JIMMY BIYONG QUITTE LA SCENE
L’artiste humoriste a rendu l’âme samedi soir à l’hôpital Laquintinie à Douala.
“Jimmy Biyong est mort hier soir à 21h 15 minutes ”, précisait, Albert Nkon, le frère cadet de l’artiste, rencontré dimanche matin au domicile du défunt, au quartier Bali, à Douala. Il confirmait ainsi l’information que l’opinion prenait encore pour une simple rumeur. C’est la raison d’ailleurs pour laquelle la nouvelle alimentait toutes les conversations dans les rues de la capitale économique en cette matinée. Et d’aucuns, pour s’en convaincre, n’hésitaient pas de faire un détour au lieu dit “ montagne Manga Bell ” précisément. Dans la maison assez sobre, les pleurs des membres de la famille, regroupés autour de Nathalie Biyong, la veuve, jusque-là inconsolable, fusent de partout. Ce qui lève le moindre doute qui pouvait encore subsister dans l’esprit des voisins, des amis et des passants. Un doute qui se transforme en compassion, à la vue du flot de larmes que déverse la veuve, effondrée sur un canapé. Presque sans voix, elle n’a pas de mots pour s’exprimer à propos de cette scène imprévue, mais la dernière que lui a joué son époux. Le ballet incessant des curieux continue et d’aucuns même ne manquent pas d’écraser une larme en sortant de cette maison.
C’est en effet samedi dernier que l’artiste s’en est allé, au terme d’une longue et pénible maladie. L’on indique qu’il souffrait depuis “pratiquement sept ans, du diabète et de l’hypertension artérielle ”. Mais, sans se laisser dompter, l’homme tenait debout entre les soins qu’il suivait ça et là, et ses occupations.
La rechute qui lui a été fatale survient le 24 juillet. Selon les membres de la famille, l’état de santé de Jimmy Biyong s’était considérablement dégradé ce jour-là, et il est conduit à l’hôpital Laquintinie le jour suivant où il est interné. Depuis lors, aucune amélioration de son état de santé n’est enregistrée. Même le corps médical assiste impuissant à la déchéance de l’homme malgré le suivi qu’il lui assure. Et ses forces l’abandonnent jusqu’à la minute fatidique de samedi matin, alors qu’il nourrissait d’autres projets artistiques. Son frère confie qu’il aurait été en studio en ce moment d’après ses prévisions et son planning, si cette rechute ne l’avait pas ébranlé.
Vide
L’artiste s’était fait connaître avec son chef d’œuvre comique et plein d’humour intitulé “ Tobias ”. Tout comme il avait marqué les esprits avec le rôle de commissaire qu’il joua aux cotés d’Essindi Midja et compagnie, dans le long métrage “ Quartier Mozart ” de Jean Pierre Bekolo lorsqu’il s’était essayé avec succès dans le cinéma. A 49 ans, Valentin Biyong, de son vrai nom, n’avait de cesse d’embrasser de nouveaux défis. Animateur à radio Equinoxe depuis quelques années, il s’était fait une autre tranche de vie en co-animant, “ Toute la ville s’amuse ”, tranche dans laquelle il se faisait appelé “ Général ”. ses collègues reconnaissent qu’il tenait ses deux émissions de main de maître. De sa voix rocailleuse, il avait conquis des auditeurs.
La disparition de cet humoriste plein de talent et polyvalent vient accentuer le vide, déjà grand, laissé par ses camarades et collègues de la scène humoristique camerounaise. La disparition de Jimmy vient rallonger la liste des humoristes décédés ces derniers temps, à l’instar de Essindi Midja et Ossobo. A la radio Equinoxe, au-delà du désarroi, ses collègues reconnaissent que le vide qu’il a laissé sera difficile à combler. L’homme de culture laisse une veuve, deux enfants et une petite fille, en plus d’un héritage artistique dense. Mais, il vivra toujours à travers les belles œuvres qu’il laisse à la postérité.
Louis Blaise Ongolo

