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Joe Mboulè : L’artiste se donne lui-même un statut

L’initiateur de la Mac parle des objectifs qu’elle visait et évoque son retour. –

Vous avez été l’un des précurseurs de la mutuelle des artistes camerounais. Quel était le but de ce regroupement ?
Le but de la Mutuelle des artistes camerounais était de créer une entraide, une solidarité et chercher l’évolution de l’artiste à travers la défense des intérêts communs, la recherche des solutions à nos problèmes par nos propres moyens dans l’unité et la concorde. Cette mutuelle était comme prélude à la mise en place d’une organisation professionnelle défendant les intérêts de ses membres à savoir un Syndicat d’artistes interprètes. Nous avons donc commencé par l’entraide.

Pourquoi n’a-t-elle pas été active plus longtemps ?
Je tiens à vous préciser que statutairement la Mac existe toujours, nous n’avons jusque-là pas organisé l’Assemblée générale de sa dissolution. Je dirai plutôt que les activités de cette association sont en veilleuse. La raison de cette situation se trouve si vous voulez dans la paupérisation que connaît depuis quelques temps le milieu artistique, il est difficile de fédérer les points de vue, lorsque certains artistes n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Leur demander de cotiser pour une mutuelle est presque impossible. A une époque lors que la crise ne se faisait pas encore sentir avec le paiement du droit d’auteur, la vente des disques, l’organisation des concerts aucun problème ne se posait. Mais aujourd’hui avec les effets néfastes de la piraterie y compris la manipulation des esprits il est bien difficile d’asseoir un organisme mutualisant. Sans toute fois oublier les maux qui minent notre société à savoir le tribalisme et le clanisme.

Pourrez-vous encore tenter l’expérience si cela vous était demandé aujourd’hui ?
Je pense qu’il est même nécessaire et indispensable de renouveler cette expérience car elle reste salutaire, je n’attendrais pas que cela me soit demandé, c’est un devoir qui s’impose à moi, car lorsqu’on est animé par un esprit de progrès et de solidarité on ne peut pas reculer.

Et l’implication des sociétés collectives de gestion ?
Les sociétés de gestion collective ont déjà des problèmes d’existence, qu’il faudra résoudre un jour, car il y a beaucoup de manipulation dans ce secteur, dans un premier temps il faudra les réformer en profondeur, l’expérience que nous vivons aujourd’hui il faut le reconnaître est un échec. Il faudra revenir à la pratique orthodoxe de la gestion collective des droits en conformité avec les conventions internationales.

Certains estiment qu’avant toute chose, le statut de l’artiste doit être défini pour mettre sur pied une mutuelle des artistes. Partagez-vous ce point de vue ?
Je ne partage pas du tout ce point de vu, car le statut de l’artiste ne se décrète pas. L’artiste se donne lui-même un statut, mais comme il a des droits et des devoirs dans une communauté, il serait correct que l’entente entre l’artiste, son employeur et l’Etat soit codifiée sous forme des lois et règlements applicables et respectés par tous. C’est un sujet important qu’il faudra peut être mettre en exergue lors d’un colloque ou une conférence.

Pensez-vous que les artistes eux-mêmes soient prêts à participer à la vie d’une mutuelle?
Pas beaucoup, mais il faudra les amener à adhérer, par l’information et la persuasion à travers des campagnes d’explication. Nous n’avons pas besoin de tout le monde pour démarrer, l’adhésion viendra au fur et à mesure. L’essentiel c’est de commencer avec un noyau d’artistes leader, c’est-à-dire ceux qui ont un actif permettant de démarrer l’affaire.

Propos recueillis par D.E.

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