Sam Mbendè et les siens démentent
Un ancien employé de la Cmc accuse Sam Mbende de vols et de détournements. Ce dernier et les siens démentent et contre attaquent. La Cmc est-elle à nouveau dans la tourmente ?
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Accusés de détournement
Sam Mbendè et les siens démentent et contre attaquent
Depuis quelques semaines, deux correspondances au vitriol accusant l’actuel président du conseil d’administration de la Cameroon music corporation (Cmc) “ de malversation, de vols et de détournements de deniers publics à la Cmc ” circulent aussi bien sur Internet que dans les milieux artistiques. La première, rédigée le 6 juin 2006 est adressée au ministre d’Etat, ministre de la Culture, alors que la seconde qui porte la date du 17 juin 2006 avec comme objet “ publication des comptes de la honte de la gestion de la Cmc par Sam Mbende ” a visiblement comme destinataires les médias nationaux et internationaux. L’auteur de ces deux documents a pour nom Jean Paul Fouda Ottou, qui s’y présente comme “ contrôleur de gestion de la Cmc ”. S’adressant au ministre d’Etat, ministre de la Culture, Jean Paul Fouda Ottou écrit : “ devant la gravité des fautes de détournements de deniers publics, de vols et de malversations de toutes sortes, perpétrés par monsieur Sam Mbende, président du conseil d’administration de la Cameroon music corporation, nous avons le devoir de mettre à votre disposition des informations y relatives afin que vous preniez en urgence des mesures conservatoires de sauvegarde de la paix sociale et de sécurisation des biens sociaux ”. Celui qui continue dans son propos à se présenter comme contrôleur de gestion de la Cmc parle alors de “ détournements des deniers publics qui se pratiquent par la dissimulation de la matière imposable (non-déclaration de la Tva sur les droits de reproduction mécaniques à Yaoundé et par le refus de déclarations (cas de l’agence de Douala où aucun impôt n’est payé depuis la prise de fonction ”. De plus, poursuit l’accusateur, “ les dépenses sont fictives. Elles portent sur les achats de cartes de téléphone et se chiffrent en 2005 (8 mois) à 8 719 039 Fcfa ; les prélèvements opérés à l’agence de Douala pour les frais de mission s’élèvent à 7 449 000 Fcfa ; les remboursements des frais non seulement imaginaires mais relatifs aux déplacements privés de Sam Mbende pour 5 176 000 Fcfa ; l’utilisation des sociétés “ écrans ” comme “ Ebotechnet, une entreprise appartenant à Ebobisse David, frère de Sam Mbende et mari de madame Bitolog, responsable financier de l’agence de Douala. Total des décaissements : 4 497 000 Fcfa ”.
Graves accusations
Les mêmes accusations graves appuyées par le fait que Sam Mbende aurait transformé la Cmc en entreprise familiale “ par le recrutement des parents et amis à qui un traitement de faveur est réservé ” se retrouvent dans la correspondance adressée aux médias, sauf que l’accusateur présente Sam Mbende comme étant le Pdg de la Cmc. Il termine son propos par la suggestion de “ la mise sous scellés des documents financiers et comptables ; l’envoi d’une commission de contrôle ; la désignation d’une administration provisoire excluant la commission permanente de médiation et de contrôle (Cpmc) ”. Jean Paul Fouda Ottou menace aussi le ministre d’Etat chargé de la Culture au cas où celui-ci ne réagirait pas car selon ses dires, “ vous apparaissez aux yeux des employés désabusés et des artistes comme étant le complice de Sam Mbende… ”.
Contacté le 23 juin dernier au siège de la Cmc à Yaoundé, Sam Mbende affirme qu’il s’agit d’un “ non-événement ” pour lui et qu’il n’a pas besoin de réagir “ aux élucubrations d’un faussaire qui veut se donner de l’importance ”. L’administrateur chargé des ressources humaines, l’artiste musicien Messi Ambroise est par contre choqué par tout ce “ jeu ” auquel veut se livrer Jean Claude Fouda Ottou. Aussi passe-t-il à la contre attaque : “ Jean Paul Fouda Ottou qui a été recruté par l’ancienne équipe, celle de Manu Dibango sous la protection de l’ancien vice-président Ekegue Télesphore comme percepteur n’a jamais été contrôleur de gestion à la Cmc comme le prouve son contrat de travail que voici ”. Brandissant par la suite ce manuel de procédure de la Cmc, Messi Ambroise se demande si “ Jean Paul Fouda Ottou peut dire quel est le conseil d’administration qui l’a fait contrôleur de gestion à la Cmc comme le recommandent les règles de la maison ”. Passé ces préalables, l’administrateur chargé des ressources humaines rejette toutes les accusations portées contre son Pca. “ Sam Mbende ne gère pas la société. Notre pourfendeur le sait très bien. Pendant son séjour à la Cmc avant qu’il n’ait été licencié pour indiscipline caractérisée et insubordination manifeste, Jean Paul Fouda Ottou travaillait sous la responsabilité du responsable de la gestion des affaires courantes. Celui-ci peut vous fournir tout le dossier de ce monsieur qui en fait était une taupe dans la maison au service de l’ancienne équipe dont les malversations ont été prouvées. En ce qui nous concerne, Jean Paul Fouda Ottou, qui à coup sûr est manipulé, n’apporte aucune preuve de ses accusations. C’est donc un non-événement comme l’a précisé le Pca ”.
En tout cas au ministère de la Culture, où le Messager s’est rendu, on trouve assez curieux qu’une correspondance adressées au ministre d’Etat ait fait l’objet d’une large diffusion sur Internet par l’Association des musiciens de la diaspora camerounaise (Amdc) que dirige le producteur Guillaume Toto avant même que le destinataire n’en ait pris connaissance. “ Et puis, l’accusateur aurait pu s’adresser à la Cpmc. Mais on constate qu’il nie les compétences de cette structure et menace même le ministre d’Etat de complicité au cas où ce dernier ne réagirait pas. Cela sent du roussi en tout cas ”, explique un haut responsable du Mincult. En attendant une clarification de cette situation qui trouble à nouveau l’atmosphère au sein de la Cmc, les employés de cette société dont Jean Paul Fouda Ottou dit défendre le dépit, viennent curieusement en date du 21 juin 2006 d’adresser au ministre de la Culture une correspondance dans laquelle il se désolidarisent de ce dernier. La veille, les mêmes employés avaient déjà exprimé leur soutien au Pca Sam Mbende estimant “ qu’il y a lieu de considérer comme étant calomnieuses, diffamatoires et mensongères, les affirmations de Jean Paul Fouda Ottou qui n’engagent que sa propre personne ”. L’affaire est loin d’être totalement élucidée. Jean Paul Fouda Ottou qui continue d’accuser l’équipe de Sam Mbende, affirme détenir les preuves de ses dires.
source : http://www.lemessager.net/

