maison peut avoir 600 personnes, j’en connais à peine 20. Beaucoup de choses peuvent se passer dans la maison sans que je sois au courant." Il jure en plus ne connaître ni Tsanga Tsanga, ni Ngon, ni Nyasse.

Problème récurrent
Comme lui, les responsables des communes citées dans l’affaire n’ont pas souhaité s’exprimer sur l’affaire. Dans la commune rurale d’Olanguina, Angoula Nkodo, conseiller municipal, précise : "Le secrétaire général a distribué le même document à tous les conseillers et pas à moi seul. Je ne peux en parler parce que je suis un patriarche." Joint au téléphone le 22 avril 2009 autour de 13h30, Gilbert Tsimi Evouna s’est limité à dire : "Il faut aller voir le secrétaire général. C’est lui le chef de l’administration. S’il a besoin d’un complément d’information, c’est lui qui devra vous conduire chez moi. Nous luttons contre la corruption sans faire de bruits. Il y a des cadres qui seront licenciés." A quelques semaines de la Fête nationale, Alphonse Roger Ondoa Akoa, le Sg de la Cuy, ne trouve plus du temps pour recevoir : "Vous savez, il est très pris par les préparatifs du 20 Mai. Je ne pense pas qu’il puisse vraiment vous recevoir", tranche-t-on au secrétariat. Les multiples coups de fil passés n’aboutiront à aucun rendez-vous.

Deux jours avant l’entretien téléphonique avec Gilbert Tsimi Evouna, Vincent de Paul Tsanga Tsanga criait son innocence du fond de sa cellule du quartier 1 de la prison centrale de Kondengui. "J’ai tout remis à Dieu. Je ne sais rien de tout ce qui se passe. J’ai passé 22 jours dans une cellule mal éclairée, et avec ces lunettes [pendant à son cou], j’ai signé sans toutefois savoir ce que je signais." Interpellé le 3 mars 2009 par les éléments de la délégation régionale de la police judiciaire pour le Centre (Dppj) et placé sous mandat de dépôt le 25 mars 2009, suivant ses dires, l’agent de la Cuy affirme ne savoir ni avec qui il est dans le même dossier, ni le lieu où les autres se trouveraient. "Je sais seulement qu’au sortir de la cellule, j’ai vu une dame assise avec un bébé en main et à qui on a demandé si elle me connaissait. La dame a répondu par la négative. On l’a laissée partir et moi j’ai été conduit ici."

Selon plusieurs témoignages, la dame en question serait Akamba, adjointe au maire de la commune rurale d’Afanloum, dans le département de la Mefou-et-Afamba. Elle aurait toutefois bénéficié du soutien d’une élite de son coin qui s’est apitoyée sur une dame allaitant et sans moyens nécessaires pour nourrir son enfant, pendant qu’elle est en détention. Sa commune, avec celles d’Essé, d’Olanguina, d’Edzadouan dans le Centre, celle de Bertoua à l’Est et Maroua à l’Extrême-Nord, "sont trempées", révèle une source.

Célestin Obama

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Communauté urbaine de Yaoundé : Tsimi Evouna annonce le licenciement de cadres

Une enquête sur un détournement de 40 millions est en cours.

A l’évocation de l’affaire ayant conduit, il y a près deux mois, trois de leurs collègues à la prison centrale de Kondengui, les agents de la communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) perdent subitement la voix. Les rares personnes disposées à en parler s’expriment sous cape. Tout en suggérant l’embargo sur cette information. "Il ne faut pas publier ça; c’est très sale", lance un agent, les mains chargées de volumineux registres et un pied sur une marche des escaliers en spirale conduisant au bureau du receveur municipal. Malgré le voile de silence autour de cette affaire, il reste vrai que Vincent de Paul Tsanga Tsanga, Ngon et Nyasse, agents du service de recouvrement à la Cuy sont écroués à la prison centrale de Yaoundé depuis le 25 mars 2009. Ils sont présumés coupables de détournements de 40 millions de Fcfa. Ils auraient ainsi utilisé, à leur profit, de fausses quittances lors d’opérations de recouvrement auprès de commerçants de la ville. Et le réseau s’étendrait à plusieurs autres communes et individus sur l’ensemble du territoire national.

Une source introduite indique que des registres de quittances ont été subtilisés dans certaines communes et remis aux agents de la Cuy pour utilisation frauduleuse. Une autre soutient l’inverse : "Ce sont plutôt les registres de la communauté urbaine qui se sont retrouvés là-bas." Un troisième avis fait état d’une fausse carte de stationnement, délivrée à un automobiliste et portée sur la table du délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, qui a aussitôt déclenché l’enquête et "donné des consignes pour qu’on démantèle tout le réseau".
A l’Hôtel de ville, un agent désigne un cadre de la maison qui aurait "remarqué certaines choses et a écrit au délégué". Approché le 7 mai dernier, le cadre concerné a déclaré, énigmatique: "A ma connaissance, aucun de mes collaborateurs n’est en prison au moment où je vous parle. Du moins en ce qui me concerne. La maison peut avoir 600 personnes, j’en connais à peine 20. Beaucoup de choses peuvent se passer dans la maison sans que je sois au courant." Il jure en plus ne connaître ni Tsanga Tsanga, ni Ngon, ni Nyasse.

Problème récurrent
Comme lui, les responsables des communes citées dans l’affaire n’ont pas souhaité s’exprimer sur l’affaire. Dans la commune rurale d’Olanguina, Angoula Nkodo, conseiller municipal, précise : "Le secrétaire général a distribué le même document à tous les conseillers et pas à moi seul. Je ne peux en parler parce que je suis un patriarche." Joint au téléphone le 22 avril 2009 autour de 13h30, Gilbert Tsimi Evouna s’est limité à dire : "Il faut aller voir le secrétaire général. C’est lui le chef de l’administration. S’il a besoin d’un complément d’information, c’est lui qui devra vous conduire chez moi. Nous luttons contre la corruption sans faire de bruits. Il y a des cadres qui seront licenciés." A quelques semaines de la Fête nationale, Alphonse Roger Ondoa Akoa, le Sg de la Cuy, ne trouve plus du temps pour recevoir : "Vous savez, il est très pris par les préparatifs du 20 Mai. Je ne pense pas qu’il puisse vraiment vous recevoir", tranche-t-on au secrétariat. Les multiples coups de fil passés n’aboutiront à aucun rendez-vous.

Deux jours avant l’entretien téléphonique avec Gilbert Tsimi Evouna, Vincent de Paul Tsanga Tsanga criait son innocence du fond de sa cellule du quartier 1 de la prison centrale de Kondengui. "J’ai tout remis à Dieu. Je ne sais rien de tout ce qui se passe. J’ai passé 22 jours dans une cellule mal éclairée, et avec ces lunettes [pendant à son cou], j’ai signé sans toutefois savoir ce que je signais." Interpellé le 3 mars 2009 par les éléments de la délégation régionale de la police judiciaire pour le Centre (Dppj) et placé sous mandat de dépôt le 25 mars 2009, suivant ses dires, l’agent de la Cuy affirme ne savoir ni avec qui il est dans le même dossier, ni le lieu où les autres se trouveraient. "Je sais seulement qu’au sortir de la cellule, j’ai vu une dame assise avec un bébé en main et à qui on a demandé si elle me connaissait. La dame a répondu par la négative. On l’a laissée partir et moi j’ai été conduit ici."

Selon plusieurs témoignages, la dame en question serait Akamba, adjointe au maire de la commune rurale d’Afanloum, dans le département de la Mefou-et-Afamba. Elle aurait toutefois bénéficié du soutien d’une élite de son coin qui s’est apitoyée sur une dame allaitant et sans moyens nécessaires pour nourrir son enfant, pendant qu’elle est en détention. Sa commune, avec celles d’Essé, d’Olanguina, d’Edzadouan dans le Centre, celle de Bertoua à l’Est et Maroua à l’Extrême-Nord, "sont trempées", révèle une source.

Célestin Obama

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Douala : Visite guidée dans une ville qui étouffe

Le premier magistrat de la ville veut nettoyer toutes les entrées, et prendre à bras le corps le phénomène d’engorgement. Mais le pont sur le Wouri reste le dernier verrou.

Ntone mesure les routes

Lieu dit Texaco aéroport, vendredi 5 septembre 2008. Le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, Fritz Ntone Ntone, en compagnie d’un important parterre de personnalités, a l’air sérieux. Il est décidé à mettre en pratique ce proverbe Bamiléké qui dit que « quand il y a le panier, on ne mesure pas le maïs avec les mains. » Un déca en main, il fait personnellement le métré des distances qui doivent être dégagées, à partir de la route principale. Aidé des responsables des grands travaux de le Cud, il trace lui-même des traits de limite au sol, demande que l’on pose le mètre et fonce en diagonale vers les constructions en bordure de la route. 15 mètres plus loin, il s’arrête, et demande de repérer ce point. Tans pis s’il est en plein milieu d’une boutique ou d’une vente à emporter. Le propriétaire des lieux comprend tout de suite. Il doit quitter, et au plus vite. Sinon, Ntone viendra casser, et contrairement à son collègue de Yaoundé qui se dit « bon », il va laisser la facture. Il a prévenu depuis des semaines.
Le même scénario se produit plus loin au marché Ndogpassi. Ici, les étals des commerçants vendeurs de friperies tutoient carrément le goudron. Les 15 mètres de mesure traversent au moins 4 rangées de comptoirs, pour se retrouver en plein cœur du marché. Rien à faire, tous ceux que l’équipe traverse doivent débarrasser le plancher, ou plutôt les abords de la chaussée, pour être précis. Le délégué continue sa tournée dans la ville, traverse la nouvelle station Tradex de Mboko, emprunte la liaison Nyalla Yassa pour se retrouver à Ndokoti. Les occupants de la chaussée et de ses abords prennent aussi acte de son passage. Cap sur l’Ecole publique, Rond point Deïdo. Le pont sur le Wouri est avalé en quelques minutes, la voie étant dégagée pour le passage des autorités. Par la nouvelle route, il se retrouve à la gare routière de Sodiko, d’où il repart par l’ancienne route. A tout ces points, Fritz Ntone a une fois de plus démontré son intention de ne plus tolérer les occupations anarchiques, convaincu que les encombrements des emprises publiques ont une part de responsabilité importante dans l’engorgement de la ville.

La population d’accord malgré elle
La seule présence du délégué sur le terrain a fini de convaincre les derniers caïds, qui prenaient encore les avertissements et les croix de Saint André comme des amusements. « Le type ci ne blague plus. Nous sommes conscients que nous sommes sur la chaussée, mais où devront nous aller ? S’il nous dégageait en janvier, il n’y aurait pas de problème. A ce moment là le marché est mort. Mais en cette rentrée, qu’allons nous faire, c’est en vendant ici que nous pouvons envoyer les enfants à l’école », se plaint une vendeuse au marché de Ndogpassi. Cette attitude est la même pour tout ceux qui sont touchés par la mesure. Aucune protestation ouverte, tous semblent avoir pris conscience que la casse des œufs est incontournable si l’on veut avoir des omelettes.
Sur l’ancienne route à Bonabéri, le message semble bien compris. Toutes les constructions en bordure de route sont en chantiers, les propriétaires ont eux même entrepris de casser et de reculer leurs murs au niveau des traits rouges de la Cud. Il se dit même ici que les maçons ne chôment plus, tant ils sont sollicités. Et la loi de l’offre et de la demande aidant, leur main d’œuvre est devenue plus chère, tant ils sont sollicités. Mais les victimes préfèrent payer le prix, car détruire par eux même permettrait de récupérer quelques matériaux, ce qui n’est pas le cas si c’était un bulldozer de la Cud qui déposait sa pelle sur une toiture… Malgré eux, les occupants des emprises sont obligés d’adhérer à la politique de Ntone. Ils la contestent, mais la comprennent.

Pont sur le Wouri la caillou dans la chaussure

S’il est évident que le dégagement des emprises donneraient un visibilité certaines aux routes et favoriserait la fluidité de la circulation, il reste aussi constant que le pont sur le Wouri, autre nid de bouchons, n’a pas d’emprises à dégager. Ce qui fait que l’équation « pont » reste à plusieurs inconnus pour les populations, et pour la Cud. Cet ouvrage, inauguré le 15 mai 1955, est aujourd’hui largement dépassé. Les témoins racontent qu’à cette époque, cinq personnes étaient propriétaires de voiture à Bonabéri : Epée Dooh un inspecteur des douanes, Dissaké Hans, cheminot puis député, Tanko Amadou, homme d’affaires et homme politique, Wamba Jean un commerçant, et Manei Ebanda. Les autres habitants de la rive gauche, considérés comme des privilégiés, avait des Vespa ou des mobylettes. Il était impensable à l’époque que ce pont soit un jour engorgé comme il l’est aujourd’hui. En y ajoutant les quelques camions qui transportaient les produits comme le café et le cacao en provenance de l’Ouest ou du Mungo, on pouvait estimer à 20 véhicules le trafic journalier sur le pont.
53 ans après, le trafic sur le même pont est estimé à 30 000 véhicules par jour. L’ouvrage a manifesté des signes de vieillesse il y a quelques années, et la solution trouvée par le gouvernement de la République, a été d’y dépenser quelque 13 milliards de Fcfa pour renforcer les poteaux de soutènement.
Pourtant, au cours des multiples réunions du comité de suivi des travaux sur le pont, présidées par Emmanuel Bondé, à l’époque secrétaire d’Etat aux Travaux publics, le délégué du gouvernement auprès de la Cud d’alors, Edouard Nathanaël Etonde Ekotto, avait insisté sur la nécessité d’un deuxième pour sur le fleuve. Les membres du gouvernement ont fait la langue de bois jusqu’au bout, et à ce jour personne n’en parle plus. En tout cas, des multiples solutions proposées pour désengorger la ville, on n’a pas jusqu’ici entendu Fritz Ntone faire allusion à la construction d’un second pont, alors qu’il saute même aux yeux des aveugles que l’ouvrage de 1955 est dépassée, comme les vespa qui le traversaient à l’époque.
Le docteur Fritz Ntone, qui a sûrement plus d’un bistouri dans sa blouse, devrait s’employer à convaincre les autorités de Yaoundé sur la nécessité de lancer la construction sinon de plusieurs, du moins d’un autre pont sur le Wouri, seule thérapie pouvant soulager à long terme la constipation dont est fatalement victime la ville de Douala, que d’aucuns ont autrefois affectueusement appelée « Mbengue (la France).»

Par Roland TSAPI

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.