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Evocation : Bruits de fond à la Crtv

La crise en cours est la seule qui a divisé le personnel parmi les trois majeures qui ont émaillé l’histoire de l’entreprise.
Junior Binyam –


L’affaire a fait l’effet d’une bombe le 25 août 2005 au matin. La veille, quelques employés de la Cameroon Radio Television (Crtv) avait adressé une " lettre ouverte " à leur directeur général pour décrier leurs mauvaises conditions de travail et le " peu de cas " fait de leur situation. La correspondance prenait pour prétexte la " disparition violente et surtout inattendue ", quelques jours plus tôt, de leur collègue, Isaac Mbella Essengué. Et s’en prenait de façon violente à la " gestion moderne " de Amadou Vamoulké.

Publiée dès le lendemain dans certains journaux, cette " lettre ouverte " a déclenché une série de réactions qui ont mis la Crtv au cœur de l’actualité ces derniers jours. Il y a eu d’abord, le 25 août, une décision conjointe Minefi/Mincom créant un comité ad-hoc de réhabilitation de la Crtv. Le lendemain, 26 août, c’était au tour des " directeurs de la Crtv " de signer une lettre dans laquelle ils se désolidarisaient du mouvement de révolte déclenché par leurs collègues. Toutes ces réactions, rendue publiques la semaine dernière, ont permis de découvrir à quel point la Crtv était un pôle de pouvoir au Cameroun. Et de mettre à nu les batailles qui se cachaient derrière le mouvement d’humeur des employés.

Mutations rebondit sur cette actualité pour présenter la Crtv, une entreprise née à la suite d’un mouvement d’humeur et dont les différents Dg ont expérimenté au moins une crise du personnel. Le présent dossier donne la mesure du désastre causé au mastodonte par les 20 ans de gestion paternaliste qu’il a connue. Et donne une idée des investissements et réajustements nécessaires pour lui éviter un long silence… télé.

Isaac Mbella Essengue, journaliste à la Crtv, repose depuis samedi dernier à Ebonè, son village natal dans le département du Moungo, province du Littoral. Décédé le 21 août dernier, le chef de service des reportages à la direction de l’information Tv fait partie de ces personnes qui ont connu presque toutes les mutations de l’unité de télévision à l’Office de radiodiffusion-télévision camerounaise, popularisée sous son acronyme en anglais Crtv (Cameroon Radio Television), en passant par sa devancière la Ctv (Cameroon Television). "Sa disparition, violente et surtout inattendue" a été le catalyseur de la "lettre ouverte à monsieur le directeur général de la Crtv" signée le jeudi 24 août dernier par une partie du personnel de l’Office, 68 employés au dernier pointage. Catalyseur parce que, selon les signataires qui se défendent d’avoir instrumentalisé un décès, même si Isaac Mbella Essengue n’était pas mort, la lettre envisagée depuis aurait été rendue publique, puisque la situation à la Crtv n’avait de cesse de se détériorer

Une lettre largement ventilée à la presse et dont des ampliations ont été servies à 12 personnalités qui se recrutent dans la haute administration (secrétaires généraux de la présidence de la république et des services du Premier ministre, ministres) et les services de sécurité et renseignements généraux (Dgsn, Sed, Dst et Dgre). Une dissémination singulière dans les annales des revendications du personnel au sein de cette entreprise et que certains signataires, qui se disent soucieux de tirer la sonnette d’alarme, justifient par une volonté de se faire entendre par tous et partout.
La lecture de la "lettre ouverte", qu’on désigne également dès sa parution comme "le mémorandum" en rapport avec un fait de l’histoire politique récente du Cameroun, indique clairement qu’il y a péril en la demeure. "Le management moderne" que revendique Amadou Vamoulke depuis sa nomination le 26 janvier 2005 comme directeur général est brocardé quand il n’est pas clairement condamné. Morceau choisi : "votre management démontre le peu de cas qui est fait de la situation sociale des employés". Pour illustrer cette assertion, un chapelet de morts récentes "dans l’indifférence" est égrené avec au bout un "triste record" ("30 morts depuis le 1er janvier").

Tranchées
Pour asseoir la décrépitude de la situation sociale des employés, les épistoliers de service, dans une liste non exhaustive, citent pêle-mêle le "gel de l’assistance sociale et de la liquidation des droits des retraités et défunts ; [le] non reversement des cotisations sociales ; [le] non-paiement des droits des personnels retraités, décédés ou licenciés ; l’inadaptation de la couverture sociale ; l’inadaptation du système de restauration ; l’infirmerie non opérationnelle ; suspension des frais de congés…". La lettre évoque également entre autres "la gestion de la ressource humaine de l’entreprise [qui] est faite sur la base de règlements de compte", les ingérences de la direction générale dans les directions opérationnelles, la vétusté de l’outil technique production.

Alors que les 68 signataires de la lettre passent pour être les porte-voix de la majorité du personnel de la Crtv (plus de 2000 employés), le samedi 26 août, deux jours avant qu’un comité ad hoc de restructuration et de réhabilitation de la Crtv soit créé par une décision conjointe du ministre de l’Economie et des Finances et de son collègue de la Communication, dix directeurs et assimilés sur les 18 que compte la Crtv signent une correspondance adressée au Dg de la Crtv avec en objet "réaction à une "lettre ouverte" ". Ils désapprouvent "le ton irrévérencieux" de la lettre ouverte à laquelle ils n’ont été associés "à aucun moment", se félicitent de "nombreuses innovations" à l’antenne et d’une évolution qui "n’aurait pas été possible dans un environnement prétendument délétère". Le contre-pied parfait de la lettre signée deux jours par certains de leurs collègues et collaborateurs. Les dix directeurs signataires de cette réaction concluent en réaffirmant à Amadou Vamoulke leur "sincère collaboration" ainsi que leur "engagement à toujours répondre aux attentes des auditeurs et téléspectateurs de la Crtv".

La différence de perception et d’appréhension entre employés est nette et s’étale sur la place publique pour la première fois dans l’histoire des revendications touchant à l’amélioration des conditions de travail à la Crtv. le 17 décembre 1987 lorsque le président de la République promulgue la loi n° 87/020 portant création de l’office de radio-télévision camerounaise, c’est une crise née de longs mois avant qui connaît son dénouement. En effet, le personnel de la radiodiffusion du Cameroun, qui dépend du ministère de l’Information et de la Culture, engage un mouvement d’humeur pour exiger un traitement identique à celui de leurs collègues détachés ou recrutés à l’Office de télévision nationale créé par l’ordonnance du 26 avril 1986. Ces derniers se montreront solidaires du combat mené par leurs collègues d’hier.

Un peu comme en 1994, lorsque le personnel fonctionnaire en détachement à la Crtv exige d’avoir le même traitement, salarial notamment, que ceux qui sont directement recrutés par l’entreprise et régit par le Code du travail. Il s’agissait d’arriver à une harmonisation et à une codification pour mettre un terme aux nombreuses frustrations nées de traitements faits à la tête du client. Un préavis de grève sera même servi à Gervais Mendo Zé par les meneurs de cette action en "régularisation" au rang desquels Abed Nego Messang de regrettée mémoire, qui n’avait de cesse pendant les longs mois de maladie qui ont précédé sa mort de faire état de l’abandon dont il était victime de la part de son employeur…

Quotidienmutations

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Le personnel fait bloc autour de Sam Mbendè

Le personnel fait bloc autour de Sam Mbendè

Dans un courrier qu’ils ont adressé au ministre d’Etat en charge de la Culture, le 21 juin, portant pour objet : “ réaction du personnel de la Cmc suite à la correspondance de Jean-Paul Fouda Ottou ”, une cinquantaine de salariés de l’entreprise réaffirment leur soutien au Pca. On peut lire dans cette lettre et à propos de la correspondance de M. Fouda Ottou au Mincult : “ Nous avons l’honneur de vous informer que ces écrits n’engagent que sa propre personne. Par conséquent, nous nous désolidarisons de lui car nous sommes conscients que la Cmc est une société en devenir. De ce fait, des concessions doivent être consenties entre le personnel et la hiérarchie afin qu’ensemble nous trouvions la voie de l’expansion. Jusqu’à preuve du contraire, le président Sam Mbendè ne ménage aucun effort afin qu’ensemble nous atteignions les objectifs fixés ; et c’est à ce titre qu’au vu des résultats obtenus, une rémunération arrêtée d’accord partie nous est reversée. A cet effet, nous sommes solidaires de notre président et sommes sûrs que lesdits objectifs seront atteints… ”
Ce document est accompagné d’une liste d’une cinquantaine de signataires parmi lesquels Kabelok Aron, Tala Jules, Seydou Barla Touré, Moukodi Bebe ou encore Njene Njento, Njoga Mathias et Mvondo Raphaël. 

Par J-C. E.
Le 26-06-2006

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Le personnel fait bloc autour de Sam Mbendè

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Dans un courrier qu’ils ont adressé au ministre d’Etat en charge de la Culture, le 21 juin, portant pour objet : “ réaction du personnel de la Cmc suite à la correspondance de Jean-Paul Fouda Ottou ”, une cinquantaine de salariés de l’entreprise réaffirment leur soutien au Pca. On peut lire dans cette lettre et à propos de la correspondance de M. Fouda Ottou au Mincult : “ Nous avons l’honneur de vous informer que ces écrits n’engagent que sa propre personne. Par conséquent, nous nous désolidarisons de lui car nous sommes conscients que la Cmc est une société en devenir. De ce fait, des concessions doivent être consenties entre le personnel et la hiérarchie afin qu’ensemble nous trouvions la voie de l’expansion. Jusqu’à preuve du contraire, le président Sam Mbendè ne ménage aucun effort afin qu’ensemble nous atteignions les objectifs fixés ; et c’est à ce titre qu’au vu des résultats obtenus, une rémunération arrêtée d’accord partie nous est reversée. A cet effet, nous sommes solidaires de notre président et sommes sûrs que lesdits objectifs seront atteints… ”
Ce document est accompagné d’une liste d’une cinquantaine de signataires parmi lesquels Kabelok Aron, Tala Jules, Seydou Barla Touré, Moukodi Bebe ou encore Njene Njento, Njoga Mathias et Mvondo Raphaël. 

Par J-C. E.
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Ce document est accompagné d’une liste d’une cinquantaine de signataires parmi lesquels Kabelok Aron, Tala Jules, Seydou Barla Touré, Moukodi Bebe ou encore Njene Njento, Njoga Mathias et Mvondo Raphaël. 

Par J-C. E.
Le 26-06-2006

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