Exposition : Des coups de crayon pour bouter la traite des enfants
Des dessins inondent le hall de l’hôtel de ville de Yaoundé, dans le cadre du Fescarhy 2007.
Eugène Dipanda – Emilienne Assama a l’air plutôt enthousiasmée lorsqu’elle reçoit des visiteurs dans son stand. Hier, jeudi 14 juin 2007, la journaliste en service à la rédaction du magazine 100% Jeunes ne s’est en effet pas montrée avare en explications, quant à l’opportunité de la participation de son journal à l’édition 2007 du Festival de la caricature et de l’humour de Yaoundé (Fescarhy). "Depuis plus de sept ans, 100% accorde une place importante à l’illustration par le dessin. En plus, à chaque édition du journal, nous publions une page entière de bande dessinée, qui raconte une histoire assez intéressante pour notre cible principale qui est la jeunesse et que nous avons pour mission de sensibiliser. Et ça marche plutôt bien, puisque, selon une remarque que nous avons faite, nos lecteurs en redemandent…", développe-t-elle. La preuve de cette assurance, le stand de 100% Jeunes semble être l’un des plus fréquentés par les enfants depuis mercredi dernier, date à laquelle le ministre des Affaires sociales a procédé à l’ouverture solennelle de cette exposition de caricatures et de dessins d’art à l’hôtel de ville de Yaoundé.
Cette année, le Fescarhy a, en effet, choisi de célébrer les enfants. Un choix qui se justifie par le fait que l’édition 2007 du Festival se tient dans un contexte marqué par la célébration, le 16 juin, de la journée qui leur est consacrée. Et pour marquer l’événement les organisateurs ont retenu un thème qui marque également leur engagement dans une cause noble : "Les traits contre la traite des enfants". D’où cette exposition qui bat son plein à l’hôtel de ville de Yaoundé ; un cadre ouvert au public, et où se déroulent d’ailleurs la quasi-totalité des activités liées au Fescarhy 2007. Hormis 100% Jeunes, plusieurs associations et autres professionnels du dessin y sont également présents. A l’instar du Groupe d’initiative commune pour la sensibilisation par l’image, Un-Zéro, qui présente fièrement quelques visuels, des plaquettes et affiches réalisées notamment dans le cadre de certaines campagnes de sensibilisation comme la prévention routière, la salubrité urbaine, etc.
Formation
Le président délégué de Un-Zéro, Jean Aimé Essama alias J@imes, n’hésite cependant pas à apprécier les dessins réalisés par les autres exposants. "Je suis moi-même émerveillé par ce que font les Camerounais en matière de dessins. Je constate que des jeunes s’intéressent de plus en plus à ce créneau, et leur niveau est plutôt appréciable. Il faudrait simplement les encadrer très souvent", indique e bien connu caricaturiste et graphiste. Pour illustrer son propos, on remarque de part et d’autre du hall de l’hôtel de ville de Yaoundé, que certains des tableaux exposés sont en effet des œuvres de quelques élèves du secondaire. D’aucuns ont choisi un thème, la lutte contre le vih-sida surtout, pour attirer l’attention de leurs congénères à travers l’art. D’autres, par contre, ont carrément réalisé des portraits de leurs mamans.
Dans l’un et l’autre cas, l’impression est néanmoins la même : le doigté des artistes, le sens de l’humour et le caractère didactique des œuvres ne souffriraient d’aucune contestation…
Non loin de toutes ces fresques, le Fescarhy 2007 rendu à son second jour a été marqué par une visite d’un groupe d’enfants de l’association "Le Crayon de Djino" au siège du quotidien Mutations. Ces derniers se sont ensuite retrouvés à l’esplanade de l’hôtel de ville de Yaoundé pour une projection de dessins animés et le visionnage d’un sketch de Jean Miché Kankan. Les ateliers de formation autour des professionnels de la caricature ont pris le relais, et la préparation d’un journal entièrement réalisé par les enfants a été entamée. Prévue pour demain, 16 juin, cette publication sera présentée à l’Assemblée nationale où siègeront des "députés juniors". Une ambiance bon enfant, en somme, que les humoristes tels que Willy de Paris, One Love et autre Bikarata, sont venus rehausser à travers leurs histoires décapantes.

