Police : Cambriolage à la Délégation générale à la sûreté nationale
Au moins huit bureaux ont été saccagés par des individus non encore identifiés.
Située en face des services du gouverneur de la région du Centre à Yaoundé, la délégation générale à la sûreté nationale où sont installés les services centraux de la police camerounaise a été cambriolée dans la nuit de jeudi à vendredi derniers.
Les cambrioleurs ont aussi opéré à la Direction des finances, de la gestion informatique et logistique, située au troisième étage du bâtiment principal. Ici, le bureau d’un collaborateur du directeur a été ciblé, tout comme un bureau à la sous direction des finances. Au rez-de-chaussée, le bureau de contrôle des services a été visité, notamment la salle où les officiers font les auditions. D’après nos sources, en tout huit bureaux ont été cambriolés à la Dgsn. Le troisième étage du bâtiment principal ayant manifestement été une cible particulière. Des persiennes ont été arrachées et des portes forcées.
En l’état actuel de nos informations, le bilan, jusqu’à vendredi dernier, faisait état de la disparition d’un pistolet automatique emporté d’un bureau à la Direction de la police des frontières. Nos sources indiquent qu’aucun vol de document ou d’argent n’avait jusque là été déclaré. Même s’il faut rester prudent, du fait que les constats n’ont pas encore été faits dans tous les bureaux cambriolés. Une source policière a confié au Jour que le constat dans un bureau n’est possible qu’en présence de l’occupant. Et l’on annonce, pour ce lundi 1er décembre 2009, la suite du constat des enquêteurs. Aucune interpellation de suspects n’a pour l’instant été faite, indiquent nos sources.
Ce cambriolage dans les services centraux de la police camerounaise fait grand bruit dans les milieux de la police. Et l’on s’interroge sur l’efficacité du système de sécurité déployé autour d’un immeuble aussi stratégique et sensible que celui abritant le quartier général de la police camerounaise. Le Jour a appris que le bâtiment est surveillé par un service de protection constitué d’une dizaine d’hommes à la motivation douteuse. Pour les habitués des couloirs de la Dgsn en effet, les affections dans ce service sont considérées, par les policiers eux-mêmes, comme des affectations disciplinaires, du fait du peu d’avantages qu’elles procureraient. On y enregistrerait ainsi un fort taux d’absentéisme. La nuit du cambriolage, deux policiers, selon certaines sources, trois, pour d’autres, étaient en poste à l’entrée principale. Visiblement, ils n’ont rien constaté.
Quoi qu’il en soit ce cambriolage suggère des interrogations. Qu’en est-il de la permanence spéciale, cette structure de veille constituée de cadres d’un certain niveau, désignés dans les directions des services centraux et dont le calendrier de rotation est fixé par une note de service du Dgsn ? Etait-elle fonctionnelle ce soir-là ? N’a-t-elle rien entendu ou vu ? En tout cas, pour les spécialistes consultés par Le Jour et qui ont requis l’anonymat, ce coup n’est pas le fait de cambrioleurs ordinaires. Ils auraient d’ailleurs ignoré une caisse d’armes et munitions pourtant à leur portée pendant la fouille. Autres interrogations, comment les cambrioleurs ont-ils investi les lieux ? Ont-ils escaladé l’imposante clôture dans la pénombre ? Que voulaient-ils ? Détruire des données ? Nuire au Dgsn, Edgar Alain Mebè Ngo’o, en mission en Rca dans le cadre de l’opération Gbanda II ? Ou s’agit-il d’accentuer un climat plutôt lourd en ce moment au sein de la police ? On a en mémoire un mémorandum publié par certains journaux la semaine dernière et attribué à un collectif de policiers. Une enquête a été ouverte et suit son cours.
Claude Tadjon


Sur la scène de l’immense cour du Bab El Makina de Fès, mardi 10 juin dernier, autour de 21 heures, un groupe de musique venu de Bali en Indonésie fait son numéro. Constitué d’une demi douzaine de musiciens jouant des instruments constitués de gongs et de divers métallophones, I made Djimat, le directeur de l’ensemble démontre à suffisance, en ce 4ème jour du festival, le caractère sacré de groupes de musiques invités à se produire dans ce lieu symbolique du Maroc du 8è siècle, comme sur les deux autres sites de la première ville impériale du Maroc à savoir le musée Batha et la place Skettou. Le geste acrobatique, dans le style Kebya, et l’expression corporelle de la danseuse Ni Putu Setyari, ainsi que le jeu de masque du disciple du grand maître I Made Mario et son rire narquois teinté quelques fois d’humour finissent par convaincre le public de la profondeur spirituelle de cette troupe venue de l’Est de Java où danse, musique et théâtre ne font qu’un. Pas besoin de chercher loin le sens réel de ce rendez-vous de musiques sacrées que la ville de Fès vient d’abriter pour la 14ème édition.