Société : Les élites du Mfoundi s’affrontent à Sangmélima
Deux délégations du département se sont rendues à l’installation de Mgr Christophe Zoa.
Est-ce un hasard si c’est à Sangmélima que le dernier épisode de la guéguerre que se livrent depuis quelque temps des fils du département du Mfoundi a rebondi le week-end dernier ? Est-ce un hasard si le théâtre choisi pour cette énième manifestation de la rivalité entre élites de la capitale du Cameroun a été la cérémonie d’installation d’un évêque ? Marc-Aurèle Mfoumou, natif de Yaoundé et qui s’est rendu à Sangmélima pour l’installation de Mgr Christophe Zoa, également fils du Mfoundi, pense que non. Pour lui, le fait que l’événement a eu lieu dans la province natale du président de la République, à quelques semaines de l’arrivée du pape Benoît XVI au Cameroun, et au moment où l’ombre d’un remaniement ministériel plane plus que jamais sur tous les actes posés par nos dirigeants ont leur importance.
Dans l’édition du Messager du lundi 2 février 2009, on apprenait que deux délégations des élites du Mfoundi se sont retrouvées à Sangmélima à l’occasion du sacre de Mgr Christophe Zoa. "Le ministre André Mama Fouda, président de l’Asfesem, s’exprime au nom de tous les fils du Mfoundi. Les membres de la délégation officielle des fidèles de l’archidiocèse de Yaoundé conduits par Mbarga Mboa marquent leur désaccord", écrit Le Messager.
Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi y a-t-il eu à Sangmélima une délégation du Mfoundi conduite par André Mama Fouda et une autre, conduite par Philippe Mbarga Mboa ? Si l’on s’en tient à l’article du reporter du Messager, tout avait été prévu pour éviter pareille situation : "Toutes les réunions qui se sont tenues à la Centrale diocésaine des œuvres (Cdo), et présidées à chaque fois par l’archevêque de Yaoundé, Mgr Tonye Bakot, ont abouti au consensus selon lequel, nonobstant la présence de plusieurs associations dans le Mfoundi, une seule délégation apostolique devait partir de l’archidiocèse de Yaoundé pour Sangmélima".
Il y a finalement eu deux délégations et une tension ouverte lors de la cérémonie de samedi dernier. Chacune des deux délégations a remis un cadeau au nouvel évêque et André Mama Fouda a pris la parole au nom des Mvog Tsoungui Mballa. Une intervention qui a fortement déplu aux membres de l’autre délégation. Ceux-ci déclarent qu’il était entendu qu’aucun fils du Mfoundi ne devait prendre la parole. Du côté de Mama Fouda, on se demande pourquoi, si c’était le cas, Jean-Louis Beh Mengue s’est-il exprimé. On pense surtout que le groupe conduit par Philippe Mbarga Mboa a tout fait pour mettre sous l’éteignoir la délégation conduite par André Mama Fouda, installée bien à l’écart par les soins du protocole, et qui n’a pu s’exprimer que grâce à un coup de force. Tout comme on ne reconnaît en rien au groupe conduit par Philippe Mbarga Mboa la qualité de délégation officielle.
Alors qu’il est plus que jamais clair que les élites du Mfoundi ne parlent pas d’une même voix, les questions affluent sur les raisons d’une telle division. Jusqu’où iront les deux camps ? Quel est l’enjeu final de cette bataille fratricide ?
Jules Romuald Nkonlak

