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Attaques à Bakassi : le discours de la méthode

Ils attaquaient au départ des objectifs militaires. La menace s’est ensuite reportée sur des cibles civiles. Aujourd’hui, on vit plutôt un acte de piraterie en “ règle ”. Chronique d’une mutation des méthodes d’attaque utilisées par des assaillants dans une zone minée.

Malgré les assurances du gouvernement camerounais, Bakassi et ses environs reste une zone troublée où le sentiment d’insécurité est la chose la mieux partagée par les habitants. Le président Paul Biya a beau rassurer à travers un communiqué publié après la prise des otages dans la nuit de jeudi 30 à vendredi 31 octobre dernier, les étrangers eux aussi commencent à partager sérieusement ce sentiment d’insécurité. Même si l’armée camerounaise a sur quelques coups pris le dessus sur les assaillants, il reste que les attaques récurrentes déstabilisent les populations et inquiètent les investisseurs. Au-delà de la récurrence des accrochages, l’inquiétude semble se justifier par l’évolution des méthodes déployées par les assaillants pour se rendre intéressants. Le dernier acte en date est une piraterie classique : un bateau est intercepté en mer, ses occupants pris en otage, son contenu fouillé, …
Les assaillants qui revendiquent cette prise d’otage avaient avertis peu avant le transfert d’autorité sur la presqu’île au Cameroun le 14 août dernier qu’ils useraient de tous les moyens pour contraindre le gouvernement camerounais à s’asseoir autour d’une table de discussion avec eux afin de négocier la préservation des intérêts des peuples de Bakassi. Celui qui se présente comme le commandant Ebi Dari, directeur des opérations du Bakassi freedom fighters qui revendiquent la prise d’otages, a clairement indiqué que cet acte de piraterie fait partie des méthodes qu’ils expérimentent pour amener le gouvernement camerounais à les écouter. Si la piraterie classique entre en scène maintenant, c’est que les autres méthodes utilisées par les assaillants n’ont pas produit des résultats probants, selon eux.

Cibles militaires et civiles
Avant d’en arriver là, les assaillants n’attaquaient au départ que des cibles militaires. La première grande attaque de ce genre a eu lieu en juin 2005. Par un communiqué le 22 juin, le gouvernement camerounais avait signalé “ des incidents regrettables survenus dans la péninsule de Bakassi, en territoire camerounais, les 5, 7, 18 et 21 juin 2005, suite à des attaques répétées […] sur les positions camerounaises ”. Des assauts qui, selon le communiqué, ont “ contraint l’armée camerounaise, en situation de légitime défense, à la riposte. ” Bilan officiel : un soldat mort, un blessé grave et des dégâts matériels. La deuxième attaque d’envergure a lieu le 12 novembre 2007. Une centaine d’hommes armés, à bord de sept vedettes fluviales rapides, ont ouvert le feu à la mitrailleuse sur le poste C3 (un cantonnement militaire camerounais) à Isangele. Bilan : 21 tués parmi les Camerounais, 10 parmi les assaillants (non identifiés) ; des dégâts matériels importants. Le 9 juin 2008, six Camerounais (cinq soldats et le sous-préfet de Kombo à Bedimo) sont tués dans la pêcherie d’Akwa par des assaillants non identifiés. Le 12 juillet 2008, toujours à Akwa, trois autres soldats camerounais sont blessés par ces assaillants. Le 24 juillet 2008, des affrontements à Kombo à Janéa font deux morts et quatre blessés côté camerounais, pendant que dix assaillants sont tués et huit autres faits prisonniers, selon le gouvernement camerounais.
Les attaques contre les cibles militaires n’ont pas pu amener le gouvernement à se plier aux exigences des assaillants. On a alors observé un repli sur des objectifs civils. Les cas les plus spectaculaires sont l’attaque des pirogues de pêcheurs dans les eaux territoriales camerounaises et, surtout, celle des banques et des administrations publiques dans la ville balnéaire de Limbe dans la nuit du 27 au 28 septembre 2008. Les assaillants ont presque neutralisé les forces de défense camerounaise et opéré dans la ville pendant plus de trois heures de temps avant de repartir tranquillement par mer. Le bilan était d’un mort, de nombreux blessés, des bâtiments commerciaux et administratifs dont la préfecture endommagés et environ 250 millions de Fcfa emportés.
On est ainsi parti de l’agression des objectifs militaires, pour des actes de piraterie en passant par l’attaque de cibles civiles. La géographie des actions des assaillants distingue trois zones d’opération : la mangrove, la mer, et la terre ferme. La première compréhension que l’on peut en avoir c’est qu’il s’agit de forces polyvalentes capables d’agir dans tous ces écosystèmes et de faire muter ou évoluer à chaque fois leurs stratégies.  

Par Honoré FOIMOUKOM

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Attaques à Bakassi : le discours de la méthode

Ils attaquaient au départ des objectifs militaires. La menace s’est ensuite reportée sur des cibles civiles. Aujourd’hui, on vit plutôt un acte de piraterie en “ règle ”. Chronique d’une mutation des méthodes d’attaque utilisées par des assaillants dans une zone minée.

Malgré les assurances du gouvernement camerounais, Bakassi et ses environs reste une zone troublée où le sentiment d’insécurité est la chose la mieux partagée par les habitants. Le président Paul Biya a beau rassurer à travers un communiqué publié après la prise des otages dans la nuit de jeudi 30 à vendredi 31 octobre dernier, les étrangers eux aussi commencent à partager sérieusement ce sentiment d’insécurité. Même si l’armée camerounaise a sur quelques coups pris le dessus sur les assaillants, il reste que les attaques récurrentes déstabilisent les populations et inquiètent les investisseurs. Au-delà de la récurrence des accrochages, l’inquiétude semble se justifier par l’évolution des méthodes déployées par les assaillants pour se rendre intéressants. Le dernier acte en date est une piraterie classique : un bateau est intercepté en mer, ses occupants pris en otage, son contenu fouillé, …
Les assaillants qui revendiquent cette prise d’otage avaient avertis peu avant le transfert d’autorité sur la presqu’île au Cameroun le 14 août dernier qu’ils useraient de tous les moyens pour contraindre le gouvernement camerounais à s’asseoir autour d’une table de discussion avec eux afin de négocier la préservation des intérêts des peuples de Bakassi. Celui qui se présente comme le commandant Ebi Dari, directeur des opérations du Bakassi freedom fighters qui revendiquent la prise d’otages, a clairement indiqué que cet acte de piraterie fait partie des méthodes qu’ils expérimentent pour amener le gouvernement camerounais à les écouter. Si la piraterie classique entre en scène maintenant, c’est que les autres méthodes utilisées par les assaillants n’ont pas produit des résultats probants, selon eux.

Cibles militaires et civiles
Avant d’en arriver là, les assaillants n’attaquaient au départ que des cibles militaires. La première grande attaque de ce genre a eu lieu en juin 2005. Par un communiqué le 22 juin, le gouvernement camerounais avait signalé “ des incidents regrettables survenus dans la péninsule de Bakassi, en territoire camerounais, les 5, 7, 18 et 21 juin 2005, suite à des attaques répétées […] sur les positions camerounaises ”. Des assauts qui, selon le communiqué, ont “ contraint l’armée camerounaise, en situation de légitime défense, à la riposte. ” Bilan officiel : un soldat mort, un blessé grave et des dégâts matériels. La deuxième attaque d’envergure a lieu le 12 novembre 2007. Une centaine d’hommes armés, à bord de sept vedettes fluviales rapides, ont ouvert le feu à la mitrailleuse sur le poste C3 (un cantonnement militaire camerounais) à Isangele. Bilan : 21 tués parmi les Camerounais, 10 parmi les assaillants (non identifiés) ; des dégâts matériels importants. Le 9 juin 2008, six Camerounais (cinq soldats et le sous-préfet de Kombo à Bedimo) sont tués dans la pêcherie d’Akwa par des assaillants non identifiés. Le 12 juillet 2008, toujours à Akwa, trois autres soldats camerounais sont blessés par ces assaillants. Le 24 juillet 2008, des affrontements à Kombo à Janéa font deux morts et quatre blessés côté camerounais, pendant que dix assaillants sont tués et huit autres faits prisonniers, selon le gouvernement camerounais.
Les attaques contre les cibles militaires n’ont pas pu amener le gouvernement à se plier aux exigences des assaillants. On a alors observé un repli sur des objectifs civils. Les cas les plus spectaculaires sont l’attaque des pirogues de pêcheurs dans les eaux territoriales camerounaises et, surtout, celle des banques et des administrations publiques dans la ville balnéaire de Limbe dans la nuit du 27 au 28 septembre 2008. Les assaillants ont presque neutralisé les forces de défense camerounaise et opéré dans la ville pendant plus de trois heures de temps avant de repartir tranquillement par mer. Le bilan était d’un mort, de nombreux blessés, des bâtiments commerciaux et administratifs dont la préfecture endommagés et environ 250 millions de Fcfa emportés.
On est ainsi parti de l’agression des objectifs militaires, pour des actes de piraterie en passant par l’attaque de cibles civiles. La géographie des actions des assaillants distingue trois zones d’opération : la mangrove, la mer, et la terre ferme. La première compréhension que l’on peut en avoir c’est qu’il s’agit de forces polyvalentes capables d’agir dans tous ces écosystèmes et de faire muter ou évoluer à chaque fois leurs stratégies.  

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Ils attaquaient au départ des objectifs militaires. La menace s’est ensuite reportée sur des cibles civiles. Aujourd’hui, on vit plutôt un acte de piraterie en “ règle ”. Chronique d’une mutation des méthodes d’attaque utilisées par des assaillants dans une zone minée.

Malgré les assurances du gouvernement camerounais, Bakassi et ses environs reste une zone troublée où le sentiment d’insécurité est la chose la mieux partagée par les habitants. Le président Paul Biya a beau rassurer à travers un communiqué publié après la prise des otages dans la nuit de jeudi 30 à vendredi 31 octobre dernier, les étrangers eux aussi commencent à partager sérieusement ce sentiment d’insécurité. Même si l’armée camerounaise a sur quelques coups pris le dessus sur les assaillants, il reste que les attaques récurrentes déstabilisent les populations et inquiètent les investisseurs. Au-delà de la récurrence des accrochages, l’inquiétude semble se justifier par l’évolution des méthodes déployées par les assaillants pour se rendre intéressants. Le dernier acte en date est une piraterie classique : un bateau est intercepté en mer, ses occupants pris en otage, son contenu fouillé, …
Les assaillants qui revendiquent cette prise d’otage avaient avertis peu avant le transfert d’autorité sur la presqu’île au Cameroun le 14 août dernier qu’ils useraient de tous les moyens pour contraindre le gouvernement camerounais à s’asseoir autour d’une table de discussion avec eux afin de négocier la préservation des intérêts des peuples de Bakassi. Celui qui se présente comme le commandant Ebi Dari, directeur des opérations du Bakassi freedom fighters qui revendiquent la prise d’otages, a clairement indiqué que cet acte de piraterie fait partie des méthodes qu’ils expérimentent pour amener le gouvernement camerounais à les écouter. Si la piraterie classique entre en scène maintenant, c’est que les autres méthodes utilisées par les assaillants n’ont pas produit des résultats probants, selon eux.

Cibles militaires et civiles
Avant d’en arriver là, les assaillants n’attaquaient au départ que des cibles militaires. La première grande attaque de ce genre a eu lieu en juin 2005. Par un communiqué le 22 juin, le gouvernement camerounais avait signalé “ des incidents regrettables survenus dans la péninsule de Bakassi, en territoire camerounais, les 5, 7, 18 et 21 juin 2005, suite à des attaques répétées […] sur les positions camerounaises ”. Des assauts qui, selon le communiqué, ont “ contraint l’armée camerounaise, en situation de légitime défense, à la riposte. ” Bilan officiel : un soldat mort, un blessé grave et des dégâts matériels. La deuxième attaque d’envergure a lieu le 12 novembre 2007. Une centaine d’hommes armés, à bord de sept vedettes fluviales rapides, ont ouvert le feu à la mitrailleuse sur le poste C3 (un cantonnement militaire camerounais) à Isangele. Bilan : 21 tués parmi les Camerounais, 10 parmi les assaillants (non identifiés) ; des dégâts matériels importants. Le 9 juin 2008, six Camerounais (cinq soldats et le sous-préfet de Kombo à Bedimo) sont tués dans la pêcherie d’Akwa par des assaillants non identifiés. Le 12 juillet 2008, toujours à Akwa, trois autres soldats camerounais sont blessés par ces assaillants. Le 24 juillet 2008, des affrontements à Kombo à Janéa font deux morts et quatre blessés côté camerounais, pendant que dix assaillants sont tués et huit autres faits prisonniers, selon le gouvernement camerounais.
Les attaques contre les cibles militaires n’ont pas pu amener le gouvernement à se plier aux exigences des assaillants. On a alors observé un repli sur des objectifs civils. Les cas les plus spectaculaires sont l’attaque des pirogues de pêcheurs dans les eaux territoriales camerounaises et, surtout, celle des banques et des administrations publiques dans la ville balnéaire de Limbe dans la nuit du 27 au 28 septembre 2008. Les assaillants ont presque neutralisé les forces de défense camerounaise et opéré dans la ville pendant plus de trois heures de temps avant de repartir tranquillement par mer. Le bilan était d’un mort, de nombreux blessés, des bâtiments commerciaux et administratifs dont la préfecture endommagés et environ 250 millions de Fcfa emportés.
On est ainsi parti de l’agression des objectifs militaires, pour des actes de piraterie en passant par l’attaque de cibles civiles. La géographie des actions des assaillants distingue trois zones d’opération : la mangrove, la mer, et la terre ferme. La première compréhension que l’on peut en avoir c’est qu’il s’agit de forces polyvalentes capables d’agir dans tous ces écosystèmes et de faire muter ou évoluer à chaque fois leurs stratégies.  

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Le Cameroun célèbre sa culture à Dakar

Au pays de la Teranga, les Camerounais ont aussi célébré la 36e fête nationale du Cameroun. La communauté camerounaise au Sénégal a organisé une semaine culturelle pour tous les résidents Camerounais à Dakar. –

 La cérémonie de lancement a eu lieu mardi 13 mai dernier, dans l’enceinte du centre culturel Douta Seck de Dakar. Initiée par l’Ascams (Association de solidarité des Camerounais au Sénégal), la cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Cameroun au Sénégal, SE Mbondjo-Edjangué et de M. Mame Birame Diouf, ministre sénégalais de la Culture, du patrimoine historique classé, des langues nationales et de la francophonie.
Dans son discours, le diplomate camerounais a insisté sur les rapports d’amitié qui lient les deux pays. Notamment en mentionnant le traité des relations bilatérales signé le 16 juin 1972 et la tenue de la 1ère semaine culturelle sénégalaise au Cameroun du 02 au 06 avril dernier à Bonandjo. L’ambassadeur a communiqué les statistiques suivantes : 10 mille Sénégalais séjourneraient au Cameroun contre plus d’un millier de Camerounais au Sénégal.
Le ministre sénégalais a, pour sa part, apprécié la culture camerounaise dans son ensemble. En passant par les grands écrivains tel que Mongo Béti et l’équipe nationale de football qui sont une source d’inspiration pour son pays. Ce dernier n’a pas manqué de signaler que le Cameroun est un pôle d’excellence de l’art plastique, sans oubliere l’art culinaire magnifié par la présence de nombreux restaurants camerounais dans la capitale sénégalaise.
Il a aussi été question, au cours de cette cérémonie, de présenter la culture camerounaise. Les profanes de l’art ont pu juger la grandeur des sculpteurs, tailleurs et peintres camerounais. Les sculptures de toutes les régions du Cameroun étaient ainsi représentées. Les trônes des chefferies, le Songo du centre, les masques bamiléké, les cannes royales, etc. Les vêtements traditionnels et condiments ont aussi meublé cette exposition (Kabas, Ndjansan, écrevisses séchées…)
Le public a pu apprécier la prestation de la communauté bamoun. Elle a exécuté une danse guerrière. On a aussi eu droit à une visite guidée de l’exposition des objets d’art camerounais dans la salle Walid Diallo. A la fin de la cérémonie, le public s’est laissé emporter en esquissant quelques pas de danse au rythme d’une chorale chrétienne.
 

Par Gaëlle YOMI à Dakar (Correspondance particulière)

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