Non classé

Sécurité : Police et gendarmerie hors du coup



Il a fallu recourir aux forces de 3e catégorie et même aux unités d’élite pour des opérations de maintien de l’ordre.
Junior Binyam


La scène est racontée par un habitant du quartier Mimboman. Lundi dernier, premier jour de la grève, des jeunes gens décident d’allumer un feu sur la route, non loin de la base des sapeurs-pompiers. Les pneus et les planches utilisés vont se consumer sans que les forces de l’ordre n’interviennent. Elles attendent, diront-elles à notre informateur médusé, les réquisitions de l’autorité administrative. Et c’est une fois la nuit tombée que les vandales, encouragés dans leurs actions de racket par l’absence des policiers et gendarmes, seront dispersés par des militaires.

Est-ce leur formation qu’il faut questionner où les moyens mis à disposition car on a pu se rendre compte que même les véhicules de transport des troupes étaient rares ? Que s’est-il donc passé pour que très rapidement policiers et gendarmes commis au maintien de l’ordre soient dépassés? A Yaoundé notamment où le mercredi 27 février, a peine une heure après que différents foyers de tension se soient ouverts dans divers quartiers, l’armée avait déjà sauté sur la ville. On a notamment vu les militaires de la Brigade du quartier général (Bqg) prendre position au niveau de la Poste centrale au cœur de la capitale où des automobilistes étaient lapidés impunément non loin d’un poste de police. Ce sont les mêmes éléments du Bqg qui seront commis à la sécurisation des établissements bancaires et supermarchés alors que Yaoundé étouffait et que les habitants se calfeutraient chez eux. Ils assureront également l’escorte des bus qui desservent Soa, ville estudiantine située à une quinzaine de kilomètres de Yaoundé.

A-t-on sérieusement craint que des jeunes armés de cailloux, qui enflammaient des pneus, fassent tomber le régime au point d’importer de Bertoua et Maroua les commandos du 1er et 3e Bataillon d’intervention rapide (Bir) qui ont été déversés à Yaoundé dans l’après-midi du mercredi par un avion (Hercule C 130) commis aux transports des troupes? Ce sont d’ailleurs les éléments de ces unités spécialisées dans la lutte contre les coupeurs de routes et la sécurité dans les zones frontalières, dont certains sont encore en formation à Koutaba pour la constitution du 2e Bir qui devrait être basé à Douala, qui tiennent la capitale du Cameroun en ce moment. On les voit paradant sur les principales artères de Yaoundé de jour comme de nuit munis de leur arsenal, par groupe de quatre à huit.

Policiers et gendarmes ont-ils perdu toute force dissuasive aux yeux de leurs concitoyens? Comment est-ce que la sécurité d’une ville incombe désormais à une force d’élite? Doit-on y voir une faillite de la police et de la gendarmerie où une frilosité du pouvoir qui recourt à un marteau pour tuer une mouche? Sommes nous de fait dans une situation d’exception sans que le décret proclamant l’état d’urgence ou d’exception n’ait été rendu public, comme le laissait déjà subodorer en filigrane le chef de l’Etat quand il déclarait : «tous les moyens légaux dont dispose le gouvernement seront mis en œuvre pour que force reste à la loi»? Car ce sont ces situations exceptionnelles qui peuvent justifier que l’armée sorte des casernes et à en croire un haut gradé de l’armée, vaut mieux pas qu’elle prenne goût à ce qui se fait hors des casernes
.
GP
Même la Garde présidentielle est sortie de ses «limites naturelles», le périmètre du palais présidentiel à Yaoundé et celui du camp d’Obili, pour sécuriser les principales voies qui y mènent. Dans tous les carrefours donnant accès direct à leur camp ou au palais, un char trônait. Les militaires s’organisaient pour dresser leurs propres barricades. D’aucuns y ont vu une attitude prévoyante, une posture de neutralisation de l’armée. Des fois que des velléités de récupération du mouvement de contestation né dans la rue se feraient jour au sein de la grande muette.
La situation n’était pas différente à Bafoussam, Bamenda et Foumbot où les éléments du 21e Bataillon des troupes aéroportées (Btap), les parachutistes de Koutaba, se sont retrouvés en première ligne de la répression sanglante des manifestations qui se sont poursuivis dans le cas de Bamenda jusqu’à jeudi.

A Douala, les élèves gendarmes en formation à Yaoundé et Awae détachés pour renforcer les effectifs présents sur le terrain ne se sont pas toujours montrés à la hauteur de la tâche. Les militaires de la 2e région militaire ont donc dû, eux aussi, sortir des casernes pour prêter main forte aux forces de maintien de l’ordre, épaulés par leurs frères d‘armes du Bir. C’est d’ailleurs le commandant de cette 2e région militaire, le général de brigade Saly Mohamadou, qui a engagé en fin d’après-midi le lundi à Bonabéri des pourparlers avec un groupe de manifestants pour tempérer les ardeurs et ramener les jeunes de ce quartier à de meilleurs sentiments.
A Penja-Njombe, les policiers du Groupement Mobil d’intervention n° 2, venus de Douala, ont été rapidement débordés et pris dans l’étau des populations. Ils n’ont été tirés d’affaires que par des militaires venus de Nkongsamba.

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Il a fallu recourir aux forces de 3e catégorie et même aux unités d’élite pour des opérations de maintien de l’ordre.
Junior Binyam


La scène est racontée par un habitant du quartier Mimboman. Lundi dernier, premier jour de la grève, des jeunes gens décident d’allumer un feu sur la route, non loin de la base des sapeurs-pompiers. Les pneus et les planches utilisés vont se consumer sans que les forces de l’ordre n’interviennent. Elles attendent, diront-elles à notre informateur médusé, les réquisitions de l’autorité administrative. Et c’est une fois la nuit tombée que les vandales, encouragés dans leurs actions de racket par l’absence des policiers et gendarmes, seront dispersés par des militaires.

Est-ce leur formation qu’il faut questionner où les moyens mis à disposition car on a pu se rendre compte que même les véhicules de transport des troupes étaient rares ? Que s’est-il donc passé pour que très rapidement policiers et gendarmes commis au maintien de l’ordre soient dépassés? A Yaoundé notamment où le mercredi 27 février, a peine une heure après que différents foyers de tension se soient ouverts dans divers quartiers, l’armée avait déjà sauté sur la ville. On a notamment vu les militaires de la Brigade du quartier général (Bqg) prendre position au niveau de la Poste centrale au cœur de la capitale où des automobilistes étaient lapidés impunément non loin d’un poste de police. Ce sont les mêmes éléments du Bqg qui seront commis à la sécurisation des établissements bancaires et supermarchés alors que Yaoundé étouffait et que les habitants se calfeutraient chez eux. Ils assureront également l’escorte des bus qui desservent Soa, ville estudiantine située à une quinzaine de kilomètres de Yaoundé.

A-t-on sérieusement craint que des jeunes armés de cailloux, qui enflammaient des pneus, fassent tomber le régime au point d’importer de Bertoua et Maroua les commandos du 1er et 3e Bataillon d’intervention rapide (Bir) qui ont été déversés à Yaoundé dans l’après-midi du mercredi par un avion (Hercule C 130) commis aux transports des troupes? Ce sont d’ailleurs les éléments de ces unités spécialisées dans la lutte contre les coupeurs de routes et la sécurité dans les zones frontalières, dont certains sont encore en formation à Koutaba pour la constitution du 2e Bir qui devrait être basé à Douala, qui tiennent la capitale du Cameroun en ce moment. On les voit paradant sur les principales artères de Yaoundé de jour comme de nuit munis de leur arsenal, par groupe de quatre à huit.

Policiers et gendarmes ont-ils perdu toute force dissuasive aux yeux de leurs concitoyens? Comment est-ce que la sécurité d’une ville incombe désormais à une force d’élite? Doit-on y voir une faillite de la police et de la gendarmerie où une frilosité du pouvoir qui recourt à un marteau pour tuer une mouche? Sommes nous de fait dans une situation d’exception sans que le décret proclamant l’état d’urgence ou d’exception n’ait été rendu public, comme le laissait déjà subodorer en filigrane le chef de l’Etat quand il déclarait : «tous les moyens légaux dont dispose le gouvernement seront mis en œuvre pour que force reste à la loi»? Car ce sont ces situations exceptionnelles qui peuvent justifier que l’armée sorte des casernes et à en croire un haut gradé de l’armée, vaut mieux pas qu’elle prenne goût à ce qui se fait hors des casernes
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Même la Garde présidentielle est sortie de ses «limites naturelles», le périmètre du palais présidentiel à Yaoundé et celui du camp d’Obili, pour sécuriser les principales voies qui y mènent. Dans tous les carrefours donnant accès direct à leur camp ou au palais, un char trônait. Les militaires s’organisaient pour dresser leurs propres barricades. D’aucuns y ont vu une attitude prévoyante, une posture de neutralisation de l’armée. Des fois que des velléités de récupération du mouvement de contestation né dans la rue se feraient jour au sein de la grande muette.
La situation n’était pas différente à Bafoussam, Bamenda et Foumbot où les éléments du 21e Bataillon des troupes aéroportées (Btap), les parachutistes de Koutaba, se sont retrouvés en première ligne de la répression sanglante des manifestations qui se sont poursuivis dans le cas de Bamenda jusqu’à jeudi.

A Douala, les élèves gendarmes en formation à Yaoundé et Awae détachés pour renforcer les effectifs présents sur le terrain ne se sont pas toujours montrés à la hauteur de la tâche. Les militaires de la 2e région militaire ont donc dû, eux aussi, sortir des casernes pour prêter main forte aux forces de maintien de l’ordre, épaulés par leurs frères d‘armes du Bir. C’est d’ailleurs le commandant de cette 2e région militaire, le général de brigade Saly Mohamadou, qui a engagé en fin d’après-midi le lundi à Bonabéri des pourparlers avec un groupe de manifestants pour tempérer les ardeurs et ramener les jeunes de ce quartier à de meilleurs sentiments.
A Penja-Njombe, les policiers du Groupement Mobil d’intervention n° 2, venus de Douala, ont été rapidement débordés et pris dans l’étau des populations. Ils n’ont été tirés d’affaires que par des militaires venus de Nkongsamba.

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Est-ce leur formation qu’il faut questionner où les moyens mis à disposition car on a pu se rendre compte que même les véhicules de transport des troupes étaient rares ? Que s’est-il donc passé pour que très rapidement policiers et gendarmes commis au maintien de l’ordre soient dépassés? A Yaoundé notamment où le mercredi 27 février, a peine une heure après que différents foyers de tension se soient ouverts dans divers quartiers, l’armée avait déjà sauté sur la ville. On a notamment vu les militaires de la Brigade du quartier général (Bqg) prendre position au niveau de la Poste centrale au cœur de la capitale où des automobilistes étaient lapidés impunément non loin d’un poste de police. Ce sont les mêmes éléments du Bqg qui seront commis à la sécurisation des établissements bancaires et supermarchés alors que Yaoundé étouffait et que les habitants se calfeutraient chez eux. Ils assureront également l’escorte des bus qui desservent Soa, ville estudiantine située à une quinzaine de kilomètres de Yaoundé.

A-t-on sérieusement craint que des jeunes armés de cailloux, qui enflammaient des pneus, fassent tomber le régime au point d’importer de Bertoua et Maroua les commandos du 1er et 3e Bataillon d’intervention rapide (Bir) qui ont été déversés à Yaoundé dans l’après-midi du mercredi par un avion (Hercule C 130) commis aux transports des troupes? Ce sont d’ailleurs les éléments de ces unités spécialisées dans la lutte contre les coupeurs de routes et la sécurité dans les zones frontalières, dont certains sont encore en formation à Koutaba pour la constitution du 2e Bir qui devrait être basé à Douala, qui tiennent la capitale du Cameroun en ce moment. On les voit paradant sur les principales artères de Yaoundé de jour comme de nuit munis de leur arsenal, par groupe de quatre à huit.

Policiers et gendarmes ont-ils perdu toute force dissuasive aux yeux de leurs concitoyens? Comment est-ce que la sécurité d’une ville incombe désormais à une force d’élite? Doit-on y voir une faillite de la police et de la gendarmerie où une frilosité du pouvoir qui recourt à un marteau pour tuer une mouche? Sommes nous de fait dans une situation d’exception sans que le décret proclamant l’état d’urgence ou d’exception n’ait été rendu public, comme le laissait déjà subodorer en filigrane le chef de l’Etat quand il déclarait : «tous les moyens légaux dont dispose le gouvernement seront mis en œuvre pour que force reste à la loi»? Car ce sont ces situations exceptionnelles qui peuvent justifier que l’armée sorte des casernes et à en croire un haut gradé de l’armée, vaut mieux pas qu’elle prenne goût à ce qui se fait hors des casernes
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Même la Garde présidentielle est sortie de ses «limites naturelles», le périmètre du palais présidentiel à Yaoundé et celui du camp d’Obili, pour sécuriser les principales voies qui y mènent. Dans tous les carrefours donnant accès direct à leur camp ou au palais, un char trônait. Les militaires s’organisaient pour dresser leurs propres barricades. D’aucuns y ont vu une attitude prévoyante, une posture de neutralisation de l’armée. Des fois que des velléités de récupération du mouvement de contestation né dans la rue se feraient jour au sein de la grande muette.
La situation n’était pas différente à Bafoussam, Bamenda et Foumbot où les éléments du 21e Bataillon des troupes aéroportées (Btap), les parachutistes de Koutaba, se sont retrouvés en première ligne de la répression sanglante des manifestations qui se sont poursuivis dans le cas de Bamenda jusqu’à jeudi.

A Douala, les élèves gendarmes en formation à Yaoundé et Awae détachés pour renforcer les effectifs présents sur le terrain ne se sont pas toujours montrés à la hauteur de la tâche. Les militaires de la 2e région militaire ont donc dû, eux aussi, sortir des casernes pour prêter main forte aux forces de maintien de l’ordre, épaulés par leurs frères d‘armes du Bir. C’est d’ailleurs le commandant de cette 2e région militaire, le général de brigade Saly Mohamadou, qui a engagé en fin d’après-midi le lundi à Bonabéri des pourparlers avec un groupe de manifestants pour tempérer les ardeurs et ramener les jeunes de ce quartier à de meilleurs sentiments.
A Penja-Njombe, les policiers du Groupement Mobil d’intervention n° 2, venus de Douala, ont été rapidement débordés et pris dans l’étau des populations. Ils n’ont été tirés d’affaires que par des militaires venus de Nkongsamba.

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Est-ce leur formation qu’il faut questionner où les moyens mis à disposition car on a pu se rendre compte que même les véhicules de transport des troupes étaient rares ? Que s’est-il donc passé pour que très rapidement policiers et gendarmes commis au maintien de l’ordre soient dépassés? A Yaoundé notamment où le mercredi 27 février, a peine une heure après que différents foyers de tension se soient ouverts dans divers quartiers, l’armée avait déjà sauté sur la ville. On a notamment vu les militaires de la Brigade du quartier général (Bqg) prendre position au niveau de la Poste centrale au cœur de la capitale où des automobilistes étaient lapidés impunément non loin d’un poste de police. Ce sont les mêmes éléments du Bqg qui seront commis à la sécurisation des établissements bancaires et supermarchés alors que Yaoundé étouffait et que les habitants se calfeutraient chez eux. Ils assureront également l’escorte des bus qui desservent Soa, ville estudiantine située à une quinzaine de kilomètres de Yaoundé.

A-t-on sérieusement craint que des jeunes armés de cailloux, qui enflammaient des pneus, fassent tomber le régime au point d’importer de Bertoua et Maroua les commandos du 1er et 3e Bataillon d’intervention rapide (Bir) qui ont été déversés à Yaoundé dans l’après-midi du mercredi par un avion (Hercule C 130) commis aux transports des troupes? Ce sont d’ailleurs les éléments de ces unités spécialisées dans la lutte contre les coupeurs de routes et la sécurité dans les zones frontalières, dont certains sont encore en formation à Koutaba pour la constitution du 2e Bir qui devrait être basé à Douala, qui tiennent la capitale du Cameroun en ce moment. On les voit paradant sur les principales artères de Yaoundé de jour comme de nuit munis de leur arsenal, par groupe de quatre à huit.

Policiers et gendarmes ont-ils perdu toute force dissuasive aux yeux de leurs concitoyens? Comment est-ce que la sécurité d’une ville incombe désormais à une force d’élite? Doit-on y voir une faillite de la police et de la gendarmerie où une frilosité du pouvoir qui recourt à un marteau pour tuer une mouche? Sommes nous de fait dans une situation d’exception sans que le décret proclamant l’état d’urgence ou d’exception n’ait été rendu public, comme le laissait déjà subodorer en filigrane le chef de l’Etat quand il déclarait : «tous les moyens légaux dont dispose le gouvernement seront mis en œuvre pour que force reste à la loi»? Car ce sont ces situations exceptionnelles qui peuvent justifier que l’armée sorte des casernes et à en croire un haut gradé de l’armée, vaut mieux pas qu’elle prenne goût à ce qui se fait hors des casernes
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Même la Garde présidentielle est sortie de ses «limites naturelles», le périmètre du palais présidentiel à Yaoundé et celui du camp d’Obili, pour sécuriser les principales voies qui y mènent. Dans tous les carrefours donnant accès direct à leur camp ou au palais, un char trônait. Les militaires s’organisaient pour dresser leurs propres barricades. D’aucuns y ont vu une attitude prévoyante, une posture de neutralisation de l’armée. Des fois que des velléités de récupération du mouvement de contestation né dans la rue se feraient jour au sein de la grande muette.
La situation n’était pas différente à Bafoussam, Bamenda et Foumbot où les éléments du 21e Bataillon des troupes aéroportées (Btap), les parachutistes de Koutaba, se sont retrouvés en première ligne de la répression sanglante des manifestations qui se sont poursuivis dans le cas de Bamenda jusqu’à jeudi.

A Douala, les élèves gendarmes en formation à Yaoundé et Awae détachés pour renforcer les effectifs présents sur le terrain ne se sont pas toujours montrés à la hauteur de la tâche. Les militaires de la 2e région militaire ont donc dû, eux aussi, sortir des casernes pour prêter main forte aux forces de maintien de l’ordre, épaulés par leurs frères d‘armes du Bir. C’est d’ailleurs le commandant de cette 2e région militaire, le général de brigade Saly Mohamadou, qui a engagé en fin d’après-midi le lundi à Bonabéri des pourparlers avec un groupe de manifestants pour tempérer les ardeurs et ramener les jeunes de ce quartier à de meilleurs sentiments.
A Penja-Njombe, les policiers du Groupement Mobil d’intervention n° 2, venus de Douala, ont été rapidement débordés et pris dans l’étau des populations. Ils n’ont été tirés d’affaires que par des militaires venus de Nkongsamba.

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