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Les leçons d’une visite


Au-delà de la polémique engagée par les médias occidentaux sur l’utilisation du préservatif, le Pape a été accueilli dans une ambiance de ferveur au Cameroun.

L’image est saisissante. L’avion qui transporte le Pape et sa délégation vient de prendre son envol. A l’aéroport de Yaoundé Nsimalen, la plupart des fidèles ont les yeux tournés vers le ciel. Tout le monde suit “ le gros oiseau ” attaquer les gros nuages avec dans les cœurs, une forte nostalgie. Armand M., un jeune pèlerin qui a eu le privilège de venir jusqu’à l’aéroport dire “ Bon voyage ” à Benoît XVI s’est pratiquement juré de ne baisser la tête que lorsqu’il ne pourra plus voir l’avion. Sur son visage, comme sur celui de sa voisine Lucie T., elle aussi pèlerine, ruissellent des larmes. “ Si j’avais la force, j’allais retenir cet avion. Et dire à Benoît XVI de rester encore avec nous. Sa présence était vraiment signe de réconciliation. Cet homme nous a beaucoup apporté. C’est comme si lorsqu’il était là, nous nous sentions plus en sécurité. Un peu comme un enfant qui est avec son père face à des gens qui ont l’habitude de le frapper. C’est pour cela que je me retrouve en train de pleurer ”, commente Armand M.
Pendant quatre jours, Benoît XVI a fini par entrer dans la vie des Camerounais. Que ce soit dans les rues de Yaoundé, ou alors à la télévision, le souverain pontife n’a laissé personne indifférent. Tel un messager qui vient au nom du Seigneur, il a su écouter le peuple de Dieu qui est venu à sa rencontre. Et par la suite, il a su parler à ce peuple du Dieu qui les aime. Au stade Ahmadou Ahidjo où la messe pontificale s’est déroulée, Benoît XVI a clôturé son homélie avec des mots forts. “ Je Le (Dieu) prie avec ferveur de vous faire goûter la joie de Lui appartenir, maintenant et pour les siècles des siècles. ” C’est certainement cela qu’il a entendu par “ confirmer mes frères dans la foi ” comme il le disait à son arrivée le 17 mars 2009.

Changer radicalement
En recevant pour la troisième fois le successeur de Pierre, le Cameroun est bien au-delà de ce que beaucoup ont constamment appelé “ une grâce divine ”. En fait, comme disait un prêtre camerounais chez un confrère de la place “ Dieu, à travers cette troisième visite du Pape provoque le Cameroun ”. Le thème du futur synode spécial des évêques sur l’Afrique et dont le Pape a remis officiellement “ l’Intrumentum Laboris ” parle de lui-même : “ L’Eglise qui est en Afrique à l’heure de la réconciliation, de la justice et de la paix. ” Aux évêques du Cameroun qu’il a rencontrés le 18 mars 2009 à la paroisse Christ Roi de Tsinga, Benoît XVI n’a pas manqué de leur rappeler leurs devoirs de pasteurs, qui doivent veiller sur le peuple de Dieu. Notamment en se montrant dévoués et disponibles vis-à-vis aussi bien des puissants que des pauvres. Mais aussi en prêchant la Parole de Dieu à temps et à contretemps. Aux malades, rencontrés au Centre national de réhabilitation des handicapés d’Etoug Ebe, le Pape a apporté le réconfort. Mais surtout l’amour à travers le regard et le sourire qu’il libère. Donnant ainsi à tous, aux riches comme aux pauvres, aux puissants comme aux faibles, l’exemple vital de solidarité vis-à-vis de ceux qui autour de nous souffrent chaque jour dans leur corps, très souvent dans l’indifférence. Il a aussi prié avec les évêques, les prêtres, les religieux, les laïcs et les pasteurs des autres confessions religieuses du Cameroun. C’était le 18 mars 2009 à la Basilique Mineure Marie Reine des Apôtres de Mvolyé. Un grand moment de spiritualité, avant la messe pontificale du Stade Ahmadou Ahidjo qui a connu la participation de près de 60 mille personnes. Avec en exergue un message essentiel pour les chrétiens de toutes les convictions : “ Croyez, oui, continuez à croire que Dieu, Père, Fils, et Esprit Saint, est le Seul qui vous aime vraiment comme vous l’attendez, qu’il est le seul à pouvoir vous combler, à pouvoir donner la stabilité à vos vies. Le Christ est l’unique chemin de la Vie. ” Il s’agit d’une véritable “ provocation ” qui devrait conduire à un véritable changement en terme de bien. Quitter les vielles habitudes mauvaises pour les bonnes mœurs qui transforment la société camerounaise. Et là, ceux qui ont plus eu le privilège d’approcher le Pape et qui sont en fait ceux qui ont la responsabilité de la gestion de l’Etat et de nos communautés chrétiennes sont en premier lieu interpellés. Le peuple ne suivra que leur exemple. Le Cameroun après cette visite papale, au-delà de la faiblesse de ses hommes quels qu’ils soient, ne devrait plus être cette terre où l’on viole les libertés individuelles et collectives, où règne l’injustice sociale, le trafic d’influence, les détournements des fonds publics, la corruption, la mal gouvernance… Mais plutôt un pays où la paix n’est pas un simple slogan, ou alors une image politique publicitaire qu’affectionnent les politiciens qui nous gouvernent. Et Benoît XVI, avant de s’envoler pour l’Angola, nous a tous exhorté à mettre tout en œuvre pour faire du Cameroun, un pays où il n’y a pas (ou plus) de pauvreté, de corruption, et autres maux qui nous aplatissent au quotidien. C’était en présence du chef de l’Etat, et de tout le gouvernement.
Au final, il ne s’agit donc plus, dans un futur immédiat de se vanter, en se frappant la poitrine devant d’autres africains, comme étant l’un des rares pays que le Pape a visité à trois reprises. Ou alors le premier pays africain où Benoît XVI est allé en visite pastorale. Mais d’être à la hauteur de cette “ faveur ”, ou alors de cette “ grâce ” que Dieu nous a accordée. Comme le rappelle la parabole des talents dans la Bible, il faut se mettre en tête que, à ceux qui auront le plus reçu, Dieu sera aussi plus exigeant. Comprenne donc qui pourra… 

Par Jean François CHANNON

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Au-delà de la polémique engagée par les médias occidentaux sur l’utilisation du préservatif, le Pape a été accueilli dans une ambiance de ferveur au Cameroun.

L’image est saisissante. L’avion qui transporte le Pape et sa délégation vient de prendre son envol. A l’aéroport de Yaoundé Nsimalen, la plupart des fidèles ont les yeux tournés vers le ciel. Tout le monde suit “ le gros oiseau ” attaquer les gros nuages avec dans les cœurs, une forte nostalgie. Armand M., un jeune pèlerin qui a eu le privilège de venir jusqu’à l’aéroport dire “ Bon voyage ” à Benoît XVI s’est pratiquement juré de ne baisser la tête que lorsqu’il ne pourra plus voir l’avion. Sur son visage, comme sur celui de sa voisine Lucie T., elle aussi pèlerine, ruissellent des larmes. “ Si j’avais la force, j’allais retenir cet avion. Et dire à Benoît XVI de rester encore avec nous. Sa présence était vraiment signe de réconciliation. Cet homme nous a beaucoup apporté. C’est comme si lorsqu’il était là, nous nous sentions plus en sécurité. Un peu comme un enfant qui est avec son père face à des gens qui ont l’habitude de le frapper. C’est pour cela que je me retrouve en train de pleurer ”, commente Armand M.
Pendant quatre jours, Benoît XVI a fini par entrer dans la vie des Camerounais. Que ce soit dans les rues de Yaoundé, ou alors à la télévision, le souverain pontife n’a laissé personne indifférent. Tel un messager qui vient au nom du Seigneur, il a su écouter le peuple de Dieu qui est venu à sa rencontre. Et par la suite, il a su parler à ce peuple du Dieu qui les aime. Au stade Ahmadou Ahidjo où la messe pontificale s’est déroulée, Benoît XVI a clôturé son homélie avec des mots forts. “ Je Le (Dieu) prie avec ferveur de vous faire goûter la joie de Lui appartenir, maintenant et pour les siècles des siècles. ” C’est certainement cela qu’il a entendu par “ confirmer mes frères dans la foi ” comme il le disait à son arrivée le 17 mars 2009.

Changer radicalement
En recevant pour la troisième fois le successeur de Pierre, le Cameroun est bien au-delà de ce que beaucoup ont constamment appelé “ une grâce divine ”. En fait, comme disait un prêtre camerounais chez un confrère de la place “ Dieu, à travers cette troisième visite du Pape provoque le Cameroun ”. Le thème du futur synode spécial des évêques sur l’Afrique et dont le Pape a remis officiellement “ l’Intrumentum Laboris ” parle de lui-même : “ L’Eglise qui est en Afrique à l’heure de la réconciliation, de la justice et de la paix. ” Aux évêques du Cameroun qu’il a rencontrés le 18 mars 2009 à la paroisse Christ Roi de Tsinga, Benoît XVI n’a pas manqué de leur rappeler leurs devoirs de pasteurs, qui doivent veiller sur le peuple de Dieu. Notamment en se montrant dévoués et disponibles vis-à-vis aussi bien des puissants que des pauvres. Mais aussi en prêchant la Parole de Dieu à temps et à contretemps. Aux malades, rencontrés au Centre national de réhabilitation des handicapés d’Etoug Ebe, le Pape a apporté le réconfort. Mais surtout l’amour à travers le regard et le sourire qu’il libère. Donnant ainsi à tous, aux riches comme aux pauvres, aux puissants comme aux faibles, l’exemple vital de solidarité vis-à-vis de ceux qui autour de nous souffrent chaque jour dans leur corps, très souvent dans l’indifférence. Il a aussi prié avec les évêques, les prêtres, les religieux, les laïcs et les pasteurs des autres confessions religieuses du Cameroun. C’était le 18 mars 2009 à la Basilique Mineure Marie Reine des Apôtres de Mvolyé. Un grand moment de spiritualité, avant la messe pontificale du Stade Ahmadou Ahidjo qui a connu la participation de près de 60 mille personnes. Avec en exergue un message essentiel pour les chrétiens de toutes les convictions : “ Croyez, oui, continuez à croire que Dieu, Père, Fils, et Esprit Saint, est le Seul qui vous aime vraiment comme vous l’attendez, qu’il est le seul à pouvoir vous combler, à pouvoir donner la stabilité à vos vies. Le Christ est l’unique chemin de la Vie. ” Il s’agit d’une véritable “ provocation ” qui devrait conduire à un véritable changement en terme de bien. Quitter les vielles habitudes mauvaises pour les bonnes mœurs qui transforment la société camerounaise. Et là, ceux qui ont plus eu le privilège d’approcher le Pape et qui sont en fait ceux qui ont la responsabilité de la gestion de l’Etat et de nos communautés chrétiennes sont en premier lieu interpellés. Le peuple ne suivra que leur exemple. Le Cameroun après cette visite papale, au-delà de la faiblesse de ses hommes quels qu’ils soient, ne devrait plus être cette terre où l’on viole les libertés individuelles et collectives, où règne l’injustice sociale, le trafic d’influence, les détournements des fonds publics, la corruption, la mal gouvernance… Mais plutôt un pays où la paix n’est pas un simple slogan, ou alors une image politique publicitaire qu’affectionnent les politiciens qui nous gouvernent. Et Benoît XVI, avant de s’envoler pour l’Angola, nous a tous exhorté à mettre tout en œuvre pour faire du Cameroun, un pays où il n’y a pas (ou plus) de pauvreté, de corruption, et autres maux qui nous aplatissent au quotidien. C’était en présence du chef de l’Etat, et de tout le gouvernement.
Au final, il ne s’agit donc plus, dans un futur immédiat de se vanter, en se frappant la poitrine devant d’autres africains, comme étant l’un des rares pays que le Pape a visité à trois reprises. Ou alors le premier pays africain où Benoît XVI est allé en visite pastorale. Mais d’être à la hauteur de cette “ faveur ”, ou alors de cette “ grâce ” que Dieu nous a accordée. Comme le rappelle la parabole des talents dans la Bible, il faut se mettre en tête que, à ceux qui auront le plus reçu, Dieu sera aussi plus exigeant. Comprenne donc qui pourra… 

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Au-delà de la polémique engagée par les médias occidentaux sur l’utilisation du préservatif, le Pape a été accueilli dans une ambiance de ferveur au Cameroun.

L’image est saisissante. L’avion qui transporte le Pape et sa délégation vient de prendre son envol. A l’aéroport de Yaoundé Nsimalen, la plupart des fidèles ont les yeux tournés vers le ciel. Tout le monde suit “ le gros oiseau ” attaquer les gros nuages avec dans les cœurs, une forte nostalgie. Armand M., un jeune pèlerin qui a eu le privilège de venir jusqu’à l’aéroport dire “ Bon voyage ” à Benoît XVI s’est pratiquement juré de ne baisser la tête que lorsqu’il ne pourra plus voir l’avion. Sur son visage, comme sur celui de sa voisine Lucie T., elle aussi pèlerine, ruissellent des larmes. “ Si j’avais la force, j’allais retenir cet avion. Et dire à Benoît XVI de rester encore avec nous. Sa présence était vraiment signe de réconciliation. Cet homme nous a beaucoup apporté. C’est comme si lorsqu’il était là, nous nous sentions plus en sécurité. Un peu comme un enfant qui est avec son père face à des gens qui ont l’habitude de le frapper. C’est pour cela que je me retrouve en train de pleurer ”, commente Armand M.
Pendant quatre jours, Benoît XVI a fini par entrer dans la vie des Camerounais. Que ce soit dans les rues de Yaoundé, ou alors à la télévision, le souverain pontife n’a laissé personne indifférent. Tel un messager qui vient au nom du Seigneur, il a su écouter le peuple de Dieu qui est venu à sa rencontre. Et par la suite, il a su parler à ce peuple du Dieu qui les aime. Au stade Ahmadou Ahidjo où la messe pontificale s’est déroulée, Benoît XVI a clôturé son homélie avec des mots forts. “ Je Le (Dieu) prie avec ferveur de vous faire goûter la joie de Lui appartenir, maintenant et pour les siècles des siècles. ” C’est certainement cela qu’il a entendu par “ confirmer mes frères dans la foi ” comme il le disait à son arrivée le 17 mars 2009.

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En recevant pour la troisième fois le successeur de Pierre, le Cameroun est bien au-delà de ce que beaucoup ont constamment appelé “ une grâce divine ”. En fait, comme disait un prêtre camerounais chez un confrère de la place “ Dieu, à travers cette troisième visite du Pape provoque le Cameroun ”. Le thème du futur synode spécial des évêques sur l’Afrique et dont le Pape a remis officiellement “ l’Intrumentum Laboris ” parle de lui-même : “ L’Eglise qui est en Afrique à l’heure de la réconciliation, de la justice et de la paix. ” Aux évêques du Cameroun qu’il a rencontrés le 18 mars 2009 à la paroisse Christ Roi de Tsinga, Benoît XVI n’a pas manqué de leur rappeler leurs devoirs de pasteurs, qui doivent veiller sur le peuple de Dieu. Notamment en se montrant dévoués et disponibles vis-à-vis aussi bien des puissants que des pauvres. Mais aussi en prêchant la Parole de Dieu à temps et à contretemps. Aux malades, rencontrés au Centre national de réhabilitation des handicapés d’Etoug Ebe, le Pape a apporté le réconfort. Mais surtout l’amour à travers le regard et le sourire qu’il libère. Donnant ainsi à tous, aux riches comme aux pauvres, aux puissants comme aux faibles, l’exemple vital de solidarité vis-à-vis de ceux qui autour de nous souffrent chaque jour dans leur corps, très souvent dans l’indifférence. Il a aussi prié avec les évêques, les prêtres, les religieux, les laïcs et les pasteurs des autres confessions religieuses du Cameroun. C’était le 18 mars 2009 à la Basilique Mineure Marie Reine des Apôtres de Mvolyé. Un grand moment de spiritualité, avant la messe pontificale du Stade Ahmadou Ahidjo qui a connu la participation de près de 60 mille personnes. Avec en exergue un message essentiel pour les chrétiens de toutes les convictions : “ Croyez, oui, continuez à croire que Dieu, Père, Fils, et Esprit Saint, est le Seul qui vous aime vraiment comme vous l’attendez, qu’il est le seul à pouvoir vous combler, à pouvoir donner la stabilité à vos vies. Le Christ est l’unique chemin de la Vie. ” Il s’agit d’une véritable “ provocation ” qui devrait conduire à un véritable changement en terme de bien. Quitter les vielles habitudes mauvaises pour les bonnes mœurs qui transforment la société camerounaise. Et là, ceux qui ont plus eu le privilège d’approcher le Pape et qui sont en fait ceux qui ont la responsabilité de la gestion de l’Etat et de nos communautés chrétiennes sont en premier lieu interpellés. Le peuple ne suivra que leur exemple. Le Cameroun après cette visite papale, au-delà de la faiblesse de ses hommes quels qu’ils soient, ne devrait plus être cette terre où l’on viole les libertés individuelles et collectives, où règne l’injustice sociale, le trafic d’influence, les détournements des fonds publics, la corruption, la mal gouvernance… Mais plutôt un pays où la paix n’est pas un simple slogan, ou alors une image politique publicitaire qu’affectionnent les politiciens qui nous gouvernent. Et Benoît XVI, avant de s’envoler pour l’Angola, nous a tous exhorté à mettre tout en œuvre pour faire du Cameroun, un pays où il n’y a pas (ou plus) de pauvreté, de corruption, et autres maux qui nous aplatissent au quotidien. C’était en présence du chef de l’Etat, et de tout le gouvernement.
Au final, il ne s’agit donc plus, dans un futur immédiat de se vanter, en se frappant la poitrine devant d’autres africains, comme étant l’un des rares pays que le Pape a visité à trois reprises. Ou alors le premier pays africain où Benoît XVI est allé en visite pastorale. Mais d’être à la hauteur de cette “ faveur ”, ou alors de cette “ grâce ” que Dieu nous a accordée. Comme le rappelle la parabole des talents dans la Bible, il faut se mettre en tête que, à ceux qui auront le plus reçu, Dieu sera aussi plus exigeant. Comprenne donc qui pourra… 

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Au-delà de la polémique engagée par les médias occidentaux sur l’utilisation du préservatif, le Pape a été accueilli dans une ambiance de ferveur au Cameroun.

L’image est saisissante. L’avion qui transporte le Pape et sa délégation vient de prendre son envol. A l’aéroport de Yaoundé Nsimalen, la plupart des fidèles ont les yeux tournés vers le ciel. Tout le monde suit “ le gros oiseau ” attaquer les gros nuages avec dans les cœurs, une forte nostalgie. Armand M., un jeune pèlerin qui a eu le privilège de venir jusqu’à l’aéroport dire “ Bon voyage ” à Benoît XVI s’est pratiquement juré de ne baisser la tête que lorsqu’il ne pourra plus voir l’avion. Sur son visage, comme sur celui de sa voisine Lucie T., elle aussi pèlerine, ruissellent des larmes. “ Si j’avais la force, j’allais retenir cet avion. Et dire à Benoît XVI de rester encore avec nous. Sa présence était vraiment signe de réconciliation. Cet homme nous a beaucoup apporté. C’est comme si lorsqu’il était là, nous nous sentions plus en sécurité. Un peu comme un enfant qui est avec son père face à des gens qui ont l’habitude de le frapper. C’est pour cela que je me retrouve en train de pleurer ”, commente Armand M.
Pendant quatre jours, Benoît XVI a fini par entrer dans la vie des Camerounais. Que ce soit dans les rues de Yaoundé, ou alors à la télévision, le souverain pontife n’a laissé personne indifférent. Tel un messager qui vient au nom du Seigneur, il a su écouter le peuple de Dieu qui est venu à sa rencontre. Et par la suite, il a su parler à ce peuple du Dieu qui les aime. Au stade Ahmadou Ahidjo où la messe pontificale s’est déroulée, Benoît XVI a clôturé son homélie avec des mots forts. “ Je Le (Dieu) prie avec ferveur de vous faire goûter la joie de Lui appartenir, maintenant et pour les siècles des siècles. ” C’est certainement cela qu’il a entendu par “ confirmer mes frères dans la foi ” comme il le disait à son arrivée le 17 mars 2009.

Changer radicalement
En recevant pour la troisième fois le successeur de Pierre, le Cameroun est bien au-delà de ce que beaucoup ont constamment appelé “ une grâce divine ”. En fait, comme disait un prêtre camerounais chez un confrère de la place “ Dieu, à travers cette troisième visite du Pape provoque le Cameroun ”. Le thème du futur synode spécial des évêques sur l’Afrique et dont le Pape a remis officiellement “ l’Intrumentum Laboris ” parle de lui-même : “ L’Eglise qui est en Afrique à l’heure de la réconciliation, de la justice et de la paix. ” Aux évêques du Cameroun qu’il a rencontrés le 18 mars 2009 à la paroisse Christ Roi de Tsinga, Benoît XVI n’a pas manqué de leur rappeler leurs devoirs de pasteurs, qui doivent veiller sur le peuple de Dieu. Notamment en se montrant dévoués et disponibles vis-à-vis aussi bien des puissants que des pauvres. Mais aussi en prêchant la Parole de Dieu à temps et à contretemps. Aux malades, rencontrés au Centre national de réhabilitation des handicapés d’Etoug Ebe, le Pape a apporté le réconfort. Mais surtout l’amour à travers le regard et le sourire qu’il libère. Donnant ainsi à tous, aux riches comme aux pauvres, aux puissants comme aux faibles, l’exemple vital de solidarité vis-à-vis de ceux qui autour de nous souffrent chaque jour dans leur corps, très souvent dans l’indifférence. Il a aussi prié avec les évêques, les prêtres, les religieux, les laïcs et les pasteurs des autres confessions religieuses du Cameroun. C’était le 18 mars 2009 à la Basilique Mineure Marie Reine des Apôtres de Mvolyé. Un grand moment de spiritualité, avant la messe pontificale du Stade Ahmadou Ahidjo qui a connu la participation de près de 60 mille personnes. Avec en exergue un message essentiel pour les chrétiens de toutes les convictions : “ Croyez, oui, continuez à croire que Dieu, Père, Fils, et Esprit Saint, est le Seul qui vous aime vraiment comme vous l’attendez, qu’il est le seul à pouvoir vous combler, à pouvoir donner la stabilité à vos vies. Le Christ est l’unique chemin de la Vie. ” Il s’agit d’une véritable “ provocation ” qui devrait conduire à un véritable changement en terme de bien. Quitter les vielles habitudes mauvaises pour les bonnes mœurs qui transforment la société camerounaise. Et là, ceux qui ont plus eu le privilège d’approcher le Pape et qui sont en fait ceux qui ont la responsabilité de la gestion de l’Etat et de nos communautés chrétiennes sont en premier lieu interpellés. Le peuple ne suivra que leur exemple. Le Cameroun après cette visite papale, au-delà de la faiblesse de ses hommes quels qu’ils soient, ne devrait plus être cette terre où l’on viole les libertés individuelles et collectives, où règne l’injustice sociale, le trafic d’influence, les détournements des fonds publics, la corruption, la mal gouvernance… Mais plutôt un pays où la paix n’est pas un simple slogan, ou alors une image politique publicitaire qu’affectionnent les politiciens qui nous gouvernent. Et Benoît XVI, avant de s’envoler pour l’Angola, nous a tous exhorté à mettre tout en œuvre pour faire du Cameroun, un pays où il n’y a pas (ou plus) de pauvreté, de corruption, et autres maux qui nous aplatissent au quotidien. C’était en présence du chef de l’Etat, et de tout le gouvernement.
Au final, il ne s’agit donc plus, dans un futur immédiat de se vanter, en se frappant la poitrine devant d’autres africains, comme étant l’un des rares pays que le Pape a visité à trois reprises. Ou alors le premier pays africain où Benoît XVI est allé en visite pastorale. Mais d’être à la hauteur de cette “ faveur ”, ou alors de cette “ grâce ” que Dieu nous a accordée. Comme le rappelle la parabole des talents dans la Bible, il faut se mettre en tête que, à ceux qui auront le plus reçu, Dieu sera aussi plus exigeant. Comprenne donc qui pourra… 

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Une rétrospective de la mode malienne bientôt logée au Musée de Bamako

Une exposition rétrospective de la mode malienne, à travers un fonds de pièces assemblés au cours de ces 30 dernières années, s’ouvre samedi prochain au Musée national de Bamako, apprend-on lundi de source officielle. –

APA-Bamako (Mali)

La manifestation entend dénoter de « l’ingéniosité et de la vitalité » du patrimoine culturel par l’exposition de la « richesse, la diversité et la qualité des productions artistiques et artisanales » du Mali, ont expliqué les organisateurs.

Selon eux, ce sera l’occasion de découvrir « l’infatigable » travail de collecte et de création du collectionneur Kandioura Coulibaly, mais aussi une chance rare de tâter le « faste des comportements vestimentaires des Maliens d’hier et d’aujourd’hui ».

En plus d’être un lien entre la mode traditionnelle et contemporaine malienne, l’exposition se veut un lieu de discussion, d’enseignement et de partage sur les parures, le textile et les designs traditionnels maliens.

Des personnalités ayant conduit des recherches très avancées en la matière seront appelées à partager leur expérience au cours d’ateliers et de communications qui jalonneront toute la durée de l’évènement, ont assuré les organisateurs.

Costumes, bijoux, perles, statuettes et poteries de l’exposition seront essentiellement issus des collections de Kandioura Coulibaly, un peintre de 54 ans qui fait figure d’icône de la technique traditionnelle malienne du « bogolan » qu’il a largement contribuée à faire connaître à travers le monde entier.

Détenteur d’innombrables objets d’art qui tiendraient difficilement dans cinq containers, Kandioura Coulibaly passe aussi pour l’un, sinon, le plus grand collectionneur du Mali, assure-t-on de source proche du ministère malien de la culture.

Sa rétrospective, dénommée « Mali Mode », prendra fin le 4 octobre prochain par un défilé au cours duquel vêtements et parures de création plus ou moins récente devraient harmonieusement se côtoyer dans une « atmosphère festive ».

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