Exposition : Des fresques pour l’unité nationale
Une vitrine collective sur les arts plastiques se déroule au Musée national depuis un mois.
J. B. A. –
Trente-cinq tableaux de diverses dimensions, trois statues et plusieurs objets d’art céramique ornent depuis le 18 mai dernier les salles du Musée national. C’est dans le cadre d’une exposition collective relative à la fête nationale du 20 mai. Exposition intitulée : "Arts plastiques contemporains du Cameroun". Cette exposition, selon les responsables du ministère de la Culture, vise à encourager les créateurs d’oeuvres de l’esprit. Ainsi, les différentes oeuvres proviennent des artistes les plus connus aux plus anonymes, avec des thèmes souvent similaires. Pendant que Pierre Emile Youmbi, par exemple, parle des "Enfants de la rue", Ezechiel Iloga, malentendant depuis son jeune âge, insiste sur les "Badauds de la nuit à la poste", tout en posant le problème de chômage. "Il est bien de vivre dans un pays en paix. Mais, la paix seule suffit-elle ?", s’interroge-t-il, tout en expliquant le choix des couleurs sombres, pour traduire cette angoisse. La même inquiétude se lit sur le tableau de Pierre Batoum, qui lance un "Sos" pour les enfants à la recherche du savoir. Ce thème, peut-être avec des termes différents, est abordé sur plusieurs tableaux. La fête est illustrée à travers "les instruments africains" d’Ambroise Iya’a, "Mballa", le tam-tam en bois que Jean Calvin Voundi a incrusté sur la toile; Joseph Foumane, qui entonne la "chanson d’appel pour l’unité nationale", l’hommage que Constant Tsague rend à la femme à travers un tableau sur la fête du 8 mars, "le griot face aux étoiles" de Joseph Sumegne, très connu pour sa statue géante du rond point Deido à Douala. Tout comme Jean Kouam Tawadje, commissaire de l’exposition.
Le mystère intervient dans cette vitrine à travers le tableau de Marie Marceline Fouda Omgba, qui parle des êtres du "monde sous-marin". Toutefois, l’un des tableaux ayant suscité quelques commentaires des visiteurs mardi dernier est celui d’Hervé Mono. Il se demande, "à quand la guérison", sur un tableau présentant des personnes ayant la bouche, le nez, les oreilles et les yeux bandés par les billets de banques.
Cette exposition, la seconde du genre, met en exergue "l’implication des femmes", selon le ministère de la Culture. La preuve, les femmes se retrouvent dans cette exposition avec des pinces et autres pinceaux en main, ou exposées sur les murs comme modèles. Sept femmes ont exposé parmi les peintres. A l’instar de Pulchérie Ngabikoé Etoundi dont l’oeuvre, une partie de chasse au XIX siècle dans le pays bamoun, est sculptée sur du bois. L’un des matériaux utilisés. Les plus constants étant la toile et la peinture.
L’on y retrouve aussi l’Obom (un tissu fait sur la base de d’écorces d’arbres) chez Ambroise Iya’a, l’assemblage chez Joseph Sumegne et Dieudonné Fokou, le papier chez Marie Marceline Fouda et l’argile chez Ghislain Télé.
L’exposition collective, qui ferme ses portes lundi, 18 juin prochain, présente ainsi les différentes tendances et styles tels que le réalisme, l’abstrait, le symbolisme et même les arts décoratifs. Pour Pierre Emile Youmbi, "une telle exposition permet aux artistes de présenter leurs œuvres". Mais, pense-t-il, "il y a un risque d’être discrédité du fait de la confusion possible entre les artistes confirmés et les jeunes artistes, qui devraient le mériter". Sur le plan technique, ce dernier estime que l’allure est intéressante. Toutefois, il dit avoir décelé beaucoup de problèmes sur les oeuvres de ses jeunes confrères.


Ousmanou Sali était le plus grand lors de la nuit des trophées clôturant la troisième édition des scènes nationales du théâtre camerounais samedi dernier 17 mars 2007 au Centre culturel de Yaoundé (Ccf). Grand au propre comme au figuré, lui qui, du haut de son 1, 83m, a remporté le prix Jérôme Bolo du meilleur acteur. "Je ne m’y attendais pas, bien que beaucoup de personnes aient parié pour moi. Je n’étais pas sûr, car nous venons de si loin ", a laissé entendre l’acteur principal de la pièce "Le coup de vieux" de la compagnie Albatros venue de Garoua. Pièce en compétition.