Les dégâts se chiffrent en milliards Fcfa
Jean Marie Assene Nkou :
Homme d’affaires et membre de la Chambre de commerce, il analyse la situation.
Propos recueillis par Eugène Dipanda
En tant qu’opérateur économique, quel commentaire faites-vous des quatre jours d’inactivité que vient de traverser le Cameroun ?Ce sont des événements d’une gravité certaine pour l’économie du pays. Il faut tout faire pour déjà apaiser la situation, et expliquer aux uns et aux autres que casser l’outil de production des acteurs économiques, qui ne veulent faire que leur travail, c’est-à-dire créer des richesses et des emplois pour régler les problèmes des jeunes, n’est pas la solution. Il faut nécessairement ouvrir d’autres chantiers de négociation de toutes ces revendications sociale avec l’Etat. Tout ce qui est fait pour l’encadrement des jeunes, que ce soit au niveau des Chambres consulaires ou de celui de l’Etat, il faut l’avouer, n’est pas assez diffusé. Il n’y a pas assez de communication autour. Il faut résorber ce déficit et redonner espoir. Le Cameroun est un pays qui a un potentiel, que ce soit dans les grands chantiers comme celui d’Alcan (extension de l’usine d’Alucam, Ndlr), le Chantier naval, la construction des barrages, etc. C’est autant d’opportunités d’emplois pour les jeunes.
En terme de pertes, avez-vous essayé de vous livrer à un exercice d’évaluation tant pour les privés que pour l’Etat camerounais ?
Les pertes sont estimées en dizaines de milliards sur l’ensemble du territoire ! A elle seule, la ville de Douala est à plusieurs milliards Fcfa de perte. Et ce n’est qu’un bilan provisoire. Pour Yaoundé, Bafoussam, Bamenda, etc., il faudrait peut-être attendre que toutes ces localités nous remontent leurs dégâts pour qu’on puisse donner un chiffre. En plus, il y a des vies humaines qui ont été gâchées. Une vie humaine, ça n’a pas de prix. Elle coûte cher, autant pour la famille que pour la Nation. Nous disons non à tout cela. Nous comprenons les problèmes des jeunes, et il faut que le gouvernement et tous les acteurs sociaux trouvent des solutions rapides. Mais il faut d’abord l’apaisement, que ce soit du côté des jeunes que de celui de l’administration. Déjà, nous avons appelé que les cas de jeunes qui ont été simplement entraînés soient libérés pour qu’il puisse avoir apaisement. Qu’on ne retienne que les instigateurs et les auteurs de faits graves qu’on aura clairement identifiés.
Selon vous, quels sont les secteurs de l’économie qui ont le plus été touchés par cette grève ?
C’est principalement la grande distribution et quelques usines. Les boulangeries, les boutiques, les ventes de pièces détachées, ont été particulièrement ciblées. Et puis, il y a les infrastructures routières. Lorsqu’on brûle un pneu sur le goudron, cela abîme le bitume, et il faudra le refaire. Et dans tout cela, c’est le budget de l’Etat qui va être sollicité, alors qu’il aurait pu servir à goudronner une autre route qui ne l’est pas encore. C’est donc des pertes énormes. Les journées de travail qui ont été gâchées, par exemple, ont également un coût économique. Il faudra évaluer tout cela afin que l’on sache avec exactitude quel est le coût global de ces mouvements d’humeur dans la vie de la République.


Dans quelques semaines, nous retomberons dans le cycle des fêtes de fin d’année avec les célébrations et autres festivités qui s’en suivent. Côté artistes, une effervescence certaine est palpable dans les studios de production et d’enregistrement musical où, déjà, quelques galettes sont en train d’être concoctées. Du côté de Yaoundé, Ange Ebogo Emérant qui dit être en studio depuis six mois prépare la sortie de "Trop c’est trop", son album produit par Achille productions et qui devrait sortir dans les deux prochaines semaines. Aï-jo Mamadou et Tsimi Toro sont également sur le point de mettre sur le marché du disque leurs nouvelles productions musicales en même temps que Cool Z dont l’album, ainsi que ceux des deux artistes pré cités, est passé, il y a quelques semaines, par le studio d’arrangement de Bertrand Eba’a au quartier Emombo à Yaoundé.