Ricky-James : Loin des yeux, près de l’inspiration
Kora Kola, le premier album solo du musicien camerounais installé en France, a des influences traditionnelles.
J.R.N. (Source www.ricky-james.com) – Il n’est pas particulièrement connu au Cameroun. Et son nom d’artiste, Ricky James, ne contribue pas non plus à retrouver aisément sa nationalité. Pourtant, l’artiste qui vient de mettre sur le marché l’album Kora Kola, est bel et bien né à Yaoundé, capitale de son pays, le 27 juin 1969. C’est toutefois en France, où il arrive à l’âge de 19 ans, qu’il fera ses debuts dans la musique.
En 2000, il met sur pied un premier groupe avec sept musiciens, qui débouche sur un CD de 7 titres et quelques concerts. Il participe également à l’organisation de différents événements musicaux autour d’Albertville en France. Cette même année 2000, il retrouve à Chambéry un bassiste nommé Anis. De cette rencontre nara en juin 2001 un autre groupe : Cépadupipo. Ils expérimentent un mélange de World Music et chanson française. Celui-là même que l’on peut retrouver dans l’album Kora Kola. Il a des relents de jazz, des éléments de variété française et des influences camerounaises. Cépadupipo, dont Ricky James compose l’essentiel du répertoire, connait très vite un certain succès. Il représentera même la France lors d’un festival international de Musique à Bizerte en Tunisie.
Plus tard, Ricky-James fera la connaissance d’Henri Serafini, guitariste virtuose, qui l’accueille comme auteur et interprète au sein du groupe La Louma. Après la mort de son père, en mars 2004, il décide de se rapprocher définitivement de lui-même : de sa double culture franco-africaine, éclairée par des conversations régulières avec des amis bouddhistes.
Kora Kola, son premier album solo, composé de 15 titres, est donc un album authentiquement africain, contemporain, et ouvert sur la nécessaire connivence entre les traditions du monde. Pour le réaliser, l’artiste a réuni 70 musiciens autour de Thomas Riaucourt et Marc Pinon. L’expérience dure 1 an et demi, et Ricky-James essore de nombreux talents de tous horizons et disciplines. On peut citer Anis Bahmed (multi basses), Cyrille Chambard (batterie), Emilie Collomb (chant et chœurs), Mahjoub Jamaï (percussions), Olivier Lamorthe (claviers), Régis Ferrante (saxes) et Thomas Riaucourt (son et lumière).
Kora Kola c’est une synthèse entre la puissance rythmique de Cépadupipo et le délire harmonique de Ricky-James. Ses compositeurs références sont Lokua Kanza (parrain de l’album), Richard Bona, Manu Dibango et Gilberto Gil. Quant à Claude Nougaro, Alain Souchon, Georges Brassens et Michel Jonasz, ils lui ont ouvert les portes de l’imaginaire textuel.
Ricky-James a retrouvé ses racines, les a mixées et a créé un nouveau soda musical : Kora Kola, qui symbolise l’idée africaine selon laquelle quand la musique arrive (la kora est un instrument à corde ouest africain), c’est que la paix n’est pas loin (la graine de Kola est distribué en Afrique pour fêter le retour de la paix). C’est, en somme, un album africain de chansons francophones (pour la majorité), métissé d’influences orientales, créoles, latino…

