Aes Sonel: que laisse J.D.BILE
Après quatre années de fonction, l’actuel directeur général de la société de production, transport et distribution de l’électricité s’en va.
C’est l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique qui, dans son édition N° 2486, a donné en primeur l’information. Il annonce le départ de Jean David Bilé de la direction générale de Aes Sonel pour occuper le poste de président de l’African power company (Apco), un holding du groupe Aes Corp. Le 16 septembre prochain, Jean David Bilé fera sa dernière sortie en tant que directeur général de Aes Sonel. Ce sera à l’occasion de la cérémonie de lancement des travaux de Rénovation des centrales hydroélectriques d’Edéa et de Songloulou. Le successeur de Jean David Bilé à la tête de Aes Sonel sera connu le 19 septembre prochain, à l’issue d’un conseil d’administration de la société. L’information selon laquelle Brain Rich est son successeur n’est pas confirmée par les responsables de cette société. Une seule certitude, « ce ne sera pas un Camerounais », précise une source bien introduite à la direction générale de Aes Sonel.
« Le plus grand leg de l’actuel directeur général est d’avoir permis à la société de retrouver la confiance des bailleurs de fonds. Cette confiance retrouvée a permis à Aes Sonel de financer sans trop de difficultés son programme d’investissement… », explique un cadre en service à la direction générale de Aes Sonel. Selon cette source, au moment où Jean David Bilé arrive à la tête de la direction générale de Aes Sonel, cette dernière, faute d’investissement pour réhabiliter son équipement, se porte très mal. L’outil de production est vieillissant, et même obsolète. Conséquence, le système de rationnement de l’énergie électrique met à mal les unités de production, et traumatise les ménages. A la fin de l’année 2005, Jean David Bilé réussit un grand coup en obtenant d’un pool de financier (Bdeac,Bad, Bei, Proparco, Deg…) un prêt de 170 milliards de FCFA, une convention inédite dans le paysage économique camerounais. Cette manne va permettre d’accroître les capacités productrices de l’entreprise pour la production, le transport et la distribution de l’électricité de l’ordre de 40%. Et le rationnement systématique des années 2002, 2003, vont disparaître. « Sous le règne de Jean David Bilé, on doit reconnaître que l’on a fait du chemin, pour ce qui est de la qualité et de la quantité de l’énergie électrique servie aux consommateurs… » admire un employé de Aes sonel.
Sur le plan du management interne, l’on salue aussi les multiples actions du directeur général sortant. Entre 2004 et 2008, l’assistance technique à Aes sonel a diminué de près de 70 %. Plusieurs postes de directions ont été créées, des postes occupés par des cadres camerounais. « La camerounisation des cadres n’est pas un vain mot », insiste t-on du côté de cette entreprise. A la direction générale de Aes Sonel, l’on parle aussi d’une amélioration significative du revenu des employés, la masse salariale a augmenté de 8 milliards de Fcfa. « Il a mené un grand combat pour que les nostalgiques de l’ex Sonel comprennent que cette entreprise n’est plus une vache à lait. C’est une société privée qui doit être compétitive et rentable. Cela n’a pas été facile. Mais on peut dire sans risque de se tromper qu’il y’a une nouvelle mentalité à Aes sonel. .. » explique un syndicaliste. En somme, Aes Sonel sous l’ère Bilè s’est mieux portée que sous Mark Miller et Helen Tanoy. La filiale camerounaise de Aes Corp est aujourd’hui présentée comme un modèle de réussite dans le monde. Et voilà qui justifie peut être le choix du Cameroun pour abriter le siège de l’African power company (Apco). Ce holding coiffe les filiales de Aes Corp au Cameroun et au Nigeria. C’est aussi cette performance qui vaut à Jean David Bilé le tout premier président de la nouvelle entité.
Offre d’énergie insuffisante
Tout n’aura pas été rose durant les quatre années de Jean David Bilé à la tête de la direction générale de Aes Sonel. Malgré les investissements réalisés, l’offre d’énergie électrique est toujours insuffisante pour les unités de production au Cameroun, les ménages ont aussi continué de souffrir des coupures intempestives d’électricité. Sur le plan social, comment oublier qu’en avril 2005, le Direction des ressources humaines de Aes-Sonel a mis à la porte plus de 100 employés ? Tout comme il sera difficile d’oublier les émeutes d’Abong Mbang et de Kumba en 2007, quant la population en colère contre Aes Sonel est descendue dans la rue. Des morts ont été enregistrés. Plus récemment, en août 2008, le Snee (Syndicat national de l’énergie électrique) lance un préavis de grève pour réclamer « La remise en place de la valeur éthique, la réduction des écarts salariaux à la suite d’une augmentation arbitraire, et la rétrocession de 5% du capital social aux travailleurs. » Fort heureusement, les négociations ont permis aux deux parties de s’entendre.


C’est lors de la remise du trophée de meilleures ventes de l’année 2007 que le clash a eu lieu. Il est 23h55. Valérie Tiacoh, directrice marketing et communication de Orange Cameroun, invitée par les présentateurs à remettre le prix s’apprêtait à lire le nom du gagnants quand des éclats des voix se sont faits entendre sur la table des membres du jury. " Le jury conteste ! Le jury n’est pas d’accord !", ont lancé en chœur Moïse Bangtéké, Suzanne Kalla Lobé, Tamo Isidore, Aimé Sadou, San Fan Thomas, Marion Obam, Dj O. Devant la désapprobation grandissante qui perturbait le déroulement de la cérémonie et focalisait l’attention de toute la salle, Tchop Tchop, l’un des présentateurs viendra donner le micro à Suzanne Kala Lobé pour expliquer les raisons de leur mécontentement: " Au regard du caractère spécifique de cette distinction (meilleures ventes de l’année), il était judicieux que le représentant de la Cmc [Cameroon Music Corporation, ndlr], en l’occurrence Aimé Sadou apporte des éclaircissements avant qu’on ne donne des résultats", a lancé la journaliste. C’est sur ces faits qu’Aimé Sadou se présente devant l’estrade pour " éclaircir la lanterne des spectateurs et téléspectateurs ".