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Paul Biya récompense les militaires

Bakassi : Récompense en colonne par un


Paul Biya a signé hier une série de textes au bénéfice de l’ensemble des forces de défense.
Alain B. Batongué


Dans le timing désormais rituel qui entoure les actes considérés comme majeurs du président de la République, les stratèges ont choisi hier d’attendre l’annonce officielle du départ de Paul Biya pour un séjour privé en Europe, pour officialiser des actes qu’il venait de prendre au bénéfice des différents personnels militaires ayant pris part aux diverses opérations militaires sur la presqu’île de Bakassi depuis le déclenchement des hostilités en 1993 jusqu’à la cérémonie officielle de rétrocession de l’autorité au Cameroun, le 14 août dernier à Calabar.

La série de textes s’est ainsi ouverte par ce message adressé au ministre délégué chargé de la Défense, Remy Ze Meka à travers lequel Paul Biya envoie des félicitations aux forces de défense camerounaises qui se seront particulièrement distinguées dans les différentes opérations à la presqu’île de Bakassi, dans le cadre de la gestion du différend frontalier qui nous aura opposés, près de 15 ans durant, au voisin nigérian. Pour Paul Biya, dont ce message de félicitation spécifique venait à la suite d’un autre, adressé la semaine dernière à l’ensemble des citoyens et aux pays amis, les militaires camerounais se sont singularisés par un sens aigu du devoir, " un devoir allant parfois jusqu’au sacrifice suprême ". D’où son désir de leur " témoigner [sa] totale et entière satisfaction " et, en même temps, demander au ministre chargé de la défense de faire ériger des monuments et stèles en la mémoire des soldats tombés sur le champ d’honneur.

Les textes proprement dits sont une série de décrets et d’arrêtés qui matérialisent cette reconnaissance du chef de l’Etat aux diverses actions et actes posés par les forces de défense nationale. D’abord, un décret qui décerne aux forces de défense nationale la médaille de la Vaillance de l’ordre de la nation. Il indique, selon des sources militaires, la haute appréciation que le chef suprême des forces armées a eu de la manière dont a été géré ce dossier par les militaires. Le second décret, toujours de portée générale, parce que concernant toutes les forces de défense nationale, octroie une bonification de 25 points par année de service, à concurrence de 5 ans pour les officiers et de 3 ans pour le personnel non officier. Il s’agit d’une mesure aux effets financiers concrets, qui sera matérialisée pour les personnels bénéficiaires au moment du traitement des avancements en grade, et qui se traduira par des rappels d’argents en espèces sonnantes et trébuchantes.

Les autres textes du président Paul Biya sont plus spécifiques aux personnels militaires ayant directement participé, de près ou de loin, aux différentes opérations de Bakassi entre le 1er décembre 1993 et le 14 août 2008. Un décret porte bonification de deux années supplémentaire de service à ces personnels concernés, et un autre porte remise de sanctions disciplinaires aux mêmes personnels. Pour certains, il s’agit de remises en totalité, pour d’autres de remises partielles, et pour d’autres enfin de remises sur appréciation de la haute hiérarchie de l’armée. Il s’agit, selon de nos sources, de créer un climat apaisée au sein de nos forces de défense nationale, particulièrement caractérisées par une indiscipline généralisée. Précision de taille, tous ces avantages seront octroyés aux personnels militaires à l’exception de ceux qui sont sous le coup de condamnations pour faute grave, détournements de deniers publics, viol, abus de confiance, escroquerie, coups et blessures ayant entraîné mort d’homme, participation au grand banditisme.

Suivisme
Deux arrêtés viennent mettre fin à la série de textes pris hier par le président de la République. Le premier porte attribution de fourragères aux forces de l’opération delta, toutes les formations et unités de combat ayant servi à Bakassi pendant la même période. La fourragère, précisent nos sources, " se met à l’épaule gauche, passant sous le galon et sous l’aisselle pour venir s’arrimer sur le bouton central de la chemise. Elle ne doit pas être confondue avec les aiguillettes, généralement portées par les officiers supérieurs de notre armée, qui se mettent à l’épaule droite et qui sont de couleur jaune, avec des embouts dorés ". Enfin, le chef de l’Etat a décidé que désormais soit célébrée, chaque 14 août, une journée de souvenir des Forces de défense nationale.

Les premiers commentaires reçus de quelques sources proches des forces de défense nationale sont positifs. Même si on précise que Paul Biya fait suite à des mesures similaires déjà prises par son homologue nigérian, Umaru Yar’Adua, en faveur de ses propres forces de défense dont il s’est félicité de la bravoure et du professionnalisme. Et qu’elles ont été prises à la suite de propositions faites par Remy Ze Meka, à qui Paul Biya a demandé des suggestions pour marquer sa reconnaissance à la manière dont a été gérée le conflit de Bakassi, en dépit de nombreux errements et de quelques fautes graves.
L’autre commentaire concerne la manière dont sera implimentée cette mesure présidentielle par le ministre en charge de la Défense et ses principaux collaborateurs, notamment le troisième bureau de l’Etat major des bataillons (mer, air et terre), le fameux B3 habituellement chargé de la planification des opérations et des études et qui, en théorie, détient toutes les statistiques, tous les calendriers des opérations et qui devrait procéder au recensement d’usage devant aboutir à la publication des listes des heureux bénéficiaires des mesures présidentielles.

Comment faire pour que la mafia n’entre pas dans la gestion finale des différents fichiers. Saura-t-on mettre effectivement de côté tous ceux qui sont concernés par les sanctions diverses relevées par les décrets du président de la République ? Que fera-t-on de tous les militaires, officiers ou non, qui multipliaient les "Modèle8", sorte de certificat médical justifiant leur indisponibilité à se rendre à Bakassi et qui en principe sont exclus du champ des bénéficiaires des mesures, mais qui voudront venir partager les largesses du président ? Autant de questions dont les réponses permettront de tester de degré de crédibilité qui reste encore aux responsables de nos forces de défense nationale.

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Bakassi : Récompense en colonne par un


Paul Biya a signé hier une série de textes au bénéfice de l’ensemble des forces de défense.
Alain B. Batongué


Dans le timing désormais rituel qui entoure les actes considérés comme majeurs du président de la République, les stratèges ont choisi hier d’attendre l’annonce officielle du départ de Paul Biya pour un séjour privé en Europe, pour officialiser des actes qu’il venait de prendre au bénéfice des différents personnels militaires ayant pris part aux diverses opérations militaires sur la presqu’île de Bakassi depuis le déclenchement des hostilités en 1993 jusqu’à la cérémonie officielle de rétrocession de l’autorité au Cameroun, le 14 août dernier à Calabar.

La série de textes s’est ainsi ouverte par ce message adressé au ministre délégué chargé de la Défense, Remy Ze Meka à travers lequel Paul Biya envoie des félicitations aux forces de défense camerounaises qui se seront particulièrement distinguées dans les différentes opérations à la presqu’île de Bakassi, dans le cadre de la gestion du différend frontalier qui nous aura opposés, près de 15 ans durant, au voisin nigérian. Pour Paul Biya, dont ce message de félicitation spécifique venait à la suite d’un autre, adressé la semaine dernière à l’ensemble des citoyens et aux pays amis, les militaires camerounais se sont singularisés par un sens aigu du devoir, " un devoir allant parfois jusqu’au sacrifice suprême ". D’où son désir de leur " témoigner [sa] totale et entière satisfaction " et, en même temps, demander au ministre chargé de la défense de faire ériger des monuments et stèles en la mémoire des soldats tombés sur le champ d’honneur.

Les textes proprement dits sont une série de décrets et d’arrêtés qui matérialisent cette reconnaissance du chef de l’Etat aux diverses actions et actes posés par les forces de défense nationale. D’abord, un décret qui décerne aux forces de défense nationale la médaille de la Vaillance de l’ordre de la nation. Il indique, selon des sources militaires, la haute appréciation que le chef suprême des forces armées a eu de la manière dont a été géré ce dossier par les militaires. Le second décret, toujours de portée générale, parce que concernant toutes les forces de défense nationale, octroie une bonification de 25 points par année de service, à concurrence de 5 ans pour les officiers et de 3 ans pour le personnel non officier. Il s’agit d’une mesure aux effets financiers concrets, qui sera matérialisée pour les personnels bénéficiaires au moment du traitement des avancements en grade, et qui se traduira par des rappels d’argents en espèces sonnantes et trébuchantes.

Les autres textes du président Paul Biya sont plus spécifiques aux personnels militaires ayant directement participé, de près ou de loin, aux différentes opérations de Bakassi entre le 1er décembre 1993 et le 14 août 2008. Un décret porte bonification de deux années supplémentaire de service à ces personnels concernés, et un autre porte remise de sanctions disciplinaires aux mêmes personnels. Pour certains, il s’agit de remises en totalité, pour d’autres de remises partielles, et pour d’autres enfin de remises sur appréciation de la haute hiérarchie de l’armée. Il s’agit, selon de nos sources, de créer un climat apaisée au sein de nos forces de défense nationale, particulièrement caractérisées par une indiscipline généralisée. Précision de taille, tous ces avantages seront octroyés aux personnels militaires à l’exception de ceux qui sont sous le coup de condamnations pour faute grave, détournements de deniers publics, viol, abus de confiance, escroquerie, coups et blessures ayant entraîné mort d’homme, participation au grand banditisme.

Suivisme
Deux arrêtés viennent mettre fin à la série de textes pris hier par le président de la République. Le premier porte attribution de fourragères aux forces de l’opération delta, toutes les formations et unités de combat ayant servi à Bakassi pendant la même période. La fourragère, précisent nos sources, " se met à l’épaule gauche, passant sous le galon et sous l’aisselle pour venir s’arrimer sur le bouton central de la chemise. Elle ne doit pas être confondue avec les aiguillettes, généralement portées par les officiers supérieurs de notre armée, qui se mettent à l’épaule droite et qui sont de couleur jaune, avec des embouts dorés ". Enfin, le chef de l’Etat a décidé que désormais soit célébrée, chaque 14 août, une journée de souvenir des Forces de défense nationale.

Les premiers commentaires reçus de quelques sources proches des forces de défense nationale sont positifs. Même si on précise que Paul Biya fait suite à des mesures similaires déjà prises par son homologue nigérian, Umaru Yar’Adua, en faveur de ses propres forces de défense dont il s’est félicité de la bravoure et du professionnalisme. Et qu’elles ont été prises à la suite de propositions faites par Remy Ze Meka, à qui Paul Biya a demandé des suggestions pour marquer sa reconnaissance à la manière dont a été gérée le conflit de Bakassi, en dépit de nombreux errements et de quelques fautes graves.
L’autre commentaire concerne la manière dont sera implimentée cette mesure présidentielle par le ministre en charge de la Défense et ses principaux collaborateurs, notamment le troisième bureau de l’Etat major des bataillons (mer, air et terre), le fameux B3 habituellement chargé de la planification des opérations et des études et qui, en théorie, détient toutes les statistiques, tous les calendriers des opérations et qui devrait procéder au recensement d’usage devant aboutir à la publication des listes des heureux bénéficiaires des mesures présidentielles.

Comment faire pour que la mafia n’entre pas dans la gestion finale des différents fichiers. Saura-t-on mettre effectivement de côté tous ceux qui sont concernés par les sanctions diverses relevées par les décrets du président de la République ? Que fera-t-on de tous les militaires, officiers ou non, qui multipliaient les "Modèle8", sorte de certificat médical justifiant leur indisponibilité à se rendre à Bakassi et qui en principe sont exclus du champ des bénéficiaires des mesures, mais qui voudront venir partager les largesses du président ? Autant de questions dont les réponses permettront de tester de degré de crédibilité qui reste encore aux responsables de nos forces de défense nationale.

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La série de textes s’est ainsi ouverte par ce message adressé au ministre délégué chargé de la Défense, Remy Ze Meka à travers lequel Paul Biya envoie des félicitations aux forces de défense camerounaises qui se seront particulièrement distinguées dans les différentes opérations à la presqu’île de Bakassi, dans le cadre de la gestion du différend frontalier qui nous aura opposés, près de 15 ans durant, au voisin nigérian. Pour Paul Biya, dont ce message de félicitation spécifique venait à la suite d’un autre, adressé la semaine dernière à l’ensemble des citoyens et aux pays amis, les militaires camerounais se sont singularisés par un sens aigu du devoir, " un devoir allant parfois jusqu’au sacrifice suprême ". D’où son désir de leur " témoigner [sa] totale et entière satisfaction " et, en même temps, demander au ministre chargé de la défense de faire ériger des monuments et stèles en la mémoire des soldats tombés sur le champ d’honneur.

Les textes proprement dits sont une série de décrets et d’arrêtés qui matérialisent cette reconnaissance du chef de l’Etat aux diverses actions et actes posés par les forces de défense nationale. D’abord, un décret qui décerne aux forces de défense nationale la médaille de la Vaillance de l’ordre de la nation. Il indique, selon des sources militaires, la haute appréciation que le chef suprême des forces armées a eu de la manière dont a été géré ce dossier par les militaires. Le second décret, toujours de portée générale, parce que concernant toutes les forces de défense nationale, octroie une bonification de 25 points par année de service, à concurrence de 5 ans pour les officiers et de 3 ans pour le personnel non officier. Il s’agit d’une mesure aux effets financiers concrets, qui sera matérialisée pour les personnels bénéficiaires au moment du traitement des avancements en grade, et qui se traduira par des rappels d’argents en espèces sonnantes et trébuchantes.

Les autres textes du président Paul Biya sont plus spécifiques aux personnels militaires ayant directement participé, de près ou de loin, aux différentes opérations de Bakassi entre le 1er décembre 1993 et le 14 août 2008. Un décret porte bonification de deux années supplémentaire de service à ces personnels concernés, et un autre porte remise de sanctions disciplinaires aux mêmes personnels. Pour certains, il s’agit de remises en totalité, pour d’autres de remises partielles, et pour d’autres enfin de remises sur appréciation de la haute hiérarchie de l’armée. Il s’agit, selon de nos sources, de créer un climat apaisée au sein de nos forces de défense nationale, particulièrement caractérisées par une indiscipline généralisée. Précision de taille, tous ces avantages seront octroyés aux personnels militaires à l’exception de ceux qui sont sous le coup de condamnations pour faute grave, détournements de deniers publics, viol, abus de confiance, escroquerie, coups et blessures ayant entraîné mort d’homme, participation au grand banditisme.

Suivisme
Deux arrêtés viennent mettre fin à la série de textes pris hier par le président de la République. Le premier porte attribution de fourragères aux forces de l’opération delta, toutes les formations et unités de combat ayant servi à Bakassi pendant la même période. La fourragère, précisent nos sources, " se met à l’épaule gauche, passant sous le galon et sous l’aisselle pour venir s’arrimer sur le bouton central de la chemise. Elle ne doit pas être confondue avec les aiguillettes, généralement portées par les officiers supérieurs de notre armée, qui se mettent à l’épaule droite et qui sont de couleur jaune, avec des embouts dorés ". Enfin, le chef de l’Etat a décidé que désormais soit célébrée, chaque 14 août, une journée de souvenir des Forces de défense nationale.

Les premiers commentaires reçus de quelques sources proches des forces de défense nationale sont positifs. Même si on précise que Paul Biya fait suite à des mesures similaires déjà prises par son homologue nigérian, Umaru Yar’Adua, en faveur de ses propres forces de défense dont il s’est félicité de la bravoure et du professionnalisme. Et qu’elles ont été prises à la suite de propositions faites par Remy Ze Meka, à qui Paul Biya a demandé des suggestions pour marquer sa reconnaissance à la manière dont a été gérée le conflit de Bakassi, en dépit de nombreux errements et de quelques fautes graves.
L’autre commentaire concerne la manière dont sera implimentée cette mesure présidentielle par le ministre en charge de la Défense et ses principaux collaborateurs, notamment le troisième bureau de l’Etat major des bataillons (mer, air et terre), le fameux B3 habituellement chargé de la planification des opérations et des études et qui, en théorie, détient toutes les statistiques, tous les calendriers des opérations et qui devrait procéder au recensement d’usage devant aboutir à la publication des listes des heureux bénéficiaires des mesures présidentielles.

Comment faire pour que la mafia n’entre pas dans la gestion finale des différents fichiers. Saura-t-on mettre effectivement de côté tous ceux qui sont concernés par les sanctions diverses relevées par les décrets du président de la République ? Que fera-t-on de tous les militaires, officiers ou non, qui multipliaient les "Modèle8", sorte de certificat médical justifiant leur indisponibilité à se rendre à Bakassi et qui en principe sont exclus du champ des bénéficiaires des mesures, mais qui voudront venir partager les largesses du président ? Autant de questions dont les réponses permettront de tester de degré de crédibilité qui reste encore aux responsables de nos forces de défense nationale.

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Séverin Cécile Abega : L’adieu des collègues

Après l’hommage académique d’hier, l’anthropologue sera inhumé demain dans son village natal.
Parfait Tabapsi (Stagiaire) –




" De mémoire d’enseignant dans cette université, jamais pareil hommages n’ont été organisées depuis sa création ". C’est par ce propos qu’un enseignant, entre deux pleurs, a achevé son hommage au professeur Abéga. Dans cet amphithéâtre où le défunt avait ses habitudes ; où il avait édifié nombre de ses étudiants dans des communications qui sont restées inoubliables pour beaucoup d’entre eux présents à l’heure de saluer la mémoire de leur enseignant.
Dans cet amphi donc, les étudiants côtoyaient la famille du défunt, leurs enseignants et de nombreux curieux accourus par cette cérémonie qui restera pour le moins inoubliable. Dans une atmosphère où il était impossible de se frayer un chemin tant les recoins les plus cachés avaient été pris d’assaut. A la table, toute la hiérarchie de l’Université catholique d’Afrique centrale qui l’a accueilli quinze années durant, s’était installée.

Avec pas loin des invités de marque comme l’attaché culturel Jean Michel Kasbarian de l’ambassade de France. Une cérémonie qui aura vu les professeurs Mbondji Edjenguélé et Jean Didier Boukoungou dire combien leur collègue était d’une " rigueur, d’un sens de l’humour " hors du commun.
Lui qui a su plus que d’autres égayer son entourage de petites histoires qui enchantaient ceux qui l’écoutaient. Avant que plus loin, le deuxième n’ajoute même que le collègue avait mis sa vie au sens de la connaissance et de la beauté ; qu’il était " l’une des figures les plus illustres de notre temps et de notre université ". Les uns et les autres pouvaient alors laisser éclater des sanglots longtemps contenus. Pour sa part, la veuve dans son voile blanc restait calme, rentrant sans doute sa douleur que ses traits tirés pouvaient laisser entrevoir. A ses côtés, les orphelins semblaient tout autant dignes, eux qui ne réalisent sans doute pas encore l’absence qu’ils vont devoir supporter pour le restant de leur vie en cette terre.

Pleurs
Avant l’hommage académique et la messe qui l’a précédé en ce campus de la montagne des fourmis (c’est la signification de Nkolbisson), une foule nombreuse s’était tout autant donné rendez-vous à l’Hôpital Gynéco-obstétrique à l’autre bout de la capitale le matin. Prévue et commencée à l’heure, la levée du corps a finalement duré une soixantaine de minutes. Le temps que les uns et les autres puissent se rendre compte que le professeur Abega s’en était effectivement allé. Lui qui semblait devoir encore des comptes, notamment en termes de création littéraire et de recherche scientifique, à cette terre qu’il était prêt à butiner encore et encore. Il était couché là sur son catafalque dans un costume beige qui ne masquait pourtant pas son visage déterminé et luisant. Il semblait dire à ceux qui lui défilaient tout autour trente minutes durant qu’il ne partait pas, mais effectuait seulement une mue vers un monde où il aurait une vue plongeante sur celui qu’il venait de quitter et qui ne lui aura pris au final que cinquante deux ans. Des pleurs, il y en a aussi eu, sans qu’ils ne traînent pourtant en longueur. Surtout que le programme prévoit une veillée d’adieu en son domicile de Yaoundé avant le départ pour Ntom-Lebel par Sa’a. Il pourra alors rejoindre tranquillement les siens dans la nuit de l’éternité. Ce sera demain à 15 heures précises.

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