Non classé

Le Cameroun ne veut plus du riz importé

Selon l’Institut national de la statistique, le Cameroun produisait 80% de la consommation nationale du riz en 1975. En 2007, ce pays est obligé d’importer près de 90% de ses besoins en riz. C’est que, les sociétés nationales qui produisaient du riz ont fait faillite depuis des lustres. Ce sont : la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY), la Société de développement de la riziculture dans la plaine des Mbo (SODERIM) dans la région de l’Ouest, l’Upper Wun valley development authority (l’UNVDA) au Nord-Ouest. Même les riziculteurs privés ont disparu de la circulation, depuis la libéralisation et le retrait de l’Etat du secteur de l’agriculture, suivi de la suppression des subventions aux producteurs. Un retrait imposé par les institutions de Bretton Woods avec leur plan d’ajustement structurel lancé dans les années 90, dit-on, pour sortir de la crise économique. Aujourd’hui, la SEMRY, sans moyens, tente de maintenir dans les champs, les riziculteurs de Maga et de Yagoua dans le Mayo-Danay. Mais les résultats sont très maigres. Le directeur de la SEMRY, Marc Samatana, a avoué au cours de la rencontre de vendredi dernier à Yaoundé, qu’en 2009, 70 000 tonnes seulement de riz ont été produites par ces riziculteurs qu’il encadre. Avec ce maigre butin, il reste nostalgique de l’année 1985 où la SEMRY , à elle seule, avait récolté 110 000 tonnes de riz. Aujourd’hui, il en est à rêver de 120 000 tonnes de riz à l’horizon 2012, dans un pays où les besoins de consommation en la matière sont estimés à 400 000 tonnes par an. Qui comblera le gap ?

Les chinois encore présents !

A côté de la SEMRY, société à capitaux publics, dont les deux usines de transformation de Yagoua et de Maga (transférée plus tard à Kousseri) sont fermées depuis 1994, confinant la transformation locale du riz à moins de 1%, l’entreprise chinoise Iko s’investit dans ce domaine porteur, en envahissant l’espace négligé par les nationaux. A Nanga Eboko, dans le département de la Haute-Sanaga où elle s’est installée depuis 2008, Iko, encore en phase d’expérimentation, produit, transforme et commercialise sur place une partie de son riz. En 2009, sur une superficie de 15 hectares , elle a produit 45 tonnes de riz commercialisé dans la Haute-Sanaga à 250 FCfa et 300 FCfa le kilogramme. Tandis que dans les autres localités du pays, le même riz, importé, coûte  au moins 400 FCfa le kilogramme. Ses « prévisions pour cette année 2010 s’élèvent à une superficie de 200 hectares , soit une production de 6000 tonnes qui correspond à 12 000 sacs de riz de 50 kilogrammes », soutient le délégué départemental du Mincommerce dans la Haute-Sanaga , Bipane Abanda Denis. Ce dernier souligne que cette entreprise chinoise devrait étendre ses cultures sur 6000 hectares, d’après le protocole d’accord signé avec le Cameroun.

Au cours de sa concertation avec les opérateurs de la filière riz, le 12 mars 2010 à Yaoundé, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana a souhaité que les nationaux suivent l’exemple chinois, en investissant dans la culture du riz qui leur rapportera sans doute gros. Il déplore une production nationale « résiduelle par rapport aux importations ». Le Mincommerce affirme ainsi que le Cameroun importe 500 000 tonnes de riz par an. Pourtant, si les opérateurs économiques mettent la main à la pâte, cette quantité, voire plus, peut bien être produite au pays. Parce que « ce pays regorge des atouts naturels», déclare-t-il, faisant allusion aux vastes surfaces cultivables, malheureusement encore en friche.

Les nationaux dans l’opération ?

Rien qu’à Lagdo, on parle de 40 000 hectares cultivables pour le riz. Il y’en a également à Ndop, à Santchou etc. Au total, il y’a, apprend-on, 240 000 ha de surface arables pour la culture du riz au Cameroun. Mais à ce jour, moins de 10% de cette surface sont cultivés, d’après le directeur de la SEMRY , qui affirme que les périmètres de cette société située dans la région de l’Extrême-Nord peuvent permettre l’exploitation de 13 500 ha par an.  Ce qui est encore rendu difficile par des problèmes de vétusté des appareils de la SEMRY et de manque du matériel. Résultat, le peu de paddy (riz non décortiqué) produit à Maga et Yagoua n’est pas consommé par les Camerounais, parce qu’il n’est transformé et commercialisé localement qu’à moins de 1%. Il est presque entièrement exporté au Nigeria voisin, par manque de décortiqueuse. « Il y’a quelques temps, c’est même la France qui achetait notre riz paddy parce qu’il est naturel (sans OGM, Ndlr), et a un bon goût. Pendant ce temps, les Camerounais mangeaient du riz chinois, parce que notre riz n’est pas transformé au pays »,  regrette Marc Samatana qui souhaite que les opérateurs économiques nationaux se mettent ensemble pour réouvrir, en clientèle privée,  les usines de Yagoua et de Kousseri, fermées depuis longtemps à cause de la sous-production locale. Quelques uns parmi le peu d’opérateurs qui ont répondu présents à la rencontre de vendredi dernier, se sont dits tentés par l’affaire. La compagnie SOACAM par exemple a promis présenter son projet au gouvernement dans un délai d’un mois, après une étude de faisabilité bien menée. Reste à passer de la promesse aux actes.

marie.noelle.guichi

 

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Le Cameroun ne veut plus du riz importé

Selon l’Institut national de la statistique, le Cameroun produisait 80% de la consommation nationale du riz en 1975. En 2007, ce pays est obligé d’importer près de 90% de ses besoins en riz. C’est que, les sociétés nationales qui produisaient du riz ont fait faillite depuis des lustres. Ce sont : la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY), la Société de développement de la riziculture dans la plaine des Mbo (SODERIM) dans la région de l’Ouest, l’Upper Wun valley development authority (l’UNVDA) au Nord-Ouest. Même les riziculteurs privés ont disparu de la circulation, depuis la libéralisation et le retrait de l’Etat du secteur de l’agriculture, suivi de la suppression des subventions aux producteurs. Un retrait imposé par les institutions de Bretton Woods avec leur plan d’ajustement structurel lancé dans les années 90, dit-on, pour sortir de la crise économique. Aujourd’hui, la SEMRY, sans moyens, tente de maintenir dans les champs, les riziculteurs de Maga et de Yagoua dans le Mayo-Danay. Mais les résultats sont très maigres. Le directeur de la SEMRY, Marc Samatana, a avoué au cours de la rencontre de vendredi dernier à Yaoundé, qu’en 2009, 70 000 tonnes seulement de riz ont été produites par ces riziculteurs qu’il encadre. Avec ce maigre butin, il reste nostalgique de l’année 1985 où la SEMRY , à elle seule, avait récolté 110 000 tonnes de riz. Aujourd’hui, il en est à rêver de 120 000 tonnes de riz à l’horizon 2012, dans un pays où les besoins de consommation en la matière sont estimés à 400 000 tonnes par an. Qui comblera le gap ?

Les chinois encore présents !

A côté de la SEMRY, société à capitaux publics, dont les deux usines de transformation de Yagoua et de Maga (transférée plus tard à Kousseri) sont fermées depuis 1994, confinant la transformation locale du riz à moins de 1%, l’entreprise chinoise Iko s’investit dans ce domaine porteur, en envahissant l’espace négligé par les nationaux. A Nanga Eboko, dans le département de la Haute-Sanaga où elle s’est installée depuis 2008, Iko, encore en phase d’expérimentation, produit, transforme et commercialise sur place une partie de son riz. En 2009, sur une superficie de 15 hectares , elle a produit 45 tonnes de riz commercialisé dans la Haute-Sanaga à 250 FCfa et 300 FCfa le kilogramme. Tandis que dans les autres localités du pays, le même riz, importé, coûte  au moins 400 FCfa le kilogramme. Ses « prévisions pour cette année 2010 s’élèvent à une superficie de 200 hectares , soit une production de 6000 tonnes qui correspond à 12 000 sacs de riz de 50 kilogrammes », soutient le délégué départemental du Mincommerce dans la Haute-Sanaga , Bipane Abanda Denis. Ce dernier souligne que cette entreprise chinoise devrait étendre ses cultures sur 6000 hectares, d’après le protocole d’accord signé avec le Cameroun.

Au cours de sa concertation avec les opérateurs de la filière riz, le 12 mars 2010 à Yaoundé, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana a souhaité que les nationaux suivent l’exemple chinois, en investissant dans la culture du riz qui leur rapportera sans doute gros. Il déplore une production nationale « résiduelle par rapport aux importations ». Le Mincommerce affirme ainsi que le Cameroun importe 500 000 tonnes de riz par an. Pourtant, si les opérateurs économiques mettent la main à la pâte, cette quantité, voire plus, peut bien être produite au pays. Parce que « ce pays regorge des atouts naturels», déclare-t-il, faisant allusion aux vastes surfaces cultivables, malheureusement encore en friche.

Les nationaux dans l’opération ?

Rien qu’à Lagdo, on parle de 40 000 hectares cultivables pour le riz. Il y’en a également à Ndop, à Santchou etc. Au total, il y’a, apprend-on, 240 000 ha de surface arables pour la culture du riz au Cameroun. Mais à ce jour, moins de 10% de cette surface sont cultivés, d’après le directeur de la SEMRY , qui affirme que les périmètres de cette société située dans la région de l’Extrême-Nord peuvent permettre l’exploitation de 13 500 ha par an.  Ce qui est encore rendu difficile par des problèmes de vétusté des appareils de la SEMRY et de manque du matériel. Résultat, le peu de paddy (riz non décortiqué) produit à Maga et Yagoua n’est pas consommé par les Camerounais, parce qu’il n’est transformé et commercialisé localement qu’à moins de 1%. Il est presque entièrement exporté au Nigeria voisin, par manque de décortiqueuse. « Il y’a quelques temps, c’est même la France qui achetait notre riz paddy parce qu’il est naturel (sans OGM, Ndlr), et a un bon goût. Pendant ce temps, les Camerounais mangeaient du riz chinois, parce que notre riz n’est pas transformé au pays »,  regrette Marc Samatana qui souhaite que les opérateurs économiques nationaux se mettent ensemble pour réouvrir, en clientèle privée,  les usines de Yagoua et de Kousseri, fermées depuis longtemps à cause de la sous-production locale. Quelques uns parmi le peu d’opérateurs qui ont répondu présents à la rencontre de vendredi dernier, se sont dits tentés par l’affaire. La compagnie SOACAM par exemple a promis présenter son projet au gouvernement dans un délai d’un mois, après une étude de faisabilité bien menée. Reste à passer de la promesse aux actes.

marie.noelle.guichi

 

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Le Cameroun ne veut plus du riz importé

Selon l’Institut national de la statistique, le Cameroun produisait 80% de la consommation nationale du riz en 1975. En 2007, ce pays est obligé d’importer près de 90% de ses besoins en riz. C’est que, les sociétés nationales qui produisaient du riz ont fait faillite depuis des lustres. Ce sont : la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY), la Société de développement de la riziculture dans la plaine des Mbo (SODERIM) dans la région de l’Ouest, l’Upper Wun valley development authority (l’UNVDA) au Nord-Ouest. Même les riziculteurs privés ont disparu de la circulation, depuis la libéralisation et le retrait de l’Etat du secteur de l’agriculture, suivi de la suppression des subventions aux producteurs. Un retrait imposé par les institutions de Bretton Woods avec leur plan d’ajustement structurel lancé dans les années 90, dit-on, pour sortir de la crise économique. Aujourd’hui, la SEMRY, sans moyens, tente de maintenir dans les champs, les riziculteurs de Maga et de Yagoua dans le Mayo-Danay. Mais les résultats sont très maigres. Le directeur de la SEMRY, Marc Samatana, a avoué au cours de la rencontre de vendredi dernier à Yaoundé, qu’en 2009, 70 000 tonnes seulement de riz ont été produites par ces riziculteurs qu’il encadre. Avec ce maigre butin, il reste nostalgique de l’année 1985 où la SEMRY , à elle seule, avait récolté 110 000 tonnes de riz. Aujourd’hui, il en est à rêver de 120 000 tonnes de riz à l’horizon 2012, dans un pays où les besoins de consommation en la matière sont estimés à 400 000 tonnes par an. Qui comblera le gap ?

Les chinois encore présents !

A côté de la SEMRY, société à capitaux publics, dont les deux usines de transformation de Yagoua et de Maga (transférée plus tard à Kousseri) sont fermées depuis 1994, confinant la transformation locale du riz à moins de 1%, l’entreprise chinoise Iko s’investit dans ce domaine porteur, en envahissant l’espace négligé par les nationaux. A Nanga Eboko, dans le département de la Haute-Sanaga où elle s’est installée depuis 2008, Iko, encore en phase d’expérimentation, produit, transforme et commercialise sur place une partie de son riz. En 2009, sur une superficie de 15 hectares , elle a produit 45 tonnes de riz commercialisé dans la Haute-Sanaga à 250 FCfa et 300 FCfa le kilogramme. Tandis que dans les autres localités du pays, le même riz, importé, coûte  au moins 400 FCfa le kilogramme. Ses « prévisions pour cette année 2010 s’élèvent à une superficie de 200 hectares , soit une production de 6000 tonnes qui correspond à 12 000 sacs de riz de 50 kilogrammes », soutient le délégué départemental du Mincommerce dans la Haute-Sanaga , Bipane Abanda Denis. Ce dernier souligne que cette entreprise chinoise devrait étendre ses cultures sur 6000 hectares, d’après le protocole d’accord signé avec le Cameroun.

Au cours de sa concertation avec les opérateurs de la filière riz, le 12 mars 2010 à Yaoundé, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana a souhaité que les nationaux suivent l’exemple chinois, en investissant dans la culture du riz qui leur rapportera sans doute gros. Il déplore une production nationale « résiduelle par rapport aux importations ». Le Mincommerce affirme ainsi que le Cameroun importe 500 000 tonnes de riz par an. Pourtant, si les opérateurs économiques mettent la main à la pâte, cette quantité, voire plus, peut bien être produite au pays. Parce que « ce pays regorge des atouts naturels», déclare-t-il, faisant allusion aux vastes surfaces cultivables, malheureusement encore en friche.

Les nationaux dans l’opération ?

Rien qu’à Lagdo, on parle de 40 000 hectares cultivables pour le riz. Il y’en a également à Ndop, à Santchou etc. Au total, il y’a, apprend-on, 240 000 ha de surface arables pour la culture du riz au Cameroun. Mais à ce jour, moins de 10% de cette surface sont cultivés, d’après le directeur de la SEMRY , qui affirme que les périmètres de cette société située dans la région de l’Extrême-Nord peuvent permettre l’exploitation de 13 500 ha par an.  Ce qui est encore rendu difficile par des problèmes de vétusté des appareils de la SEMRY et de manque du matériel. Résultat, le peu de paddy (riz non décortiqué) produit à Maga et Yagoua n’est pas consommé par les Camerounais, parce qu’il n’est transformé et commercialisé localement qu’à moins de 1%. Il est presque entièrement exporté au Nigeria voisin, par manque de décortiqueuse. « Il y’a quelques temps, c’est même la France qui achetait notre riz paddy parce qu’il est naturel (sans OGM, Ndlr), et a un bon goût. Pendant ce temps, les Camerounais mangeaient du riz chinois, parce que notre riz n’est pas transformé au pays »,  regrette Marc Samatana qui souhaite que les opérateurs économiques nationaux se mettent ensemble pour réouvrir, en clientèle privée,  les usines de Yagoua et de Kousseri, fermées depuis longtemps à cause de la sous-production locale. Quelques uns parmi le peu d’opérateurs qui ont répondu présents à la rencontre de vendredi dernier, se sont dits tentés par l’affaire. La compagnie SOACAM par exemple a promis présenter son projet au gouvernement dans un délai d’un mois, après une étude de faisabilité bien menée. Reste à passer de la promesse aux actes.

marie.noelle.guichi

 

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Le Cameroun ne veut plus du riz importé

Selon l’Institut national de la statistique, le Cameroun produisait 80% de la consommation nationale du riz en 1975. En 2007, ce pays est obligé d’importer près de 90% de ses besoins en riz. C’est que, les sociétés nationales qui produisaient du riz ont fait faillite depuis des lustres. Ce sont : la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY), la Société de développement de la riziculture dans la plaine des Mbo (SODERIM) dans la région de l’Ouest, l’Upper Wun valley development authority (l’UNVDA) au Nord-Ouest. Même les riziculteurs privés ont disparu de la circulation, depuis la libéralisation et le retrait de l’Etat du secteur de l’agriculture, suivi de la suppression des subventions aux producteurs. Un retrait imposé par les institutions de Bretton Woods avec leur plan d’ajustement structurel lancé dans les années 90, dit-on, pour sortir de la crise économique. Aujourd’hui, la SEMRY, sans moyens, tente de maintenir dans les champs, les riziculteurs de Maga et de Yagoua dans le Mayo-Danay. Mais les résultats sont très maigres. Le directeur de la SEMRY, Marc Samatana, a avoué au cours de la rencontre de vendredi dernier à Yaoundé, qu’en 2009, 70 000 tonnes seulement de riz ont été produites par ces riziculteurs qu’il encadre. Avec ce maigre butin, il reste nostalgique de l’année 1985 où la SEMRY , à elle seule, avait récolté 110 000 tonnes de riz. Aujourd’hui, il en est à rêver de 120 000 tonnes de riz à l’horizon 2012, dans un pays où les besoins de consommation en la matière sont estimés à 400 000 tonnes par an. Qui comblera le gap ?

Les chinois encore présents !

A côté de la SEMRY, société à capitaux publics, dont les deux usines de transformation de Yagoua et de Maga (transférée plus tard à Kousseri) sont fermées depuis 1994, confinant la transformation locale du riz à moins de 1%, l’entreprise chinoise Iko s’investit dans ce domaine porteur, en envahissant l’espace négligé par les nationaux. A Nanga Eboko, dans le département de la Haute-Sanaga où elle s’est installée depuis 2008, Iko, encore en phase d’expérimentation, produit, transforme et commercialise sur place une partie de son riz. En 2009, sur une superficie de 15 hectares , elle a produit 45 tonnes de riz commercialisé dans la Haute-Sanaga à 250 FCfa et 300 FCfa le kilogramme. Tandis que dans les autres localités du pays, le même riz, importé, coûte  au moins 400 FCfa le kilogramme. Ses « prévisions pour cette année 2010 s’élèvent à une superficie de 200 hectares , soit une production de 6000 tonnes qui correspond à 12 000 sacs de riz de 50 kilogrammes », soutient le délégué départemental du Mincommerce dans la Haute-Sanaga , Bipane Abanda Denis. Ce dernier souligne que cette entreprise chinoise devrait étendre ses cultures sur 6000 hectares, d’après le protocole d’accord signé avec le Cameroun.

Au cours de sa concertation avec les opérateurs de la filière riz, le 12 mars 2010 à Yaoundé, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana a souhaité que les nationaux suivent l’exemple chinois, en investissant dans la culture du riz qui leur rapportera sans doute gros. Il déplore une production nationale « résiduelle par rapport aux importations ». Le Mincommerce affirme ainsi que le Cameroun importe 500 000 tonnes de riz par an. Pourtant, si les opérateurs économiques mettent la main à la pâte, cette quantité, voire plus, peut bien être produite au pays. Parce que « ce pays regorge des atouts naturels», déclare-t-il, faisant allusion aux vastes surfaces cultivables, malheureusement encore en friche.

Les nationaux dans l’opération ?

Rien qu’à Lagdo, on parle de 40 000 hectares cultivables pour le riz. Il y’en a également à Ndop, à Santchou etc. Au total, il y’a, apprend-on, 240 000 ha de surface arables pour la culture du riz au Cameroun. Mais à ce jour, moins de 10% de cette surface sont cultivés, d’après le directeur de la SEMRY , qui affirme que les périmètres de cette société située dans la région de l’Extrême-Nord peuvent permettre l’exploitation de 13 500 ha par an.  Ce qui est encore rendu difficile par des problèmes de vétusté des appareils de la SEMRY et de manque du matériel. Résultat, le peu de paddy (riz non décortiqué) produit à Maga et Yagoua n’est pas consommé par les Camerounais, parce qu’il n’est transformé et commercialisé localement qu’à moins de 1%. Il est presque entièrement exporté au Nigeria voisin, par manque de décortiqueuse. « Il y’a quelques temps, c’est même la France qui achetait notre riz paddy parce qu’il est naturel (sans OGM, Ndlr), et a un bon goût. Pendant ce temps, les Camerounais mangeaient du riz chinois, parce que notre riz n’est pas transformé au pays »,  regrette Marc Samatana qui souhaite que les opérateurs économiques nationaux se mettent ensemble pour réouvrir, en clientèle privée,  les usines de Yagoua et de Kousseri, fermées depuis longtemps à cause de la sous-production locale. Quelques uns parmi le peu d’opérateurs qui ont répondu présents à la rencontre de vendredi dernier, se sont dits tentés par l’affaire. La compagnie SOACAM par exemple a promis présenter son projet au gouvernement dans un délai d’un mois, après une étude de faisabilité bien menée. Reste à passer de la promesse aux actes.

marie.noelle.guichi

 

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

A qui profitent les festivals culturels ?

Au Cameroun, il y en a déjà tellement qu’on commence franchement à s’y perdre. – La semaine dernière encore, c’est le Kolatier qui mettait la clé sous le paillasson à Douala, au bout d’une semaine de manifestations que la critique a globalement saluées. Bon, les organisateurs de ce marché du spectacle diront que ce n’est pas vraiment un festival. Et pourtant, le programme de la manifestation a quand même donné une part importante aux spectacles. Et le public s’est plutôt bien régalé, même s’il n’était pas la principale cible.

De toute façon, les événements culturels de ce type pullulent. Principalement à Yaoundé et Douala. Mais aussi de plus en plus dans d’autres centres urbains du grand Nord, de l’Ouest ou du Sud-Ouest. Les motivations des organisateurs sont peut-être différentes, d’un festival à l’autre. Et les succès sont souvent tributaires du professionnalisme, de la notoriété du promoteur ou de l’expérience acquise à force de témérité. Mais on retrouve souvent les mêmes démarches, des difficultés qui se ressemblent, des publics clairsemés, des artistes enthousiastes mais pas toujours rémunérés à la mesure de leurs prestations…

Finalement, pourquoi cette obsession à faire des festivals ? La question finit par se poser d’elle-même, à force de voir des promoteurs qui se plaignent d’avoir été « lâchés à la dernière minute » par leurs sponsors et autres partenaires. Ils se plaignent, mais reviennent l’année d’après, toujours plus enthousiastes. Dans les coulisses, on assiste parfois à des spectacles affligeants. Le genre qu’offrent des participants courant après un organisateur, dans l’espoir d’avoir ce qui leur a été promis. Le cachet, ou simplement un billet d’avion retour. Ce n’est pas forcément un signe de mauvaise foi, car les difficultés de financement des festivals sont réelles. A l’image du Massao (Festival de voix de femmes de Douala), qui a bien failli mourir de sa belle mort, faute d’argent.

Une chose est sûre : ce sont généralement de belles idées qui sous-tendent la mise sur pied d’un festival. Bassek ba Kobhio et ses Ecrans Noirs, Etoundi Zeyang et son Fatej, Ambroise Mbia et les Retic, Elise Meka Mballa et Abok i Ngoma, René Ayina et le Festi-bikutsi, Remy Atangana et son Festel, ou encore Hans Mbong et ses Couleurs urbaines… Tout ces promoteurs connaissent pourtant des fortunes diverses. Principalement en raison de la taille des ressources ou des partenaires mobilisés. Et ensuite du sérieux de l’organisation, de l’affiche proposée sur le plan artistique…

Et face à la prolifération des festivals chez nous, la question du profit devient donc inévitable. On se dit qu’il doit quand même y avoir des retombées quelque part. Et au moment de la répartition des bénéfices, les premiers points reviennent peut-être de fait au rayonnement culturel du Cameroun. Car ce sont en général des événements d’envergure internationale, qui réunissent dans notre pays des hommes de culture venus d’ailleurs. C’est d’ailleurs la raison qui justifie l’implication quasi automatique des pouvoirs publics, à travers le ministère de la Culture.

Mais on peut dire que les promoteurs sont, au plan concret, les premiers grands bénéficiaires de leurs idées. A condition que ça marche, évidemment. Si Bassek ba Kobhio est connu autant comme cinéaste que comme promoteur des Ecrans noirs, c’est grâce à la notoriété grandissante du festival de cinéma organisé avec régularité en terre camerounaise depuis une douzaine d’années. Sur le plan financier, ils ne passeront jamais aux aveux, mais il va sans dire que de gros moyens entrent en jeu, et contribuent aussi à faire vivre ces véritables entreprises que sont les festivals sérieux.

Maintenant, en fonction des types d’événements, les artistes ont là un podium pour s’exprimer et se vendre ou alors se former quand l’option fait partie du programme. Sinon, les opportunités de rencontres offertes sont déjà en soi, une aubaine pour tout participant. Au final, tout le monde ne s’en tire pas si mal. Même si un supplément de professionnalisme et un meilleur accompagnement des bailleurs de fonds pourraient facilement en faire une industrie comme dans les pays développés.

Yves ATANGA
CT

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.