Florence-Béal Nénakwé : Couleurs de femmes et d’Afrique
Tel est le crédo de ce peintre camerounais dont le génie a failli être étouffé.
Brice R. Mbodiam Source : Grioo.com – A en croire son interview récemment publié sur le site Grioo.com, Florence Béal-Nénakwé, jeune peintre camerounaise installée en France depuis 1991, a des aptitudes pour le dessin d’art depuis sa tendre enfance. Elle se souvient, en effet, qu’elle s’amusait à reproduire à travers "des dessins bizzares", tout ce qu’elle observait au sein de la chefferie de Bangangté où la jeune fille allait rendre visite à sa tante, l’une des épouses du chef. Mais, très tôt, elle va connaître ce mépris-là que nombre de Camerounais manifestent encore vis à vis des artistes, souvent considérés comme des vauriens, des gens qui font des choses insensées. "Les moqueries de mes jeunes camarades vis à vis de mes dessins aux formes bizarres m’a poussé à me renfermer sur moi-même et à ne plus communiquer par le dessin. A cette époque, j’ai arrêté de dessiner", révèle-t-elle.
Florence se réfugie alors dans la couture. Mais, les robes qu’elles confectionnent traduisent son génie pour l’agencement des couleurs. Ces créations sont très appréciées, mais , avoue-t-elle, Florence "ressent toujours un vide autour [d’elle]". La native de Bangangté est convaincu de ce que quelque chose lui manque : "cela ne comblait pas mon besoin de création". La voie vers l’accomplissement de ce besoin tant recherché va lui être revelée par un de ses amis, qui, un jour, lui demande si "elle avait déjà eu envie de peindre". C’était en 1996. Et, "à force de me relancer sur ce sujet, je me suis remis à dessiner et à peindre", confie-t-elle..
D’abord, elle le fait parallèlement à d’autres activités. Avant de décider de s’y consacrer entièrement depuis trois ans. Aujourd’hui âgée de 34 ans, Florence Béal-Nénakwé veut rattraper le temps perdu à cause des moqueries de ces camarades. Des frustrations qui, pense l’artiste, sont devenues "le moteur de [sa] création artistique", caractérisée par une profusion de formes et de couleurs. Et se rapportant toujours aux mêmes thèmes : "la vie, la douceur, la paix, la liberté et la fraternité", dénombre-t-elle.
Autant de valeurs chers à l’Afrique et aux femmes, aux quelles Florence rend hommage à travers ses tableaux. "La femme est un sujet très présent dans mes oeuvres parce qu’en Afrique elle est le pivot de la famille et que j’ai grandi au milieu des femmes (…) L’Afrique c’est la couleur. Les nombreuses couleurs utilisées sont un parallèle avec la multitude d’hommes qui peuplent la Planète, pour souligner que la couleur de l’être humain n’est pas importante", déclare-t-elle. Cette philosophie, Florence Nénakwé la partage à travers diverses expositions organisées dans les galeries européennes. Jusqu’au 2 septembre prochain, ses oeuvres sont présentes à l’exposition "Mygale blue", qui regroupe les artistes africains contemporains à la galerie Koussam, dans la ville française de Cannes.
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