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Privatisations : Les raisons de l’échec en Afrique



Comment des opérations supposées améliorer la productivité et d’efficacité ont tourné au fiasco.
Par Dr.Hicham El Moussaoui*


Les privatisations d’entreprises nationales ont été l’une des principales recommandations de la banque Mondiale et du FMI, visant à assainir les comptes publics des pays enlisés dans de graves crises économiques. L’expérience et le recul historique montrent que les résultats de ces politiques de privatisation sont très différents selon le contexte dans lequel elles ont été appliquées. En Argentine, au Chili, en Nouvelle-Zélande, ou en République Tchèque, les privatisations ont été un succès. Elles ont permis aux entreprises de gagner en efficacité, d’augmenter leur chiffre d’affaire, leurs investissements, de mieux satisfaire les besoins de leurs clients, d’atteindre de nouveaux marchés, et globalement à moyen terme de redynamiser l’emploi.
Mais, ici comme ailleurs les mêmes causes n’ont pas produit les mêmes effets.

A l’exception de quelques pays (Afrique du Sud, Maroc, Tunisie), nombre d’opérations de privatisation en Afrique n’ont pas donné les résultats escomptés, notamment le développement d’un secteur privé diversifié et compétitif. Les graves crises sociales qui se sont traduit par des pertes d’emplois et le renchérissement des prix de certains biens et services ont non seulement renforcé l’hostilité et la méfiance des populations, mais ont aussi parfois débouché sur une inversion du processus et une renationalisation des entreprises, notamment dans les grands services publics comme l’eau, l’électricité, les télécommunications ou encore les chemins de fer (Tanzanie, Namibie, etc.).
Le bilan décevant de l’échec des politiques de privatisations s’explique surtout par le non respect de certains préalables institutionnels.

L’état de droit
Les privatisations se sont effectuées le plus souvent dans un contexte de flou juridique et réglementaire. L’absence ou la faiblesse d’application des lois en raison de la corruption et de la bureaucratie ont rendu difficile l’élimination des pratiques de monopole, la protection des créanciers, la création et la liquidation des entreprises, et la fluidité du commerce. Par ailleurs, le manque de compétence, de transparence et d’indépendance de la justice n’incitaient pas à investir puisque les droits de propriété des investisseurs n’étaient pas entièrement sécurisés. En Algérie par exemple, la justice est souvent instrumentalisée pour évincer des concurrents gênants pour les affaires et maintenir des positions dominantes. Bref, les opérations de privatisation se déroulent dans un contexte où l’environnement juridique est inadapté voire incapable d’assurer la protection de la propriété privée et la liberté contractuelle, d’où leur maigre bilan.

La flexibilité des prix
L’absence de flexibilité des prix a créé une incertitude sur les droits d’usufruit sur les biens et services produits par les entreprises privées. Dès lors, il était illusoire d’espérer le développement d’un secteur privé car les entrants potentiels n’auraient pas été suffisamment incités. Les opérations de privatisation des grands services publics (eau, électricité) en Afrique subsaharienne par exemple ont été souvent mises en place tout en gardant un certain contrôle de prix, ce qui explique le manque d’intérêt des investisseurs surtout au regard de l’importance des investissements exigés.
Par ailleurs, lorsque la libéralisation du commerce extérieur intervient après la privatisation, la disparition de la protection pourrait léser les acquéreurs de certaines entreprises anciennement publiques et saper la crédibilité du programme de privatisation. Par conséquent, la libéralisation des prix et des échanges doit normalement intervenir avant la mise en œuvre des programmes de privatisation, faute de quoi, peu d’investisseurs privés seront intéressés.

La concurrence
Les privatisations se sont souvent opérées sans la mise en place de mécanismes favorables à une réelle concurrence entre les opérateurs. En conséquence, les privatisations s’apparentaient à la transformation d’un monopole public en monopole privé, qui était à la fois peu efficace et mal accepté. En l’absence de libre concurrence, les politiques de libéralisation des prix ont eu un effet inverse à celui escompté. On assisté par conséquent à une multiplication de crises sociales causées par des augmentations vertigineuses des prix (principalement des produit de base) et l’exclusion d’une large partie de la population, souvent la plus vulnérable. Dans cette perspective, la réussite des privatisations est tributaire de la création d’un cadre favorable à une concurrence ouverte et saine. Une concurrence qui contraint les entreprises (sous peine de disparaître) à améliorer la qualité de leurs produits et les pousse à baisser les prix. Il est donc nécessaire de prévenir et de sanctionner la création de cartels, d’ententes ou de monopoles, ainsi que les autres pratiques commerciales restrictives.

Ainsi, l’échec du processus des privatisations en Afrique vient du fait qu’on a assisté à un transfert de propriété d’un monopole public bureaucratique et corrompu vers à un monopole privé, mais pas à l’émergence d’un secteur privé performant et compétitif. En conséquence, pour que les privatisations transforment des sociétés d’État mal gérées et budgétivores, en entreprises privées efficaces et compétitives, il faut les inscrire dans le cadre d’une réforme institutionnelle globale.
Enfin, dans le cas de plusieurs pays africains où la corruption, le clientélisme, le détournement des deniers publics, et la mauvaise gouvernance sont endémiques, il n’est pas inutile de se poser la question de savoir si l’africain moyen profite réellement de sa " richesse nationale " et des entreprises nationalisées dans son pays. Certains pensent que dans ces pays ce sont souvent les pertes des firmes publiques qui sont nationalisées tandis que leurs bénéfices sont… privatisés par quelques proches du pouvoir.

* Chercheur en économie. Avec la collaboration de www.unmondelibre.org

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Comment des opérations supposées améliorer la productivité et d’efficacité ont tourné au fiasco.
Par Dr.Hicham El Moussaoui*


Les privatisations d’entreprises nationales ont été l’une des principales recommandations de la banque Mondiale et du FMI, visant à assainir les comptes publics des pays enlisés dans de graves crises économiques. L’expérience et le recul historique montrent que les résultats de ces politiques de privatisation sont très différents selon le contexte dans lequel elles ont été appliquées. En Argentine, au Chili, en Nouvelle-Zélande, ou en République Tchèque, les privatisations ont été un succès. Elles ont permis aux entreprises de gagner en efficacité, d’augmenter leur chiffre d’affaire, leurs investissements, de mieux satisfaire les besoins de leurs clients, d’atteindre de nouveaux marchés, et globalement à moyen terme de redynamiser l’emploi.
Mais, ici comme ailleurs les mêmes causes n’ont pas produit les mêmes effets.

A l’exception de quelques pays (Afrique du Sud, Maroc, Tunisie), nombre d’opérations de privatisation en Afrique n’ont pas donné les résultats escomptés, notamment le développement d’un secteur privé diversifié et compétitif. Les graves crises sociales qui se sont traduit par des pertes d’emplois et le renchérissement des prix de certains biens et services ont non seulement renforcé l’hostilité et la méfiance des populations, mais ont aussi parfois débouché sur une inversion du processus et une renationalisation des entreprises, notamment dans les grands services publics comme l’eau, l’électricité, les télécommunications ou encore les chemins de fer (Tanzanie, Namibie, etc.).
Le bilan décevant de l’échec des politiques de privatisations s’explique surtout par le non respect de certains préalables institutionnels.

L’état de droit
Les privatisations se sont effectuées le plus souvent dans un contexte de flou juridique et réglementaire. L’absence ou la faiblesse d’application des lois en raison de la corruption et de la bureaucratie ont rendu difficile l’élimination des pratiques de monopole, la protection des créanciers, la création et la liquidation des entreprises, et la fluidité du commerce. Par ailleurs, le manque de compétence, de transparence et d’indépendance de la justice n’incitaient pas à investir puisque les droits de propriété des investisseurs n’étaient pas entièrement sécurisés. En Algérie par exemple, la justice est souvent instrumentalisée pour évincer des concurrents gênants pour les affaires et maintenir des positions dominantes. Bref, les opérations de privatisation se déroulent dans un contexte où l’environnement juridique est inadapté voire incapable d’assurer la protection de la propriété privée et la liberté contractuelle, d’où leur maigre bilan.

La flexibilité des prix
L’absence de flexibilité des prix a créé une incertitude sur les droits d’usufruit sur les biens et services produits par les entreprises privées. Dès lors, il était illusoire d’espérer le développement d’un secteur privé car les entrants potentiels n’auraient pas été suffisamment incités. Les opérations de privatisation des grands services publics (eau, électricité) en Afrique subsaharienne par exemple ont été souvent mises en place tout en gardant un certain contrôle de prix, ce qui explique le manque d’intérêt des investisseurs surtout au regard de l’importance des investissements exigés.
Par ailleurs, lorsque la libéralisation du commerce extérieur intervient après la privatisation, la disparition de la protection pourrait léser les acquéreurs de certaines entreprises anciennement publiques et saper la crédibilité du programme de privatisation. Par conséquent, la libéralisation des prix et des échanges doit normalement intervenir avant la mise en œuvre des programmes de privatisation, faute de quoi, peu d’investisseurs privés seront intéressés.

La concurrence
Les privatisations se sont souvent opérées sans la mise en place de mécanismes favorables à une réelle concurrence entre les opérateurs. En conséquence, les privatisations s’apparentaient à la transformation d’un monopole public en monopole privé, qui était à la fois peu efficace et mal accepté. En l’absence de libre concurrence, les politiques de libéralisation des prix ont eu un effet inverse à celui escompté. On assisté par conséquent à une multiplication de crises sociales causées par des augmentations vertigineuses des prix (principalement des produit de base) et l’exclusion d’une large partie de la population, souvent la plus vulnérable. Dans cette perspective, la réussite des privatisations est tributaire de la création d’un cadre favorable à une concurrence ouverte et saine. Une concurrence qui contraint les entreprises (sous peine de disparaître) à améliorer la qualité de leurs produits et les pousse à baisser les prix. Il est donc nécessaire de prévenir et de sanctionner la création de cartels, d’ententes ou de monopoles, ainsi que les autres pratiques commerciales restrictives.

Ainsi, l’échec du processus des privatisations en Afrique vient du fait qu’on a assisté à un transfert de propriété d’un monopole public bureaucratique et corrompu vers à un monopole privé, mais pas à l’émergence d’un secteur privé performant et compétitif. En conséquence, pour que les privatisations transforment des sociétés d’État mal gérées et budgétivores, en entreprises privées efficaces et compétitives, il faut les inscrire dans le cadre d’une réforme institutionnelle globale.
Enfin, dans le cas de plusieurs pays africains où la corruption, le clientélisme, le détournement des deniers publics, et la mauvaise gouvernance sont endémiques, il n’est pas inutile de se poser la question de savoir si l’africain moyen profite réellement de sa " richesse nationale " et des entreprises nationalisées dans son pays. Certains pensent que dans ces pays ce sont souvent les pertes des firmes publiques qui sont nationalisées tandis que leurs bénéfices sont… privatisés par quelques proches du pouvoir.

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Comment des opérations supposées améliorer la productivité et d’efficacité ont tourné au fiasco.
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Mais, ici comme ailleurs les mêmes causes n’ont pas produit les mêmes effets.

A l’exception de quelques pays (Afrique du Sud, Maroc, Tunisie), nombre d’opérations de privatisation en Afrique n’ont pas donné les résultats escomptés, notamment le développement d’un secteur privé diversifié et compétitif. Les graves crises sociales qui se sont traduit par des pertes d’emplois et le renchérissement des prix de certains biens et services ont non seulement renforcé l’hostilité et la méfiance des populations, mais ont aussi parfois débouché sur une inversion du processus et une renationalisation des entreprises, notamment dans les grands services publics comme l’eau, l’électricité, les télécommunications ou encore les chemins de fer (Tanzanie, Namibie, etc.).
Le bilan décevant de l’échec des politiques de privatisations s’explique surtout par le non respect de certains préalables institutionnels.

L’état de droit
Les privatisations se sont effectuées le plus souvent dans un contexte de flou juridique et réglementaire. L’absence ou la faiblesse d’application des lois en raison de la corruption et de la bureaucratie ont rendu difficile l’élimination des pratiques de monopole, la protection des créanciers, la création et la liquidation des entreprises, et la fluidité du commerce. Par ailleurs, le manque de compétence, de transparence et d’indépendance de la justice n’incitaient pas à investir puisque les droits de propriété des investisseurs n’étaient pas entièrement sécurisés. En Algérie par exemple, la justice est souvent instrumentalisée pour évincer des concurrents gênants pour les affaires et maintenir des positions dominantes. Bref, les opérations de privatisation se déroulent dans un contexte où l’environnement juridique est inadapté voire incapable d’assurer la protection de la propriété privée et la liberté contractuelle, d’où leur maigre bilan.

La flexibilité des prix
L’absence de flexibilité des prix a créé une incertitude sur les droits d’usufruit sur les biens et services produits par les entreprises privées. Dès lors, il était illusoire d’espérer le développement d’un secteur privé car les entrants potentiels n’auraient pas été suffisamment incités. Les opérations de privatisation des grands services publics (eau, électricité) en Afrique subsaharienne par exemple ont été souvent mises en place tout en gardant un certain contrôle de prix, ce qui explique le manque d’intérêt des investisseurs surtout au regard de l’importance des investissements exigés.
Par ailleurs, lorsque la libéralisation du commerce extérieur intervient après la privatisation, la disparition de la protection pourrait léser les acquéreurs de certaines entreprises anciennement publiques et saper la crédibilité du programme de privatisation. Par conséquent, la libéralisation des prix et des échanges doit normalement intervenir avant la mise en œuvre des programmes de privatisation, faute de quoi, peu d’investisseurs privés seront intéressés.

La concurrence
Les privatisations se sont souvent opérées sans la mise en place de mécanismes favorables à une réelle concurrence entre les opérateurs. En conséquence, les privatisations s’apparentaient à la transformation d’un monopole public en monopole privé, qui était à la fois peu efficace et mal accepté. En l’absence de libre concurrence, les politiques de libéralisation des prix ont eu un effet inverse à celui escompté. On assisté par conséquent à une multiplication de crises sociales causées par des augmentations vertigineuses des prix (principalement des produit de base) et l’exclusion d’une large partie de la population, souvent la plus vulnérable. Dans cette perspective, la réussite des privatisations est tributaire de la création d’un cadre favorable à une concurrence ouverte et saine. Une concurrence qui contraint les entreprises (sous peine de disparaître) à améliorer la qualité de leurs produits et les pousse à baisser les prix. Il est donc nécessaire de prévenir et de sanctionner la création de cartels, d’ententes ou de monopoles, ainsi que les autres pratiques commerciales restrictives.

Ainsi, l’échec du processus des privatisations en Afrique vient du fait qu’on a assisté à un transfert de propriété d’un monopole public bureaucratique et corrompu vers à un monopole privé, mais pas à l’émergence d’un secteur privé performant et compétitif. En conséquence, pour que les privatisations transforment des sociétés d’État mal gérées et budgétivores, en entreprises privées efficaces et compétitives, il faut les inscrire dans le cadre d’une réforme institutionnelle globale.
Enfin, dans le cas de plusieurs pays africains où la corruption, le clientélisme, le détournement des deniers publics, et la mauvaise gouvernance sont endémiques, il n’est pas inutile de se poser la question de savoir si l’africain moyen profite réellement de sa " richesse nationale " et des entreprises nationalisées dans son pays. Certains pensent que dans ces pays ce sont souvent les pertes des firmes publiques qui sont nationalisées tandis que leurs bénéfices sont… privatisés par quelques proches du pouvoir.

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Comment des opérations supposées améliorer la productivité et d’efficacité ont tourné au fiasco.
Par Dr.Hicham El Moussaoui*


Les privatisations d’entreprises nationales ont été l’une des principales recommandations de la banque Mondiale et du FMI, visant à assainir les comptes publics des pays enlisés dans de graves crises économiques. L’expérience et le recul historique montrent que les résultats de ces politiques de privatisation sont très différents selon le contexte dans lequel elles ont été appliquées. En Argentine, au Chili, en Nouvelle-Zélande, ou en République Tchèque, les privatisations ont été un succès. Elles ont permis aux entreprises de gagner en efficacité, d’augmenter leur chiffre d’affaire, leurs investissements, de mieux satisfaire les besoins de leurs clients, d’atteindre de nouveaux marchés, et globalement à moyen terme de redynamiser l’emploi.
Mais, ici comme ailleurs les mêmes causes n’ont pas produit les mêmes effets.

A l’exception de quelques pays (Afrique du Sud, Maroc, Tunisie), nombre d’opérations de privatisation en Afrique n’ont pas donné les résultats escomptés, notamment le développement d’un secteur privé diversifié et compétitif. Les graves crises sociales qui se sont traduit par des pertes d’emplois et le renchérissement des prix de certains biens et services ont non seulement renforcé l’hostilité et la méfiance des populations, mais ont aussi parfois débouché sur une inversion du processus et une renationalisation des entreprises, notamment dans les grands services publics comme l’eau, l’électricité, les télécommunications ou encore les chemins de fer (Tanzanie, Namibie, etc.).
Le bilan décevant de l’échec des politiques de privatisations s’explique surtout par le non respect de certains préalables institutionnels.

L’état de droit
Les privatisations se sont effectuées le plus souvent dans un contexte de flou juridique et réglementaire. L’absence ou la faiblesse d’application des lois en raison de la corruption et de la bureaucratie ont rendu difficile l’élimination des pratiques de monopole, la protection des créanciers, la création et la liquidation des entreprises, et la fluidité du commerce. Par ailleurs, le manque de compétence, de transparence et d’indépendance de la justice n’incitaient pas à investir puisque les droits de propriété des investisseurs n’étaient pas entièrement sécurisés. En Algérie par exemple, la justice est souvent instrumentalisée pour évincer des concurrents gênants pour les affaires et maintenir des positions dominantes. Bref, les opérations de privatisation se déroulent dans un contexte où l’environnement juridique est inadapté voire incapable d’assurer la protection de la propriété privée et la liberté contractuelle, d’où leur maigre bilan.

La flexibilité des prix
L’absence de flexibilité des prix a créé une incertitude sur les droits d’usufruit sur les biens et services produits par les entreprises privées. Dès lors, il était illusoire d’espérer le développement d’un secteur privé car les entrants potentiels n’auraient pas été suffisamment incités. Les opérations de privatisation des grands services publics (eau, électricité) en Afrique subsaharienne par exemple ont été souvent mises en place tout en gardant un certain contrôle de prix, ce qui explique le manque d’intérêt des investisseurs surtout au regard de l’importance des investissements exigés.
Par ailleurs, lorsque la libéralisation du commerce extérieur intervient après la privatisation, la disparition de la protection pourrait léser les acquéreurs de certaines entreprises anciennement publiques et saper la crédibilité du programme de privatisation. Par conséquent, la libéralisation des prix et des échanges doit normalement intervenir avant la mise en œuvre des programmes de privatisation, faute de quoi, peu d’investisseurs privés seront intéressés.

La concurrence
Les privatisations se sont souvent opérées sans la mise en place de mécanismes favorables à une réelle concurrence entre les opérateurs. En conséquence, les privatisations s’apparentaient à la transformation d’un monopole public en monopole privé, qui était à la fois peu efficace et mal accepté. En l’absence de libre concurrence, les politiques de libéralisation des prix ont eu un effet inverse à celui escompté. On assisté par conséquent à une multiplication de crises sociales causées par des augmentations vertigineuses des prix (principalement des produit de base) et l’exclusion d’une large partie de la population, souvent la plus vulnérable. Dans cette perspective, la réussite des privatisations est tributaire de la création d’un cadre favorable à une concurrence ouverte et saine. Une concurrence qui contraint les entreprises (sous peine de disparaître) à améliorer la qualité de leurs produits et les pousse à baisser les prix. Il est donc nécessaire de prévenir et de sanctionner la création de cartels, d’ententes ou de monopoles, ainsi que les autres pratiques commerciales restrictives.

Ainsi, l’échec du processus des privatisations en Afrique vient du fait qu’on a assisté à un transfert de propriété d’un monopole public bureaucratique et corrompu vers à un monopole privé, mais pas à l’émergence d’un secteur privé performant et compétitif. En conséquence, pour que les privatisations transforment des sociétés d’État mal gérées et budgétivores, en entreprises privées efficaces et compétitives, il faut les inscrire dans le cadre d’une réforme institutionnelle globale.
Enfin, dans le cas de plusieurs pays africains où la corruption, le clientélisme, le détournement des deniers publics, et la mauvaise gouvernance sont endémiques, il n’est pas inutile de se poser la question de savoir si l’africain moyen profite réellement de sa " richesse nationale " et des entreprises nationalisées dans son pays. Certains pensent que dans ces pays ce sont souvent les pertes des firmes publiques qui sont nationalisées tandis que leurs bénéfices sont… privatisés par quelques proches du pouvoir.

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Papillon se “ désaccroche ” de Lapiro de Mbanga

Suite à l’interview de Lapiro de Mbanga parue dans Le Messager n°2574 au sujet de la légitimité de la lutte contre la piraterie, Ferdinand Din Din (Papillon) nous a fait parvenir la mise au point suivante dans laquelle il précise la nature de son Ong. –

Mise au point

Je suis désolé du comportement de certains grands frères qui jusqu’ici ne comprennent pas encore le rôle du comité musical de lutte contre la piraterie que je dirige. Nous sommes une Ong régie par la loi camerounaise et reconnue par le ministère de l’Administration territoriale le 29 octobre 2004.
L’attitude de Monsieur Lapiro de Mbanga m’étonne, c’est comme si nous n’avons pas le même but ; celui d’éradiquer et repousser au mieux la piraterie, véritable fléau social contre l’épanouissement de l’artiste camerounais.
J’ai du respect pour mes aînés mais quand c’est trop c’est laid ; ses attaques personnelles dirigées en mon égard sur les ondes de la radio et cette fois-ci dans votre journal cachent une silhouette que j’ignore jusqu’ici.
Notre Ong a pour but de sensibiliser et promouvoir la culture camerounaise sur le plan national et international, ceci est notre objectif. Si, Monsieur Lapiro de Mbanga est le représentant de la Cmc (Cameroon music corporation) au sein du comité national de lutte contre la piraterie. D’ailleurs nous lui donnons tous ses honneurs. Il ne saurait ignorer sauf par mauvaise foi que notre Ong organise chaque année au mois de mai des événements. C’est la raison pour laquelle le mardi 11 mars 2008 nous avons organisé une conférence de presse à l’hôtel Le Méridien Douala en présence du délégué provincial de la Culture pour le Littoral et le représentant du gouverneur du Littoral ceci pour lancer nos activités de l’année 2008. Cette campagne intitulée “ semaine de la sensibilisation contre la piraterie et la contrefaçon ” qui se déroulera du 16 au 24 mai prochain couronné par des séminaires, conférences et des spectacles gratuits plein air dans différentes villes du pays sous le haut patronage du ministère de la Culture.
En effet, cher Monsieur, le combat de leadership qui sévit au sein de la Cmc ne m’intéresse et ne m’incombe. Mais j’ai le droit de regard dans cette société qui a pour but de sauvegarder les intérêts des artistes.
(…) Je conseillerai [à Lapiro de Mbanga] qu’au lieu de se contenter des titres qui lui ont été donnés, il devrait plutôt faire connaître son bilan, sachant qu’il a à sa disposition un budget conséquent pour la cause. Ne nous voilons plus les yeux. Le peuple n’est pas dupe. On ne peut que mentir le mensonge mais jamais la vérité. Un jour arrivera où chacun devra rendre compte.
Je le sais ; le fait que je sois actif et présent dans cette lutte contre la piraterie dérange plus d’une personne. Monsieur Lapiro et son comité national de lutte contre la piraterie de la Cmc se sentent dépaysés sachant qu’ils sont défaillants sur tous les plans, la preuve : la musique camerounaise en prend un coup. En tout cas, on juge le maçon au pied du mur, au lieu de s’octroyer les titres, vaut mieux aller sur le terrain et poser les actes concrets.
Je m’excuse cher Monsieur Lapiro, vous n’avez pas de leçon à me donner ; je suis productif artistiquement, les actes que je pose à l’égard de la piraterie sont des actions citoyennes ceci pour rejoindre la politique du chef de l’Etat SE Paul Biya qui est d’éradiquer la pauvreté, la corruption, ces maux qui minent notre société. Monsieur Lapiro, les Camerounais ne maîtrisent plus votre rôle dans la société. Que ce soit dans votre comité national de lutte de la Cmc ou même dans l’aspolotogie de la politique que vous prétendez faire, l’histoire retiendra et nous rendra compte.
Tout en déplorant votre manque de maturité et de sagesse dans vos déclarations, sachez respecter le respect car le respect lui-même a besoin d’être respecté.
Très cordialement.
 

Par Maréchal Papillon

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