Gladys Tchuimo : « Tous sur scène » veut valoriser la danse contemporaine
La chorégraphe de la compagnie Poo-lek parle du premier festival qu’elle a organisé à cet effet à Yaoundé. –
C’est quoi le concept "Tous en scène"?
"Tous sur scène" est un festival de danses contemporaines qui est né du rapprochement des danseurs. C’est une initiative de la compagnie Poo-lek. Le but ici est de valoriser la danse contemporaine, le travail du danseur et chorégraphe camerounais. L’autre but est de sensibiliser le public camerounais sur ce qu’est exactement la danse contemporaine parce que les gens pensent le plus souvent que la danse contemporaine vient annuler les danses traditionnelles patrimoniales ; ce qui n’est pas le cas. C’est pourquoi à l’occasion de l’ouverture officielle hier (mardi 21 juillet, Ndlr), nous avons fait une parade dans la rue, question de faire participer le public. C’était super parce que tout le monde a dansé dans la rue pendant près de 30 minutes. Le festival est également né dans le but de permettre aux danseurs et chorégraphes camerounais de pouvoir échanger, de partager des stages de création et d’écriture chorégraphiques avec des professionnels venus d’horizons divers. C’est la raison pour la quelle nous avons initié, depuis le 15 juillet, des ateliers de formations animés par le chorégraphe français Xavier Lot, le Nigérian Adedayo Liadi et le Burkinabé Bienvenue Bazié.
Qu’est ce qui a motivé la mise sur pied de ce festival ?
Personnellement, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose pour les danseurs au Cameroun parce que le niveau est très bas. Je me suis dit qu’ils ont besoin de professionnels pour leur donner un coup de pouce et leur donner les techniques nécessaires pour écrire une pièce chorégraphique, comment la développer etc. C’est à partir de ce moment que j’ai pensé qu’il fallait mettre quelque chose sur pied pour aider ces jeunes.
Sur quoi vous appuyez-vous pour dire que le niveau des danseurs contemporains est bas ?
La plupart du temps, le Cameroun n’est pas représenté au niveau international. Et je me dis justement que si nous ne le sommes pas, c’est à cause du niveau qui n’est pas assez au top.
Ce genre de projet nécessite d’importants investissements. Où en avez-vous trouvé ?
Tout est d’abord parti de la volonté. Cependant, j’ai eu la chance d’avoir le soutien du Centre culturel français (Ccf) qui m’a aidée moralement, financièrement et logistiquement. En effet, le Ccf m’a permis d’avoir Bienvenue Bazié, de même que la coopération française qui nous a convoyé Xavier Lot. Adedayo Liadi est un chorégraphe avec qui nous avons beaucoup travaillé et qui a voulu nous donner un coup de main tout simplement. Ces chorégraphes reviendront l’année prochaine pour continuer le travail qu’ils ont commencé cette année parce que c’est un travail qui va prendre beaucoup de temps. Le festival sera annuel pour permettre aux chorégraphes et danseurs de rehausser leur niveau. J’ai également approchée le ministère de la Culture. Mon dossier y est en attente. Donc, j’attends encore.
Le festival verra-t-il la participation d’autres danseurs au fur et à mesure ?
Pour l’instant, le but est de permettre aux danseurs camerounais de pouvoir trouver leur place au niveau mondial. Et pour avoir leur place au niveau mondial, ils ont besoin du regard de ces professionnels qui viendront de l’étranger.
Propos recueillis par Patricia Ngo Ngouem

