Les bons points du Cameroun
Industries extractives :
Les progrès du Cameroun dans la gestion transparente des ressources extractives ont été salués.
Peter Eigen, président du conseil d’administration de l’Initiative de transparence dans les industries extractives (Eiti), arrivé au Cameroun jeudi soir est reparti samedi dernier après un séjour riche en activités. Essimi Menye, ministre des Finances, a confié que sa visite avait pour objet d’apprécier le niveau d’application des principes Itie au Cameroun. Un niveau jugé encourageant par l’illustre visiteur. On en veut pour preuve, la validation de quatre points sur les 18 énoncés dans le processus de mise en œuvre des principes Eiti. L’engagement du pays se traduit déjà par son adhésion depuis mars 2005 à cette initiative. Cela signifie qu’une déclaration publique de ses intentions a été faite. Le gouvernement s’est également engagé à travailler avec la société civile et les entreprises. Il a nommé une personne pour superviser la mise en œuvre de l’Eiti et surtout, un plan de travail a été publié et il contient des objectifs mesurables, et un échéancier de mise en œuvre.
A bien y regarder, on s’aperçoit que le Cameroun a validé plus que quatre points. Le point N° 5 de l’énoncé par exemple, qui concerne la création d’une commission de parties prenantes devant veiller à la mise en œuvre de l’Itie. Il en est de même des points N° 6 et 7 qui concernent la participation de la société civile et des entreprises au processus. On peut même encore citer le point 13 parce qu’il est certain que le gouvernement a pris des mesures pour que les rapports soient basés sur des comptes audités. Mais tout ceci ne peut être agréé qu’après une enquête dûment menée au sein de la société.
Me Akeré Muna dont on connaît la liberté de ton reconnaît aussi le progrès du Cameroun. « Cet énorme progrès constaté se traduit par la publication des chiffres des ressources pétrolières. On se souvient qu’à une époque, cela relevait du tabou », déclare-t-il. Dans son argumentaire, il explique que le Cameroun n’est qu’en début de processus et qu’il est mieux engagé par rapport à certains grands pays producteurs du continent.
A ce jour, le Cameroun a publié deux rapports portant sur les périodes 2001-2004 et 2006. Ce sont des rapports de conciliation des chiffres et des volumes. Dans ces documents, le comité national tripartite Itie s’assure que les quantités de minerais ou de pétrole exploitées par les compagnies sont celles qui sont effectivement déclarées. « Avec cette nouvelle vision dans la production des rapports, pense Dieudonné Kimaka, membre du comité national Itie, on pourrait rattraper les points qui restent ».
Les interventions indépendantes du gouvernement, la société civile, les entreprises et l’action du cabinet international permettent de recueillir les divers sons de cloche autour de la qualité de la transparence et d’en tirer les conclusions. L’inquiétude notée sur le dossier Cameroun vient de ce que le comité local n’a encore ni local, ni budget, ni personnel propres. Le ministre délégué auprès du ministre des Finances, Pierre Titti, a promis que ce problème sera bientôt résolu.
Jeanine FANKAM


Les amoureux de Soul Makossa pourraient se montrer répulsifs à la première écoute de l’album. Sur l’ensemble des quatorze titres, Manu Dibango n’a consacré qu’un seul, "Cousin Bechet Blues", au rythme qui l’a révélé à travers le monde. Mais pouvait-il en être autrement ? Le titre de l’album parle en effet de lui-même : "Manu Dibango joue Sidney Bechet". Comme quoi, le célèbre saxophoniste a choisi de revêtir la peau d’un bâtisseur du Jazz, Sidney Bechet, clarinettiste, saxophoniste et compositeur américain décédé le 14 mai 1959 à l’âge de 62 ans, à qui il rend longuement hommage. Une vénération, presque, pour celui que l’on dit être "à l’origine de la première critique de jazz un peu sérieuse".