Les acteurs et autres comédiens opérant dans l’univers du cinéma camerounais, connaissent des fortunes diverses, en ce qui est des cachets perçus auprès des promoteurs du septième art. –
" Moi je fais partie de ceux qui tournent pour rien au Cameroun ", indique Mme Blanche Bilongo, actrice de cinéma. Cette comédienne, sans dire exactement et clairement ce qu’elle perçoit comme cachet toutes les fois que ses services ont été sollicités pour le tournage d’un film, laisse planer un mystère sur la qualité des cachets versés aux comédiens, par les promoteurs du cinéma au Cameroun. Pour elle, comme pour bon nombre de comédiens approchés, le Cameroun n’est pas un modèle en matière de paiement des acteurs. Les salaires versés aux acteurs ressemblent à de l’aumône si l’on s’en tient à ce qui se fait sous d’autres cieux.
Certains comédiens comme Mme Geneviève Bounya Epée, Bibi Kouo de son nom d’artiste, tout est fonction des termes du contrat qui lie l’acteur au producteur, au réalisateur ou au manager du film. "Lorsqu’un producteur ou toute autre personne chargée de contacter les comédiens devant faire partie du tournage s’adresse à un acteur, la première chose qu’on exige c’est un contrat. Sur ce contrat, suivant votre rôle dans le film, on doit clairement ressortir le montant global du cachet de tournage, les frais de première projection, définir le processus de paiement les droits mécaniques de l’acteur, c’est-à-dire indiquer si c’est à la société des droits des artistes concernée qu’on versera vos droits ou alors, si cela le sera directement", explique la comédienne. En dehors de ces aspects, les conditions de tournage doivent également faire l’objet d’une définition explicite. Le transport, l’hébergement, la restauration, très souvent reviennent à la charge de l’équipe de tournage.
Malgré toutes ces précautions, les acteurs restent malheureusement très sous-payés, à cause de la modicité des budgets alloués aux productions cinématographiques du pays. " Dans le cadre du film les blessures inguérissables, la réalisatrice par le biais de la personne qui était chargée de contacter les acteurs, a sollicité une aide de ma part. j’ai accepté parce que c’était une petite qui se débrouille, qu’il faut encourager, et qui est à ses débuts. Mais ce que j’ai eu ne représente pas la moitié de ce que la maquilleuse a reçu, ni ce que certains acteurs qui n’ont pas ma renommée ont perçu ", précise Mme Geneviève Bounya Epée, qui souligne que pour son rôle dans ce film, elle n’a eu que 100 000Fcfa représentant son cachet, pendant que la maquilleuse et sa trousse de maquillage s’en tiraient avec 650.000Fcfa. Elle indique également que la renommée suffit pour exploser le cachet d’un acteur, même si ce dernier intervient très peu dans le film.
Pour toutes ses raisons et bien d’autres, les comédiens préfèrent se mettre à l’heure de la télévision avec les séries et les téléfilms. De ce côté, les acteurs sont payés rubis sur l’ongle, et souvent de manière honorable. "A la télévision, on vous paie par jour de tournage. S’il arrive qu’il y ait des contretemps au moment du tournage, le cachet est payé. Et même si ce n’est pas encore tout à fait ce à quoi on s’attend, la télé paie mieux ". Mme Blanche Bilongo se souvient par exemple avoir gagné beaucoup d’argent, en dehors de la célébrité, sur le plateau du feuilleton "N’taphil". Les chiffres avancés ici oscillent entre et 50 000Fcfa et 70 000Fcfa pour un acteur principal et 40000Fcfa et 35000Fcfa, pour les rôles secondaires.
Sur le plan international, et davantage en Europe, les cachets pour les petits rôles à la télé, sont compris entre 1000 et 2000 euros. Dans les grandes productions, les acteurs principaux ont droit à 20 ou 25% du budget global du film, ainsi de suite. Pour les acteurs du pays, il serait temps que les hommes de cinéma en arrivent à pratiquer les cachets permettant d’accéder à un rythme de vie acceptable d’une part, et qu’ils apprennent à faire des stars comme le fait déjà le Nigeria.
Pierre Célestin Atangana
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