L’artiste a fait son One man show mardi et mercredi derniers au Ccf de Yaoundé.
Clarisse Bakodok (Stagiaire) –

Comme prévu, le spectacle baptisé "Sè pas koa jouer" par la compagnie Black Light a effectivement eu lieu mardi et mercredi derniers au Centre Culturel français (Ccf) François Villon de Yaoundé. Le ton de cette succession de sketches a été donné par l’humoriste Major Asse, avec une pièce sur la pauvreté. A travers cette scène, le comédien évoque la place des démunis dans la société camerounaise. Leur vécu quotidien, les contraintes et les difficultés auxquelles ils font face afin de trouver un emploi, ou pour survivre. Simplement. A l’occasion, Major Asse a vêtu un pantalon blanc dont le pied droit est retroussé jusqu’au genou. Sa veste noire laisse entrevoir son torse nu, et il est coiffé d’une perruque bouclée.
Le public, manifestement, en est captivé. La mise en scène est essentiellement constituée de gestes, que l’artiste met en harmonie avec chacune de ses phrases. Les éclats de rire emplissent la salle. "Il ne sert a rien de se plaindre, mais il faut se mettre au travail car rien ne s’obtient facilement", conseille le comédien aux pauvres. Une entrée en matière plutôt réussie, qui va ouvrir le rideau au très attendu One man show de Valery Ndongo.
Ce dernier, d’emblée, avertit ses invités. Il ne "Sè pas koa jouer". Un curieux avis, qui laisse supposer, pour la suite, un spectacle fondamentalement axé sur l’improvisation. Sans transition, Valéry Ndongo se jette d’ailleurs à l’eau. Le comédien partage avec le public le contenu d’une lettre d’amour d’un élève à son professeur. Le texte est désopilant. Les spectateurs rient aux larmes. Avant de faire face à un embarras. Sur scène, Valery Ndongo fait les cent pas. Sans dire mot. Bref, il ne "Sè pas koa jouer". Et le inlassablement rappelle au public.
Originalité
Les spectateurs se contenteront donc des rares éclairs qui illumineront la mémoire de l’humoriste. Lequel, brusquement, se souvient de son ami John, un bègue. Il l’imite dans sa façon de parler, ainsi que sa gestuelles et expressions courantes. Le public, ému, applaudit à tout rompre. L’artiste se met ensuite dans la peau d’une jeune fille. Au hasard, il invite une fille sur scène. Avec elle, il simule l’une des conversations favorites entre copines. "Ma co, moi j’ai mon gars (…) il dérange…", lâche-t-il, d’une voix fine, avec des gestes féminins. Un conseil de l’artiste aux garçons : ne jamais écouter les causerie des filles, de peur d‘en entendre pire!
Valery Ndongo va alors enchaîner les anecdotes. Il s’inspire des conversations sur l’actualité entendues dans les bars de quartiers. Le crash de Mbanga Pongo, les élections en préparation, l’avenir du footballeur Eto’o Fils, la bières, etc., tout y passe. Certaines histoires sont décapantes. Les autres, franchement banales. Et, contre toute attente, le comédien est le premier à en avoir conscience. "Vous n’avez rien compris? Ce n’est pas grave. Je vais trouver quelque chose d’ici la fin", clame-t-il. Pour s’innocenter, il ne cherche pas bien loin. Son argument est le même : il ne "Sè pas koa jouer". De l’inédit, tout simplement. Très original dans son style, Valery Ndongo parle de son passé dans la musique. Le public apprécie, en reprenant en chœur ses refrains.
Un temps, l’artiste annonce la fin du spectacle et remercie le public. La séance partiellement levée, Valery Ndongo revient à la charge. "J’ai trouvé", lance-t-il, en remontant sur la scène, l’air pressé, et une guitare entre les mains. Il jouera quelques notes. Parlera de sa formation en musique. Et exprimera ses talents de vocalise. Une coupe plutôt pleine, pour un jeune comédien qui ne… " Sè pas koa jouer".