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Quelles solutions au chômage camerounais ?

Fne :


Avec 260.244 demandeurs d’emplois enregistrés en 18 ans d’existence, le Fonds national de l’Emploi se positionne comme l’un des acteurs de la lutte contre l’inactivité au Cameroun, même si il n’est pas à l’abri des difficultés.
Une enquête de Dorine Ekwé


Dans le hall du bureau d’accueil destiné à la réception des dossiers des chercheurs d’emplois au Fonds national de l’emploi (Fne), règne une effervescence particulière. Ici et là dans le service, des chercheurs d’emploi, pour la plupart jeunes et pas toujours diplômés de l’enseignement supérieur, viennent soit pour s’enquérir du niveau d’avancement de leurs dossiers, soit pour en déposer de nouveaux. Ils partagent tous la même appréhension: la crainte de ne jamais trouver d’emploi. La mine préoccupée, Joël Ambassa tient fermement son dossier d’inscription dans les bras en attendant qu’il soit convoqué par le conseiller qui lui a été affecté. "Cela fait un an et demi que j’ai été licencié par mon employeur et, il y a une semaine, ma sœur m’a demandé de déposer mes dossiers au Fne. A ce qu’il paraît, ça marche souvent.

J’essaie et je vais voir si j’ai de la chance", confie-t-il alors que quelques mètres plus loin, une jeune femme, la trentaine et la mine triste, vient s’enquérir des dernières offres d’emplois enregistrées à son dossier. "J’ai obtenu mon Bts secrétariat il y a un an et en désespoir de cause, il y a deux mois, je suis venue ici en espérant que cette fois ça marchera".
D’après des estimations émises en 2001 par l’index mundi, le taux de chômage au Cameroun est de 30% tandis que les centrales syndicales (Cstc et Ugtc) le placent à 70%, et que Institut national des statistiques estime que le taux de chômage au Cameroun varie entre 10 et 30%. Mais les chiffres mis à disposition par le Fonds national de l’emploi (Fne) et datant de 2005 affirment que le taux d’activité au Cameroun est de 71.5% alors que le taux de chômage lui, se situe à "4.4% avec des pointes de 14.7% à Yaoundé et 12.5% à Douala alors qu’en milieu rural, le chômage est relativement bas et n’affecterait que 1.7% de la population active".

Chômage
Qu’importe que les différentes structures spécialisées ne s’entendent pas sur les chiffres exacts du chômage au Cameroun. Ce dont on veut se souvenir en revanche, c’est les conditions de la naissance il y a 18 ans du Fonds national de l’Emploi. Dans divers documents préparés pour la circonstance de cet anniversaire, on peut en effet lire pour s’en rappeler, que " le Cameroun traverse une crise économique et financière qui s’est déclarée depuis 1985. Parmi les effets néfastes, visibles dès 1987, est la contrariété de la poursuite de la politique que s’employait à développer le Gouvernement au profit de l’emploi. Le phénomène était certes mondial, les effets n’en ont pour autant pas marqué cruellement l’espace socio-économique national. Pour exemple, entre 1983 et 1985, plus de 4.000 diplômés de l’enseignement supérieur étaient recrutés dans la fonction publique alors que les grandes écoles voyaient leurs effectifs augmenter.

Une situation allant s’empirant, amplifiée par la fermeture de plusieurs entreprises des secteurs public et privé. "
Les multiples coups de boutoir imposés par les bailleurs de fonds à travers les programmes d’ajustement structurels (Pas) ont fait que la crise économique et financière s’est traduite, dans le secteur de l’emploi, par des licenciements de nombreux employés des entreprises privées qui ont cessé ou réduit leurs activités dans le territoire national pour se réfugier ailleurs, et la suppression de plus de 20.000 emplois dans le secteur public et parapublic, l’arrivée, sans débouchés, d’un nombre croissant de diplômés de l’Enseignement supérieur sur le marché de l’emploi, la précarisation des revenus des populations rurales du fait, entre autres facteurs, de la dérégulation introduite dans la commercialisation des produits de rente, accélérant, du même coup, l’afflux vers les villes des jeunes sans qualification en quête d’amélioration de leur condition et des revendications des travailleurs de tous ordres résultant des frustrations causées par cet état de faits.

Un tableau réellement hallucinant qui semble avoir précipité la création du Fne, à qui on confie cependant " la mission générale de promouvoir l’emploi, ce qui l’amène à affronter rapidement la réalité, dans un contexte marqué par des difficultés financières et un environnement social peu encourageant. " On lui demande, entre autres activités, " l’intermédiation, les formations formelles et sur le tas, l’appui à la création de micro- entreprises, l’aide à l’insertion des jeunes diplômés et la réinsertion des sans-emploi, la conception, le financement et le suivi des programmes d’auto emploi, la diffusion des informations du marché de l’emploi, pour ses publics cibles ".
Pour mener à bien ces ambitions, le Fne s’est aussitôt construit une architecture opérationnelle basée à la fois sur la complémentarité, et l’attribution claire des tâches. Ont été créés dans toutes les Agences : des Services des Emplois Indépendants (SEI), des Services de l’Intermédiation (SIM), et des Services de la Formation (SF). En poussant encore plus loin la spécialisation, ont été créées : des bureaux Cadres (pour un traitement spécifique des Cadres confirmés) et des bureaux Employeurs (aux avant-gardes des desiderata des employeurs). Ces services opérationnels sont appuyés par une administration décentralisée

Diplômés
Selon des sources internes à l’entreprise, " en dépit des aléas financiers, l’entreprise a réalisé depuis 1991, d’intenses activités renforcées par de nombreux programmes. Les résultats de ces réalisations ont eu un impact important sur le plan social, et ont permis au FNE de s’affirmer dans son rôle de principal acteur dans la promotion de l’emploi et de renforcer ses liens avec ses partenaires sociaux que sont notamment les entreprises, avec l’appui des pouvoirs publics." "Opérationnel depuis 1991, insiste-t-on encore, l’entreprise a réalisé d’intenses activités renforcées par de nombreux programmes. [Ce qui] qui a permis au Fne de s’affirmer dans son rôle de promotion de l’emploi" estime un cadre du Fne. Ainsi, malgré le fait que plusieurs estiment que le chômage constitue "un phénomène effroyable" au Cameroun, le Fonds qui se présente comme la plus grande banque de données sur l’emploi au Cameroun, se dit sur la bonne voie pour résorber ce problème.
"Le chantier de lutte contre le chômage est difficile et de longue haleine. Il requiert e prendre ce mal dans toutes ses expressions", estime-t-on encore au Fne. Pour ce faire, le fonds s’est progressivement lancé dans la création des micro-entreprises, l’aide à l’insertion des jeunes diplômés et la réinsertion des sans-emploi, la conception, le financement et le suivi des programmes de formations formelles et sur le tas ainsi que des informations pour les chercheurs d’emplois.

C’est dans ce sens que des programmes, comme le Programme d’appui au développement des emplois ruraux (Pader), ont été mis sur pied, ce dernier ayant pu générer jusque-là 41.000 emplois en milieu rural. Une autre initiative, baptisée Programme d’emploi diplômé (Ped), qui est un programme de stage de pré-emploi dont le but est d’apporter aux jeunes diplômés sans expérience professionnelle une qualification en même temps qu’une expérience professionnelle pratique, a permis d’insérer 4.211 jeunes dans le programme.
Tout cela reste naturellement insuffisant, comme le reconnaît volontiers le directeur général (lire l’interview ci-contre) qui évoque des difficultés financières et parfois structurelles objectives, mais qui devra sans doute essayer, en urgence, de régler l’épineux problème de la bureaucratie qui semble s’être emparé de son administration. Sans doute faudra commencer, au moment où l’entreprise entame sa 19e année, par recycler ses propres cadres et agents, passés d’une dizaine à près de 300 aujourd’hui, et dont certains considèrent leurs postes comme des péages pour fournisseurs ou chercheurs d’emplois.

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Fne :


Avec 260.244 demandeurs d’emplois enregistrés en 18 ans d’existence, le Fonds national de l’Emploi se positionne comme l’un des acteurs de la lutte contre l’inactivité au Cameroun, même si il n’est pas à l’abri des difficultés.
Une enquête de Dorine Ekwé


Dans le hall du bureau d’accueil destiné à la réception des dossiers des chercheurs d’emplois au Fonds national de l’emploi (Fne), règne une effervescence particulière. Ici et là dans le service, des chercheurs d’emploi, pour la plupart jeunes et pas toujours diplômés de l’enseignement supérieur, viennent soit pour s’enquérir du niveau d’avancement de leurs dossiers, soit pour en déposer de nouveaux. Ils partagent tous la même appréhension: la crainte de ne jamais trouver d’emploi. La mine préoccupée, Joël Ambassa tient fermement son dossier d’inscription dans les bras en attendant qu’il soit convoqué par le conseiller qui lui a été affecté. "Cela fait un an et demi que j’ai été licencié par mon employeur et, il y a une semaine, ma sœur m’a demandé de déposer mes dossiers au Fne. A ce qu’il paraît, ça marche souvent.

J’essaie et je vais voir si j’ai de la chance", confie-t-il alors que quelques mètres plus loin, une jeune femme, la trentaine et la mine triste, vient s’enquérir des dernières offres d’emplois enregistrées à son dossier. "J’ai obtenu mon Bts secrétariat il y a un an et en désespoir de cause, il y a deux mois, je suis venue ici en espérant que cette fois ça marchera".
D’après des estimations émises en 2001 par l’index mundi, le taux de chômage au Cameroun est de 30% tandis que les centrales syndicales (Cstc et Ugtc) le placent à 70%, et que Institut national des statistiques estime que le taux de chômage au Cameroun varie entre 10 et 30%. Mais les chiffres mis à disposition par le Fonds national de l’emploi (Fne) et datant de 2005 affirment que le taux d’activité au Cameroun est de 71.5% alors que le taux de chômage lui, se situe à "4.4% avec des pointes de 14.7% à Yaoundé et 12.5% à Douala alors qu’en milieu rural, le chômage est relativement bas et n’affecterait que 1.7% de la population active".

Chômage
Qu’importe que les différentes structures spécialisées ne s’entendent pas sur les chiffres exacts du chômage au Cameroun. Ce dont on veut se souvenir en revanche, c’est les conditions de la naissance il y a 18 ans du Fonds national de l’Emploi. Dans divers documents préparés pour la circonstance de cet anniversaire, on peut en effet lire pour s’en rappeler, que " le Cameroun traverse une crise économique et financière qui s’est déclarée depuis 1985. Parmi les effets néfastes, visibles dès 1987, est la contrariété de la poursuite de la politique que s’employait à développer le Gouvernement au profit de l’emploi. Le phénomène était certes mondial, les effets n’en ont pour autant pas marqué cruellement l’espace socio-économique national. Pour exemple, entre 1983 et 1985, plus de 4.000 diplômés de l’enseignement supérieur étaient recrutés dans la fonction publique alors que les grandes écoles voyaient leurs effectifs augmenter.

Une situation allant s’empirant, amplifiée par la fermeture de plusieurs entreprises des secteurs public et privé. "
Les multiples coups de boutoir imposés par les bailleurs de fonds à travers les programmes d’ajustement structurels (Pas) ont fait que la crise économique et financière s’est traduite, dans le secteur de l’emploi, par des licenciements de nombreux employés des entreprises privées qui ont cessé ou réduit leurs activités dans le territoire national pour se réfugier ailleurs, et la suppression de plus de 20.000 emplois dans le secteur public et parapublic, l’arrivée, sans débouchés, d’un nombre croissant de diplômés de l’Enseignement supérieur sur le marché de l’emploi, la précarisation des revenus des populations rurales du fait, entre autres facteurs, de la dérégulation introduite dans la commercialisation des produits de rente, accélérant, du même coup, l’afflux vers les villes des jeunes sans qualification en quête d’amélioration de leur condition et des revendications des travailleurs de tous ordres résultant des frustrations causées par cet état de faits.

Un tableau réellement hallucinant qui semble avoir précipité la création du Fne, à qui on confie cependant " la mission générale de promouvoir l’emploi, ce qui l’amène à affronter rapidement la réalité, dans un contexte marqué par des difficultés financières et un environnement social peu encourageant. " On lui demande, entre autres activités, " l’intermédiation, les formations formelles et sur le tas, l’appui à la création de micro- entreprises, l’aide à l’insertion des jeunes diplômés et la réinsertion des sans-emploi, la conception, le financement et le suivi des programmes d’auto emploi, la diffusion des informations du marché de l’emploi, pour ses publics cibles ".
Pour mener à bien ces ambitions, le Fne s’est aussitôt construit une architecture opérationnelle basée à la fois sur la complémentarité, et l’attribution claire des tâches. Ont été créés dans toutes les Agences : des Services des Emplois Indépendants (SEI), des Services de l’Intermédiation (SIM), et des Services de la Formation (SF). En poussant encore plus loin la spécialisation, ont été créées : des bureaux Cadres (pour un traitement spécifique des Cadres confirmés) et des bureaux Employeurs (aux avant-gardes des desiderata des employeurs). Ces services opérationnels sont appuyés par une administration décentralisée

Diplômés
Selon des sources internes à l’entreprise, " en dépit des aléas financiers, l’entreprise a réalisé depuis 1991, d’intenses activités renforcées par de nombreux programmes. Les résultats de ces réalisations ont eu un impact important sur le plan social, et ont permis au FNE de s’affirmer dans son rôle de principal acteur dans la promotion de l’emploi et de renforcer ses liens avec ses partenaires sociaux que sont notamment les entreprises, avec l’appui des pouvoirs publics." "Opérationnel depuis 1991, insiste-t-on encore, l’entreprise a réalisé d’intenses activités renforcées par de nombreux programmes. [Ce qui] qui a permis au Fne de s’affirmer dans son rôle de promotion de l’emploi" estime un cadre du Fne. Ainsi, malgré le fait que plusieurs estiment que le chômage constitue "un phénomène effroyable" au Cameroun, le Fonds qui se présente comme la plus grande banque de données sur l’emploi au Cameroun, se dit sur la bonne voie pour résorber ce problème.
"Le chantier de lutte contre le chômage est difficile et de longue haleine. Il requiert e prendre ce mal dans toutes ses expressions", estime-t-on encore au Fne. Pour ce faire, le fonds s’est progressivement lancé dans la création des micro-entreprises, l’aide à l’insertion des jeunes diplômés et la réinsertion des sans-emploi, la conception, le financement et le suivi des programmes de formations formelles et sur le tas ainsi que des informations pour les chercheurs d’emplois.

C’est dans ce sens que des programmes, comme le Programme d’appui au développement des emplois ruraux (Pader), ont été mis sur pied, ce dernier ayant pu générer jusque-là 41.000 emplois en milieu rural. Une autre initiative, baptisée Programme d’emploi diplômé (Ped), qui est un programme de stage de pré-emploi dont le but est d’apporter aux jeunes diplômés sans expérience professionnelle une qualification en même temps qu’une expérience professionnelle pratique, a permis d’insérer 4.211 jeunes dans le programme.
Tout cela reste naturellement insuffisant, comme le reconnaît volontiers le directeur général (lire l’interview ci-contre) qui évoque des difficultés financières et parfois structurelles objectives, mais qui devra sans doute essayer, en urgence, de régler l’épineux problème de la bureaucratie qui semble s’être emparé de son administration. Sans doute faudra commencer, au moment où l’entreprise entame sa 19e année, par recycler ses propres cadres et agents, passés d’une dizaine à près de 300 aujourd’hui, et dont certains considèrent leurs postes comme des péages pour fournisseurs ou chercheurs d’emplois.

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Avec 260.244 demandeurs d’emplois enregistrés en 18 ans d’existence, le Fonds national de l’Emploi se positionne comme l’un des acteurs de la lutte contre l’inactivité au Cameroun, même si il n’est pas à l’abri des difficultés.
Une enquête de Dorine Ekwé


Dans le hall du bureau d’accueil destiné à la réception des dossiers des chercheurs d’emplois au Fonds national de l’emploi (Fne), règne une effervescence particulière. Ici et là dans le service, des chercheurs d’emploi, pour la plupart jeunes et pas toujours diplômés de l’enseignement supérieur, viennent soit pour s’enquérir du niveau d’avancement de leurs dossiers, soit pour en déposer de nouveaux. Ils partagent tous la même appréhension: la crainte de ne jamais trouver d’emploi. La mine préoccupée, Joël Ambassa tient fermement son dossier d’inscription dans les bras en attendant qu’il soit convoqué par le conseiller qui lui a été affecté. "Cela fait un an et demi que j’ai été licencié par mon employeur et, il y a une semaine, ma sœur m’a demandé de déposer mes dossiers au Fne. A ce qu’il paraît, ça marche souvent.

J’essaie et je vais voir si j’ai de la chance", confie-t-il alors que quelques mètres plus loin, une jeune femme, la trentaine et la mine triste, vient s’enquérir des dernières offres d’emplois enregistrées à son dossier. "J’ai obtenu mon Bts secrétariat il y a un an et en désespoir de cause, il y a deux mois, je suis venue ici en espérant que cette fois ça marchera".
D’après des estimations émises en 2001 par l’index mundi, le taux de chômage au Cameroun est de 30% tandis que les centrales syndicales (Cstc et Ugtc) le placent à 70%, et que Institut national des statistiques estime que le taux de chômage au Cameroun varie entre 10 et 30%. Mais les chiffres mis à disposition par le Fonds national de l’emploi (Fne) et datant de 2005 affirment que le taux d’activité au Cameroun est de 71.5% alors que le taux de chômage lui, se situe à "4.4% avec des pointes de 14.7% à Yaoundé et 12.5% à Douala alors qu’en milieu rural, le chômage est relativement bas et n’affecterait que 1.7% de la population active".

Chômage
Qu’importe que les différentes structures spécialisées ne s’entendent pas sur les chiffres exacts du chômage au Cameroun. Ce dont on veut se souvenir en revanche, c’est les conditions de la naissance il y a 18 ans du Fonds national de l’Emploi. Dans divers documents préparés pour la circonstance de cet anniversaire, on peut en effet lire pour s’en rappeler, que " le Cameroun traverse une crise économique et financière qui s’est déclarée depuis 1985. Parmi les effets néfastes, visibles dès 1987, est la contrariété de la poursuite de la politique que s’employait à développer le Gouvernement au profit de l’emploi. Le phénomène était certes mondial, les effets n’en ont pour autant pas marqué cruellement l’espace socio-économique national. Pour exemple, entre 1983 et 1985, plus de 4.000 diplômés de l’enseignement supérieur étaient recrutés dans la fonction publique alors que les grandes écoles voyaient leurs effectifs augmenter.

Une situation allant s’empirant, amplifiée par la fermeture de plusieurs entreprises des secteurs public et privé. "
Les multiples coups de boutoir imposés par les bailleurs de fonds à travers les programmes d’ajustement structurels (Pas) ont fait que la crise économique et financière s’est traduite, dans le secteur de l’emploi, par des licenciements de nombreux employés des entreprises privées qui ont cessé ou réduit leurs activités dans le territoire national pour se réfugier ailleurs, et la suppression de plus de 20.000 emplois dans le secteur public et parapublic, l’arrivée, sans débouchés, d’un nombre croissant de diplômés de l’Enseignement supérieur sur le marché de l’emploi, la précarisation des revenus des populations rurales du fait, entre autres facteurs, de la dérégulation introduite dans la commercialisation des produits de rente, accélérant, du même coup, l’afflux vers les villes des jeunes sans qualification en quête d’amélioration de leur condition et des revendications des travailleurs de tous ordres résultant des frustrations causées par cet état de faits.

Un tableau réellement hallucinant qui semble avoir précipité la création du Fne, à qui on confie cependant " la mission générale de promouvoir l’emploi, ce qui l’amène à affronter rapidement la réalité, dans un contexte marqué par des difficultés financières et un environnement social peu encourageant. " On lui demande, entre autres activités, " l’intermédiation, les formations formelles et sur le tas, l’appui à la création de micro- entreprises, l’aide à l’insertion des jeunes diplômés et la réinsertion des sans-emploi, la conception, le financement et le suivi des programmes d’auto emploi, la diffusion des informations du marché de l’emploi, pour ses publics cibles ".
Pour mener à bien ces ambitions, le Fne s’est aussitôt construit une architecture opérationnelle basée à la fois sur la complémentarité, et l’attribution claire des tâches. Ont été créés dans toutes les Agences : des Services des Emplois Indépendants (SEI), des Services de l’Intermédiation (SIM), et des Services de la Formation (SF). En poussant encore plus loin la spécialisation, ont été créées : des bureaux Cadres (pour un traitement spécifique des Cadres confirmés) et des bureaux Employeurs (aux avant-gardes des desiderata des employeurs). Ces services opérationnels sont appuyés par une administration décentralisée

Diplômés
Selon des sources internes à l’entreprise, " en dépit des aléas financiers, l’entreprise a réalisé depuis 1991, d’intenses activités renforcées par de nombreux programmes. Les résultats de ces réalisations ont eu un impact important sur le plan social, et ont permis au FNE de s’affirmer dans son rôle de principal acteur dans la promotion de l’emploi et de renforcer ses liens avec ses partenaires sociaux que sont notamment les entreprises, avec l’appui des pouvoirs publics." "Opérationnel depuis 1991, insiste-t-on encore, l’entreprise a réalisé d’intenses activités renforcées par de nombreux programmes. [Ce qui] qui a permis au Fne de s’affirmer dans son rôle de promotion de l’emploi" estime un cadre du Fne. Ainsi, malgré le fait que plusieurs estiment que le chômage constitue "un phénomène effroyable" au Cameroun, le Fonds qui se présente comme la plus grande banque de données sur l’emploi au Cameroun, se dit sur la bonne voie pour résorber ce problème.
"Le chantier de lutte contre le chômage est difficile et de longue haleine. Il requiert e prendre ce mal dans toutes ses expressions", estime-t-on encore au Fne. Pour ce faire, le fonds s’est progressivement lancé dans la création des micro-entreprises, l’aide à l’insertion des jeunes diplômés et la réinsertion des sans-emploi, la conception, le financement et le suivi des programmes de formations formelles et sur le tas ainsi que des informations pour les chercheurs d’emplois.

C’est dans ce sens que des programmes, comme le Programme d’appui au développement des emplois ruraux (Pader), ont été mis sur pied, ce dernier ayant pu générer jusque-là 41.000 emplois en milieu rural. Une autre initiative, baptisée Programme d’emploi diplômé (Ped), qui est un programme de stage de pré-emploi dont le but est d’apporter aux jeunes diplômés sans expérience professionnelle une qualification en même temps qu’une expérience professionnelle pratique, a permis d’insérer 4.211 jeunes dans le programme.
Tout cela reste naturellement insuffisant, comme le reconnaît volontiers le directeur général (lire l’interview ci-contre) qui évoque des difficultés financières et parfois structurelles objectives, mais qui devra sans doute essayer, en urgence, de régler l’épineux problème de la bureaucratie qui semble s’être emparé de son administration. Sans doute faudra commencer, au moment où l’entreprise entame sa 19e année, par recycler ses propres cadres et agents, passés d’une dizaine à près de 300 aujourd’hui, et dont certains considèrent leurs postes comme des péages pour fournisseurs ou chercheurs d’emplois.

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Fne :


Avec 260.244 demandeurs d’emplois enregistrés en 18 ans d’existence, le Fonds national de l’Emploi se positionne comme l’un des acteurs de la lutte contre l’inactivité au Cameroun, même si il n’est pas à l’abri des difficultés.
Une enquête de Dorine Ekwé


Dans le hall du bureau d’accueil destiné à la réception des dossiers des chercheurs d’emplois au Fonds national de l’emploi (Fne), règne une effervescence particulière. Ici et là dans le service, des chercheurs d’emploi, pour la plupart jeunes et pas toujours diplômés de l’enseignement supérieur, viennent soit pour s’enquérir du niveau d’avancement de leurs dossiers, soit pour en déposer de nouveaux. Ils partagent tous la même appréhension: la crainte de ne jamais trouver d’emploi. La mine préoccupée, Joël Ambassa tient fermement son dossier d’inscription dans les bras en attendant qu’il soit convoqué par le conseiller qui lui a été affecté. "Cela fait un an et demi que j’ai été licencié par mon employeur et, il y a une semaine, ma sœur m’a demandé de déposer mes dossiers au Fne. A ce qu’il paraît, ça marche souvent.

J’essaie et je vais voir si j’ai de la chance", confie-t-il alors que quelques mètres plus loin, une jeune femme, la trentaine et la mine triste, vient s’enquérir des dernières offres d’emplois enregistrées à son dossier. "J’ai obtenu mon Bts secrétariat il y a un an et en désespoir de cause, il y a deux mois, je suis venue ici en espérant que cette fois ça marchera".
D’après des estimations émises en 2001 par l’index mundi, le taux de chômage au Cameroun est de 30% tandis que les centrales syndicales (Cstc et Ugtc) le placent à 70%, et que Institut national des statistiques estime que le taux de chômage au Cameroun varie entre 10 et 30%. Mais les chiffres mis à disposition par le Fonds national de l’emploi (Fne) et datant de 2005 affirment que le taux d’activité au Cameroun est de 71.5% alors que le taux de chômage lui, se situe à "4.4% avec des pointes de 14.7% à Yaoundé et 12.5% à Douala alors qu’en milieu rural, le chômage est relativement bas et n’affecterait que 1.7% de la population active".

Chômage
Qu’importe que les différentes structures spécialisées ne s’entendent pas sur les chiffres exacts du chômage au Cameroun. Ce dont on veut se souvenir en revanche, c’est les conditions de la naissance il y a 18 ans du Fonds national de l’Emploi. Dans divers documents préparés pour la circonstance de cet anniversaire, on peut en effet lire pour s’en rappeler, que " le Cameroun traverse une crise économique et financière qui s’est déclarée depuis 1985. Parmi les effets néfastes, visibles dès 1987, est la contrariété de la poursuite de la politique que s’employait à développer le Gouvernement au profit de l’emploi. Le phénomène était certes mondial, les effets n’en ont pour autant pas marqué cruellement l’espace socio-économique national. Pour exemple, entre 1983 et 1985, plus de 4.000 diplômés de l’enseignement supérieur étaient recrutés dans la fonction publique alors que les grandes écoles voyaient leurs effectifs augmenter.

Une situation allant s’empirant, amplifiée par la fermeture de plusieurs entreprises des secteurs public et privé. "
Les multiples coups de boutoir imposés par les bailleurs de fonds à travers les programmes d’ajustement structurels (Pas) ont fait que la crise économique et financière s’est traduite, dans le secteur de l’emploi, par des licenciements de nombreux employés des entreprises privées qui ont cessé ou réduit leurs activités dans le territoire national pour se réfugier ailleurs, et la suppression de plus de 20.000 emplois dans le secteur public et parapublic, l’arrivée, sans débouchés, d’un nombre croissant de diplômés de l’Enseignement supérieur sur le marché de l’emploi, la précarisation des revenus des populations rurales du fait, entre autres facteurs, de la dérégulation introduite dans la commercialisation des produits de rente, accélérant, du même coup, l’afflux vers les villes des jeunes sans qualification en quête d’amélioration de leur condition et des revendications des travailleurs de tous ordres résultant des frustrations causées par cet état de faits.

Un tableau réellement hallucinant qui semble avoir précipité la création du Fne, à qui on confie cependant " la mission générale de promouvoir l’emploi, ce qui l’amène à affronter rapidement la réalité, dans un contexte marqué par des difficultés financières et un environnement social peu encourageant. " On lui demande, entre autres activités, " l’intermédiation, les formations formelles et sur le tas, l’appui à la création de micro- entreprises, l’aide à l’insertion des jeunes diplômés et la réinsertion des sans-emploi, la conception, le financement et le suivi des programmes d’auto emploi, la diffusion des informations du marché de l’emploi, pour ses publics cibles ".
Pour mener à bien ces ambitions, le Fne s’est aussitôt construit une architecture opérationnelle basée à la fois sur la complémentarité, et l’attribution claire des tâches. Ont été créés dans toutes les Agences : des Services des Emplois Indépendants (SEI), des Services de l’Intermédiation (SIM), et des Services de la Formation (SF). En poussant encore plus loin la spécialisation, ont été créées : des bureaux Cadres (pour un traitement spécifique des Cadres confirmés) et des bureaux Employeurs (aux avant-gardes des desiderata des employeurs). Ces services opérationnels sont appuyés par une administration décentralisée

Diplômés
Selon des sources internes à l’entreprise, " en dépit des aléas financiers, l’entreprise a réalisé depuis 1991, d’intenses activités renforcées par de nombreux programmes. Les résultats de ces réalisations ont eu un impact important sur le plan social, et ont permis au FNE de s’affirmer dans son rôle de principal acteur dans la promotion de l’emploi et de renforcer ses liens avec ses partenaires sociaux que sont notamment les entreprises, avec l’appui des pouvoirs publics." "Opérationnel depuis 1991, insiste-t-on encore, l’entreprise a réalisé d’intenses activités renforcées par de nombreux programmes. [Ce qui] qui a permis au Fne de s’affirmer dans son rôle de promotion de l’emploi" estime un cadre du Fne. Ainsi, malgré le fait que plusieurs estiment que le chômage constitue "un phénomène effroyable" au Cameroun, le Fonds qui se présente comme la plus grande banque de données sur l’emploi au Cameroun, se dit sur la bonne voie pour résorber ce problème.
"Le chantier de lutte contre le chômage est difficile et de longue haleine. Il requiert e prendre ce mal dans toutes ses expressions", estime-t-on encore au Fne. Pour ce faire, le fonds s’est progressivement lancé dans la création des micro-entreprises, l’aide à l’insertion des jeunes diplômés et la réinsertion des sans-emploi, la conception, le financement et le suivi des programmes de formations formelles et sur le tas ainsi que des informations pour les chercheurs d’emplois.

C’est dans ce sens que des programmes, comme le Programme d’appui au développement des emplois ruraux (Pader), ont été mis sur pied, ce dernier ayant pu générer jusque-là 41.000 emplois en milieu rural. Une autre initiative, baptisée Programme d’emploi diplômé (Ped), qui est un programme de stage de pré-emploi dont le but est d’apporter aux jeunes diplômés sans expérience professionnelle une qualification en même temps qu’une expérience professionnelle pratique, a permis d’insérer 4.211 jeunes dans le programme.
Tout cela reste naturellement insuffisant, comme le reconnaît volontiers le directeur général (lire l’interview ci-contre) qui évoque des difficultés financières et parfois structurelles objectives, mais qui devra sans doute essayer, en urgence, de régler l’épineux problème de la bureaucratie qui semble s’être emparé de son administration. Sans doute faudra commencer, au moment où l’entreprise entame sa 19e année, par recycler ses propres cadres et agents, passés d’une dizaine à près de 300 aujourd’hui, et dont certains considèrent leurs postes comme des péages pour fournisseurs ou chercheurs d’emplois.

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CAN : les favoris au rendez-vous

Les quarts de finale achevés, on commence à y voir plus clair dans cette CAN 2007. Premier constat : les favoris sont au rendez-vous. – Pierre Ménès

mar. 05 févr. 01:30:36

 On se retrouve avec le Ghana, l’Egypte, la Côte d’Ivoire et le Cameroun en demi-finale. Logique. En se débarrassant du Nigéria dans le plus physique des quarts de finale, le pays organisateur a fait l’essentiel – et peut-être évité une guerre civile.

Un joueur a encore crevé l’écran lors de ce match : Michael Essien. Ce joueur est un monstre, un pur phénomène. Il récupère, fait le jeu, attaque et marque… C’est à lui seul 40% de l’équipe ghanéenne ! Au passage, quand on voit que Lyon s’est remis sans sourciller du départ d’Essien puis de Diarra, avec un peu de recul, ça force quand même le respect.

Le tenant du titre égyptien a lui fait le boulot devant l’Angola. Mais qu’on ne s’y trompe pas : les Pharaons sont les seuls à offrir un projet de jeu cohérent. Ils sont même les seuls à avoir un projet de jeu tout court ! Mais cette expression collective plus aboutie cache un manque d’individualités. Et quand on voit la prépondérance des exploits individuels dans cette compétition, ça risque d’être rédhibitoire pour les partenaires de Zidan.

La Côte d’Ivoire n’a pas ce problème. Cette année encore, c’est la piste aux étoiles chez les Eléphants. Des leaders parmi les cinq meilleurs du monde à leur poste (Kolo Touré, Yaya Touré, Didier Drogba), des joueurs de compléments nettement au-dessus du lot et surtout, surtout, un secteur offensif à faire baver d’envie plus d’une sélection européenne. A ce propos, l’OL va peut-être récupérer un Kader Keita transfiguré. C’est déjà ça !

Et puis, il y a le Cameroun, qui est une sorte de miraculé après ce quart de finale que les Lions Indomptables semblaient avoir plié grâce à deux buts précoces. Mais les Tunisiens de Lemerre avaient de la ressource et ont refait leur retard sans s’affoler avant d’encaisser un troisième but fatal en prolongation, inscrit par le Rennais M’Bia, déjà buteur en début de match.

Malgré un Eto’o très décevant, ce match était sans consteste le quart de finale le plus sympa à regarder. Reste que les joueurs de Pfister, sur ce qu’ils ont montré depuis le début de la compétition et avec une prolongation en plus et un jour de récup’ en moins dans les jambes (sans compter la possible suspension d’Eto’o), vont avoir du mal à passer l’obstacle ghanéen en demi-finale.

En tout cas, d’un point de vue purement footballistique, je persiste à dire que cette compétition n’est pas spécialement passionnante. Chacun fait son récital de son côté et collectivement, c’est pas transcendant. Alors, que certains pensent que c’est pittoresque et rafraîchissant, très bien. Mais une compète se juge à l’aune du football qui y est pratiqué.

Et de ce point de vue, ce n’est pas encore ça, même si certaines équipes commencent à professionaliser un peu leur mode de fonctionnement, à l’instar de la Côte d’Ivoire. Mais ça reste très floklorique chez la plupart des autres, y compris chez certains cadors du continent. Reste maintenant à savoir si la finale que tout le monde attend, Ghana – Côte d’Ivoire, aura bien lieu. A suivre…

Pierrot

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