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Police judiciaire : Confrontation entre Meva’a M’Eboutou et Henri Engoulou



Les deux anciens ministres étaient face à face vendredi dernier pour parler de la liquidation de l’ex Oncpb et le paiement d’honoraires à un avocat.
Junior Binyam


Que faisaient Michel Meva’a M’Eboutou, ancien ministre des Finances et du Budget, et Henri Engoulou, ancien ministre délégué auprès du ministre des Finances chargé du budget et ancien secrétaire général dans ledit ministère, à la direction de la police judiciaire à Yaoundé vendredi dernier ? Surtout que rien n’a filtré dans la presse notamment sur ces convocations de personnes ayant eu à connaitre de la gestion de la fortune publique ces dernières années. Même si ce n’est pas la première fois qu’on y apercevait Henri Engoulou, il a tenu à arriver en toute discrétion et décontraction à la sous-direction des enquêtes économiques qui a polarisé l’attention du pays tout entier depuis le mois d’avril, avant de voir la ferveur retombée et se déporter vers les bureaux des juges d’instruction au tribunal de grande instance du Mfoundi.

Pour l’occasion, Michel Meva’a M’Eboutou n’a pas dérogé à sa nature quelque peu taciturne. Un peu malgré lui, il avait été mis au devant de l’actualité après une visite des braqueurs à son domicile dans son village Biboulemam dans la nuit du 21 au 22 août dernier. Ceux-ci avaient emporté des malles remplis de billets de banque selon la chronique mondaine. Mais selon la victime, il s’agissait d’effets vestimentaires et quelques objets de valeur ramenés des multiples voyages effectués à l’étranger dans le cadre des différentes missions que lui imposaient les hautes fonctions qu’il a occupées dans l’administration publique.

Selon nos informations, c’est autour de 10 heures que les deux anciens ministres sont arrivés dans les locaux de la Pj à Elig-Essono. Ils y sont restés jusqu’autour de 17h pour une confrontation relative à la liquidation de l’Office national de commercialisation des produits de base (Oncpb). Notamment le recouvrement d’une créance de quatre milliards de francs Cfa due par la Bicec à l’Oncpb. Pour ramener cet argent dans les caisses de l’Etat, Michel Meva’a M’Eboutou avait constitué Me Lydienne Eyoum, avocat au barreau du Cameroun. Cette dernière se serait acquittée de son contrat en s’assurant du transfert des fonds, à coup de décisions de justice, des caisses de cette banque commerciale à celles du trésor public, avec un transit par son compte personnel, rapporte une source introduite.

Akame Mfoumou
En plus de cette démarche qui laisse songeur, le montant versé en guise d’honoraires à l’avocat est présenté comme n’ayant aucune proportion avec le travail fourni. Toutes choses qui méritent d’être élucidées. Des sources parlent de deux milliards de francs Cfa payés à Me Lydienne Eyoum à l’instigation de Michel Meva’a M’Eboutou pour cette affaire là et d’autres prestations. Henri Engoulou, qui était secrétaire général du ministère des Finances et du Budget avait la responsabilité d’assurer les diligences. On subodore que la confrontation intervient du fait de zones d’ombre qui existeraient dans les dépositions des deux anciens ministres.
Un avocat que nous avons contactés hier et qui reconnait avoir une "connaissance minimale" du dossier soutient que les honoraires perçus par sa consœur basée à Douala monte à "un peu moins d’un milliard de francs Cfa" et n’ont même pas été tirés des caisses de l’Etat, mais représentent "les débours et frais d’avocat" que devait verser la Bicec suite aux décisions de justice rendue.

On se souvient que, toujours en rapport avec cette affaire liée à la liquidation de l’Oncpb, Edouard Akame Mfoumou, ministre de l’Economie et des Finances entre décembre 1997 et avril 2001, avait été entendu dans les locaux de la police judiciaire le mardi 13 mai dernier. Le lendemain, 14 mai, c’était au tour d’Henri Engoulou d’être aperçu dans les locaux de la PJ. Ces auditions qui intervenaient quelques semaines après l’arrestation de Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’Economie et des Finances, avaient amené un peu trop hâtivement à établir un lien avec ce dernier.
Mais tout porte à croire qu’il s’agit d’une autre affaire, mettant en scène des acteurs d’un certain calibre, qui n’a pas fini de livrer ses curiosités.

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Les deux anciens ministres étaient face à face vendredi dernier pour parler de la liquidation de l’ex Oncpb et le paiement d’honoraires à un avocat.
Junior Binyam


Que faisaient Michel Meva’a M’Eboutou, ancien ministre des Finances et du Budget, et Henri Engoulou, ancien ministre délégué auprès du ministre des Finances chargé du budget et ancien secrétaire général dans ledit ministère, à la direction de la police judiciaire à Yaoundé vendredi dernier ? Surtout que rien n’a filtré dans la presse notamment sur ces convocations de personnes ayant eu à connaitre de la gestion de la fortune publique ces dernières années. Même si ce n’est pas la première fois qu’on y apercevait Henri Engoulou, il a tenu à arriver en toute discrétion et décontraction à la sous-direction des enquêtes économiques qui a polarisé l’attention du pays tout entier depuis le mois d’avril, avant de voir la ferveur retombée et se déporter vers les bureaux des juges d’instruction au tribunal de grande instance du Mfoundi.

Pour l’occasion, Michel Meva’a M’Eboutou n’a pas dérogé à sa nature quelque peu taciturne. Un peu malgré lui, il avait été mis au devant de l’actualité après une visite des braqueurs à son domicile dans son village Biboulemam dans la nuit du 21 au 22 août dernier. Ceux-ci avaient emporté des malles remplis de billets de banque selon la chronique mondaine. Mais selon la victime, il s’agissait d’effets vestimentaires et quelques objets de valeur ramenés des multiples voyages effectués à l’étranger dans le cadre des différentes missions que lui imposaient les hautes fonctions qu’il a occupées dans l’administration publique.

Selon nos informations, c’est autour de 10 heures que les deux anciens ministres sont arrivés dans les locaux de la Pj à Elig-Essono. Ils y sont restés jusqu’autour de 17h pour une confrontation relative à la liquidation de l’Office national de commercialisation des produits de base (Oncpb). Notamment le recouvrement d’une créance de quatre milliards de francs Cfa due par la Bicec à l’Oncpb. Pour ramener cet argent dans les caisses de l’Etat, Michel Meva’a M’Eboutou avait constitué Me Lydienne Eyoum, avocat au barreau du Cameroun. Cette dernière se serait acquittée de son contrat en s’assurant du transfert des fonds, à coup de décisions de justice, des caisses de cette banque commerciale à celles du trésor public, avec un transit par son compte personnel, rapporte une source introduite.

Akame Mfoumou
En plus de cette démarche qui laisse songeur, le montant versé en guise d’honoraires à l’avocat est présenté comme n’ayant aucune proportion avec le travail fourni. Toutes choses qui méritent d’être élucidées. Des sources parlent de deux milliards de francs Cfa payés à Me Lydienne Eyoum à l’instigation de Michel Meva’a M’Eboutou pour cette affaire là et d’autres prestations. Henri Engoulou, qui était secrétaire général du ministère des Finances et du Budget avait la responsabilité d’assurer les diligences. On subodore que la confrontation intervient du fait de zones d’ombre qui existeraient dans les dépositions des deux anciens ministres.
Un avocat que nous avons contactés hier et qui reconnait avoir une "connaissance minimale" du dossier soutient que les honoraires perçus par sa consœur basée à Douala monte à "un peu moins d’un milliard de francs Cfa" et n’ont même pas été tirés des caisses de l’Etat, mais représentent "les débours et frais d’avocat" que devait verser la Bicec suite aux décisions de justice rendue.

On se souvient que, toujours en rapport avec cette affaire liée à la liquidation de l’Oncpb, Edouard Akame Mfoumou, ministre de l’Economie et des Finances entre décembre 1997 et avril 2001, avait été entendu dans les locaux de la police judiciaire le mardi 13 mai dernier. Le lendemain, 14 mai, c’était au tour d’Henri Engoulou d’être aperçu dans les locaux de la PJ. Ces auditions qui intervenaient quelques semaines après l’arrestation de Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’Economie et des Finances, avaient amené un peu trop hâtivement à établir un lien avec ce dernier.
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Les deux anciens ministres étaient face à face vendredi dernier pour parler de la liquidation de l’ex Oncpb et le paiement d’honoraires à un avocat.
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Que faisaient Michel Meva’a M’Eboutou, ancien ministre des Finances et du Budget, et Henri Engoulou, ancien ministre délégué auprès du ministre des Finances chargé du budget et ancien secrétaire général dans ledit ministère, à la direction de la police judiciaire à Yaoundé vendredi dernier ? Surtout que rien n’a filtré dans la presse notamment sur ces convocations de personnes ayant eu à connaitre de la gestion de la fortune publique ces dernières années. Même si ce n’est pas la première fois qu’on y apercevait Henri Engoulou, il a tenu à arriver en toute discrétion et décontraction à la sous-direction des enquêtes économiques qui a polarisé l’attention du pays tout entier depuis le mois d’avril, avant de voir la ferveur retombée et se déporter vers les bureaux des juges d’instruction au tribunal de grande instance du Mfoundi.

Pour l’occasion, Michel Meva’a M’Eboutou n’a pas dérogé à sa nature quelque peu taciturne. Un peu malgré lui, il avait été mis au devant de l’actualité après une visite des braqueurs à son domicile dans son village Biboulemam dans la nuit du 21 au 22 août dernier. Ceux-ci avaient emporté des malles remplis de billets de banque selon la chronique mondaine. Mais selon la victime, il s’agissait d’effets vestimentaires et quelques objets de valeur ramenés des multiples voyages effectués à l’étranger dans le cadre des différentes missions que lui imposaient les hautes fonctions qu’il a occupées dans l’administration publique.

Selon nos informations, c’est autour de 10 heures que les deux anciens ministres sont arrivés dans les locaux de la Pj à Elig-Essono. Ils y sont restés jusqu’autour de 17h pour une confrontation relative à la liquidation de l’Office national de commercialisation des produits de base (Oncpb). Notamment le recouvrement d’une créance de quatre milliards de francs Cfa due par la Bicec à l’Oncpb. Pour ramener cet argent dans les caisses de l’Etat, Michel Meva’a M’Eboutou avait constitué Me Lydienne Eyoum, avocat au barreau du Cameroun. Cette dernière se serait acquittée de son contrat en s’assurant du transfert des fonds, à coup de décisions de justice, des caisses de cette banque commerciale à celles du trésor public, avec un transit par son compte personnel, rapporte une source introduite.

Akame Mfoumou
En plus de cette démarche qui laisse songeur, le montant versé en guise d’honoraires à l’avocat est présenté comme n’ayant aucune proportion avec le travail fourni. Toutes choses qui méritent d’être élucidées. Des sources parlent de deux milliards de francs Cfa payés à Me Lydienne Eyoum à l’instigation de Michel Meva’a M’Eboutou pour cette affaire là et d’autres prestations. Henri Engoulou, qui était secrétaire général du ministère des Finances et du Budget avait la responsabilité d’assurer les diligences. On subodore que la confrontation intervient du fait de zones d’ombre qui existeraient dans les dépositions des deux anciens ministres.
Un avocat que nous avons contactés hier et qui reconnait avoir une "connaissance minimale" du dossier soutient que les honoraires perçus par sa consœur basée à Douala monte à "un peu moins d’un milliard de francs Cfa" et n’ont même pas été tirés des caisses de l’Etat, mais représentent "les débours et frais d’avocat" que devait verser la Bicec suite aux décisions de justice rendue.

On se souvient que, toujours en rapport avec cette affaire liée à la liquidation de l’Oncpb, Edouard Akame Mfoumou, ministre de l’Economie et des Finances entre décembre 1997 et avril 2001, avait été entendu dans les locaux de la police judiciaire le mardi 13 mai dernier. Le lendemain, 14 mai, c’était au tour d’Henri Engoulou d’être aperçu dans les locaux de la PJ. Ces auditions qui intervenaient quelques semaines après l’arrestation de Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’Economie et des Finances, avaient amené un peu trop hâtivement à établir un lien avec ce dernier.
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Espace livres : Anecdotes sur l’échec de l’aide à l’Afrique

Le Canadien Robert Calderisi explique comment le continent a pu se nuire si souvent à lui-même.
Justin Blaise Akono –




L’aide publique au développement. Le sujet reste d’actualité au moment où l’on parle des retombées du point d’achèvement ou de la série d’arrestations des présumés auteurs de détournements de deniers publics au Cameroun. "L’Afrique peut-elle s’en sortir ? Pourquoi l’aide publique ne marche pas". Telle est la question que le Canadien Robert Calderisi pose à la couverture de son livre paru en août 2006. Et qui ressemble à un procès. Une sorte de rapport cinglant que fait ce fonctionnaire, qui a passé 23 ans à la Banque mondiale et a parcouru un certain nombre de pays africains. Rapport fondé sur les contacts et les échanges de l’auteur avec des milliers d’Africains, de l’humble paysan aux puissants chefs d’État.

"Avec seulement 10% de la population mondiale, 1% du commerce international, une influence diplomatique négligeable, des forces armées modestes qui ne se battent qu’entre elles, et un gros souci pour les services occidentaux d’immigration", rapporte-t-il. A l’issue de son expérience dans le continent, Robert Calderisi estime que l’Afrique pense que c’est "la faute aux autres". Parce que les gouvernements africains n’ont jamais expliqué pourquoi ils négociaient avec les agences internationales qu’ils dénigrent lorsqu’elles ont tourné le dos, leur attribuant la responsabilité de la crise.
Le Canadien indexe également ces "brutes au pouvoir". "Aucun autre continent n’a souffert de telles dictatures prolongées. Ils ont régné comme des rois, ne faisant aucune distinction entre leurs propres biens et ceux de la nation". Ce continent est-il maudit, comme se demande Raphaël Lakpé, un journaliste ivoirien dont Robert Calderisi rapporte les propos dans son livre ? Le Canadien pointe du doigt la corruption et l’indifférence des Africains. Parlant précisément de l’aide publique au développement, il dénonce l’enrichissement illicite et la mauvaise gestion de cette aide, en empruntant une pratique que le chef de l’Etat camerounais a condamnée récemment : l’organisation des séminaires.

"Si l’aide est inefficace, elle est aussi humiliante. Les spécialistes de l’aide s’habituent à voler en classe affaires et à tenir des séminaires sur la pauvreté dans des hôtels de luxe et en même temps ils se plaignent des extravagances des gouvernements", raconte-t-il, comme pour indexer les bailleurs de fonds. Robert Calderisi, qui se présente "humblement" comme l’amoureux de l’Afrique de longue date, propose dix façons de changer l’Afrique. La première, étroitement liée à l’actualité camerounaise, est "d’instaurer des mécanismes pour dépister les fraudeurs et récupérer les fonds publics volés". Ainsi, les chefs d’Etat, les ministres et les hauts fonctionnaires devront soumettre leurs comptes bancaires à l’examen public, fusionner la Banque mondiale, le Fmi et le programme des nations unies pour le développement et promouvoir les autres aspects de la démocratie, comme une presse libre et un système judiciaire indépendant, pour les plus essentielles.

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