Non classé

Les vraies raisons de la mort de Foé

Les vraies raisons de la mort de Marc-Vivien Foé (10/01/2008 ).

Exclusif. Le 26 juin 2003, Marc-Vivien Foé s’est écroulé sur le stade de Gerland, mort. Il disputait un match avec le Cameroun à l’occasion de la Coupe des Confédérations. Près de quatre ans plus tard, Étienne Tête (Verts) lève le voile sur un drame jusque là entouré de beaucoup de mystère.

 

Lyon Capitale : Pourquoi la ville est impliquée dans la mort de Foé ?
Etienne Tête : Sa veuve fait un procès à la ville de Lyon, pour une raison qui n’a jamais été rendue publique : elle a d’abord attaqué la FIFA, organisatrice de l’événement, puisqu’il s’agissait d’un match de la Coupe des Confédérations. Mais la Fifa a sorti une convention de stade, dans laquelle elle se dégageait de toute responsabilité au profit de la ville de Lyon. Thierry Braillard (PRG), l’adjoint aux sports, avait signé ça sans en informer personne à la ville, et sans la faire passer en conseil municipal… Pour nous, c’est potentiellement une catastrophe. D’autant que selon la convention on était tenu de prendre une assurance complémentaire, et qu’on ne l’a pas fait puisque personne ne le savait…

Braillard a eu tort de signer ?
Il aurait dû au moins informer les autres… Mais sur le fond, c’est anormal. Quand on loue le stade à l’OL, le club assume la responsabilité de ce qui s’y passe. Pas la ville. Si la ville est condamnée à dédommager la veuve de Foé pour les revenus qu’il aurait pu avoir dans sa carrière, cela peut vite représenter 15 ou 20 millions d’euros. C’est pour ça que je me suis penché très attentivement sur ce dossier. Et au final, je pense que ce scénario catastrophe ne se produira pas.

Pour quelle raison ?
Le rapport d’expertise est sur le point d’arriver. Il devrait aller dans notre sens. Tout d’abord, parce que Foé n’aurait jamais dû jouer ce match. Il avait reçu une injection la veille du match. C’est la première chose qui m’a frappé dans le rapport d’autopsie. D’après le médecin de l’équipe du Cameroun, il a reçu une perfusion au sodium, pour soigner une grosse diarrhée. Un tel traitement, ça veut dire que c’était vraiment une diarrhée extraordinaire… C’est invraisemblable que 24 heures après il ait été autorisé à jouer.
Ensuite, l’autopsie a révélé un cœur hypertrophié et fatigué… C’est terrible, mais ça veut dire que l’indemnisation du préjudice économique de sa veuve serait forcément beaucoup plus faible, puisque même s’il avait survécu, il aurait dû arrêter le foot.

Était-il dopé ?
Non, au moment du match. L’autopsie confirme que son tube digestif était très endommagé – “une entérocolite nécrosant et hémorragique” en langage médical – ce qui a dû effectivement provoquer des diarrhées très graves. Le médecin Camerounais qui l’a autorisé à joué a donc commis une erreur médicale. Pour faire simple, une diarrhée provoque un déséquilibre “électrique” entre le potassium et le sodium. La perfusion, sans doute mal dosée, ne l’a pas rééquilibré. Ou au pire l’a aggravé. Le tout sur un cœur anormalement fatigué, c’est ce qui a vraisemblablement causé la mort.

Foé mort d’une colique, ça arrange bien la ville…
Oui, mais c’est la vérité. Au procès, ce sera la thèse défendue par toutes les parties… mis à part l’équipe du Cameroun, bien sûr, puisque cela fait d’eux les seuls responsables.

La lenteur des secours n’est-elle pas en cause ?
Pour moi, non. Ils ont fait le maximum. Foé a eu 50 minutes de réanimation. Autant que Chevènement…
Foé était encore un joueur de l’OL, lors de sa mort.

Le club est-il aussi responsable ?
Absolument pas. On peut par contre se poser la question du suivi médical des joueurs, qui devrait être assuré par des organismes indépendant des clubs. Quand il a signé à l’OL, en 2000, un examen réalisé à Saint-Luc Saint-Joseph, révèle qu’il a déjà un cœur anormalement fatigué… Il tourne à 79%. Pour un sportif de haut niveau, c’est incompréhensible ! À partir de ce moment, Foé aurait dû faire l’objet de contrôles réguliers. Et on aurait dû lui faire arrêter sa carrière plus tôt.

 

 

 
Contrepoint. La famille Foé est défendu par le célèbre avocat Lyonnais Alain Jakubowicz. Contacté par Lyon Capitale, il explique sa position.

“Les secours ont trop tardé”

“À mon avis Étienne Tête parle un peu vite, car le rapport d’expertise n’est pas encore déposé. Mais apparemment, ce rapport renvoi la responsabilité sur la fédération camerounaise, qui aurait dû empêcher Foé de jouer. Il y a quand même des zones d’ombre. Qu’il y ait des problèmes liés à son état de santé, c’est possible. Mais tous les moyens qui auraient éventuellement pu permettre de le sauver n’étaient pas présents. Il n’y avait par exemple pas de défibrillateur. Les secours n’étaient pas comme ils auraient dû être. Ça s’est passé en direct à la TV. Quand on regarde le film, personne ne comprend que les secours aient tardé à ce point. On l’a vu mourir en direct. Thierry Rolland répétait d’ailleurs : “mais qu’est-ce qu’il font !?” Pour nous, c’est de la responsabilité de la Fifa, l’organisateur de l’événement, qu’il l’a délégué à la Fédération Française. Après, entre eux, ils se tirent la bourre. Mais la famille Foé n’a jamais prétendu que la ville de Lyon était responsable. En tout cas, Madame Foé se retrouve dans une situation terrible. Le préjudice est colossal, même si pour l’instant on ne l’a pas calculé. Foé avait le cœur sur la main. Il a beaucoup distribué à des associations camerounaises. Et n’a rien mis de côté.”

 

Une carrière stopée à 28 ans
Né au Cameroun, Foé se fait connaître avec le RC Lens, avec lequel il remporte le championnat de France en 1998. Il part ensuite à West Ham, avant que l’OL ne le rachète pour 76 millions de francs en mai 2000. Une grosse somme pour un milieu de terrain défensif. Il remporte les premiers titres de l’ère Aulas en 2001 et 2002, avant de filer en prêt à Manchester City.

Multiplication des cas
En 2007, deux morts de joueurs sur un terrain par crise cardiaque ont secoué l’opinion public : celle du sévillan Antonio Puerta (photo), et tout récemment, le 29 décembre, de l’écossais Phill O’Donnell.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Les vraies raisons de la mort de Foé

Les vraies raisons de la mort de Marc-Vivien Foé (10/01/2008 ).

Exclusif. Le 26 juin 2003, Marc-Vivien Foé s’est écroulé sur le stade de Gerland, mort. Il disputait un match avec le Cameroun à l’occasion de la Coupe des Confédérations. Près de quatre ans plus tard, Étienne Tête (Verts) lève le voile sur un drame jusque là entouré de beaucoup de mystère.

 

Lyon Capitale : Pourquoi la ville est impliquée dans la mort de Foé ?
Etienne Tête : Sa veuve fait un procès à la ville de Lyon, pour une raison qui n’a jamais été rendue publique : elle a d’abord attaqué la FIFA, organisatrice de l’événement, puisqu’il s’agissait d’un match de la Coupe des Confédérations. Mais la Fifa a sorti une convention de stade, dans laquelle elle se dégageait de toute responsabilité au profit de la ville de Lyon. Thierry Braillard (PRG), l’adjoint aux sports, avait signé ça sans en informer personne à la ville, et sans la faire passer en conseil municipal… Pour nous, c’est potentiellement une catastrophe. D’autant que selon la convention on était tenu de prendre une assurance complémentaire, et qu’on ne l’a pas fait puisque personne ne le savait…

Braillard a eu tort de signer ?
Il aurait dû au moins informer les autres… Mais sur le fond, c’est anormal. Quand on loue le stade à l’OL, le club assume la responsabilité de ce qui s’y passe. Pas la ville. Si la ville est condamnée à dédommager la veuve de Foé pour les revenus qu’il aurait pu avoir dans sa carrière, cela peut vite représenter 15 ou 20 millions d’euros. C’est pour ça que je me suis penché très attentivement sur ce dossier. Et au final, je pense que ce scénario catastrophe ne se produira pas.

Pour quelle raison ?
Le rapport d’expertise est sur le point d’arriver. Il devrait aller dans notre sens. Tout d’abord, parce que Foé n’aurait jamais dû jouer ce match. Il avait reçu une injection la veille du match. C’est la première chose qui m’a frappé dans le rapport d’autopsie. D’après le médecin de l’équipe du Cameroun, il a reçu une perfusion au sodium, pour soigner une grosse diarrhée. Un tel traitement, ça veut dire que c’était vraiment une diarrhée extraordinaire… C’est invraisemblable que 24 heures après il ait été autorisé à jouer.
Ensuite, l’autopsie a révélé un cœur hypertrophié et fatigué… C’est terrible, mais ça veut dire que l’indemnisation du préjudice économique de sa veuve serait forcément beaucoup plus faible, puisque même s’il avait survécu, il aurait dû arrêter le foot.

Était-il dopé ?
Non, au moment du match. L’autopsie confirme que son tube digestif était très endommagé – “une entérocolite nécrosant et hémorragique” en langage médical – ce qui a dû effectivement provoquer des diarrhées très graves. Le médecin Camerounais qui l’a autorisé à joué a donc commis une erreur médicale. Pour faire simple, une diarrhée provoque un déséquilibre “électrique” entre le potassium et le sodium. La perfusion, sans doute mal dosée, ne l’a pas rééquilibré. Ou au pire l’a aggravé. Le tout sur un cœur anormalement fatigué, c’est ce qui a vraisemblablement causé la mort.

Foé mort d’une colique, ça arrange bien la ville…
Oui, mais c’est la vérité. Au procès, ce sera la thèse défendue par toutes les parties… mis à part l’équipe du Cameroun, bien sûr, puisque cela fait d’eux les seuls responsables.

La lenteur des secours n’est-elle pas en cause ?
Pour moi, non. Ils ont fait le maximum. Foé a eu 50 minutes de réanimation. Autant que Chevènement…
Foé était encore un joueur de l’OL, lors de sa mort.

Le club est-il aussi responsable ?
Absolument pas. On peut par contre se poser la question du suivi médical des joueurs, qui devrait être assuré par des organismes indépendant des clubs. Quand il a signé à l’OL, en 2000, un examen réalisé à Saint-Luc Saint-Joseph, révèle qu’il a déjà un cœur anormalement fatigué… Il tourne à 79%. Pour un sportif de haut niveau, c’est incompréhensible ! À partir de ce moment, Foé aurait dû faire l’objet de contrôles réguliers. Et on aurait dû lui faire arrêter sa carrière plus tôt.

 

 

 
Contrepoint. La famille Foé est défendu par le célèbre avocat Lyonnais Alain Jakubowicz. Contacté par Lyon Capitale, il explique sa position.

“Les secours ont trop tardé”

“À mon avis Étienne Tête parle un peu vite, car le rapport d’expertise n’est pas encore déposé. Mais apparemment, ce rapport renvoi la responsabilité sur la fédération camerounaise, qui aurait dû empêcher Foé de jouer. Il y a quand même des zones d’ombre. Qu’il y ait des problèmes liés à son état de santé, c’est possible. Mais tous les moyens qui auraient éventuellement pu permettre de le sauver n’étaient pas présents. Il n’y avait par exemple pas de défibrillateur. Les secours n’étaient pas comme ils auraient dû être. Ça s’est passé en direct à la TV. Quand on regarde le film, personne ne comprend que les secours aient tardé à ce point. On l’a vu mourir en direct. Thierry Rolland répétait d’ailleurs : “mais qu’est-ce qu’il font !?” Pour nous, c’est de la responsabilité de la Fifa, l’organisateur de l’événement, qu’il l’a délégué à la Fédération Française. Après, entre eux, ils se tirent la bourre. Mais la famille Foé n’a jamais prétendu que la ville de Lyon était responsable. En tout cas, Madame Foé se retrouve dans une situation terrible. Le préjudice est colossal, même si pour l’instant on ne l’a pas calculé. Foé avait le cœur sur la main. Il a beaucoup distribué à des associations camerounaises. Et n’a rien mis de côté.”

 

Une carrière stopée à 28 ans
Né au Cameroun, Foé se fait connaître avec le RC Lens, avec lequel il remporte le championnat de France en 1998. Il part ensuite à West Ham, avant que l’OL ne le rachète pour 76 millions de francs en mai 2000. Une grosse somme pour un milieu de terrain défensif. Il remporte les premiers titres de l’ère Aulas en 2001 et 2002, avant de filer en prêt à Manchester City.

Multiplication des cas
En 2007, deux morts de joueurs sur un terrain par crise cardiaque ont secoué l’opinion public : celle du sévillan Antonio Puerta (photo), et tout récemment, le 29 décembre, de l’écossais Phill O’Donnell.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Les vraies raisons de la mort de Foé

Les vraies raisons de la mort de Marc-Vivien Foé (10/01/2008 ).

Exclusif. Le 26 juin 2003, Marc-Vivien Foé s’est écroulé sur le stade de Gerland, mort. Il disputait un match avec le Cameroun à l’occasion de la Coupe des Confédérations. Près de quatre ans plus tard, Étienne Tête (Verts) lève le voile sur un drame jusque là entouré de beaucoup de mystère.

 

Lyon Capitale : Pourquoi la ville est impliquée dans la mort de Foé ?
Etienne Tête : Sa veuve fait un procès à la ville de Lyon, pour une raison qui n’a jamais été rendue publique : elle a d’abord attaqué la FIFA, organisatrice de l’événement, puisqu’il s’agissait d’un match de la Coupe des Confédérations. Mais la Fifa a sorti une convention de stade, dans laquelle elle se dégageait de toute responsabilité au profit de la ville de Lyon. Thierry Braillard (PRG), l’adjoint aux sports, avait signé ça sans en informer personne à la ville, et sans la faire passer en conseil municipal… Pour nous, c’est potentiellement une catastrophe. D’autant que selon la convention on était tenu de prendre une assurance complémentaire, et qu’on ne l’a pas fait puisque personne ne le savait…

Braillard a eu tort de signer ?
Il aurait dû au moins informer les autres… Mais sur le fond, c’est anormal. Quand on loue le stade à l’OL, le club assume la responsabilité de ce qui s’y passe. Pas la ville. Si la ville est condamnée à dédommager la veuve de Foé pour les revenus qu’il aurait pu avoir dans sa carrière, cela peut vite représenter 15 ou 20 millions d’euros. C’est pour ça que je me suis penché très attentivement sur ce dossier. Et au final, je pense que ce scénario catastrophe ne se produira pas.

Pour quelle raison ?
Le rapport d’expertise est sur le point d’arriver. Il devrait aller dans notre sens. Tout d’abord, parce que Foé n’aurait jamais dû jouer ce match. Il avait reçu une injection la veille du match. C’est la première chose qui m’a frappé dans le rapport d’autopsie. D’après le médecin de l’équipe du Cameroun, il a reçu une perfusion au sodium, pour soigner une grosse diarrhée. Un tel traitement, ça veut dire que c’était vraiment une diarrhée extraordinaire… C’est invraisemblable que 24 heures après il ait été autorisé à jouer.
Ensuite, l’autopsie a révélé un cœur hypertrophié et fatigué… C’est terrible, mais ça veut dire que l’indemnisation du préjudice économique de sa veuve serait forcément beaucoup plus faible, puisque même s’il avait survécu, il aurait dû arrêter le foot.

Était-il dopé ?
Non, au moment du match. L’autopsie confirme que son tube digestif était très endommagé – “une entérocolite nécrosant et hémorragique” en langage médical – ce qui a dû effectivement provoquer des diarrhées très graves. Le médecin Camerounais qui l’a autorisé à joué a donc commis une erreur médicale. Pour faire simple, une diarrhée provoque un déséquilibre “électrique” entre le potassium et le sodium. La perfusion, sans doute mal dosée, ne l’a pas rééquilibré. Ou au pire l’a aggravé. Le tout sur un cœur anormalement fatigué, c’est ce qui a vraisemblablement causé la mort.

Foé mort d’une colique, ça arrange bien la ville…
Oui, mais c’est la vérité. Au procès, ce sera la thèse défendue par toutes les parties… mis à part l’équipe du Cameroun, bien sûr, puisque cela fait d’eux les seuls responsables.

La lenteur des secours n’est-elle pas en cause ?
Pour moi, non. Ils ont fait le maximum. Foé a eu 50 minutes de réanimation. Autant que Chevènement…
Foé était encore un joueur de l’OL, lors de sa mort.

Le club est-il aussi responsable ?
Absolument pas. On peut par contre se poser la question du suivi médical des joueurs, qui devrait être assuré par des organismes indépendant des clubs. Quand il a signé à l’OL, en 2000, un examen réalisé à Saint-Luc Saint-Joseph, révèle qu’il a déjà un cœur anormalement fatigué… Il tourne à 79%. Pour un sportif de haut niveau, c’est incompréhensible ! À partir de ce moment, Foé aurait dû faire l’objet de contrôles réguliers. Et on aurait dû lui faire arrêter sa carrière plus tôt.

 

 

 
Contrepoint. La famille Foé est défendu par le célèbre avocat Lyonnais Alain Jakubowicz. Contacté par Lyon Capitale, il explique sa position.

“Les secours ont trop tardé”

“À mon avis Étienne Tête parle un peu vite, car le rapport d’expertise n’est pas encore déposé. Mais apparemment, ce rapport renvoi la responsabilité sur la fédération camerounaise, qui aurait dû empêcher Foé de jouer. Il y a quand même des zones d’ombre. Qu’il y ait des problèmes liés à son état de santé, c’est possible. Mais tous les moyens qui auraient éventuellement pu permettre de le sauver n’étaient pas présents. Il n’y avait par exemple pas de défibrillateur. Les secours n’étaient pas comme ils auraient dû être. Ça s’est passé en direct à la TV. Quand on regarde le film, personne ne comprend que les secours aient tardé à ce point. On l’a vu mourir en direct. Thierry Rolland répétait d’ailleurs : “mais qu’est-ce qu’il font !?” Pour nous, c’est de la responsabilité de la Fifa, l’organisateur de l’événement, qu’il l’a délégué à la Fédération Française. Après, entre eux, ils se tirent la bourre. Mais la famille Foé n’a jamais prétendu que la ville de Lyon était responsable. En tout cas, Madame Foé se retrouve dans une situation terrible. Le préjudice est colossal, même si pour l’instant on ne l’a pas calculé. Foé avait le cœur sur la main. Il a beaucoup distribué à des associations camerounaises. Et n’a rien mis de côté.”

 

Une carrière stopée à 28 ans
Né au Cameroun, Foé se fait connaître avec le RC Lens, avec lequel il remporte le championnat de France en 1998. Il part ensuite à West Ham, avant que l’OL ne le rachète pour 76 millions de francs en mai 2000. Une grosse somme pour un milieu de terrain défensif. Il remporte les premiers titres de l’ère Aulas en 2001 et 2002, avant de filer en prêt à Manchester City.

Multiplication des cas
En 2007, deux morts de joueurs sur un terrain par crise cardiaque ont secoué l’opinion public : celle du sévillan Antonio Puerta (photo), et tout récemment, le 29 décembre, de l’écossais Phill O’Donnell.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Jean Jacques Ekindi : « Le chasseur du Lion » n’est pas rentré bredouille

16 ans après être passé à l’opposition, le coordonnateur du MP va bénéficier d’un mandat à l’Assemblée nationale.
Dippah Kayessé – Ceux qui croyaient que la carrière politique de Jean Jacques Ekindi, coordonnateur national du Mouvement progressiste (Mp) était arrivée à son crépuscule devraient certainement revoir leur position. Celui qui passait en 92 pour être "le chasseur du lion", fauve qu’incarnait à l’occasion de la Présidentielle de cette année là le candidat du Rdpc, Paul Biya ("L’homme lion"), n’avait tout simplement pas encore dit son dernier mot.. Tête de liste à Wouri- Centre et dans la circonscription électorale de Douala 1er, celui que les Deido appellent affectueusement "Jacky" devrait s’en tirer avec au moins un siège à l’Assemblée nationale. Il peut d’ores et déjà envisager sa 1ère entrée à l’hémicycle.

Quinze années après la Présidentielle d’octobre 92, les Camerounais se souviennent certainement de ses sorties médiatiques, de ses coups de gueule, ses figures de style… son courage à défier "l’homme lion". Résultats des courses, après trois prestations radiodiffusées et télévisées, le Deido boy avait été interdit d’antenne. De toutes les façons, la "grosse gueule" de l’opposition de l’époque avait déjà réussi son coup, ne pas passer inaperçu. Lui, le transfuge du Rdpc dont la démission de la section Rdpc du Wouri avait constitué un coup d’éclat et de courage.

Absent à la Présidentielle de 1997, Jean Jacques Ekindi refait surface à la faveur des législatives et municipales en 2002 avec pour slogan de campagne, "Les morts ne sont pas morts". Il sera à nouveau sur la ligne de départ en 2004, pour les Présidentielles bien que ses résultats lors des consultations auxquelles il a pris part soit peu élogieux. Après une tentative vaine de conduire le Front des forces alternatives, une coalition de "petits partis de l’opposition", il désistera à la veille du scrutin au profit de John Fru Ndi du Sdf. L’administration maintiendra quand même ses bulletins dans les bureaux de vote.
Politicien au parcours singulier, Jean Jacques Ekindi, né en janvier 1945 à Douala est ingénieur diplômé de deux prestigieuses écoles, Ecole polytechnique et Ecole des mines, toutes à Paris en France. Etudiant, celui qui est vice- président de l’Union nationale des étudiants Kamerunais (Unek), mouvement proche de l’Upc en exil, prend part à une session de la commission nationale des bourses en 1970 à Yaoundé. Jugé "subversif", il va écoper de 16 mois de prison ferme sous le régime du président Amadou Ahidjo. Son incarcération aux côtés de Mgr Ndogmo, Ernest Ouandié, Célestin Takala, Wamba le Courant…va renforcer sa flamme pour la politique.

Politique
Rentré définitivement au Cameroun en 1978, Jean Jacques Ekindi décide de s’engager véritablement en politique en 1985 avec la naissance du Rdpc. Juste quelques semaines de militantisme pour voir le "jeune loup" prendre la tête de la section départementale du Rdpc dans le Wouri. Membre suppléant au comité central de ce parti, cette irruption dans la "cour des grands" lui vaudra parfois des coups bas. Tête de liste Rdpc en 1987 pour diriger la mairie de Douala 1er, contre toute attente, le sommet du parti lui préfère Dooh Priso, son colistier. Pareil en 1988 lorsqu’il est écarté de "sa" liste lors des législatives pour une "banale histoire" de cumul de fonctions.

A l’époque il se dit que l’homme est très apprécié par Paul Biya, président de la République qui aurait d’ailleurs par personne interposée tenter de renouer le contact avec le "chasseur du Lion", plus d’une fois, depuis son passage à l’opposition. Sur la base de ce qui précède, quand on évoque son entrée possible au gouvernement, il se contente d’indiquer que "ce n’est pas à l’ordre du jour, attendons que le contentieux électoral soit vidé".
En 1990, il succède à lui- même à la présidence de la section Rdpc du Wouri face à Albert Nzogang, président des "Rénovateurs fondamentalistes", un courant politique au sein du Rdpc mis en place pour fragiliser le courant des "Forces progressistes" dirigé par Jean Jacques Ekindi.
Entre temps, le vent de la démocratie souffle, la rue est en effervescence, le pouvoir tremble… Des marches baptisées, "Non au multipartisme" sont partout organisées. Contre toute attente, Jean Jacques Ekindi, président des "Forces progressistes" soutient l’action et prend la tête des démonstrations à Douala! Pourtant, quelques mois plus tard, à l’étroit au sein du Rdpc, Jean Jacques Ekindi qui quitte le navire Rdpc. Pas pour rejoindre de l’Upc, un parti au sein duquel il a milité alors qu’il se trouvait encore en France.

Pour marquer son retour dans l’opposition, il crée son propre parti en 1991, le "Mouvement progressiste". Ce qui lui vaudra quelques déconvenues au rang desquelles, la "Fessée nationale souveraine" qu’il reçoit en compagnie d’autres leaders de l’opposition et de la société civile. Leur crime, une marche pour revendiquer la "Conférence nationale souveraine" au nom du Directoire, rassemblement des partis de l’opposition dont il était secrétaire général.
Plus tard le Directoire va voler en éclats. De Jean Jacques Ekindi va germer une nouvelle idée, le Rassemblement pour la nouvelle République (Rpr) pour essayer de fédérer les forces du changement dans le cadre d’un "Grand parti politique", une idée très chère à lui. C’est ainsi que l’on le verra dans des alliances, des pactes, des contrats… avec plus ou moins de succès aux cotés de l’Ufdc de Hameni Bieleu, du Sdf de John Fru Ndi… Et, une convention, la dernière pour l’instant signée avec l’Udc de Adamou Ndam Njoya le 18 juillet 2007 à Douala en prélude au double scrutin du 22 juillet dernier. "Toujours est-il que cette dynamique reste ouverte à tous ceux qui pourront suivre notre rythme et adhérer à notre marche vers la construction de la nation", avait expliqué les bras ouverts Jean Jacques Ekindi qui caresse toujours le rêve d’une nouvelle dynamique de l’opposition camerounaise.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.