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Interpellation : Lettre de journalistes à Paul Biya

Les syndicalistes donnent leur position sur la libération de quatre Dp demandée par une organisation internationale.

Vendredi dernier, 16 janvier 2009, le comité pour la protection des journalistes (Cpj) basé à New-York aux Etats-Unis a écrit une lettre au chef de l’Etat camerounais, pour l’exhorter à dépénaliser les délits de presse au Cameroun. Cette organisation internationale prend pour prétexte la détention, depuis septembre dernier, de quatre directeurs de publication (Dp), " suite à des reportages politiques ". " En effet, votre pays est actuellement le deuxième pays qui emprisonne le plus de journalistes en Afrique, selon nos recherches. Nous estimons que les affaires de diffamation devraient être réglées au sein des juridictions civiles", écrit le Cpj au président camerounais.
Les quatre Dp incarcérés sont Lewis Medjo, Dp de la Détente libre, condamné le 7 janvier dernier à Douala à trois ans de prison, assortis d’une amende de deux millions Fcfa, pour publication de fausses nouvelles ; Michel Mombio, Dp de L’Ouest républicain, condamné pour "tentative d’escroquerie, outrage à corps constitué et chantage sur la base d’un article" ; Armand Ondoa, le Dp de Le Régional a été appréhendé le 15 octobre 2008 et Flash Zacharie, Dp du Zénith. Ce deux derniers ont été inculpés de "tentative de chantage et atteinte à l’honneur d’un haut responsable". Les trois derniers sont incarcérés à la prison centrale de Yaoundé, à Kondengui.

Cette organisation basée aux Etats-Unis estime que "ces journalistes n’auraient jamais dû faire l’objet de poursuites criminelles et nous vous demandons de veiller à ce qu’ils soient libérés", ordonne carrément le directeur exécutif de Cpj, Joël Simon. Il estime que "la diffamation relève du droit civil et non du droit pénal. Nous vous exhortons donc à abroger les dispositions pénales sur la diffamation et les délits de presse, qui sont souvent utilisées pour poursuivre et emprisonner les journalistes enquêtant sur les sujets sensibles et les responsables politiques".
"Pendant que des confrères sont condamnés pour escroquerie et chantage, d’autres le sont pour publication de fausses nouvelles, et même atteinte à l’honorabilité.

Au regard de la difficulté à avoir accéder aux sources d’information au Cameroun, on peut comprendre qu’un journaliste peu professionnel qui a une information " brûlante " en sa possession se presse à la publier face aux difficultés d’accès à la source ", tente de comprendre Janvier Mama Njikam, coordonnateur régional Centre, Sud et Est du syndicat des journalistes employés du Cameroun (Sjec). Il reconnaît que des personnes qui n’ont pas intérêt à ce qu’une information soit connue du public peuvent vouloir museler le journaliste par tous les moyens, y compris, en mettant fin à ses jours. Le responsable syndical estime que la presse camerounaise est à l’image de sa société. Une société où la corruption et les malversations de toutes sortes ont élu domicile. " Des  »confrères » exploitent alors cette situation pour arrondir leurs fins de mois, ce qui est contraire aux pratiques journalistiques ", reconnaît cependant Janvier Mama Njikam.

Au syndicat national des Journalistes du Cameroun, (Snjc), l’on pense que le journaliste ayant un rôle d’information et de formation de l’opinion publique, il est admis qu’il participe au service public, et qu’il ne doive pas subir le même sort que de vulgaires bandits. Mais, en pratique il est vrai, cette option ne tient pas souvent compte de certaines spécificités africaines où la presse ne joue pas encore pleinement son rôle, " à l’instar de la nuisible pléthore des médias camerounais qui génèrent un véritable [désordre], en l’occurrence une situation complexe suscitée par l’ignorance des règles de déontologie, laquelle se greffe à une méconnaissance des principes professionnels ", constate Jean Marc Soboth, premier secrétaire du Snjc.
Comme son confrère du Sjec, Jean Marc Soboth souligne que, " avec l’emprisonnement récent de plusieurs directeurs de journaux pour des délits de presse, le Cameroun figure, au moins théoriquement, au top des pays africains les plus répressifs en la matière. Ce n’est pas une bonne image, quoiqu’on dise ". Il remet au goût du jour le débat qui consiste, selon lui, à retirer le délit de presse du correctionnel comme pour les simples malfrats.

Les syndicalistes du Sjec martèlent également que la profession doit davantage s’organiser pour sanctionner, " et même exclure " des confrères aux comportements qui n’ont pas un lien avec la déontologie journalistique. " C’est par là que passera la réelle dératisation de la profession au Cameroun, et non que d’autres journalistes s’érigent en " supers journalistes " donneurs de leçons et les autres en victimes résignées qui n’ont que les colonnes de leurs journaux pour qualifier leurs confrères de tous les maux ".
Or, depuis plus de trois mois, le conseil camerounais des médias, tribunal d’honneur des journalistes, est en immersion totale. Un observateur averti faisait déjà remarquer la mollesse de la presse camerounaise à réclamer la libération des journalistes camerounais et se demande, à la lumière de la lettre au président camerounais, pourquoi une organisation connue telle que Reporters sans frontières n’a pas encore réagi ?

Justin Blaise Akono

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Les syndicalistes donnent leur position sur la libération de quatre Dp demandée par une organisation internationale.

Vendredi dernier, 16 janvier 2009, le comité pour la protection des journalistes (Cpj) basé à New-York aux Etats-Unis a écrit une lettre au chef de l’Etat camerounais, pour l’exhorter à dépénaliser les délits de presse au Cameroun. Cette organisation internationale prend pour prétexte la détention, depuis septembre dernier, de quatre directeurs de publication (Dp), " suite à des reportages politiques ". " En effet, votre pays est actuellement le deuxième pays qui emprisonne le plus de journalistes en Afrique, selon nos recherches. Nous estimons que les affaires de diffamation devraient être réglées au sein des juridictions civiles", écrit le Cpj au président camerounais.
Les quatre Dp incarcérés sont Lewis Medjo, Dp de la Détente libre, condamné le 7 janvier dernier à Douala à trois ans de prison, assortis d’une amende de deux millions Fcfa, pour publication de fausses nouvelles ; Michel Mombio, Dp de L’Ouest républicain, condamné pour "tentative d’escroquerie, outrage à corps constitué et chantage sur la base d’un article" ; Armand Ondoa, le Dp de Le Régional a été appréhendé le 15 octobre 2008 et Flash Zacharie, Dp du Zénith. Ce deux derniers ont été inculpés de "tentative de chantage et atteinte à l’honneur d’un haut responsable". Les trois derniers sont incarcérés à la prison centrale de Yaoundé, à Kondengui.

Cette organisation basée aux Etats-Unis estime que "ces journalistes n’auraient jamais dû faire l’objet de poursuites criminelles et nous vous demandons de veiller à ce qu’ils soient libérés", ordonne carrément le directeur exécutif de Cpj, Joël Simon. Il estime que "la diffamation relève du droit civil et non du droit pénal. Nous vous exhortons donc à abroger les dispositions pénales sur la diffamation et les délits de presse, qui sont souvent utilisées pour poursuivre et emprisonner les journalistes enquêtant sur les sujets sensibles et les responsables politiques".
"Pendant que des confrères sont condamnés pour escroquerie et chantage, d’autres le sont pour publication de fausses nouvelles, et même atteinte à l’honorabilité.

Au regard de la difficulté à avoir accéder aux sources d’information au Cameroun, on peut comprendre qu’un journaliste peu professionnel qui a une information " brûlante " en sa possession se presse à la publier face aux difficultés d’accès à la source ", tente de comprendre Janvier Mama Njikam, coordonnateur régional Centre, Sud et Est du syndicat des journalistes employés du Cameroun (Sjec). Il reconnaît que des personnes qui n’ont pas intérêt à ce qu’une information soit connue du public peuvent vouloir museler le journaliste par tous les moyens, y compris, en mettant fin à ses jours. Le responsable syndical estime que la presse camerounaise est à l’image de sa société. Une société où la corruption et les malversations de toutes sortes ont élu domicile. " Des  »confrères » exploitent alors cette situation pour arrondir leurs fins de mois, ce qui est contraire aux pratiques journalistiques ", reconnaît cependant Janvier Mama Njikam.

Au syndicat national des Journalistes du Cameroun, (Snjc), l’on pense que le journaliste ayant un rôle d’information et de formation de l’opinion publique, il est admis qu’il participe au service public, et qu’il ne doive pas subir le même sort que de vulgaires bandits. Mais, en pratique il est vrai, cette option ne tient pas souvent compte de certaines spécificités africaines où la presse ne joue pas encore pleinement son rôle, " à l’instar de la nuisible pléthore des médias camerounais qui génèrent un véritable [désordre], en l’occurrence une situation complexe suscitée par l’ignorance des règles de déontologie, laquelle se greffe à une méconnaissance des principes professionnels ", constate Jean Marc Soboth, premier secrétaire du Snjc.
Comme son confrère du Sjec, Jean Marc Soboth souligne que, " avec l’emprisonnement récent de plusieurs directeurs de journaux pour des délits de presse, le Cameroun figure, au moins théoriquement, au top des pays africains les plus répressifs en la matière. Ce n’est pas une bonne image, quoiqu’on dise ". Il remet au goût du jour le débat qui consiste, selon lui, à retirer le délit de presse du correctionnel comme pour les simples malfrats.

Les syndicalistes du Sjec martèlent également que la profession doit davantage s’organiser pour sanctionner, " et même exclure " des confrères aux comportements qui n’ont pas un lien avec la déontologie journalistique. " C’est par là que passera la réelle dératisation de la profession au Cameroun, et non que d’autres journalistes s’érigent en " supers journalistes " donneurs de leçons et les autres en victimes résignées qui n’ont que les colonnes de leurs journaux pour qualifier leurs confrères de tous les maux ".
Or, depuis plus de trois mois, le conseil camerounais des médias, tribunal d’honneur des journalistes, est en immersion totale. Un observateur averti faisait déjà remarquer la mollesse de la presse camerounaise à réclamer la libération des journalistes camerounais et se demande, à la lumière de la lettre au président camerounais, pourquoi une organisation connue telle que Reporters sans frontières n’a pas encore réagi ?

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Les syndicalistes donnent leur position sur la libération de quatre Dp demandée par une organisation internationale.

Vendredi dernier, 16 janvier 2009, le comité pour la protection des journalistes (Cpj) basé à New-York aux Etats-Unis a écrit une lettre au chef de l’Etat camerounais, pour l’exhorter à dépénaliser les délits de presse au Cameroun. Cette organisation internationale prend pour prétexte la détention, depuis septembre dernier, de quatre directeurs de publication (Dp), " suite à des reportages politiques ". " En effet, votre pays est actuellement le deuxième pays qui emprisonne le plus de journalistes en Afrique, selon nos recherches. Nous estimons que les affaires de diffamation devraient être réglées au sein des juridictions civiles", écrit le Cpj au président camerounais.
Les quatre Dp incarcérés sont Lewis Medjo, Dp de la Détente libre, condamné le 7 janvier dernier à Douala à trois ans de prison, assortis d’une amende de deux millions Fcfa, pour publication de fausses nouvelles ; Michel Mombio, Dp de L’Ouest républicain, condamné pour "tentative d’escroquerie, outrage à corps constitué et chantage sur la base d’un article" ; Armand Ondoa, le Dp de Le Régional a été appréhendé le 15 octobre 2008 et Flash Zacharie, Dp du Zénith. Ce deux derniers ont été inculpés de "tentative de chantage et atteinte à l’honneur d’un haut responsable". Les trois derniers sont incarcérés à la prison centrale de Yaoundé, à Kondengui.

Cette organisation basée aux Etats-Unis estime que "ces journalistes n’auraient jamais dû faire l’objet de poursuites criminelles et nous vous demandons de veiller à ce qu’ils soient libérés", ordonne carrément le directeur exécutif de Cpj, Joël Simon. Il estime que "la diffamation relève du droit civil et non du droit pénal. Nous vous exhortons donc à abroger les dispositions pénales sur la diffamation et les délits de presse, qui sont souvent utilisées pour poursuivre et emprisonner les journalistes enquêtant sur les sujets sensibles et les responsables politiques".
"Pendant que des confrères sont condamnés pour escroquerie et chantage, d’autres le sont pour publication de fausses nouvelles, et même atteinte à l’honorabilité.

Au regard de la difficulté à avoir accéder aux sources d’information au Cameroun, on peut comprendre qu’un journaliste peu professionnel qui a une information " brûlante " en sa possession se presse à la publier face aux difficultés d’accès à la source ", tente de comprendre Janvier Mama Njikam, coordonnateur régional Centre, Sud et Est du syndicat des journalistes employés du Cameroun (Sjec). Il reconnaît que des personnes qui n’ont pas intérêt à ce qu’une information soit connue du public peuvent vouloir museler le journaliste par tous les moyens, y compris, en mettant fin à ses jours. Le responsable syndical estime que la presse camerounaise est à l’image de sa société. Une société où la corruption et les malversations de toutes sortes ont élu domicile. " Des  »confrères » exploitent alors cette situation pour arrondir leurs fins de mois, ce qui est contraire aux pratiques journalistiques ", reconnaît cependant Janvier Mama Njikam.

Au syndicat national des Journalistes du Cameroun, (Snjc), l’on pense que le journaliste ayant un rôle d’information et de formation de l’opinion publique, il est admis qu’il participe au service public, et qu’il ne doive pas subir le même sort que de vulgaires bandits. Mais, en pratique il est vrai, cette option ne tient pas souvent compte de certaines spécificités africaines où la presse ne joue pas encore pleinement son rôle, " à l’instar de la nuisible pléthore des médias camerounais qui génèrent un véritable [désordre], en l’occurrence une situation complexe suscitée par l’ignorance des règles de déontologie, laquelle se greffe à une méconnaissance des principes professionnels ", constate Jean Marc Soboth, premier secrétaire du Snjc.
Comme son confrère du Sjec, Jean Marc Soboth souligne que, " avec l’emprisonnement récent de plusieurs directeurs de journaux pour des délits de presse, le Cameroun figure, au moins théoriquement, au top des pays africains les plus répressifs en la matière. Ce n’est pas une bonne image, quoiqu’on dise ". Il remet au goût du jour le débat qui consiste, selon lui, à retirer le délit de presse du correctionnel comme pour les simples malfrats.

Les syndicalistes du Sjec martèlent également que la profession doit davantage s’organiser pour sanctionner, " et même exclure " des confrères aux comportements qui n’ont pas un lien avec la déontologie journalistique. " C’est par là que passera la réelle dératisation de la profession au Cameroun, et non que d’autres journalistes s’érigent en " supers journalistes " donneurs de leçons et les autres en victimes résignées qui n’ont que les colonnes de leurs journaux pour qualifier leurs confrères de tous les maux ".
Or, depuis plus de trois mois, le conseil camerounais des médias, tribunal d’honneur des journalistes, est en immersion totale. Un observateur averti faisait déjà remarquer la mollesse de la presse camerounaise à réclamer la libération des journalistes camerounais et se demande, à la lumière de la lettre au président camerounais, pourquoi une organisation connue telle que Reporters sans frontières n’a pas encore réagi ?

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Les syndicalistes donnent leur position sur la libération de quatre Dp demandée par une organisation internationale.

Vendredi dernier, 16 janvier 2009, le comité pour la protection des journalistes (Cpj) basé à New-York aux Etats-Unis a écrit une lettre au chef de l’Etat camerounais, pour l’exhorter à dépénaliser les délits de presse au Cameroun. Cette organisation internationale prend pour prétexte la détention, depuis septembre dernier, de quatre directeurs de publication (Dp), " suite à des reportages politiques ". " En effet, votre pays est actuellement le deuxième pays qui emprisonne le plus de journalistes en Afrique, selon nos recherches. Nous estimons que les affaires de diffamation devraient être réglées au sein des juridictions civiles", écrit le Cpj au président camerounais.
Les quatre Dp incarcérés sont Lewis Medjo, Dp de la Détente libre, condamné le 7 janvier dernier à Douala à trois ans de prison, assortis d’une amende de deux millions Fcfa, pour publication de fausses nouvelles ; Michel Mombio, Dp de L’Ouest républicain, condamné pour "tentative d’escroquerie, outrage à corps constitué et chantage sur la base d’un article" ; Armand Ondoa, le Dp de Le Régional a été appréhendé le 15 octobre 2008 et Flash Zacharie, Dp du Zénith. Ce deux derniers ont été inculpés de "tentative de chantage et atteinte à l’honneur d’un haut responsable". Les trois derniers sont incarcérés à la prison centrale de Yaoundé, à Kondengui.

Cette organisation basée aux Etats-Unis estime que "ces journalistes n’auraient jamais dû faire l’objet de poursuites criminelles et nous vous demandons de veiller à ce qu’ils soient libérés", ordonne carrément le directeur exécutif de Cpj, Joël Simon. Il estime que "la diffamation relève du droit civil et non du droit pénal. Nous vous exhortons donc à abroger les dispositions pénales sur la diffamation et les délits de presse, qui sont souvent utilisées pour poursuivre et emprisonner les journalistes enquêtant sur les sujets sensibles et les responsables politiques".
"Pendant que des confrères sont condamnés pour escroquerie et chantage, d’autres le sont pour publication de fausses nouvelles, et même atteinte à l’honorabilité.

Au regard de la difficulté à avoir accéder aux sources d’information au Cameroun, on peut comprendre qu’un journaliste peu professionnel qui a une information " brûlante " en sa possession se presse à la publier face aux difficultés d’accès à la source ", tente de comprendre Janvier Mama Njikam, coordonnateur régional Centre, Sud et Est du syndicat des journalistes employés du Cameroun (Sjec). Il reconnaît que des personnes qui n’ont pas intérêt à ce qu’une information soit connue du public peuvent vouloir museler le journaliste par tous les moyens, y compris, en mettant fin à ses jours. Le responsable syndical estime que la presse camerounaise est à l’image de sa société. Une société où la corruption et les malversations de toutes sortes ont élu domicile. " Des  »confrères » exploitent alors cette situation pour arrondir leurs fins de mois, ce qui est contraire aux pratiques journalistiques ", reconnaît cependant Janvier Mama Njikam.

Au syndicat national des Journalistes du Cameroun, (Snjc), l’on pense que le journaliste ayant un rôle d’information et de formation de l’opinion publique, il est admis qu’il participe au service public, et qu’il ne doive pas subir le même sort que de vulgaires bandits. Mais, en pratique il est vrai, cette option ne tient pas souvent compte de certaines spécificités africaines où la presse ne joue pas encore pleinement son rôle, " à l’instar de la nuisible pléthore des médias camerounais qui génèrent un véritable [désordre], en l’occurrence une situation complexe suscitée par l’ignorance des règles de déontologie, laquelle se greffe à une méconnaissance des principes professionnels ", constate Jean Marc Soboth, premier secrétaire du Snjc.
Comme son confrère du Sjec, Jean Marc Soboth souligne que, " avec l’emprisonnement récent de plusieurs directeurs de journaux pour des délits de presse, le Cameroun figure, au moins théoriquement, au top des pays africains les plus répressifs en la matière. Ce n’est pas une bonne image, quoiqu’on dise ". Il remet au goût du jour le débat qui consiste, selon lui, à retirer le délit de presse du correctionnel comme pour les simples malfrats.

Les syndicalistes du Sjec martèlent également que la profession doit davantage s’organiser pour sanctionner, " et même exclure " des confrères aux comportements qui n’ont pas un lien avec la déontologie journalistique. " C’est par là que passera la réelle dératisation de la profession au Cameroun, et non que d’autres journalistes s’érigent en " supers journalistes " donneurs de leçons et les autres en victimes résignées qui n’ont que les colonnes de leurs journaux pour qualifier leurs confrères de tous les maux ".
Or, depuis plus de trois mois, le conseil camerounais des médias, tribunal d’honneur des journalistes, est en immersion totale. Un observateur averti faisait déjà remarquer la mollesse de la presse camerounaise à réclamer la libération des journalistes camerounais et se demande, à la lumière de la lettre au président camerounais, pourquoi une organisation connue telle que Reporters sans frontières n’a pas encore réagi ?

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Albert Mbida : Le droit commun s’applique au cybernétique

Pour cet expert du droit de la presse, l’administrateur et l’auteur sont responsables devant la loi.
Propos recueillis par P.N.N –




A qui incombe la responsabilité des contenus mis en ligne dans un forum, par exemple?
D’après l’article 74 de la loi du 19 décembre 1990 sur la communication sociale, sont considérés comme auteurs principaux des peines qui répriment les infractions commises par voie de communication sociale, les directeurs de publications, considérés ici comme les administrateurs des sites, et les auteurs. Comme dans ce genre de situation l’auteur peut ne pas être identifiable, l’administrateur court seul le risque d’être sanctionné.

Autrement dit, la loi de 1990 est transposable à la communication cybernétique…
Pour l’instant, il n’y a pas encore de législation spécifique concernant les médias cybernétiques. On leur applique la loi qui s’applique à la communication sociale. Au moment.
où on élaborait la loi de 1990, les médias cybernétiques n’avaient pas encore connu l’évolution actuelle. Or, si l’on considère ces médias comme des médias comme les autres, on peut valablement dire que la législation de 1990 s’applique aux médias cybernétiques.

Certains estiment plutôt que c’est le droit du multimédia qui s’applique à l’Internet, comme c’est le cas par exemple en France…
Lorsque le ministre de la Communication accorde l’aide à la communication privée au Cameroun, il y a la presse écrite, la radio, la télévision, les imprimeries et le multimédia. Pourquoi veulent-ils bénéficier de cette aide parce qu’ils se disent médias et quand il faut les sanctionner, ils disent qu’on ne doit pas le faire. En France, il y a une législation spéciale à ces médias. Au Cameroun, c’est le droit commun qui est appliqué.

Comment la législation peut sanctionner l’administrateur ou l’auteur d’un commentaire quand ce dernier, par exemple, réside au Cameroun et que la plupart des sites camerounais sont hébergés à l’étranger ?
Le ministère des Relations extérieures saisit notre ambassade qui va saisir l’avocat du site afin que le site soit sanctionné. Il va être difficile de sanctionner le Camerounais qui a envoyé ce message, sauf si, dans ce pays, le directeur de publication et l’auteur sont considérés comme auteurs. Si la législation de ce pays considère l’auteur seulement comme complice, il risque de ne pas être vivement sanctionné.

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