Commerce : Les fruits mûrs de l’Agoa
Commerce : Les fruits mûrs de l’Agoa
Les échanges entre les Etats-Unis et l’Afrique ont doublé en huit ans grâce à l’initiative américaine.
Promulguée par le président américain Bill Clinton, la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa) a accru de manière substantielle le volume des échanges commerciaux entre le continent africain et le pays de l’Oncle Sam. Ceci grâce en partie à l’exportation par l’Afrique d’une variété toujours croissante des biens vers les Etats-Unis. "Par la même occasion, les entreprises et les travailleurs américains ont découvert de nouveaux débouchés en Afrique, en particulier pour tout ce qui concerne l’apport d’intrants et de connaissances spécialisées au profit des créateurs africains d’entreprises, la participation à des partenariats à risques partagés, les exportations et les investissements des Etats-Unis en Afrique", a déclaré Démétrios Marantis, représentant des Etats-Unis pour le commerce extérieur en février dernier.
Par ailleurs, M. Marantis a indiqué que les Etats-Unis ont contribué à stimuler le secteur africain des exportations au moyen de l’Agoa. Qui plus est, souligne t-il, les échanges entre les Etats-Unis et les 38 pays africains admis à profiter de cette loi ont totalisé 104,52 milliards de dollars en 2008, soit une progression de 28% par rapport à l’année antérieure. Quoique le total des échanges de 2009 n’est pas encore disponible, les chiffres partiels annoncent une nouvelle année fructueuse, selon le ministère américain du Commerce. Selon ce ministère, la croissance observée est mue par l’expansion de plusieurs secteurs économiques, notamment les biens d’équipements, les véhicules et pièces détachées automobiles, le blé, les produits pétroliers autres que le brut, l’aviation et les appareils électriques, notamment le matériel de télécommunications.
Réformes
Démétrios Marantis soutient en outre que "l’aide au renforcement de la capacité commerciale est un élément crucial de nos programmes (des Etats-Unis, Ndlr) visant à permettre aux pays africains de profiter des possibilités commerciales de l’Agoa. Les Etats-Unis se sont diligemment employés à doter les Etats d’Afrique des ressources dont-ils ont besoin pour tirer parti des avantages du commerce". En rappel, lors du forum de l’Agoa tenu à Nairobi en 2009, la secrétaire d’Etat américaine, Hilary Clinton avait affirmé qu’"en tant que premier partenaire commercial de l’Afrique, les Etats-Unis appliqueraient résolument une politique promotrice de prospérité et de stabilité". Elle avait également fait savoir que la politique américaine s’inspirait du principe du "partenariat" et non du "mécénat". Dans ce sillage, l’Agoa a pour objectif d’accroître le commerce et les investissements des Etats-Unis en Afrique et de stimuler la croissance économique de ce continent.
Il reste, toutefois, que malgré les progrès réalisés en huit ans depuis l’entrée en vigueur de l’Agoa, l’Afrique ne profite pas assez des échanges mondiaux, a fait observer M. Marantis. Qui précise : "comme l’Afrique manque de moyens, on est trop réticent, à l’échelle des capitaux mondiaux, à s’intéresser à la plupart des pays de ce continent. On est retenu par les craintes d’instabilité et d’incertitude". Plus grave, selon le représentant des Etats-Unis pour le commerce extérieur, l’Afrique subsaharienne applique la politique commerciale la plus protectionniste du monde. Beaucoup de pays d’Afrique ont par ailleurs une capacité manufacturière insuffisante et dont le développement est freiné par les problèmes tels que le coût élevé de l’énergie et des transports. La solution à ces problèmes passe, estime M. Marantis, par l’adoption des reformes économiques et commerciales susceptibles d’attirer les capitaux étrangers. En attendant, le commerce extérieur de l’Afrique ne représente actuellement que 2% des échanges mondiaux.
Georges Alain Boyomo

