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Campost : Des gendarmes autour du Dg par intérim

Une décision du Pm signée hier institue un Comité ad hoc chargé du contrôle de la gestion de cette société.

Après sa désignation le 12 mars dernier comme principal dirigeant de la Cameroon Postal services (Campost) chargé d’accomplir des missions bien restreintes, Abraham Sizimboué, administrateur des postes, qui cumulait sa fonction de Dg par Intérim de la Campost avec celle de directeur du réseau et des produits au sein de la même structure ; aura désormais un autre organe au dessus de sa tête. Il s’agit du "Comité ad hoc chargé de supervision de la gestion de Campost" qu’une décision du Premier ministre, Ephraïm Inoni, a institué hier mercredi, 3 juin 2009. Selon le texte du Pm, cette instance dont "la mission principale est le contrôle de la gestion de la Campost" est chargé d’examiner le rapport hebdomadaire du directeur général par intérim retraçant les principales activités ou faits de gestion de la Campost ; de procéder à toutes sortes de contrôle qu’il juge nécessaire ; de donner son avis sur toutes questions concernant la vie de cette entreprise ; d’exécuter toutes autres missions à lui confiées.

Ledit comité est constitué d’un "président : une personnalité nommé par le Premier ministre, chef du gouvernement" et de quatre membres dont deux représentants du ministère des Finances et deux autres du ministère des Postes. Au plan pratique, cette instance va faire office de gendarme auprès du Dg par intérim nommé le 12 mars dernier par le ministre d’Etat en charge des Postes, et à qui le Pm reprécise les missions dans sa décision d’hier : "le Dg par intérim est principalement chargé de veiller à la poursuite harmonieuse des activités de la Campost et la continuité du service public de l’entreprise. A ce titre, il assure la direction de la direction technique et administrative de la Campost, gère les biens immeubles et meubles, corporels et incorporels ; représente l’entreprise dans tous les actes civils et justice ; prend en cas d’urgence toutes les mesures nécessaires à la bonne marche de la Campost".

Détournements
Au regard toutes ces attributions, l’on se rend bien compte que les pouvoirs les plus étendus sont accordés au Comité ad hoc, tandis que le Dg par intérim ne fait pas mieux que gérer uniquement ce que l’on appelle généralement "les affaires courantes". La décision du Pm indique également l’ambition de Ephraïm Inoni, de contrôler à distance la gestion de cette entreprise (c’est lui qui va nommer le président du Comité), dont la faillite au début des années 2000 a donné des sueurs froides aux autorités camerounaise. Interrogée sur l’opportunité de la mise en place de ce comité en ce moment, une source proche du dossier affirme qu’il est question "d’éviter toute sorte de dérapage dans la gestion". La même source révèle d’ailleurs que le ministre d’Etat en charge des Postes, Maïgari Bello Bouba, "il ya quelques jours, a adressé une lettre d’observation au Dg par intérim, parce qu’après la grève de la dernière fois, il a signé la convention collective des employés.

On lui a rappelé qu’il avait par cet acte outrepassé les compétences qui lui ont été assignées. Même si on peut comprendre qu’il a fait cela pour atténuer la tension qui existait dans la maison". Au demeurant, même si elle vise principalement à mettre des garde-fous autour de la direction de Campost, la décision prise hier par le chef du gouvernement, près de quatre mois après l’expiration du mandat des Canadiens de Tecsult le 25 février 2009, laisse entier le problème de la gestion de Campost après les Canadiens (lire texte ci-dessous), qui ont laissé un trou de plus de 2 milliards de Fcfa dans les caisses de l’entreprise. En effet, dans une note confidentielle adressée le 28 janvier 2009 à Charles Tawamba, alors président du comité de suivi de l’équipe de gestion de la Campost, le Dg de cette entreprise incriminait explicitement la Beac et des hauts responsables de Campost d’avoir facilité l’évasion de 2,120 milliards de Fcfa des comptes de l’entreprise.

"J’ai l’honneur de vous informer que des retraits frauduleux ont été opérés sur le compte Campost ouvert auprès de la Beac. Ces retraits ont été initiés sur la plateforme Sygma [Système de transfert rapide de gros montants, c’est-à-dire à partir de 100 millions de Fcfa] de la Beac à laquelle Campost, à l’instar de toutes les banques du pays, est connectée depuis novembre 2007 et sur laquelle seuls le directeur des Finances et de la comptabilité et le chef de service financier [de Campost] disposent d’un dispositif physique d’authentification, d’un nom d’utilisateur et d’un mot de passe. […] Il convient de signaler que ces retraits ont été réalisés au mépris des règles prudentielles bancaires dans la mesure où ces opérations ont été effectuées par des agents de Campost non habilités (…) En ce sens, la responsabilité des la Beac devrait être engagée selon un niveau qui sera déterminé ultérieurement par la justice …", avait écrit Djamel Zouglami. Cinq mois plus tard, on attend toujours le début de l’instruction judiciaire dans cette affaire.

En attendant de nouveaux Dg et Pca
Selon des sources proches du dossier Campost, le texte signé par le Pm hier n’est qu’une sorte de replâtrage, en attendant la signature par le président de la République des textes envoyés à la Présidence depuis quelques temps déjà, et qui portent sur la restauration des organes sociaux de l’entreprise, comme l’ont respectivement proposé au Pm les ministres des Finances et des Postes et Télécoms, dans des correspondances dont Mutations a pu obtenir copie. "Je préconise le rétablissement des organes sociaux de Campost à travers la constitution d’un conseil d’administration et la nomination aux fonctions de présidence dudit conseil et de la direction générale", a par exemple écrit Essimi Menyé dans une lettre adressée au Sg des services du Pm le 12 décembre 2008.

Le Minfi va revenir à la charge dans une autre correspondance datée du 7 janvier 2009, en indiquant au même correspondant que la restauration des organes sociaux de Campost est le seul "gage d’un retour à un mode de fonctionnement normal de la société". Même avis pour Maïgari Bello Bouba, qui, le 22 janvier 2009, écrit au Sg des services du Pm : "vous avez bien voulu me faire tenir pour avis une copie de la correspondance du ministre des Finances au sujet de l’affaire portée en objet [fin de contrat de gestion de la Campost]. En réponse, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance […] que non seulement mon département ministériel partage l’avis du ministre des Finances […] sur l’opportunité de proroger le contrat de gestion de la société Tecsult, mais je propose surtout pour le dossier Campost une stratégie globale qui comprend un ensemble de mesures qui touchent aussi bien les institutions que les outils de production…". Ces échanges épistolaires permettent aujourd’hui d’affirmer que contrairement à une information qui a été répandue dans l’opinion à la fin du contrat avec Tecsult, il n’a jamais été question pour le gouvernement de reconduire le contrat avec cette société canadienne. Les deux lettres du ministre des Finances signées les 12 décembre 2008 et le 7 janvier 2009 sont claires : il ne fallait en aucun cas renouveler le mandat de ce cabinet canadien.

Brice R. Mbodiam

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Campost : Des gendarmes autour du Dg par intérim

Une décision du Pm signée hier institue un Comité ad hoc chargé du contrôle de la gestion de cette société.

Après sa désignation le 12 mars dernier comme principal dirigeant de la Cameroon Postal services (Campost) chargé d’accomplir des missions bien restreintes, Abraham Sizimboué, administrateur des postes, qui cumulait sa fonction de Dg par Intérim de la Campost avec celle de directeur du réseau et des produits au sein de la même structure ; aura désormais un autre organe au dessus de sa tête. Il s’agit du "Comité ad hoc chargé de supervision de la gestion de Campost" qu’une décision du Premier ministre, Ephraïm Inoni, a institué hier mercredi, 3 juin 2009. Selon le texte du Pm, cette instance dont "la mission principale est le contrôle de la gestion de la Campost" est chargé d’examiner le rapport hebdomadaire du directeur général par intérim retraçant les principales activités ou faits de gestion de la Campost ; de procéder à toutes sortes de contrôle qu’il juge nécessaire ; de donner son avis sur toutes questions concernant la vie de cette entreprise ; d’exécuter toutes autres missions à lui confiées.

Ledit comité est constitué d’un "président : une personnalité nommé par le Premier ministre, chef du gouvernement" et de quatre membres dont deux représentants du ministère des Finances et deux autres du ministère des Postes. Au plan pratique, cette instance va faire office de gendarme auprès du Dg par intérim nommé le 12 mars dernier par le ministre d’Etat en charge des Postes, et à qui le Pm reprécise les missions dans sa décision d’hier : "le Dg par intérim est principalement chargé de veiller à la poursuite harmonieuse des activités de la Campost et la continuité du service public de l’entreprise. A ce titre, il assure la direction de la direction technique et administrative de la Campost, gère les biens immeubles et meubles, corporels et incorporels ; représente l’entreprise dans tous les actes civils et justice ; prend en cas d’urgence toutes les mesures nécessaires à la bonne marche de la Campost".

Détournements
Au regard toutes ces attributions, l’on se rend bien compte que les pouvoirs les plus étendus sont accordés au Comité ad hoc, tandis que le Dg par intérim ne fait pas mieux que gérer uniquement ce que l’on appelle généralement "les affaires courantes". La décision du Pm indique également l’ambition de Ephraïm Inoni, de contrôler à distance la gestion de cette entreprise (c’est lui qui va nommer le président du Comité), dont la faillite au début des années 2000 a donné des sueurs froides aux autorités camerounaise. Interrogée sur l’opportunité de la mise en place de ce comité en ce moment, une source proche du dossier affirme qu’il est question "d’éviter toute sorte de dérapage dans la gestion". La même source révèle d’ailleurs que le ministre d’Etat en charge des Postes, Maïgari Bello Bouba, "il ya quelques jours, a adressé une lettre d’observation au Dg par intérim, parce qu’après la grève de la dernière fois, il a signé la convention collective des employés.

On lui a rappelé qu’il avait par cet acte outrepassé les compétences qui lui ont été assignées. Même si on peut comprendre qu’il a fait cela pour atténuer la tension qui existait dans la maison". Au demeurant, même si elle vise principalement à mettre des garde-fous autour de la direction de Campost, la décision prise hier par le chef du gouvernement, près de quatre mois après l’expiration du mandat des Canadiens de Tecsult le 25 février 2009, laisse entier le problème de la gestion de Campost après les Canadiens (lire texte ci-dessous), qui ont laissé un trou de plus de 2 milliards de Fcfa dans les caisses de l’entreprise. En effet, dans une note confidentielle adressée le 28 janvier 2009 à Charles Tawamba, alors président du comité de suivi de l’équipe de gestion de la Campost, le Dg de cette entreprise incriminait explicitement la Beac et des hauts responsables de Campost d’avoir facilité l’évasion de 2,120 milliards de Fcfa des comptes de l’entreprise.

"J’ai l’honneur de vous informer que des retraits frauduleux ont été opérés sur le compte Campost ouvert auprès de la Beac. Ces retraits ont été initiés sur la plateforme Sygma [Système de transfert rapide de gros montants, c’est-à-dire à partir de 100 millions de Fcfa] de la Beac à laquelle Campost, à l’instar de toutes les banques du pays, est connectée depuis novembre 2007 et sur laquelle seuls le directeur des Finances et de la comptabilité et le chef de service financier [de Campost] disposent d’un dispositif physique d’authentification, d’un nom d’utilisateur et d’un mot de passe. […] Il convient de signaler que ces retraits ont été réalisés au mépris des règles prudentielles bancaires dans la mesure où ces opérations ont été effectuées par des agents de Campost non habilités (…) En ce sens, la responsabilité des la Beac devrait être engagée selon un niveau qui sera déterminé ultérieurement par la justice …", avait écrit Djamel Zouglami. Cinq mois plus tard, on attend toujours le début de l’instruction judiciaire dans cette affaire.

En attendant de nouveaux Dg et Pca
Selon des sources proches du dossier Campost, le texte signé par le Pm hier n’est qu’une sorte de replâtrage, en attendant la signature par le président de la République des textes envoyés à la Présidence depuis quelques temps déjà, et qui portent sur la restauration des organes sociaux de l’entreprise, comme l’ont respectivement proposé au Pm les ministres des Finances et des Postes et Télécoms, dans des correspondances dont Mutations a pu obtenir copie. "Je préconise le rétablissement des organes sociaux de Campost à travers la constitution d’un conseil d’administration et la nomination aux fonctions de présidence dudit conseil et de la direction générale", a par exemple écrit Essimi Menyé dans une lettre adressée au Sg des services du Pm le 12 décembre 2008.

Le Minfi va revenir à la charge dans une autre correspondance datée du 7 janvier 2009, en indiquant au même correspondant que la restauration des organes sociaux de Campost est le seul "gage d’un retour à un mode de fonctionnement normal de la société". Même avis pour Maïgari Bello Bouba, qui, le 22 janvier 2009, écrit au Sg des services du Pm : "vous avez bien voulu me faire tenir pour avis une copie de la correspondance du ministre des Finances au sujet de l’affaire portée en objet [fin de contrat de gestion de la Campost]. En réponse, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance […] que non seulement mon département ministériel partage l’avis du ministre des Finances […] sur l’opportunité de proroger le contrat de gestion de la société Tecsult, mais je propose surtout pour le dossier Campost une stratégie globale qui comprend un ensemble de mesures qui touchent aussi bien les institutions que les outils de production…". Ces échanges épistolaires permettent aujourd’hui d’affirmer que contrairement à une information qui a été répandue dans l’opinion à la fin du contrat avec Tecsult, il n’a jamais été question pour le gouvernement de reconduire le contrat avec cette société canadienne. Les deux lettres du ministre des Finances signées les 12 décembre 2008 et le 7 janvier 2009 sont claires : il ne fallait en aucun cas renouveler le mandat de ce cabinet canadien.

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Une décision du Pm signée hier institue un Comité ad hoc chargé du contrôle de la gestion de cette société.

Après sa désignation le 12 mars dernier comme principal dirigeant de la Cameroon Postal services (Campost) chargé d’accomplir des missions bien restreintes, Abraham Sizimboué, administrateur des postes, qui cumulait sa fonction de Dg par Intérim de la Campost avec celle de directeur du réseau et des produits au sein de la même structure ; aura désormais un autre organe au dessus de sa tête. Il s’agit du "Comité ad hoc chargé de supervision de la gestion de Campost" qu’une décision du Premier ministre, Ephraïm Inoni, a institué hier mercredi, 3 juin 2009. Selon le texte du Pm, cette instance dont "la mission principale est le contrôle de la gestion de la Campost" est chargé d’examiner le rapport hebdomadaire du directeur général par intérim retraçant les principales activités ou faits de gestion de la Campost ; de procéder à toutes sortes de contrôle qu’il juge nécessaire ; de donner son avis sur toutes questions concernant la vie de cette entreprise ; d’exécuter toutes autres missions à lui confiées.

Ledit comité est constitué d’un "président : une personnalité nommé par le Premier ministre, chef du gouvernement" et de quatre membres dont deux représentants du ministère des Finances et deux autres du ministère des Postes. Au plan pratique, cette instance va faire office de gendarme auprès du Dg par intérim nommé le 12 mars dernier par le ministre d’Etat en charge des Postes, et à qui le Pm reprécise les missions dans sa décision d’hier : "le Dg par intérim est principalement chargé de veiller à la poursuite harmonieuse des activités de la Campost et la continuité du service public de l’entreprise. A ce titre, il assure la direction de la direction technique et administrative de la Campost, gère les biens immeubles et meubles, corporels et incorporels ; représente l’entreprise dans tous les actes civils et justice ; prend en cas d’urgence toutes les mesures nécessaires à la bonne marche de la Campost".

Détournements
Au regard toutes ces attributions, l’on se rend bien compte que les pouvoirs les plus étendus sont accordés au Comité ad hoc, tandis que le Dg par intérim ne fait pas mieux que gérer uniquement ce que l’on appelle généralement "les affaires courantes". La décision du Pm indique également l’ambition de Ephraïm Inoni, de contrôler à distance la gestion de cette entreprise (c’est lui qui va nommer le président du Comité), dont la faillite au début des années 2000 a donné des sueurs froides aux autorités camerounaise. Interrogée sur l’opportunité de la mise en place de ce comité en ce moment, une source proche du dossier affirme qu’il est question "d’éviter toute sorte de dérapage dans la gestion". La même source révèle d’ailleurs que le ministre d’Etat en charge des Postes, Maïgari Bello Bouba, "il ya quelques jours, a adressé une lettre d’observation au Dg par intérim, parce qu’après la grève de la dernière fois, il a signé la convention collective des employés.

On lui a rappelé qu’il avait par cet acte outrepassé les compétences qui lui ont été assignées. Même si on peut comprendre qu’il a fait cela pour atténuer la tension qui existait dans la maison". Au demeurant, même si elle vise principalement à mettre des garde-fous autour de la direction de Campost, la décision prise hier par le chef du gouvernement, près de quatre mois après l’expiration du mandat des Canadiens de Tecsult le 25 février 2009, laisse entier le problème de la gestion de Campost après les Canadiens (lire texte ci-dessous), qui ont laissé un trou de plus de 2 milliards de Fcfa dans les caisses de l’entreprise. En effet, dans une note confidentielle adressée le 28 janvier 2009 à Charles Tawamba, alors président du comité de suivi de l’équipe de gestion de la Campost, le Dg de cette entreprise incriminait explicitement la Beac et des hauts responsables de Campost d’avoir facilité l’évasion de 2,120 milliards de Fcfa des comptes de l’entreprise.

"J’ai l’honneur de vous informer que des retraits frauduleux ont été opérés sur le compte Campost ouvert auprès de la Beac. Ces retraits ont été initiés sur la plateforme Sygma [Système de transfert rapide de gros montants, c’est-à-dire à partir de 100 millions de Fcfa] de la Beac à laquelle Campost, à l’instar de toutes les banques du pays, est connectée depuis novembre 2007 et sur laquelle seuls le directeur des Finances et de la comptabilité et le chef de service financier [de Campost] disposent d’un dispositif physique d’authentification, d’un nom d’utilisateur et d’un mot de passe. […] Il convient de signaler que ces retraits ont été réalisés au mépris des règles prudentielles bancaires dans la mesure où ces opérations ont été effectuées par des agents de Campost non habilités (…) En ce sens, la responsabilité des la Beac devrait être engagée selon un niveau qui sera déterminé ultérieurement par la justice …", avait écrit Djamel Zouglami. Cinq mois plus tard, on attend toujours le début de l’instruction judiciaire dans cette affaire.

En attendant de nouveaux Dg et Pca
Selon des sources proches du dossier Campost, le texte signé par le Pm hier n’est qu’une sorte de replâtrage, en attendant la signature par le président de la République des textes envoyés à la Présidence depuis quelques temps déjà, et qui portent sur la restauration des organes sociaux de l’entreprise, comme l’ont respectivement proposé au Pm les ministres des Finances et des Postes et Télécoms, dans des correspondances dont Mutations a pu obtenir copie. "Je préconise le rétablissement des organes sociaux de Campost à travers la constitution d’un conseil d’administration et la nomination aux fonctions de présidence dudit conseil et de la direction générale", a par exemple écrit Essimi Menyé dans une lettre adressée au Sg des services du Pm le 12 décembre 2008.

Le Minfi va revenir à la charge dans une autre correspondance datée du 7 janvier 2009, en indiquant au même correspondant que la restauration des organes sociaux de Campost est le seul "gage d’un retour à un mode de fonctionnement normal de la société". Même avis pour Maïgari Bello Bouba, qui, le 22 janvier 2009, écrit au Sg des services du Pm : "vous avez bien voulu me faire tenir pour avis une copie de la correspondance du ministre des Finances au sujet de l’affaire portée en objet [fin de contrat de gestion de la Campost]. En réponse, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance […] que non seulement mon département ministériel partage l’avis du ministre des Finances […] sur l’opportunité de proroger le contrat de gestion de la société Tecsult, mais je propose surtout pour le dossier Campost une stratégie globale qui comprend un ensemble de mesures qui touchent aussi bien les institutions que les outils de production…". Ces échanges épistolaires permettent aujourd’hui d’affirmer que contrairement à une information qui a été répandue dans l’opinion à la fin du contrat avec Tecsult, il n’a jamais été question pour le gouvernement de reconduire le contrat avec cette société canadienne. Les deux lettres du ministre des Finances signées les 12 décembre 2008 et le 7 janvier 2009 sont claires : il ne fallait en aucun cas renouveler le mandat de ce cabinet canadien.

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Campost : Des gendarmes autour du Dg par intérim

Une décision du Pm signée hier institue un Comité ad hoc chargé du contrôle de la gestion de cette société.

Après sa désignation le 12 mars dernier comme principal dirigeant de la Cameroon Postal services (Campost) chargé d’accomplir des missions bien restreintes, Abraham Sizimboué, administrateur des postes, qui cumulait sa fonction de Dg par Intérim de la Campost avec celle de directeur du réseau et des produits au sein de la même structure ; aura désormais un autre organe au dessus de sa tête. Il s’agit du "Comité ad hoc chargé de supervision de la gestion de Campost" qu’une décision du Premier ministre, Ephraïm Inoni, a institué hier mercredi, 3 juin 2009. Selon le texte du Pm, cette instance dont "la mission principale est le contrôle de la gestion de la Campost" est chargé d’examiner le rapport hebdomadaire du directeur général par intérim retraçant les principales activités ou faits de gestion de la Campost ; de procéder à toutes sortes de contrôle qu’il juge nécessaire ; de donner son avis sur toutes questions concernant la vie de cette entreprise ; d’exécuter toutes autres missions à lui confiées.

Ledit comité est constitué d’un "président : une personnalité nommé par le Premier ministre, chef du gouvernement" et de quatre membres dont deux représentants du ministère des Finances et deux autres du ministère des Postes. Au plan pratique, cette instance va faire office de gendarme auprès du Dg par intérim nommé le 12 mars dernier par le ministre d’Etat en charge des Postes, et à qui le Pm reprécise les missions dans sa décision d’hier : "le Dg par intérim est principalement chargé de veiller à la poursuite harmonieuse des activités de la Campost et la continuité du service public de l’entreprise. A ce titre, il assure la direction de la direction technique et administrative de la Campost, gère les biens immeubles et meubles, corporels et incorporels ; représente l’entreprise dans tous les actes civils et justice ; prend en cas d’urgence toutes les mesures nécessaires à la bonne marche de la Campost".

Détournements
Au regard toutes ces attributions, l’on se rend bien compte que les pouvoirs les plus étendus sont accordés au Comité ad hoc, tandis que le Dg par intérim ne fait pas mieux que gérer uniquement ce que l’on appelle généralement "les affaires courantes". La décision du Pm indique également l’ambition de Ephraïm Inoni, de contrôler à distance la gestion de cette entreprise (c’est lui qui va nommer le président du Comité), dont la faillite au début des années 2000 a donné des sueurs froides aux autorités camerounaise. Interrogée sur l’opportunité de la mise en place de ce comité en ce moment, une source proche du dossier affirme qu’il est question "d’éviter toute sorte de dérapage dans la gestion". La même source révèle d’ailleurs que le ministre d’Etat en charge des Postes, Maïgari Bello Bouba, "il ya quelques jours, a adressé une lettre d’observation au Dg par intérim, parce qu’après la grève de la dernière fois, il a signé la convention collective des employés.

On lui a rappelé qu’il avait par cet acte outrepassé les compétences qui lui ont été assignées. Même si on peut comprendre qu’il a fait cela pour atténuer la tension qui existait dans la maison". Au demeurant, même si elle vise principalement à mettre des garde-fous autour de la direction de Campost, la décision prise hier par le chef du gouvernement, près de quatre mois après l’expiration du mandat des Canadiens de Tecsult le 25 février 2009, laisse entier le problème de la gestion de Campost après les Canadiens (lire texte ci-dessous), qui ont laissé un trou de plus de 2 milliards de Fcfa dans les caisses de l’entreprise. En effet, dans une note confidentielle adressée le 28 janvier 2009 à Charles Tawamba, alors président du comité de suivi de l’équipe de gestion de la Campost, le Dg de cette entreprise incriminait explicitement la Beac et des hauts responsables de Campost d’avoir facilité l’évasion de 2,120 milliards de Fcfa des comptes de l’entreprise.

"J’ai l’honneur de vous informer que des retraits frauduleux ont été opérés sur le compte Campost ouvert auprès de la Beac. Ces retraits ont été initiés sur la plateforme Sygma [Système de transfert rapide de gros montants, c’est-à-dire à partir de 100 millions de Fcfa] de la Beac à laquelle Campost, à l’instar de toutes les banques du pays, est connectée depuis novembre 2007 et sur laquelle seuls le directeur des Finances et de la comptabilité et le chef de service financier [de Campost] disposent d’un dispositif physique d’authentification, d’un nom d’utilisateur et d’un mot de passe. […] Il convient de signaler que ces retraits ont été réalisés au mépris des règles prudentielles bancaires dans la mesure où ces opérations ont été effectuées par des agents de Campost non habilités (…) En ce sens, la responsabilité des la Beac devrait être engagée selon un niveau qui sera déterminé ultérieurement par la justice …", avait écrit Djamel Zouglami. Cinq mois plus tard, on attend toujours le début de l’instruction judiciaire dans cette affaire.

En attendant de nouveaux Dg et Pca
Selon des sources proches du dossier Campost, le texte signé par le Pm hier n’est qu’une sorte de replâtrage, en attendant la signature par le président de la République des textes envoyés à la Présidence depuis quelques temps déjà, et qui portent sur la restauration des organes sociaux de l’entreprise, comme l’ont respectivement proposé au Pm les ministres des Finances et des Postes et Télécoms, dans des correspondances dont Mutations a pu obtenir copie. "Je préconise le rétablissement des organes sociaux de Campost à travers la constitution d’un conseil d’administration et la nomination aux fonctions de présidence dudit conseil et de la direction générale", a par exemple écrit Essimi Menyé dans une lettre adressée au Sg des services du Pm le 12 décembre 2008.

Le Minfi va revenir à la charge dans une autre correspondance datée du 7 janvier 2009, en indiquant au même correspondant que la restauration des organes sociaux de Campost est le seul "gage d’un retour à un mode de fonctionnement normal de la société". Même avis pour Maïgari Bello Bouba, qui, le 22 janvier 2009, écrit au Sg des services du Pm : "vous avez bien voulu me faire tenir pour avis une copie de la correspondance du ministre des Finances au sujet de l’affaire portée en objet [fin de contrat de gestion de la Campost]. En réponse, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance […] que non seulement mon département ministériel partage l’avis du ministre des Finances […] sur l’opportunité de proroger le contrat de gestion de la société Tecsult, mais je propose surtout pour le dossier Campost une stratégie globale qui comprend un ensemble de mesures qui touchent aussi bien les institutions que les outils de production…". Ces échanges épistolaires permettent aujourd’hui d’affirmer que contrairement à une information qui a été répandue dans l’opinion à la fin du contrat avec Tecsult, il n’a jamais été question pour le gouvernement de reconduire le contrat avec cette société canadienne. Les deux lettres du ministre des Finances signées les 12 décembre 2008 et le 7 janvier 2009 sont claires : il ne fallait en aucun cas renouveler le mandat de ce cabinet canadien.

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Verdict : 3 ans de prison pour Lapiro de Mbanga

Hier à Nkongsamba, le Tgi du Moungo a également condamné l’artiste à payer 280 millions de dommages intérêts.
Eugène Dipanda, à Nkongsamba –




Des larmes de son épouse, immanquablement. Mais aussi une sorte de tristesse et de déception déchiffrables sur les regards des avocats de la défense et des artistes présents à l’audience criminelle du Tribunal de grande instance (Tgi) du Moungo hier, mercredi 24 septembre 2008. Après plus de cinq mois de procédure judiciaire, Lambo Sandjo Pierre Roger, plus connu sous le pseudonyme de Lapiro de Mbanga, a été condamné à trois ans de prison ferme. Il a été reconnu coupable des crimes de "complicité de délit d’attroupement, de complicité d’obstacle à la voie publique, et de complicité de pillage en bande". L’artiste et non moins homme politique devra par ailleurs payer la rondelette somme de 280 millions de Fcfa au titre de dommages et intérêts que le Tgi du Moungo a accordés aux parties civiles ; soit 200 millions Fcfa pour la Société des plantations de Mbanga (Spm), et 80 millions Fcfa pour le Centre divisionnaire des impôts (Cdi) de Mbanga.

Avant d’en arriver là, le rendez-vous de Lapiro de Mbanga avec les juges hier, était d’abord consacré au délibéré du Tgi sur la culpabilité de l’accusé, tel que décidé au cours de la dernière audience tenue au mois d’août 2008. Ainsi, contrairement à l’acte d’accusation qui avait formulé un ensemble de six crimes imputés à l’artiste, le Tgi n’en a finalement retenu que trois. Lapiro de Mbanga a, en effet, été reconnu non coupable des délits de "complicité d’incendie volontaire, de complicité dégradation des biens publics ou classés, et de complicité de destruction des biens".

Chante
N’empêche. Par la voix du procureur Bifouna Ndongo, le ministère public a requis "une peine qui devrait servir de leçon" contre Lapiro de Mbanga. Pour l’infraction de complicité de pillage en bande, notamment, ce dernier a rappelé que la loi condamne de 10 à 20 ans d’emprisonnement ferme celui qui est reconnu coupable ou complice de ce délit. "L’artiste est tombé dans son propre piège. Il y a quelques années, il a chanté "No make erreur". Aujourd’hui, il faudrait peut-être qu’il chante "Plus jamais ça", afin que tout les casseurs retiennent la leçon", a ironisé le ministère public. Lequel, en fin de compte, a souhaité que le collège des juges prononce une peine minimale de 10 ans de prison ferme contre Lapiro de Mbanga, conformément à ce que prévoit la loi.

Mais avant ce réquisitoire, un nouvel acteur est entré en jeu en qualité de partie civile. Il s’agit du Cdi de Mbanga, qui a délégué un de ses représentants à l’audience d’hier, pour venir demander une réparation de 80 millions Fcfa représentant, selon le mandataire, le préjudice matériel subi au cours des émeutes de février dernier. Et le ministère public ne s’est d’ailleurs pas fait prier, malgré la contestation de cette "constitution tardive, au moment où les débats ont été clos" selon la défense, pour soutenir la demande formulée par le centre des Impôts de Mbanga. De même que le procureur a jugé recevable la demande de 1 milliard Fcfa émise par la Spm lors de l’audience d’août.
Une imposture, de l’avis des avocats de la défense, qui ont soutenu que la Spm n’a jamais formellement porté plainte contre Lapiro de Mbanga ; que cette société s’était déjà constituée partie civile dans d’autres procédures concernant les émeutes de février ; et que, en conséquence, leur accorder pareille somme serait assimilable à un "enrichissement sans cause". Pour ce qui est de la demande du Cdi de Mbanga, Me Augustin Mbami et ses confrères ont estimé que c’est le ministère des Finances, en tant que tutelle des Impôts, qui devrait manifester l’envie d’obtenir réparation d’un éventuel préjudice subi, et non le Cdi, qui, de leur avis, n’en a pas qualité.

Sam Mbende
Concernant la peine à infliger à leur client, les avocats de la défense ont globalement plaidé les circonstances atténuantes en faveur de Lapiro de Mbanga. "A 51 ans, notre client a un casier judiciaire vierge", ont-ils notamment argumenté. "Compte tenu du contexte dans lequel notre client est poursuivi, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit d’une affaire politique. Certaines personnes semblent avoir intérêt à salir Lapiro de Mbanga afin qu’il ne puisse plus jamais rien entreprendre dans le domaine politique", a par ailleurs relevé Me René Manfo.
Pour Me Augustin Mbami, "Les principaux auteurs des émeutes ont été condamnés en matière correctionnelle par le Tribunal de première instance de Mbanga. D’où vient-il donc que le complice présumé, lui, soit plutôt poursuivi en matière criminelle au Tgi du Moungo ? En plus, ces vrais criminels ont été condamnés à 18 mois de prison ferme. Pourquoi devrait-on donc châtier le complice présumé plus durement que le principal accusé ; alors que la loi prévoit que ce dernier soit, au plus, puni de la même peine ?", s’est-il interrogé.

Des arguments qui, au regard du verdict rendu, ne semblent pas avoir véritablement convaincu le tribunal. Quoique, comme l’a affirmé le juge, Lapiro de Mbanga a bénéficié de "larges circonstances atténuantes". Ce qui, à l’observation, ne semble guère persuader les artistes présents à Nkongsamba. "Les charges qui ont été retenues contre Lapiro de Mbanga ne sont pas assez claires. Mais nous sommes obligés de respecter la décision du juge, même s’il faudra aussitôt interjeter appel et, pourquoi pas, épuiser toutes les voies de recours. Parce que ce jugement est très sévère. On ne peut pas faire appel à un pompier pour qu’il vienne en aide à la maison du voisin qui brûle, et que ce dernier essaye d’éteindre le feu sur deux ou trois chambres pendant que le reste de la maison brûle ; et qu’en fin de compte, on fasse de lui le pyromane. J’ose croire qu’il ne s’agit pas d’un procès politique…", s’est notamment indigné l’artiste Sam Mbendè.

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