Non classé

S.M Jean Rameau Sokoudjou : Le chef est en contact avec les vivants et les morts

Le chef supérieur Bamendjou se prononce sur les rites en vigueur dans des chefferies. –

Pourquoi parle-t-on de désignation ou d’arrestation de chef traditionnel ?
Dans la tradition, on intronise un fo’o chez les Bamiléké. On le fait suivant les us et coutumes de cette région. Ce qui est regrettable aujourd’hui, c’est que des gens ont transformé l’intronisation en  »arrestation » ou désignation. Dans le décret n°1711, signé du haut commissaire de la République française au Cameroun il est précisé que ce dernier " homologue mon intronisation ". Pas plus. Il ne m’intronise pas. Depuis l’avènement du multipartisme, la chefferie traditionnelle à l’Ouest et au Cameroun, est en train de traverser une période très difficile. On semble remettre tout en cause.

Qu’est ce que l’intronisation implique vis-à-vis du chef nouvellement arrivé ?
Beaucoup de personnes veulent inventer des choses qu’elles ne maitrisent pas. C’est d’ailleurs pourquoi tout échoue. Et personne ne prend le temps d’apprendre. Ceux qui devaient être initiés pour la continuité refusent, pour diffuser ce qu’ils pensent. Actuellement, il est difficile dans des villages à l’Ouest de voir ceux qui ont assisté à l’intronisation d’un chef. Après l’intronisation, il y a beaucoup de rites qui suivent, et ce sont ces rites qui traduisent la puissance des chefs intronisés. C’est tout cela qui traduit son règne, parce qu’il ne doit pas régner au hasard. Ces rites sont couronnés par la transmission de pouvoirs entre le nouveau chef et le défunt. C’est à partir de là que le chef intronisé est en contact avec les vivants et les morts.

Dans les chaumières, on pense que le séjour au la’akam permet de soumettre le nouveau venu aux pratiques mystiques, et aboutit à la transmission des totems à ce dernier ?
Lorsqu’on ne fait pas partie d’une association, il ne faut rien inventer en ce qui la concerne. Le la’akam c’est toute une école. Celui qui est intronisé n’y était pas. Il doit y aller pour apprendre. En ce moment, on l’appelle  »Munkam », c’est-à-dire fils de notable. Il n’est pas encore chef. On lui donne un rang qui est plus petit que le rang de prince. C’est à cette occasion qu’on voit s’il remplit toutes les conditions pour être chef, s’il peut procréer. Surtout que la puissance du chef se mesure aussi sur le plan démographique.

Propos recueillis par M.F.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.