Littoral : La grève au Matgénie sétend à Douala
Les employés exigent le paiement de neuf mois d’arrières de salaires.
Il faut franchir le portail d’entrée pour voir les employés en grève. Assis sur des bancs, ils devisent. Le désespoir se lit sur les visages. Le paiement de neuf mois d’arriérés de salaires figure en bonne place des revendications du personnel. L’agence de Douala emploie 22 personnes et une dizaine de temporaires dont certains attendent l’intégration depuis 1994. Par ailleurs, l’on évoque ici le non paiement depuis 17 ans, des allocations familiales à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). La situation est la même dans les cinq agences et direction régionales du Cameroun. «Nous ne mettrons un terme à cette grève que si nos arriérés de salaires sont payés intégralement», prévient Félicien Mekodo, délégué du personnel. Soutenu par ses collègues, il exprime son ras-le-bol : «le gouvernement avait le choix entre la privatisation et la réhabilitation. Il a choisi la seconde option, compte tenu de la place prépondérante que Matgenie occupe dans l’entretien routier au Cameroun. Nous ne comprenons pas pourquoi cette réhabilitation n’a jamais eu lieu». Interrogé, le chef d’agence M. Tachedjou n’a pas souhaité s’exprimer.
Créé en 1967, le Parc national de matériel de génie civil est en léthargie. Le matériel n’a pas été renouvelé depuis plus d’une trentaine d’années. L’enceinte de l’agence de Douala ressemble à un cimetière. Les mauvaises herbes poussent partout. Les ateliers sont à l’abandon. Les engins ne sont plus que des épaves. Certains magasins ont été loués à la société Satom. L’activité est au ralenti. Un seul engin est en état de marche. Pourtant, il y a trois ans, le gouvernement s’était engagé à réhabiliter le Matgenie, à travers l’acquisition de nouveaux engins et la réparation de ceux qui sont endommagés. Cette promesse n’a pas encore été tenue, en dépit de la désignation d’un nouveau directeur général le 24 janvier 2005. Le mouvement d’humeur qui a débuté hier n’est pas le premier. En l’espace de cinq ans, le Matgenie a connu près de dix grèves qui témoignent de la tension sociale qui sévit au sein de l’entreprise.
Patient Ebwele


Les habitants d’une partie du quartier Damase, dans le troisième arrondissement de Yaoundé ont passé une nuit particulière de jeudi à vendredi dernier. Charlotte Ngo Manyo tournait, nuitamment, une fiction qui doit durer trois minutes et dont le titre évocateur est "Couche-toi et laisse-moi faire ". L’histoire d’un jeune chômeur noctambule vivant dans un quartier populaire de Yaoundé, qui, de retour de l’une de ses balades nocturnes, entend des voix venir d’une case. Dont celle d’un monsieur qui ordonne : "couche-toi et laisse-moi faire". Il alerte alors tout le quartier, croyant que la jeune fille est en danger. Parmi les intervenants, un policier, Léo Le Nul Art, défonce la porte et, suspense. Le seul indice indique que ce film dont la sortie et prévu pour mi-août, est interdit aux moins de 18 ans.