Non classé

Voici les otages de Bakassi

Six Français, deux Camerounais, un Sénégalais et un Tunisien ont été enlevés dans la nuit de jeudi 30 au vendredi 31 octobre dernier dans les eaux maritimes du Littoral camerounais. Leurs ravisseurs ne sont pas prêts à les lâcher.

Statu quo ante. Telle est la situation des marins enlevés dans la nuit de jeudi à vendredi dernier au large du littoral camerounais. Leurs ravisseurs qui avaient décidé de les tuer un à un à partir de ce lundi si le gouvernement camerounais ne les rencontrait pas pour négocier la libération des otages sont revenus sur leur position. “ Après notre réunion d’avant-hier [vendredi 31 octobre 2008, ndlr], nous sommes revenus sur notre position. Mais nous les garderons autant que possible, tant que le gouvernement camerounais refusera de nous rencontrer pour un dialogue direct ”, affirme au téléphone celui qui se présente comme le commandant Ebi Dari, directeur des opérations du Bakassi freedom fighters. Et d’ajouter : “ La situation n’a pas changé, nous n’avons aucun signal de votre gouvernement ; nous attendons toujours… ” Au sujet de l’état de santé des otages, le commandant Ebi tente de rassurer : “ Ils sont très bien traités ”.
Selon nos sources, à leur arrivée au lieu de détention, certains se lamentaient. “ Il y a surtout un jeune Tunisien, très beau garçon, qui nous a demandé si nous allions les tuer. Nous lui avons dit non. Et maintenant tous se sont calmés ; la peur est presque terminée ”, indique M. Ebi Dari. Ils passent des jours sombres, mais organisent leur temps comme ils peuvent. A en croire notre source, ils ont eux-mêmes écrit sur un bout de papier ce qu’ils voulaient manger. C’est ainsi que les ravisseurs sont allés en ville leur acheter, entre autres des pommes de terre, de la banane, des oranges, du poisson, du riz, … “ Nous leur avons même acheté de l’eau parce qu’ils ne peuvent pas consommer l’eau que nous buvons là-bas dans la forêt ”, affirme le commandant Ebi Dari.
Joint au téléphone, une source gouvernementale ayant requis l’anonymat affirme que le Cameroun est préoccupé au plus haut niveau par cette affaire. Le président de la République, Paul Biya, a fermement condamné cet acte depuis son “ exil ” helvétique. Revenu au Cameroun samedi dernier à 17h, il a pris deux mesures d’urgence : le limogeage du commandant de la base navale de Limbe (cité balnéaire située non loin de là où le kidnapping a eu lieu) ainsi que le commandant de la compagnie de gendarmerie. Une manière de prendre ses responsabilités, mais bien critiquée par de nombreux observateurs qui pensent qu’il a abandonné la proie pour l’ombre. En tout cas, le gouvernement camerounais étudie, de concert avec ses partenaires dont la France et le Nigeria, la meilleure manière de riposter à ces attaques répétées.

Revendication
Les ravisseurs n’ont pas clairement indiqué ce qu’ils souhaitent avoir du gouvernement camerounais. Mais l’on sait que c’est le même groupe qui a revendiqué plusieurs attaques des positions de l’armée camerounaise cette année et l’année dernière. Il ne conteste pas la souveraineté du Cameroun sur la presqu’île de Bakassi mais estiment que les populations de cette partie du pays souffrent énormément. Ils affirment se battre afin que le gouvernement camerounais vienne les rencontrer pour discuter avec eux des conditions d’amélioration de la vie de ces habitants d’une partie du territoire bien riche en minerais et en produits halieutiques. Une cause dont la légitimité est remise en question par les attaques récentes des banques à Limbe et de pêcheurs sur les eaux tranquilles de la presqu’île. Mais on se souvient que le commandant Ebi Dari avait affirmé, juste avant le transfert définitif d’autorité sur Bakassi au Cameroun le 14 août dernier, que le Cameroun ne connaîtra plus jamais la paix tant que les autorités ne les auront pas rencontré pour discuter avec eux. Pour le commandant Ebi Dari, la prise d’otages fait partie de leurs méthodes de pression sur le gouvernement camerounais.
Les ravisseurs ont, au cours de leurs multiples rencontres, exigé entre autres, comme condition de libération des otages, la mise en liberté de deux de leurs membres. Des miliciens capturés depuis le mois d’août lorsque l’armée camerounaise avait mis en déroute l’une des dernières attaques des factions rebelles. Dix-sept factions rebelles constituent les Bakassi Freedom Fighters (Bff), le bras armé qui réclame cette prise d’otage.
En attendant une nouvelle évolution, Le Messager a appris que dans la matinée de samedi 1er novembre 2008, le navire du Bourbon Sagitta à bord duquel les otages ont été pris a accosté en haute mer aux environs de Youpwe, au large de Douala. Selon des sources proches de Total, le navire avait à son bord les cinq membres d’équipage qui n’ont pas été enlevés. Attaqué par des pirates vers minuit alors qu’il était “en support d’une opération de chargement de brut sur un terminal pétrolier offshore à 180 kilomètres au large de Douala”, selon un communiqué du groupe Bourbon, la prise d’otage a en effet été effectuée par des individus armés à bord de trois “fly boat” ; ils ont tenu en respect les occupants et sont repartis avec 10 des 15 membres de l’équipage. Ce sont donc ces rescapés qui ont été accueillis par des psychologues dépêchés par le groupe pétrolier Total et l’armateur Bourbon. Toutes les précautions ont été prises pour maintenir cet accueil discret et les rescapés loin de la pression des médias.

Liste des marins faits otages
1/- Fabien Tallec, capitaine, Français
2/- Julien Meheust, capitaine assistant, Français
3/- Pascal Costoec, chef mécanicien, Français
4/- Antony Choalay, lieutenant, Français
5/- Florentin Coulas, mécanicien, Français
6/- Thomas Paos, élève-mécanicien, Français
7/- Sarr Ngagne, mécanicien, Sénégalais
8- Yasin Tarcroum, élève., Tunisien
9/- Faustin Boyomo, matelot, Camerounais
10/- Zéphirin B. Boloko, cuisinier, Camerounais
 

Par Marlyse SIBATCHEU

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Six Français, deux Camerounais, un Sénégalais et un Tunisien ont été enlevés dans la nuit de jeudi 30 au vendredi 31 octobre dernier dans les eaux maritimes du Littoral camerounais. Leurs ravisseurs ne sont pas prêts à les lâcher.

Statu quo ante. Telle est la situation des marins enlevés dans la nuit de jeudi à vendredi dernier au large du littoral camerounais. Leurs ravisseurs qui avaient décidé de les tuer un à un à partir de ce lundi si le gouvernement camerounais ne les rencontrait pas pour négocier la libération des otages sont revenus sur leur position. “ Après notre réunion d’avant-hier [vendredi 31 octobre 2008, ndlr], nous sommes revenus sur notre position. Mais nous les garderons autant que possible, tant que le gouvernement camerounais refusera de nous rencontrer pour un dialogue direct ”, affirme au téléphone celui qui se présente comme le commandant Ebi Dari, directeur des opérations du Bakassi freedom fighters. Et d’ajouter : “ La situation n’a pas changé, nous n’avons aucun signal de votre gouvernement ; nous attendons toujours… ” Au sujet de l’état de santé des otages, le commandant Ebi tente de rassurer : “ Ils sont très bien traités ”.
Selon nos sources, à leur arrivée au lieu de détention, certains se lamentaient. “ Il y a surtout un jeune Tunisien, très beau garçon, qui nous a demandé si nous allions les tuer. Nous lui avons dit non. Et maintenant tous se sont calmés ; la peur est presque terminée ”, indique M. Ebi Dari. Ils passent des jours sombres, mais organisent leur temps comme ils peuvent. A en croire notre source, ils ont eux-mêmes écrit sur un bout de papier ce qu’ils voulaient manger. C’est ainsi que les ravisseurs sont allés en ville leur acheter, entre autres des pommes de terre, de la banane, des oranges, du poisson, du riz, … “ Nous leur avons même acheté de l’eau parce qu’ils ne peuvent pas consommer l’eau que nous buvons là-bas dans la forêt ”, affirme le commandant Ebi Dari.
Joint au téléphone, une source gouvernementale ayant requis l’anonymat affirme que le Cameroun est préoccupé au plus haut niveau par cette affaire. Le président de la République, Paul Biya, a fermement condamné cet acte depuis son “ exil ” helvétique. Revenu au Cameroun samedi dernier à 17h, il a pris deux mesures d’urgence : le limogeage du commandant de la base navale de Limbe (cité balnéaire située non loin de là où le kidnapping a eu lieu) ainsi que le commandant de la compagnie de gendarmerie. Une manière de prendre ses responsabilités, mais bien critiquée par de nombreux observateurs qui pensent qu’il a abandonné la proie pour l’ombre. En tout cas, le gouvernement camerounais étudie, de concert avec ses partenaires dont la France et le Nigeria, la meilleure manière de riposter à ces attaques répétées.

Revendication
Les ravisseurs n’ont pas clairement indiqué ce qu’ils souhaitent avoir du gouvernement camerounais. Mais l’on sait que c’est le même groupe qui a revendiqué plusieurs attaques des positions de l’armée camerounaise cette année et l’année dernière. Il ne conteste pas la souveraineté du Cameroun sur la presqu’île de Bakassi mais estiment que les populations de cette partie du pays souffrent énormément. Ils affirment se battre afin que le gouvernement camerounais vienne les rencontrer pour discuter avec eux des conditions d’amélioration de la vie de ces habitants d’une partie du territoire bien riche en minerais et en produits halieutiques. Une cause dont la légitimité est remise en question par les attaques récentes des banques à Limbe et de pêcheurs sur les eaux tranquilles de la presqu’île. Mais on se souvient que le commandant Ebi Dari avait affirmé, juste avant le transfert définitif d’autorité sur Bakassi au Cameroun le 14 août dernier, que le Cameroun ne connaîtra plus jamais la paix tant que les autorités ne les auront pas rencontré pour discuter avec eux. Pour le commandant Ebi Dari, la prise d’otages fait partie de leurs méthodes de pression sur le gouvernement camerounais.
Les ravisseurs ont, au cours de leurs multiples rencontres, exigé entre autres, comme condition de libération des otages, la mise en liberté de deux de leurs membres. Des miliciens capturés depuis le mois d’août lorsque l’armée camerounaise avait mis en déroute l’une des dernières attaques des factions rebelles. Dix-sept factions rebelles constituent les Bakassi Freedom Fighters (Bff), le bras armé qui réclame cette prise d’otage.
En attendant une nouvelle évolution, Le Messager a appris que dans la matinée de samedi 1er novembre 2008, le navire du Bourbon Sagitta à bord duquel les otages ont été pris a accosté en haute mer aux environs de Youpwe, au large de Douala. Selon des sources proches de Total, le navire avait à son bord les cinq membres d’équipage qui n’ont pas été enlevés. Attaqué par des pirates vers minuit alors qu’il était “en support d’une opération de chargement de brut sur un terminal pétrolier offshore à 180 kilomètres au large de Douala”, selon un communiqué du groupe Bourbon, la prise d’otage a en effet été effectuée par des individus armés à bord de trois “fly boat” ; ils ont tenu en respect les occupants et sont repartis avec 10 des 15 membres de l’équipage. Ce sont donc ces rescapés qui ont été accueillis par des psychologues dépêchés par le groupe pétrolier Total et l’armateur Bourbon. Toutes les précautions ont été prises pour maintenir cet accueil discret et les rescapés loin de la pression des médias.

Liste des marins faits otages
1/- Fabien Tallec, capitaine, Français
2/- Julien Meheust, capitaine assistant, Français
3/- Pascal Costoec, chef mécanicien, Français
4/- Antony Choalay, lieutenant, Français
5/- Florentin Coulas, mécanicien, Français
6/- Thomas Paos, élève-mécanicien, Français
7/- Sarr Ngagne, mécanicien, Sénégalais
8- Yasin Tarcroum, élève., Tunisien
9/- Faustin Boyomo, matelot, Camerounais
10/- Zéphirin B. Boloko, cuisinier, Camerounais
 

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Six Français, deux Camerounais, un Sénégalais et un Tunisien ont été enlevés dans la nuit de jeudi 30 au vendredi 31 octobre dernier dans les eaux maritimes du Littoral camerounais. Leurs ravisseurs ne sont pas prêts à les lâcher.

Statu quo ante. Telle est la situation des marins enlevés dans la nuit de jeudi à vendredi dernier au large du littoral camerounais. Leurs ravisseurs qui avaient décidé de les tuer un à un à partir de ce lundi si le gouvernement camerounais ne les rencontrait pas pour négocier la libération des otages sont revenus sur leur position. “ Après notre réunion d’avant-hier [vendredi 31 octobre 2008, ndlr], nous sommes revenus sur notre position. Mais nous les garderons autant que possible, tant que le gouvernement camerounais refusera de nous rencontrer pour un dialogue direct ”, affirme au téléphone celui qui se présente comme le commandant Ebi Dari, directeur des opérations du Bakassi freedom fighters. Et d’ajouter : “ La situation n’a pas changé, nous n’avons aucun signal de votre gouvernement ; nous attendons toujours… ” Au sujet de l’état de santé des otages, le commandant Ebi tente de rassurer : “ Ils sont très bien traités ”.
Selon nos sources, à leur arrivée au lieu de détention, certains se lamentaient. “ Il y a surtout un jeune Tunisien, très beau garçon, qui nous a demandé si nous allions les tuer. Nous lui avons dit non. Et maintenant tous se sont calmés ; la peur est presque terminée ”, indique M. Ebi Dari. Ils passent des jours sombres, mais organisent leur temps comme ils peuvent. A en croire notre source, ils ont eux-mêmes écrit sur un bout de papier ce qu’ils voulaient manger. C’est ainsi que les ravisseurs sont allés en ville leur acheter, entre autres des pommes de terre, de la banane, des oranges, du poisson, du riz, … “ Nous leur avons même acheté de l’eau parce qu’ils ne peuvent pas consommer l’eau que nous buvons là-bas dans la forêt ”, affirme le commandant Ebi Dari.
Joint au téléphone, une source gouvernementale ayant requis l’anonymat affirme que le Cameroun est préoccupé au plus haut niveau par cette affaire. Le président de la République, Paul Biya, a fermement condamné cet acte depuis son “ exil ” helvétique. Revenu au Cameroun samedi dernier à 17h, il a pris deux mesures d’urgence : le limogeage du commandant de la base navale de Limbe (cité balnéaire située non loin de là où le kidnapping a eu lieu) ainsi que le commandant de la compagnie de gendarmerie. Une manière de prendre ses responsabilités, mais bien critiquée par de nombreux observateurs qui pensent qu’il a abandonné la proie pour l’ombre. En tout cas, le gouvernement camerounais étudie, de concert avec ses partenaires dont la France et le Nigeria, la meilleure manière de riposter à ces attaques répétées.

Revendication
Les ravisseurs n’ont pas clairement indiqué ce qu’ils souhaitent avoir du gouvernement camerounais. Mais l’on sait que c’est le même groupe qui a revendiqué plusieurs attaques des positions de l’armée camerounaise cette année et l’année dernière. Il ne conteste pas la souveraineté du Cameroun sur la presqu’île de Bakassi mais estiment que les populations de cette partie du pays souffrent énormément. Ils affirment se battre afin que le gouvernement camerounais vienne les rencontrer pour discuter avec eux des conditions d’amélioration de la vie de ces habitants d’une partie du territoire bien riche en minerais et en produits halieutiques. Une cause dont la légitimité est remise en question par les attaques récentes des banques à Limbe et de pêcheurs sur les eaux tranquilles de la presqu’île. Mais on se souvient que le commandant Ebi Dari avait affirmé, juste avant le transfert définitif d’autorité sur Bakassi au Cameroun le 14 août dernier, que le Cameroun ne connaîtra plus jamais la paix tant que les autorités ne les auront pas rencontré pour discuter avec eux. Pour le commandant Ebi Dari, la prise d’otages fait partie de leurs méthodes de pression sur le gouvernement camerounais.
Les ravisseurs ont, au cours de leurs multiples rencontres, exigé entre autres, comme condition de libération des otages, la mise en liberté de deux de leurs membres. Des miliciens capturés depuis le mois d’août lorsque l’armée camerounaise avait mis en déroute l’une des dernières attaques des factions rebelles. Dix-sept factions rebelles constituent les Bakassi Freedom Fighters (Bff), le bras armé qui réclame cette prise d’otage.
En attendant une nouvelle évolution, Le Messager a appris que dans la matinée de samedi 1er novembre 2008, le navire du Bourbon Sagitta à bord duquel les otages ont été pris a accosté en haute mer aux environs de Youpwe, au large de Douala. Selon des sources proches de Total, le navire avait à son bord les cinq membres d’équipage qui n’ont pas été enlevés. Attaqué par des pirates vers minuit alors qu’il était “en support d’une opération de chargement de brut sur un terminal pétrolier offshore à 180 kilomètres au large de Douala”, selon un communiqué du groupe Bourbon, la prise d’otage a en effet été effectuée par des individus armés à bord de trois “fly boat” ; ils ont tenu en respect les occupants et sont repartis avec 10 des 15 membres de l’équipage. Ce sont donc ces rescapés qui ont été accueillis par des psychologues dépêchés par le groupe pétrolier Total et l’armateur Bourbon. Toutes les précautions ont été prises pour maintenir cet accueil discret et les rescapés loin de la pression des médias.

Liste des marins faits otages
1/- Fabien Tallec, capitaine, Français
2/- Julien Meheust, capitaine assistant, Français
3/- Pascal Costoec, chef mécanicien, Français
4/- Antony Choalay, lieutenant, Français
5/- Florentin Coulas, mécanicien, Français
6/- Thomas Paos, élève-mécanicien, Français
7/- Sarr Ngagne, mécanicien, Sénégalais
8- Yasin Tarcroum, élève., Tunisien
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10/- Zéphirin B. Boloko, cuisinier, Camerounais
 

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Droits d’auteur ou butins de guerre

Il est heureux de constater que les musiciens qui s’agitent le plus depuis le déclenchement de ce qu’on peut appeler l’affaire Sam Mbende, relative au contrôle des instances faîtières de la Cameroon Music Corporation (CMC),
Par Marcelin VOUNDA ETOA* –




la société de gestion collective des droits d’auteur du secteur de la musique, ne sont pas nécessairement ceux qui produisent le plus ou ceux dont les productions sont les plus récentes. Le risque encouru de pénurie dans ce secteur peut donc être minimisé. Mais la garantie de la production obtenue, la question de la gestion collective des droits d’auteur dans le secteur de la musique devrait être reconnue comme étant une question complexe. La nature et le profil des utilisateurs de ces œuvres facilite ou complexifie davantage l’opération de répartition. Si la CRTV, par exemple, peut donner, à l’unité près, le volume de l’exploitation des œuvres de tel ou tel autre musicien. Il n’est ni fiable ni réaliste de demander un même exercice de pointage minutieux des œuvres musicales qu’ils exploitent aux bars, boîtes de nuit, et autres utilisateurs publics desdites œuvres.

Comment dès lors réduire l’arbitraire dans la clé de répartition ? Le pactole versé par quelques grosses entreprises devient donc nécessairement l’objet d’une curée. Qui en contrôle la gestion s’en garantit la meilleure part, autant qu’il garantit celle de ses affidés et de tous ceux qui l’ont aidé à devenir le maîtrise d’une situation où les règles du jeu semblent inexistantes. C’est ce qui explique sûrement que les artistes soient organisés en groupes antagonistes qui, chacun, veut prendre le contrôle de la gestion, c’est-à-dire du partage des droits d’auteurs. Jusqu’à ce jour, le renouvellement des instances faîtières des sociétés de gestion collective des droits d’auteur a entraîné le remplacement quasi total des équipes ou le ralliement des membres dirigeants avec lesquels les nouvelles équipes se sont vues obligées de composer. Seule une clé de répartition plus cohérente, plus rigoureuse, qui ne nécessite pas qu’un artiste soit présent au moment du partage ou proche de ceux qui en ont la charge pour que ses droits soient garantis, peut amener à un apaisement. Tant que les droits d’auteur seront perçus comme un butin de guerre ou de chasse, les artistes se battront les uns contre les autres pour en avoir le contrôle.

Il est regrettable que des espaces structurés et crédibles de vente des CD et autres supports musicaux n’existent pas chez nous. Car, à l’exception des spécimens promotionnels, les ventes des divers titres devraient pouvoir fournir les éléments d’établissement d’un coefficient de diffusion proportionnel aux ventes réelles des titres de chaque musicien. La cacophonie de la répartition est donc un peu à l’image de celles de la production, de la diffusion et de la commercialisation des œuvres musicales chez nous. A ces problèmes structurels dont le règlement n’est pas des plus simples à envisager se greffent des questions de gestion élémentaires. Lors de sa présentation aux sociétaires de différentes corporations par le Ministre de la Culture à l’hôtel Hilton, le nouveau président de la CPMC, le Pr Minkoa She faisait remarquer que la CLE des pourcentages (gestion administrative/montant à répartir aux sociétaires) n’avait pas toujours été respectée à la CMC. Il restera enfin à clarifier le rôle des PCA des sociétés de gestion collective des droits d’auteur qui tranche de façon flagrante avec celui des acteurs de même profil dans les autres sociétés. On aurait peine à croire que les sociétés de gestion collective des droits d’auteurs sont dirigées par des Directeurs Généraux.

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