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Spectacle : Macase franchit le pas de la maturité

Le groupe à l’homogénéité artistique complète a présenté un deuxième album abouti au public de Douala le week-end dernier. –

 


C’était une ambiance peu habituelle qui régnait jeudi 25 février 2010 à l’entrée de la salle de spectacle du Centre culturel français (Ccf) Blaise Cendrars de Douala. A 20h l’entrée était obstruée par un public des grands jours. Abraham Nana, animateur au Ccf, n’a pas hésité à la vue de certaines personnes de promettre de "donner une bière au groupe Macase car cela fait une éternité que nous ne vous avions plus vu ici pour un spectacle". C’est dire que le retour sur scène de Macase était plus qu’attendu. Comment aurait-il en être autrement avec le parcours commencé depuis plus de dix ans avec le single Etam, puis l’album Dulu et les départs de Blick Mbassi et Henri Okala.

Il y’avait jeudi soir, les fans, les amis, les amateurs de belles mélodies et les curieux, mais tous torturés par les mêmes interrogations: Qu’est devenu le groupe Macase? C’est quoi la nouvelle formule musicale? Et pour revenir le Macase avait entre les bras un nouveau bébé : Fly Away, le deuxième album du groupe. Il avait un vrai mobile pour inviter le public de Douala à venir voir comment ils ont traversé les étapes heureuses et malheureuses pour accéder à la maturité d’aujourd’hui. En levée de rideau, Serge Maboma, Ruben Binam, Cory Denguemo Rody Etoa et Roger Dubois Minka étaient assis sur des tabourets autour d’une table conversant à voix basse dans un décor "ethnik" crée par Liliane de Massock et Patricia Bowen.

Shakespeare
C’est Rody Etoa, le batteur qui se dégage le premier. Il les appellera avec la technique du "Nkul" "Tam-tam", plus communément appelé le téléphone sans fil du village. Peu à peu la nouvelle formule de Macase se met en place : Roger Dubois Minka à la guitare, Cory Denguemo au chant, Ruben Binam au piano avec son micro. La vraie révolution viendra des deux micros posés devant Rody Etoa et Serge Maboma, qui jusqu’ici ne s’étaient exprimés qu’avec leurs instruments. Ils ont franchi le cap des musiciens pour également devenir chanteurs. La formule trouvée, le public a assisté à un spectacle propre et énergique.

Cory pour commencer le récit musical qui a duré 90mn a interprété Etam, accompagné par toute la salle qui était pleine à craquer. Après quelques titres de Dulu, le groupe est entré dans le nouvel album Fly Away, qui a 13 titres. Fly Away a une essence Bikutsi avec plusieurs dérivés qui vont du jazz, au Reggae en passant par le Blues et la World. La richesse de cet album c’est aussi l’ouverture des langues d’ici et d’ailleurs. Serge Maboma va dévoiler ses talents de chanteur avec le titre Allhamdoulilah, totalement en fufuldé qui s’achève par un éwondo posé par Rody Etoa. Le public est sans voix. Cory monte d’un cran avec "Plastikoua" en langue Sango qui veut dire "la place mortuaire".

Tous chanteront "Fly Away" dans la langue de Shakespeare ou pour donner l’épaisseur au titre, Serge rajoutera des phrases en Maka. Macase a fini le spectacle sur un air d’Ekan qui a intégré le public qui n’hésitait pas à répondre "Kan-Kan" quand le groupe lançait "Zoom". Il n’y a pas eu une seule fausse note, car même les yeux fermés Rody Etoa et Roger Dubois Minka savaient quand ils devaient changer les lignes musicales de leurs instruments. Ce qui permettait à Cory de danser à l’aise tout en chantant et de s’arrêter au moment où Serge Maboma et Ruben Binam venaient d’échanger des regards et sourires complices dans son dos. Une synchronisation parfaite qui a montré tout la maturité artistique et musicale qu’a atteint le groupe Macase.

Marion Obam

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