Des populations réclament le remplacement des députés décédés
La deuxième session ordinaire de la huitième législature se déroule alors que les sièges des cinq députés décédés sont toujours sans vacants.
Le président général du parti politique de la Révolution camerounaise du peuple uni (Rcpu) représenté dans des conseils municipaux du Djerem (Adamaoua) vient d’adresser une correspondance au chef de l’Etat. Il y dénonce le silence du gouvernement quant à l’absence d’un député dans ce département. Ce faisant, l’homme politique se fait l’écho des populations qui protestent contre ce que les uns et les autres qualifient de violation de la loi. C’est que les députés décédés depuis le début de la législature en cours, (ils sont cinq au total : Nkele Palmy William Mboe, Sdf ,Kumba Centre urbain, Sud Ouest ; Marius Emama, Rdpc, Lom et Djerem, Est ; Jean Marie Kerbaî Laoukoura, Rdpc, Mayo-Rey, Adamaoua; et Abdoul-Kadri Bello, Rdpc, Djerem, Adamaoua et Makembe Bebey, Rdpc, Wouri, Littoral), n’ont pas toujours été remplacés.
La loi n° 91/20 du 16 décembre 1991 fixant les conditions d’élection des députés à l’Assemblée nationale dispose en son article 10 que : “ Lorsqu’il se produit une ou plusieurs vacances définitives par suite de décès, démission du titulaire et du suppléant ou par toute autre cause dans une circonscription électorale, il est procédé à des élections partielles dans les douze mois qui suivent la vacance ”. La même loi précise que les élections partielles se déroulent à l’échelon de la circonscription électorale comme il est précisé aux articles 5, 6, et 7, avant de conclure qu’il n’y a pas lieu à élection partielle si la vacance se produit moins d’un an avant la fin de la législature. Or la situation actuellement vécue au niveau de l’Assemblée nationale tombe sous le coup de la loi.
Dans sa correspondance adressée au chef de l’Etat, le président de la Rcpu ne décolère pas. Pour lui, “ il est ambigu de définir le sens de l’article 10 de la loi n° 2006/009 du 29 décembre 2006 dans le contexte de représentativité à l’Assemblée nationale du département du Djerem. Ce département aux gigantesques activités d’exploitation minière annoncée, dispose d’un seul siège de député à l’Assemblée nationale. A l’issue des élections législatives et municipales du 22 juillet 2007, feu Abdoulkadri Bello fut élu. Le 3 avril 2008, il décède de suite d’une courte maladie, occupant en son temps les fonctions de chef traditionnel de premier degré, il fut remplacé à ce poste, selon les usages coutumiers et administratifs… Dès lors, les dispositions des lois clairement définies sont ignorées en vue de son remplacement au poste de député dans ce département aux spécificités multiples ”.
Péril sur la présidentielle 2011
A l’intérieur des autres partis politiques concernés à l’instar du Social democratic front (Sdf), l’on pense que tant que le rapport de force est en faveur du Rdpc, et que le pouvoir entretient le dilatoire, d’après une déclaration du député Jean Michel Nintcheu du Wouri. Quant à l’honorable Sali Daïrou, député Rdpc du Diamaré “ la base a demandé à la hiérarchie, notamment au groupe parlementaire de voir dans quelle mesure on peut organiser des élections partielles début 2009 ”. Il faisait cette déclaration en décembre 2008.
D’après une thèse défendue au cours de la session ordinaire de décembre dernier par le ministre Emmanuel Edou, il serait difficile de reprendre des élections dans des zones où on a jusqu’à cinq députés. Mais cette thèse est battue en brèche du moment où il existe des départements avec un seul député comme c’est le cas du Djerem. Outre cela, la répartition des candidats à l’intérieur des partis politiques correspond aux composantes socio ethniques précises. Autrement dit, les financements des micros crédits octroyés aux députés ont des destinataires précis. Les lésés ne tolèrent plus ce qu’elles considèrent comme une exclusion. Et c’est ce qui justifie la sortie des populations le 20 mai 2009 à Ngaoundal et Tibati qui ont défilé avec des banderoles portant le message suivant : “ Poste vacant : le Djerem réclame son député ”.
Revenant sur le rôle d’Elecam, Abba Aboubakar dans sa lettre, lui reconnaît la légitimité de rétablir cette iniquité. Mais une question se pose : l’entrée sur scène récente d’Elecam et sa dépendance institutionnelle pourront-elles lui permettre d’agir efficacement ? Il s’agit assurément là du premier chantier sur la table d’Elecam. Selon des sources avisées, cette situation est due à un manque de volonté de la part de l’Assemblée nationale elle-même. Qu’attendent donc le Président Cavaye Yéguié Djibril et son bureau pour demander au gouvernement d’organiser des élections pour remplacer leurs collègues défunts, afin de permettre à ces populations “ orphelines ” de continuer à bénéficier des micros crédits ? Les populations du Djerem, d’après une élite de la localité annoncent des représailles à la prochaine élection présidentielle au cas où les pouvoirs publics s’entêtent à pérenniser le dilatoire.


" Le vin est tiré, il faut le boire ". Cette phrase est prononcée par l’artiste François Misse Ngoh quelques minutes après être passé à la caisse. Il marque un temps d’arrêt, sort de sa poche la somme de 25. 000 FCfa qu’il vient de recevoir et s’interroge: " C’est donc pour ça que j’ai quitté mon domicile ce matin ? C’est donc avec cet argent que je dois préparer la rentrée scolaire de mes enfants ? De qui se moque t-on à la fin ? ". D’un pas lent, il se dirige vers la sortie de l’immeuble qui abrite les services de la Délégation provinciale de la Culture pour le Littoral et précise avant de s’en aller : " Ce sont les artistes qui ont eux même cherché cette humiliation ".