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Total Gabon : résultats de l´exercice 2006

Le Conseil d’Administration de Total Gabon s’est réuni le 20 mars 2007 sous la présidence de Jean PRIVEY et a arrêté les comptes définitifs de l’exercice 2006.
En 2006, le résultat net de Total Gabon s’est élevé à 326,4 millions de dollars US contre 316,8 millions de dollars US en 2005. – 20 Mar. 07

Ceci est un communiqué de presse

Le Conseil d’Administration de Total Gabon s’est réuni le 20 mars 2007 sous la présidence de Jean PRIVEY et a arrêté les comptes définitifs de l’exercice 2006.
En 2006, le résultat net de Total Gabon s’est élevé à 326,4 millions de dollars US contre 316,8 millions de dollars US en 2005. 
La production de pétrole brut des champs opérés par Total Gabon a atteint 30,9 millions de barils en 2006, contre 35,7 l´année précédente. La part de production de pétrole brut (opérée et non opérée) liée aux participations de Total Gabon(1)  s´est élevée en 2006 à 24,4 millions de barils contre 28,1 millions de barils en 2005, soit environ 28 % de la production gabonaise totale de pétrole brut.
Le chiffre d’affaires s´est élevé à 1 279,3 millions de dollars US, en augmentation de 138,4 millions de dollars US par rapport à 2005, soit +12,1 %. La diminution des quantités vendues a, en effet, été plus que compensée par une forte appréciation du prix de vente moyen des bruts commercialisés par Total Gabon (59,08 USD/baril en moyenne sur l’année 2006 contre 48,04 USD/baril en 2005). Les charges d´exploitation sont en hausse de 15,9 % en 2006, s´inscrivant à 977,6 millions de dollars US, du fait de la poursuite d´une activité importante de forage et de développement, d´un programme toujours très soutenu de gros entretien des installations de production et d´une hausse générale des prix des services pétroliers.
Les investissements pétroliers se sont élevés à 130 millions de dollars US en 2006 contre 139,4 millions de dollars US en 2005, et ont principalement concerné :
  • pour l’activité opérée sur Mandji, la réalisation d´études de réservoir et de développement sur différents champs avec en particulier la finalisation d´un modèle dynamique sur le champ d´Anguille confirmant des enjeux de réserves additionnelles, le forage en mer de nouveaux puits sur Baudroie (BDNM13 et BDNM14) et Mérou Sardine (MSSM2), la poursuite du développement de Gonelle avec le forage d´un nouveau puits (GNM19), la reprise du puits GNM6 et l´augmentation de la capacité des pompes d´expédition consécutive à ces travaux et, enfin, le forage d´un puits d´exploration sur l´île Mandji (MDJ1) qui s´est avéré sec.
  • pour l´activité opérée sur Rabi, la poursuite du projet de développement complémentaire d´Atora avec le forage du puits ATO9, la réalisation de travaux d´augmentation de la capacité d´injection d´eau sur Coucal avec la reprise du puits DICO2 et la remise à niveau de la chaîne de traitement de l´eau de production ainsi que le forage du puits d´appréciation DICO8 qui s´est avéré sec.
  • pour l’activité non opérée, la poursuite du programme de travaux sur Rabi Kounga (phase  III) avec une nouvelle campagne de forage comprenant 7 puits neufs et 4 reprises de puits existants et la fin de la construction et de la mise au point du nouveau modèle de simulation du réservoir du champ.
PRINCIPALES DONNEES FINANCIERES
 
  (en millions de dollars US)
 2006
 2005 
 2004
 
  Chiffre d’affaires
1 279,3
1 140,9
879,7
 
  Capacité d´autofinancement globale
463,4
425,8
340,9
 
  Investissements pétroliers
130 
139,4
157,8
 
  Résultat net
326,4 
316,8
241,5
 
           
Afin de limiter le déclin naturel de la production, Total Gabon a étudié et engagé un programme d´investissements importants visant à la fois au maintien en état des installations de production et à l´amélioration du taux de récupération des champs anciens, notamment Anguille. Ce programme s´étalera sur plusieurs années et devrait se traduire par un doublement des investissements en 2007 par rapport à 2006 et par un effort soutenu sur les années suivantes. En prenant en considération d´une part cet effort d´investissement et d´autre part la capacité d´autofinancement de Total Gabon, le Conseil a décidé de proposer à l’Assemblée Générale des actionnaires, convoquée le 13 juin 2007, la distribution d’un dividende de 45 dollars US par action, soit 202,5 millions de dollars US pour l’ensemble des actionnaires.
Ce dividende est payable en euros (ou sa contre-valeur en francs CFA) sur la base du cours du dollar US au jour de l’Assemblée Générale. Il ouvre droit à un crédit d’impôt en France de 0,17 dollar US par action correspondant au montant de la retenue à la source au Gabon.
(1) y compris les barils de fiscalité huile revenant à l´Etat dans le cadre des contrats de partage de production

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La cuisine camerounaise cherche ses marques

Gastronomie : La cuisine camerounaise cherche ses marques


Malgré leur diversité, les mets camerounais peinent à se faire connaître au plan international.
Bertille M. Bikoun


Combien de mets compte le Cameroun ? Difficile à dire, mais il convient de noter que la gastronomie camerounaise est aussi variée que les aires culturelles présentes dans le triangle national. Ainsi, si l’on recense plus de 200 groupes ethniques au Cameroun, on pourrait en dire autant sinon plus, des mets. Ceux-ci ont la particularité de réunir de grands ensembles qui se reconnaissent à l’évocation de l’une de ces spécificités culinaires. Chaque région a, en effet, un plat qui lui est propre. Alors que la notoriété du Ndolè, un plat essentiellement consommé par le peuple duala a traversé les frontières de cette aire culturelle et nationale, le Koki se partage aussi bien à l’Ouest, au Centre (Mbam et Inoubou) qu’au Littoral. Le Nnam Ngon (mets de pistache) se mange aussi bien au Centre, au Sud qu’à l’Est, alors qu’au Littoral, on connaît le même plat sous le nom de Ngondo Mukon.

Face à cette diversité culinaire, Bénijour Tchuingwa, président de l’Association pour le développement et la promotion de la cuisine camerounaise (Adpc) pense qu’il faudrait, au préalable, "effectuer un recensement des recettes locales afin d’évaluer le patrimoine culinaire camerounais, ensuite identifier lesdites recettes, puis les codifier". Ce d’autant plus que Jean-Marie Leroy, restaurateur basé à Douala, pense que le Cameroun est en train de perdre son identité culinaire.
En effet, malgré cette diversité de mets que l’on rencontre, les restaurateurs camerounais sont d’avis que la cuisine locale ne se vend pas autant que ses homologues ivoiriennes ou encore sénégalaises. Pourtant, poursuit Bernard Akoa du restaurant "Aux Fines herbes" situé à la nouvelle route Bastos à Yaoundé, "La cuisine camerounaise peut mieux se vendre". D’après ce dernier, "Le Cameroun est naturellement riche. Nous avons des produits très variés. Il ne dépend que des techniciens chimistes que nous sommes pour faire des recherches et avoir une cuisine de bien meilleure qualité".

Traçabilité
Bénijour Tchuingwa de l’Adpc poursuit que la recherche scientifique permettrait en effet de mieux connaître la cuisine camerounaise et les apports calorifiques des mets. Ce qui, pour le moment, n’est pas encore codifié. Il propose de favoriser l’expression des éléments qui facilitent la traçabilité de cette cuisine. Ce n’est que lorsque ces éléments seront répertoriés que la gastronomie et la cuisine d’ici pourront être valorisées.
"Ainsi, selon Bénijour Tchuingwa, à la place de Poulet Basquaise, on devrait avoir sur une carte d’un restaurant de Douala ou Yaoundé, Poulet de la Lékié. Au lieu de Bœuf Strongonhoff, avoir Bœuf aux épices du village", par exemple. Un point de vue que ne partage pas Bernard Akoa. "Quand on parle de mondialisation, la cuisine n’est pas exclue. La nouvelle cuisine internationale veut qu’on prenne la méthodologie culinaire des Blancs et nos produits et en ressortir quelque chose d’unique, de singulier. Une chose est de produire. L’autre est de commercialiser. Quand je dis Ndomba Kabat, on sait bien que c’est le Ndomba de chèvre. Mais quelqu’un de curieux va vous poser la question : -il s’agit de quoi ?- Cela va permettre au maître d’hôtel de s’expliquer. C’est aussi là une autre façon de vendre".

La promotion est également un autre écueil de la gastronomie camerounaise. Et ceci, parce qu’il manque des informations sur notre cuisine. Les recettes de nos plats ne sont pas toujours connues. Parfois même, elles n’existent pas. Voilà pourquoi, disent les restaurateurs, nous n’avons pas une identité culinaire. "Le 20 mai devait être, par exemple, le jour par excellence où la présidence de République offre une variété de mets camerounais comme le font les Français le 14 juillet. Mais ce n’est pas le cas", suggère Bénijour Tchuingwa. Ce qui fait dire alors à Bernard Akoa que "il n’existe pas du tout une promotion de la cuisine camerounaise. Et bien même quand c’est le cas, elle se fait à tatillon".
Malgré ce clair obscur, des initiatives sont néanmoins mises sur pied. Certains défenseurs de l’identité culinaire camerounaise se sont réunis en Association pour le développement et la promotion de la cuisine camerounaise (Acdp). Il s’agit d’un groupe de professionnels de la gastronomie, des arts de tables, des industries agroalimentaires et des esthètes, tous animés de la même passion pour "le métier et fervents défenseurs de ce qui est l’un des piliers de leur culture. Car il ne fait aucun doute que la cuisine est un rayon phare du tourisme. "Il n’y a pas de tourisme sans gastronomie", défend alors M. Tchuingwa.

Initiatives
2007 va marquer un tournant décisif pour l’Adpc. L’association entend organiser plusieurs actions de promotion de la cuisine camerounaise. Deux des temps forts de ce calendrier seront "La grande popote", en février et les "Marmites d’or 2007". Ce dernier événement que l’Association annonce grandiose est, en réalité, la vitrine du programme d’action de l’association et vise à "créer l’émulation de la compétition et décerner les trophées de la cuisine et de la restauration aux professionnels", déclare Bénijour Tchuingwa.
Concrètement, les "Marmites d’or" commenceront par un échantillonnage d’établissements dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, établissements observant les normes en la matière. Ensuite, une qualification des établissements sera effectuée pour la sélection finale et ce, sur la base d’une enquête menée auprès d’un échantillon de consommateurs choisis.

45 maisons seront nominées et seront passées au crible par quelques membres du jury de la compétition. Neuf trophées seront remis au cours d’une soirée de gala d’ores et déjà prévue le 7 avril 2007.
Des initiatives similaires ont également vu le jour il y a quelques années. Celles-ci sont l’œuvre de la tenancière du restaurant l’Agora, Marie-Thérèse Atedzoe, plus connue sous le nom de Maïté. Depuis plusieurs années, celle-ci œuvre pour la promotion de l’art culinaire camerounais. C’est ainsi qu’elle a créé le concept "La nuit des restaurateurs". Comme son nom l’indique, cet événement regroupe, le temps d’une soirée, les professionnels des métiers de la bouche. L’objectif de cette manifestation est de valoriser et faire la promotion de la gastronomie camerounaise auprès des décideurs, du corps diplomatique…

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Malgré leur diversité, les mets camerounais peinent à se faire connaître au plan international.
Bertille M. Bikoun


Combien de mets compte le Cameroun ? Difficile à dire, mais il convient de noter que la gastronomie camerounaise est aussi variée que les aires culturelles présentes dans le triangle national. Ainsi, si l’on recense plus de 200 groupes ethniques au Cameroun, on pourrait en dire autant sinon plus, des mets. Ceux-ci ont la particularité de réunir de grands ensembles qui se reconnaissent à l’évocation de l’une de ces spécificités culinaires. Chaque région a, en effet, un plat qui lui est propre. Alors que la notoriété du Ndolè, un plat essentiellement consommé par le peuple duala a traversé les frontières de cette aire culturelle et nationale, le Koki se partage aussi bien à l’Ouest, au Centre (Mbam et Inoubou) qu’au Littoral. Le Nnam Ngon (mets de pistache) se mange aussi bien au Centre, au Sud qu’à l’Est, alors qu’au Littoral, on connaît le même plat sous le nom de Ngondo Mukon.

Face à cette diversité culinaire, Bénijour Tchuingwa, président de l’Association pour le développement et la promotion de la cuisine camerounaise (Adpc) pense qu’il faudrait, au préalable, "effectuer un recensement des recettes locales afin d’évaluer le patrimoine culinaire camerounais, ensuite identifier lesdites recettes, puis les codifier". Ce d’autant plus que Jean-Marie Leroy, restaurateur basé à Douala, pense que le Cameroun est en train de perdre son identité culinaire.
En effet, malgré cette diversité de mets que l’on rencontre, les restaurateurs camerounais sont d’avis que la cuisine locale ne se vend pas autant que ses homologues ivoiriennes ou encore sénégalaises. Pourtant, poursuit Bernard Akoa du restaurant "Aux Fines herbes" situé à la nouvelle route Bastos à Yaoundé, "La cuisine camerounaise peut mieux se vendre". D’après ce dernier, "Le Cameroun est naturellement riche. Nous avons des produits très variés. Il ne dépend que des techniciens chimistes que nous sommes pour faire des recherches et avoir une cuisine de bien meilleure qualité".

Traçabilité
Bénijour Tchuingwa de l’Adpc poursuit que la recherche scientifique permettrait en effet de mieux connaître la cuisine camerounaise et les apports calorifiques des mets. Ce qui, pour le moment, n’est pas encore codifié. Il propose de favoriser l’expression des éléments qui facilitent la traçabilité de cette cuisine. Ce n’est que lorsque ces éléments seront répertoriés que la gastronomie et la cuisine d’ici pourront être valorisées.
"Ainsi, selon Bénijour Tchuingwa, à la place de Poulet Basquaise, on devrait avoir sur une carte d’un restaurant de Douala ou Yaoundé, Poulet de la Lékié. Au lieu de Bœuf Strongonhoff, avoir Bœuf aux épices du village", par exemple. Un point de vue que ne partage pas Bernard Akoa. "Quand on parle de mondialisation, la cuisine n’est pas exclue. La nouvelle cuisine internationale veut qu’on prenne la méthodologie culinaire des Blancs et nos produits et en ressortir quelque chose d’unique, de singulier. Une chose est de produire. L’autre est de commercialiser. Quand je dis Ndomba Kabat, on sait bien que c’est le Ndomba de chèvre. Mais quelqu’un de curieux va vous poser la question : -il s’agit de quoi ?- Cela va permettre au maître d’hôtel de s’expliquer. C’est aussi là une autre façon de vendre".

La promotion est également un autre écueil de la gastronomie camerounaise. Et ceci, parce qu’il manque des informations sur notre cuisine. Les recettes de nos plats ne sont pas toujours connues. Parfois même, elles n’existent pas. Voilà pourquoi, disent les restaurateurs, nous n’avons pas une identité culinaire. "Le 20 mai devait être, par exemple, le jour par excellence où la présidence de République offre une variété de mets camerounais comme le font les Français le 14 juillet. Mais ce n’est pas le cas", suggère Bénijour Tchuingwa. Ce qui fait dire alors à Bernard Akoa que "il n’existe pas du tout une promotion de la cuisine camerounaise. Et bien même quand c’est le cas, elle se fait à tatillon".
Malgré ce clair obscur, des initiatives sont néanmoins mises sur pied. Certains défenseurs de l’identité culinaire camerounaise se sont réunis en Association pour le développement et la promotion de la cuisine camerounaise (Acdp). Il s’agit d’un groupe de professionnels de la gastronomie, des arts de tables, des industries agroalimentaires et des esthètes, tous animés de la même passion pour "le métier et fervents défenseurs de ce qui est l’un des piliers de leur culture. Car il ne fait aucun doute que la cuisine est un rayon phare du tourisme. "Il n’y a pas de tourisme sans gastronomie", défend alors M. Tchuingwa.

Initiatives
2007 va marquer un tournant décisif pour l’Adpc. L’association entend organiser plusieurs actions de promotion de la cuisine camerounaise. Deux des temps forts de ce calendrier seront "La grande popote", en février et les "Marmites d’or 2007". Ce dernier événement que l’Association annonce grandiose est, en réalité, la vitrine du programme d’action de l’association et vise à "créer l’émulation de la compétition et décerner les trophées de la cuisine et de la restauration aux professionnels", déclare Bénijour Tchuingwa.
Concrètement, les "Marmites d’or" commenceront par un échantillonnage d’établissements dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, établissements observant les normes en la matière. Ensuite, une qualification des établissements sera effectuée pour la sélection finale et ce, sur la base d’une enquête menée auprès d’un échantillon de consommateurs choisis.

45 maisons seront nominées et seront passées au crible par quelques membres du jury de la compétition. Neuf trophées seront remis au cours d’une soirée de gala d’ores et déjà prévue le 7 avril 2007.
Des initiatives similaires ont également vu le jour il y a quelques années. Celles-ci sont l’œuvre de la tenancière du restaurant l’Agora, Marie-Thérèse Atedzoe, plus connue sous le nom de Maïté. Depuis plusieurs années, celle-ci œuvre pour la promotion de l’art culinaire camerounais. C’est ainsi qu’elle a créé le concept "La nuit des restaurateurs". Comme son nom l’indique, cet événement regroupe, le temps d’une soirée, les professionnels des métiers de la bouche. L’objectif de cette manifestation est de valoriser et faire la promotion de la gastronomie camerounaise auprès des décideurs, du corps diplomatique…

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Malgré leur diversité, les mets camerounais peinent à se faire connaître au plan international.
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Combien de mets compte le Cameroun ? Difficile à dire, mais il convient de noter que la gastronomie camerounaise est aussi variée que les aires culturelles présentes dans le triangle national. Ainsi, si l’on recense plus de 200 groupes ethniques au Cameroun, on pourrait en dire autant sinon plus, des mets. Ceux-ci ont la particularité de réunir de grands ensembles qui se reconnaissent à l’évocation de l’une de ces spécificités culinaires. Chaque région a, en effet, un plat qui lui est propre. Alors que la notoriété du Ndolè, un plat essentiellement consommé par le peuple duala a traversé les frontières de cette aire culturelle et nationale, le Koki se partage aussi bien à l’Ouest, au Centre (Mbam et Inoubou) qu’au Littoral. Le Nnam Ngon (mets de pistache) se mange aussi bien au Centre, au Sud qu’à l’Est, alors qu’au Littoral, on connaît le même plat sous le nom de Ngondo Mukon.

Face à cette diversité culinaire, Bénijour Tchuingwa, président de l’Association pour le développement et la promotion de la cuisine camerounaise (Adpc) pense qu’il faudrait, au préalable, "effectuer un recensement des recettes locales afin d’évaluer le patrimoine culinaire camerounais, ensuite identifier lesdites recettes, puis les codifier". Ce d’autant plus que Jean-Marie Leroy, restaurateur basé à Douala, pense que le Cameroun est en train de perdre son identité culinaire.
En effet, malgré cette diversité de mets que l’on rencontre, les restaurateurs camerounais sont d’avis que la cuisine locale ne se vend pas autant que ses homologues ivoiriennes ou encore sénégalaises. Pourtant, poursuit Bernard Akoa du restaurant "Aux Fines herbes" situé à la nouvelle route Bastos à Yaoundé, "La cuisine camerounaise peut mieux se vendre". D’après ce dernier, "Le Cameroun est naturellement riche. Nous avons des produits très variés. Il ne dépend que des techniciens chimistes que nous sommes pour faire des recherches et avoir une cuisine de bien meilleure qualité".

Traçabilité
Bénijour Tchuingwa de l’Adpc poursuit que la recherche scientifique permettrait en effet de mieux connaître la cuisine camerounaise et les apports calorifiques des mets. Ce qui, pour le moment, n’est pas encore codifié. Il propose de favoriser l’expression des éléments qui facilitent la traçabilité de cette cuisine. Ce n’est que lorsque ces éléments seront répertoriés que la gastronomie et la cuisine d’ici pourront être valorisées.
"Ainsi, selon Bénijour Tchuingwa, à la place de Poulet Basquaise, on devrait avoir sur une carte d’un restaurant de Douala ou Yaoundé, Poulet de la Lékié. Au lieu de Bœuf Strongonhoff, avoir Bœuf aux épices du village", par exemple. Un point de vue que ne partage pas Bernard Akoa. "Quand on parle de mondialisation, la cuisine n’est pas exclue. La nouvelle cuisine internationale veut qu’on prenne la méthodologie culinaire des Blancs et nos produits et en ressortir quelque chose d’unique, de singulier. Une chose est de produire. L’autre est de commercialiser. Quand je dis Ndomba Kabat, on sait bien que c’est le Ndomba de chèvre. Mais quelqu’un de curieux va vous poser la question : -il s’agit de quoi ?- Cela va permettre au maître d’hôtel de s’expliquer. C’est aussi là une autre façon de vendre".

La promotion est également un autre écueil de la gastronomie camerounaise. Et ceci, parce qu’il manque des informations sur notre cuisine. Les recettes de nos plats ne sont pas toujours connues. Parfois même, elles n’existent pas. Voilà pourquoi, disent les restaurateurs, nous n’avons pas une identité culinaire. "Le 20 mai devait être, par exemple, le jour par excellence où la présidence de République offre une variété de mets camerounais comme le font les Français le 14 juillet. Mais ce n’est pas le cas", suggère Bénijour Tchuingwa. Ce qui fait dire alors à Bernard Akoa que "il n’existe pas du tout une promotion de la cuisine camerounaise. Et bien même quand c’est le cas, elle se fait à tatillon".
Malgré ce clair obscur, des initiatives sont néanmoins mises sur pied. Certains défenseurs de l’identité culinaire camerounaise se sont réunis en Association pour le développement et la promotion de la cuisine camerounaise (Acdp). Il s’agit d’un groupe de professionnels de la gastronomie, des arts de tables, des industries agroalimentaires et des esthètes, tous animés de la même passion pour "le métier et fervents défenseurs de ce qui est l’un des piliers de leur culture. Car il ne fait aucun doute que la cuisine est un rayon phare du tourisme. "Il n’y a pas de tourisme sans gastronomie", défend alors M. Tchuingwa.

Initiatives
2007 va marquer un tournant décisif pour l’Adpc. L’association entend organiser plusieurs actions de promotion de la cuisine camerounaise. Deux des temps forts de ce calendrier seront "La grande popote", en février et les "Marmites d’or 2007". Ce dernier événement que l’Association annonce grandiose est, en réalité, la vitrine du programme d’action de l’association et vise à "créer l’émulation de la compétition et décerner les trophées de la cuisine et de la restauration aux professionnels", déclare Bénijour Tchuingwa.
Concrètement, les "Marmites d’or" commenceront par un échantillonnage d’établissements dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, établissements observant les normes en la matière. Ensuite, une qualification des établissements sera effectuée pour la sélection finale et ce, sur la base d’une enquête menée auprès d’un échantillon de consommateurs choisis.

45 maisons seront nominées et seront passées au crible par quelques membres du jury de la compétition. Neuf trophées seront remis au cours d’une soirée de gala d’ores et déjà prévue le 7 avril 2007.
Des initiatives similaires ont également vu le jour il y a quelques années. Celles-ci sont l’œuvre de la tenancière du restaurant l’Agora, Marie-Thérèse Atedzoe, plus connue sous le nom de Maïté. Depuis plusieurs années, celle-ci œuvre pour la promotion de l’art culinaire camerounais. C’est ainsi qu’elle a créé le concept "La nuit des restaurateurs". Comme son nom l’indique, cet événement regroupe, le temps d’une soirée, les professionnels des métiers de la bouche. L’objectif de cette manifestation est de valoriser et faire la promotion de la gastronomie camerounaise auprès des décideurs, du corps diplomatique…

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Malgré leur diversité, les mets camerounais peinent à se faire connaître au plan international.
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Combien de mets compte le Cameroun ? Difficile à dire, mais il convient de noter que la gastronomie camerounaise est aussi variée que les aires culturelles présentes dans le triangle national. Ainsi, si l’on recense plus de 200 groupes ethniques au Cameroun, on pourrait en dire autant sinon plus, des mets. Ceux-ci ont la particularité de réunir de grands ensembles qui se reconnaissent à l’évocation de l’une de ces spécificités culinaires. Chaque région a, en effet, un plat qui lui est propre. Alors que la notoriété du Ndolè, un plat essentiellement consommé par le peuple duala a traversé les frontières de cette aire culturelle et nationale, le Koki se partage aussi bien à l’Ouest, au Centre (Mbam et Inoubou) qu’au Littoral. Le Nnam Ngon (mets de pistache) se mange aussi bien au Centre, au Sud qu’à l’Est, alors qu’au Littoral, on connaît le même plat sous le nom de Ngondo Mukon.

Face à cette diversité culinaire, Bénijour Tchuingwa, président de l’Association pour le développement et la promotion de la cuisine camerounaise (Adpc) pense qu’il faudrait, au préalable, "effectuer un recensement des recettes locales afin d’évaluer le patrimoine culinaire camerounais, ensuite identifier lesdites recettes, puis les codifier". Ce d’autant plus que Jean-Marie Leroy, restaurateur basé à Douala, pense que le Cameroun est en train de perdre son identité culinaire.
En effet, malgré cette diversité de mets que l’on rencontre, les restaurateurs camerounais sont d’avis que la cuisine locale ne se vend pas autant que ses homologues ivoiriennes ou encore sénégalaises. Pourtant, poursuit Bernard Akoa du restaurant "Aux Fines herbes" situé à la nouvelle route Bastos à Yaoundé, "La cuisine camerounaise peut mieux se vendre". D’après ce dernier, "Le Cameroun est naturellement riche. Nous avons des produits très variés. Il ne dépend que des techniciens chimistes que nous sommes pour faire des recherches et avoir une cuisine de bien meilleure qualité".

Traçabilité
Bénijour Tchuingwa de l’Adpc poursuit que la recherche scientifique permettrait en effet de mieux connaître la cuisine camerounaise et les apports calorifiques des mets. Ce qui, pour le moment, n’est pas encore codifié. Il propose de favoriser l’expression des éléments qui facilitent la traçabilité de cette cuisine. Ce n’est que lorsque ces éléments seront répertoriés que la gastronomie et la cuisine d’ici pourront être valorisées.
"Ainsi, selon Bénijour Tchuingwa, à la place de Poulet Basquaise, on devrait avoir sur une carte d’un restaurant de Douala ou Yaoundé, Poulet de la Lékié. Au lieu de Bœuf Strongonhoff, avoir Bœuf aux épices du village", par exemple. Un point de vue que ne partage pas Bernard Akoa. "Quand on parle de mondialisation, la cuisine n’est pas exclue. La nouvelle cuisine internationale veut qu’on prenne la méthodologie culinaire des Blancs et nos produits et en ressortir quelque chose d’unique, de singulier. Une chose est de produire. L’autre est de commercialiser. Quand je dis Ndomba Kabat, on sait bien que c’est le Ndomba de chèvre. Mais quelqu’un de curieux va vous poser la question : -il s’agit de quoi ?- Cela va permettre au maître d’hôtel de s’expliquer. C’est aussi là une autre façon de vendre".

La promotion est également un autre écueil de la gastronomie camerounaise. Et ceci, parce qu’il manque des informations sur notre cuisine. Les recettes de nos plats ne sont pas toujours connues. Parfois même, elles n’existent pas. Voilà pourquoi, disent les restaurateurs, nous n’avons pas une identité culinaire. "Le 20 mai devait être, par exemple, le jour par excellence où la présidence de République offre une variété de mets camerounais comme le font les Français le 14 juillet. Mais ce n’est pas le cas", suggère Bénijour Tchuingwa. Ce qui fait dire alors à Bernard Akoa que "il n’existe pas du tout une promotion de la cuisine camerounaise. Et bien même quand c’est le cas, elle se fait à tatillon".
Malgré ce clair obscur, des initiatives sont néanmoins mises sur pied. Certains défenseurs de l’identité culinaire camerounaise se sont réunis en Association pour le développement et la promotion de la cuisine camerounaise (Acdp). Il s’agit d’un groupe de professionnels de la gastronomie, des arts de tables, des industries agroalimentaires et des esthètes, tous animés de la même passion pour "le métier et fervents défenseurs de ce qui est l’un des piliers de leur culture. Car il ne fait aucun doute que la cuisine est un rayon phare du tourisme. "Il n’y a pas de tourisme sans gastronomie", défend alors M. Tchuingwa.

Initiatives
2007 va marquer un tournant décisif pour l’Adpc. L’association entend organiser plusieurs actions de promotion de la cuisine camerounaise. Deux des temps forts de ce calendrier seront "La grande popote", en février et les "Marmites d’or 2007". Ce dernier événement que l’Association annonce grandiose est, en réalité, la vitrine du programme d’action de l’association et vise à "créer l’émulation de la compétition et décerner les trophées de la cuisine et de la restauration aux professionnels", déclare Bénijour Tchuingwa.
Concrètement, les "Marmites d’or" commenceront par un échantillonnage d’établissements dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, établissements observant les normes en la matière. Ensuite, une qualification des établissements sera effectuée pour la sélection finale et ce, sur la base d’une enquête menée auprès d’un échantillon de consommateurs choisis.

45 maisons seront nominées et seront passées au crible par quelques membres du jury de la compétition. Neuf trophées seront remis au cours d’une soirée de gala d’ores et déjà prévue le 7 avril 2007.
Des initiatives similaires ont également vu le jour il y a quelques années. Celles-ci sont l’œuvre de la tenancière du restaurant l’Agora, Marie-Thérèse Atedzoe, plus connue sous le nom de Maïté. Depuis plusieurs années, celle-ci œuvre pour la promotion de l’art culinaire camerounais. C’est ainsi qu’elle a créé le concept "La nuit des restaurateurs". Comme son nom l’indique, cet événement regroupe, le temps d’une soirée, les professionnels des métiers de la bouche. L’objectif de cette manifestation est de valoriser et faire la promotion de la gastronomie camerounaise auprès des décideurs, du corps diplomatique…

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