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Musique : Quand les muses parlent

Dieu, les amours, la tristesse, la vie sont les éléments cités comme source d’inspiration pour les artistes. –

Dans les studios d’enregistrement, c’est l’effervescence. Chanteurs, musiciens, arrangeurs goupillent en effet des titres qui, espèrent-ils, vont devenir des tubes sinon planétaires, tout au moins nationaux. Parmi eux, on retrouve des artistes dont le dernier album date d’à peine un an. Où puisent-ils donc cette inspiration? Question à propos de laquelle Petit pays, l’artiste camerounais le plus controversé du moment, confiait à nos confrères de camerfeeling.com : "J’ai trois structures qui sont : Les enfants de Petit pays, les Sans visa qui constituent l’orchestre de Petit-pays et Petit-pays lui-même. Il nous faut donc beaucoup travailler pour un public qui nous suit toujours. La médiocrité nous est interdite. Ce n’est pas dans ce domaine que les ennemis parviendront à m’affaiblir. Nous avons encore assez d’inspiration pour créer des mélodies qui plaisent aux femmes et aux enfants".

Pour la chanteuse camerounaise Coco Mbassi, Dieu n’est jamais très loin quand sonne l’heure de son inspiration. Elle confie en effet que pour elle, l’inspiration "est divine… Bien-sûr qu’il faut travailler pour composer les chansons et surtout pour les arranger, mais parfois les mélodies me semblent vraiment provenir du ciel. Elles passent et mon esprit les interceptent". Pour le jazzman Gino Sitson, l’inspiration se puise à toutes les sources : "Je m’inspire de tout ce qui m’entoure: la famille, les amis, la nature, les animaux, confie-t-il. Tous les sons qui viennent jusqu’à mes oreilles me nourrissent. Je ne les compartimente pas, je ne les hiérarchise pas. L’inspiration à l’origine de mon écriture musicale dépend aussi de la raison pour laquelle j’écris. Le procédé est par exemple particulier lorsqu’il s’agit d’une "commande" d’écriture pour des projets précis. Comme des films, des documentaires, des pubs, des habillages d’antennes (j’en ai fait par exemple pour la chaîne française de télévision France 3).

Dans ces cas là, il me faut connaître le sujet, rentrer dans la peau de celui qui dirige le projet, m’imprégner de l’histoire qui est racontée. Je dois aussi avouer que ce que j’écris est avant tout très visuel. Dans ma musique, les morceaux sont comme des peintures de vie, des peintures vocales mises sur du papier à musique". Pour Joseph Ngala, les choses ne semblent pourtant pas aussi évidentes : "parfois, dit-il, je n’arrive pas a situer le début cette espèce d’envoutement. Je ressens des choses parfois comme dans un rêve. Surpris parfois que l’on me juge "d’original" alors que des sons, des mélodies, des rythmes et tous ce qui déclenche mon inspiration me sont inspirés par cette vie d’enfance dans un village enfoui quelque part dans la forêt équatoriale. Je suis convaincu que ces sons de ma tendre et innocente jeunesse devenue si lointaine sont ceux qui continuent de résonner au fond de mon esprit et sont la majeure partie de mon inspiration".

Conception
Et comment retranscrire toutes ces images, histoires qui affluent et les transformer en texte? Blick Bassy, ancien sociétaire du groupe Macase qui a lancé depuis quelques années sa carrière solo explique : "en général la mélodie me vient, ensuite j’adapte le texte, comment savoir qu’elle est prête à se faire écouter? C’est vraiment au feeling, lorsque je suis satisfait, que je prends un vrai plaisir à l’interpréter, alors pour moi elle est prête". Chouchou Bass, quant à lui dit concevoir son "texte de façon générale en vrac s’il faut le dire, ensuite je la construis comme une rédaction (intro, développement, conclusion) de manière a obtenir une cohérence de l’histoire".

Pour Coco Mbassi, passée la phase de rédaction des textes, la conception de la chanson dans sa globalité et l’écriture de la musique se fait "sur un instrument, dans un logiciel de musique assistée par ordinateur ou sur une partition. Mon instrument de partition est le piano". Selon Gino Sitson, c’est au moment de passer de la phase de conception à l’écriture d’une chanson, que la magie opère. "Pour ce qui est d’une chanson composée pour un album personnel, il y a un enchaînement fluide, avec sa part de magie. Le déclic peut se faire un matin au réveil, sous la douche, dans le métro, en pleine nuit, en pleine conversation. J’entends un air dans ma tête. Un air qui se fait obsessionnel. Si je peux, si j’ai le matériel à disposition, j’enregistre l’air en question ou je décline les quelques notes que j’entends sur un bout de papier pour ne pas risquer de le perdre. Plus tard, en me servant du piano ou de la guitare, j’explore les harmonies qui vont colorer le morceau. C’est comme un travail d’architecte. Le morceau prend du relief, du volume. Il se complexifie. Jusqu’à arriver a maturation".

Air
Pour l’artiste cependant, "le texte n’est pas à la base l’élément premier. Au commencement est l’air ! Les mots n’ont d’importance que pour ceux qui comprennent la langue dans laquelle est écrite une chanson. Tandis qu’un air sans mots peut parler a tout le monde, partout sur la planète. Ce sont les airs qui nous hantent. Tout le monde chante des airs, sans mots. Si l’on retient les mots d’un morceau et qu’ils nous hantent, c’est grâce aux notes qui portent ces mots". Après cette phase de maturation, les chansons peuvent être considérées comme terminées par l’artiste et son entourage. Mais, alors que Gino Sitson estime que tout est une question d’intuition personnelle, certains estiment qu’il y a des préalables à effectuer. Selon Blick Bassy : "lorsque je suis satisfait, que je prends un vrai plaisir à interpréter ma chanson, alors pour moi elle est prête". Chouchou Bass quant à lui estime qu’une chanson est à point quand elle "peut être racontée comme une histoire, une récitation et non passer du coq a l’âne sans transition, on ne peut pas chanter la souffrance et avoir des mots dans le morceau comme le président jobs a paris le faroteur (rire) là je trouve qu’il n’ya pas de cohérence car le farotage et misère ne vont pas ensemble". Et c’est après avoir réglé ces détails que la galette peut être pressée et présentée au public, ce juge que les artistes craignent tant.

Dorine Ekwè

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