Les terrains de Forjindam scellés
Les lopins de terre de l’ex-directeur général du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) à Bamenda et Santa visité par les gendarmes.
Après la prorogation, en début de semaine, de la détention provisoire jusqu’en mai 2009 de Zaccheus Forjidam, le rouleau compresseur, contre celui qui fut le directeur général (Dg) du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic), a connu une évolution hier jeudi 13 novembre à Santa. Une équipe spéciale forte de six gendarmes et un géomètre, ont effectué une descente sur les domaines de l’ex-Dg du Cnic à Santa. Conduite par le commandant de groupement de la gendarmerie de Bamenda, l’équipe comprenait entre autres le commandant de la brigade de recherche de Mile 3 Nkwen (Bamenda), celui de la brigade de Santa et trois autres éléments. Cette fois-ci, ils ne sont pas faits accompagner du juge d’instruction, encore moins du procureur de la République mais plutôt d’un géomètre.
C’est autour de 9 heures 30 minutes que les éléments chargés de la perquisition arrivent au domaine familial (hérité de son feu père polygame de quatre femmes ndlr) de Moforbe (Santa). Ici, les forces de la gendarmerie trouvent non seulement Dame Elizabeth M. Fonta (tante maternelle de Forjindam) mais également le voisin et cousin de l’ex-dg du Cnic, un certain Charles Awamofor, qu’ils vont d’ailleurs identifier. Après inspection, ils immortalisent en images ledit domaine avant d’y apposer des scellés. Sur ces scellés accrochées sur deux arbres, on peut lire : “ Terrain scellé et placé sous main de la Justice, ne peut faire l’objet de transaction à Santa. Le 13/11/08 ”. Trois personnes ont contresigné ces scellés : Mme Elizabeth. M. Fonta, représentante de la famille ; C.E. Abina , l’Officier de police judiciaire (Opj) et Mbeng Bede Song, le géomètre.
L’équipe a ensuite mis le cap sur un autre domaine au centre ville de Santa, précisement à un jet de pierre de la commune de la localité. Même scénario. On apprendra d’une source proche de la famille que cet autre domaine aurait été donné à M. Fordjindam en 1984 par l’ex-Pm Simon Achidi Achu. Sur ce terrain, on trouve une vieille baraque en parpaings, sans toiture, envahis par des hautes herbes. Cette autre perquisition a duré près de deux heures. Toutefois, on apprendra de source proche de la famille que mercredi dernier, 12 novembre, cette équipe spéciale a également apposé les scellés sur les terrains de Zaccheus Forjindam à Nkwen et Bamendankwe, respectivement dans les arrondissements de Bamenda 3e et 1er. Certains membres de la famille s’interrogent sur leur avenir. “ Qu’allons-nous faire de nos cultures et plantes qui sont sur ces terrains ? ”. Seule la justice peut apporter une réponse à cette question.
Ce n’est pas la première fois qu’un domicile de Forjindam est fouillé sur ordre de la justice. Le 6 Juin 2008, sa villa, rue de la voirie municipale à Bonanjo (Douala), a été perquisitionnée. Le 28 mai 2008, c’est le tribunal de grande instance du Wouri qui a fait fouiller son bureau du Chantier naval, alors sous scellés. Le 3 octobre dernier, ils ont passé au peigne fin, pendant dix-neuf heures vingt deux minutes, coins et recoins du duplex de Zaccheus Forjindam à Up station (Bamenda). A l’issue de cette perquisition, ils avaient récupéré entre autre, des dossiers confidentiels dont des documents du Rdpc, des demandes d’emplois au Cnic, une boîte que l’on n’avait pu ouvrir sur place, un disque dur d’ordinateur, un décodeur d’antenne “ satellite ”. L’objectif est d’obtenir des éléments matériels qui pourraient conforter la thèse du détournement de deniers publics, motif pour lequel il avait été placé sous mandat de dépôt.
Par Donat SUFFO


Narcisse Mbarga aime bien faire dans du sensationnel. Hier au centre culturel François Villon de Yaoundé le public a été convié à l’une de ses dernières trouvailles : "Aux frontières de la vie ". Une fiction Long métrage sur les églises et les conflits familiaux. Catherine Essissima est une fervente croyante des églises réveillées. Depuis neuf mois son époux est coincé dans un coma provoqué par un cancer diagnostiqué tardivement après plusieurs tribulations avec sa belle-famille. Face à la souffrance atroce, la famille de l’époux corrobore l’idée d’une euthanasie. Catherine s’y oppose avec véhémence. Et c’est le début d’un grand jeu de ping-pong entre les deux camps. A l’arbitrage, le jeune Samuel, fils de Cathérine. Le film de Narcisse Mbarga est une introspection au cœur des croyances des églises nouvellement crées en Afrique. Et le spectateur assiste à cette guerre d’idée : entre la chrétienté nouvelle et la tradition, la vie d’un homme devra en dépendre.