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Chefferie de Bojongo : le chef installé au forceps

Chefferie de Bojongo : le chef installé au forceps –

Entrée principale bloquée par les populations en uniforme. Policiers et gendarmes aux aguets. Agents de renseignements dissimulés dans la foule alimentent des commentaires. C’est le spectacle observé samedi 13 février 2010 à Bojongo, village situé dans l’arrondissement de Douala 4è (dépendant du canton Bell), pendant l’installation de Moussinga Mpondo Alfred Rémy dans ses désormais fonctions de chef de troisième degré.
En dehors des véhicules des forces de l’ordre qui veillaient au grain, aucune voiture n’avait accès à ce village à partir de la voie principale. Même le sous-préfet Nlend Likeng a dû emprunter un détour pour se rendre sur les lieux des cérémonies. Ce n’est qu’après la rapide installation du treizième chef de ce village que les populations ont levé l’ancre, leur message étant passé.

Malgré la présence des Majestés Mbappe Bwanga Milord, Gaston Mbody et Essaka Ekwalla, respectivement chefs supérieurs des cantons Belle Belle, Bassa et Deïdo, avec à leurs côtés d’autres chefs de 3è degré à l’instar de Essombè Ndambwé de Sodiko et quelques membres de l’élite de la capitale économique, cette installation n’a pas comblé les attentes des populations qui ont boudé cette cérémonie. Les autres chefs traditionnels s’étaient montrés favorables au report de cette installation qui n’obéissait pas aux normes des us et coutumes du peuple Sawa en général et du canton Bell en particulier.

Double mécontentement populaire

Le mouvement d’humeur des populations, le deuxième du genre après celui qui a conduit à une marche en direction des services du gouverneur de la région du Littoral une semaine auparavant, est motivé par leur volonté de rentrer dans leurs droits coutumiers et ancestraux. Dans une correspondance adressée au préfet du Wouri en date du 11 février 2010, on pouvait lire. «nous avons l’honneur d’attirer votre attention sur la situation grave et aux conséquences incalculables pour le canton Bell, résultant de la procédure suivie par votre administration pour la désignation du chef traditionnel du village Bojongo, village du canton Bell (…) Comme vous le savez, le village est sur le plan coutumier rattaché historiquement au canton Bell. Originellement, il était localisé sur le plateau Joss, sur les emplacements actuels du palais présidentiel et de la Poste centrale jusqu’à l’expropriation aux conséquences tragiques, organisée en 1892 par l’administration du Protectorat allemand»

Les populations qui ne se reconnaissent pas en ce chef ont demandé à Bernard Okalia Bilaï de «bien vouloir reporter les cérémonies d’installation du chef de village de Bojongo, programmées le 13 février 2010, par le sous préfet de Douala 4è». D’après une élite, Moussinga Alfred n’est pas habileté à diriger ce village car ne faisant pas partie de la famille régnante. «Son père n’était qu’un simple fidèle valet à qui on a confié le pouvoir traditionnel, le temps que l’héritier légitime soit intronisé. Comme l’appétit vient en mangeant, il a tout confisqué jusqu’à sa mort en 2003. Le vrai héritier qui veut succéder à son père est barré par la grande maffia qui a été organisée à cet effet. Beaucoup de personnes dont je refuse de donner les noms ici ont été corrompues pour valider cette farce. Comment concevoir que pendant l’installation d’un homme appelé à diriger toute une communauté, il y ait plus de policiers que de villageois. C’est la preuve qu’il est illégitime. C’est Richard Priso Mouasso qui est notre chef. Il n’est pas un suppôt de l’administration»

Ce que rejette Paul Njanjo Moussinga, un des proches du chef installé. «Contrairement à d’autres villages, il y a deux familles régnantes à Bojongo. Ce sont les Bonamunjongue et les Bonamouasso. Le chef doit sortir de ces deux familles et c’est ce qui s’est passé. Je ne comprends pas pourquoi certains aigris et mauvais perdants ne veulent pas l’intégrer»

Le «nouveau» chef se veut portant serein. «Je fais le serment devant Dieu, devant le peuple Bojongo et devant l’autorité administrative que je serai un chef rassembleur, porteur de modernité pour notre village, mais intransigeant au chapitre des valeurs et des codes éthiques hérités de nos ancêtres depuis Jongo la Mbedi, qui est le fils aîné de Mbedi, celui qui a édifié un débarcadère sur la rive droite du Wouri». Depuis la disparition le 9 février 2009 de Sa Majesté Samuel Bernoli Moussinga Dibobe, ce trône est resté vacant, jusqu’à cette installation qui n’a pas fini de faire couler encre et salive.

Etame Kouoh

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