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Yaoundé : La vie au bout des fusils



Les rues de la ville ont été réinvesties depuis jeudi dernier par des soldats armés.
Jean Baptiste Ketchateng


L’allure fatiguée du militaire ne rappelle pas la démarche presque martiale des soldats d’élite déployés dans Yaoundé dès le mercredi 27 février 2008. Ces derniers avaient momentanément quitté les rues des collines yaoundéennes. Depuis jeudi dernier, les militaires ordinaires les ont remplacés. Par camions entiers postés à certains endroits chauds de la capitale durant, ils ont repris possession de la ville comme ce sergent-chef, l’arme en bandoulière, la paupière lourde, comme s’il avait passé la nuit là dans son camion à l’arrêt devant la brigade de gendarmerie d’Emombo, avec ses frères d’armes.
L’invasion de la rue a donc " commencé jeudi alors que l’Assemblée nationale votait, avant le jour annoncé, la révision de la Constitution " indique une habitante d’Emombo qui comme des centaines de citadins qui s’en vont au travail en ce lundi 14 avril observent d’un œil apparemment désintéressé le manège des troupes. Un couple de soldats vient en fait de se détacher du groupe qu’il formait avec des dizaines d’autres et s’en va patrouiller dans les très animées artères de ce quartier populaire. Dans un taxi, une femme fait un commentaire : " ils ne seront plus là quand ça va recommencer… " Les occupants de la voiture rient. Sauf un homme indigné par tant d’ " irresponsabilité ". " Quand on va tuer vos enfants, vous rirez encore ", lâche-t-il. Personne ne semble d’accord avec l’homme qui préfère la présence militaire à l’insurrection populaire qui a marqué la dernière semaine de février dans le sud du cameroun. Les militaires sont-ils là pour cette raison ? Naturellement, eux ne peuvent rien en dire.

Patrouilles
Mais à battre le pavé vieillissant de la ville, là où il existe, l’on voit bien que Yaoundé est fortement surveillée. A Obili, où une demi dizaine de policiers veillait sur le carrefour, depuis la terrible semaine de février qui avait occasionné la mort de quarante personnes (une centaine selon des Ong de protection des droits de l’homme), les forces de l’ordre ont réuni leurs armes. Gendarmes, policiers et militaires sont là. Pour les appuyer, un char à eau attend. Des patrouilles pédestres vaquent elles aussi à leur occupation comme les riverains qui comme beaucoup de yaoundéens s’intéressent aux nouvelles de l’arrière-pays où ils ont laissé des parents.
Emilia, une habitante d’Obili, confie ainsi la grande frayeur qui l’a agitée il y a deux jours. L’autobus qui la ramenait en pleine nuit de Bamenda a été brusquement arrêté par des militaires. " C’était la énième fouille depuis le départ, mais je me suis dit que si ça se passait en pleine ville, au pied du ministère de l’Education, c’est qu’il y avait quelque chose de grave en ville ou dans notre bus. Ils ont fouillé et laissé partir tout le monde… " Depuis lors, Emilia rentre chez elle plus tôt que d’habitude. Mais en ville déjà comme au Marché central, elle ne peut échapper aux chars et aux militaires qui " veillent sur elle ".

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Les rues de la ville ont été réinvesties depuis jeudi dernier par des soldats armés.
Jean Baptiste Ketchateng


L’allure fatiguée du militaire ne rappelle pas la démarche presque martiale des soldats d’élite déployés dans Yaoundé dès le mercredi 27 février 2008. Ces derniers avaient momentanément quitté les rues des collines yaoundéennes. Depuis jeudi dernier, les militaires ordinaires les ont remplacés. Par camions entiers postés à certains endroits chauds de la capitale durant, ils ont repris possession de la ville comme ce sergent-chef, l’arme en bandoulière, la paupière lourde, comme s’il avait passé la nuit là dans son camion à l’arrêt devant la brigade de gendarmerie d’Emombo, avec ses frères d’armes.
L’invasion de la rue a donc " commencé jeudi alors que l’Assemblée nationale votait, avant le jour annoncé, la révision de la Constitution " indique une habitante d’Emombo qui comme des centaines de citadins qui s’en vont au travail en ce lundi 14 avril observent d’un œil apparemment désintéressé le manège des troupes. Un couple de soldats vient en fait de se détacher du groupe qu’il formait avec des dizaines d’autres et s’en va patrouiller dans les très animées artères de ce quartier populaire. Dans un taxi, une femme fait un commentaire : " ils ne seront plus là quand ça va recommencer… " Les occupants de la voiture rient. Sauf un homme indigné par tant d’ " irresponsabilité ". " Quand on va tuer vos enfants, vous rirez encore ", lâche-t-il. Personne ne semble d’accord avec l’homme qui préfère la présence militaire à l’insurrection populaire qui a marqué la dernière semaine de février dans le sud du cameroun. Les militaires sont-ils là pour cette raison ? Naturellement, eux ne peuvent rien en dire.

Patrouilles
Mais à battre le pavé vieillissant de la ville, là où il existe, l’on voit bien que Yaoundé est fortement surveillée. A Obili, où une demi dizaine de policiers veillait sur le carrefour, depuis la terrible semaine de février qui avait occasionné la mort de quarante personnes (une centaine selon des Ong de protection des droits de l’homme), les forces de l’ordre ont réuni leurs armes. Gendarmes, policiers et militaires sont là. Pour les appuyer, un char à eau attend. Des patrouilles pédestres vaquent elles aussi à leur occupation comme les riverains qui comme beaucoup de yaoundéens s’intéressent aux nouvelles de l’arrière-pays où ils ont laissé des parents.
Emilia, une habitante d’Obili, confie ainsi la grande frayeur qui l’a agitée il y a deux jours. L’autobus qui la ramenait en pleine nuit de Bamenda a été brusquement arrêté par des militaires. " C’était la énième fouille depuis le départ, mais je me suis dit que si ça se passait en pleine ville, au pied du ministère de l’Education, c’est qu’il y avait quelque chose de grave en ville ou dans notre bus. Ils ont fouillé et laissé partir tout le monde… " Depuis lors, Emilia rentre chez elle plus tôt que d’habitude. Mais en ville déjà comme au Marché central, elle ne peut échapper aux chars et aux militaires qui " veillent sur elle ".

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Yaoundé : La vie au bout des fusils



Les rues de la ville ont été réinvesties depuis jeudi dernier par des soldats armés.
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L’allure fatiguée du militaire ne rappelle pas la démarche presque martiale des soldats d’élite déployés dans Yaoundé dès le mercredi 27 février 2008. Ces derniers avaient momentanément quitté les rues des collines yaoundéennes. Depuis jeudi dernier, les militaires ordinaires les ont remplacés. Par camions entiers postés à certains endroits chauds de la capitale durant, ils ont repris possession de la ville comme ce sergent-chef, l’arme en bandoulière, la paupière lourde, comme s’il avait passé la nuit là dans son camion à l’arrêt devant la brigade de gendarmerie d’Emombo, avec ses frères d’armes.
L’invasion de la rue a donc " commencé jeudi alors que l’Assemblée nationale votait, avant le jour annoncé, la révision de la Constitution " indique une habitante d’Emombo qui comme des centaines de citadins qui s’en vont au travail en ce lundi 14 avril observent d’un œil apparemment désintéressé le manège des troupes. Un couple de soldats vient en fait de se détacher du groupe qu’il formait avec des dizaines d’autres et s’en va patrouiller dans les très animées artères de ce quartier populaire. Dans un taxi, une femme fait un commentaire : " ils ne seront plus là quand ça va recommencer… " Les occupants de la voiture rient. Sauf un homme indigné par tant d’ " irresponsabilité ". " Quand on va tuer vos enfants, vous rirez encore ", lâche-t-il. Personne ne semble d’accord avec l’homme qui préfère la présence militaire à l’insurrection populaire qui a marqué la dernière semaine de février dans le sud du cameroun. Les militaires sont-ils là pour cette raison ? Naturellement, eux ne peuvent rien en dire.

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Mais à battre le pavé vieillissant de la ville, là où il existe, l’on voit bien que Yaoundé est fortement surveillée. A Obili, où une demi dizaine de policiers veillait sur le carrefour, depuis la terrible semaine de février qui avait occasionné la mort de quarante personnes (une centaine selon des Ong de protection des droits de l’homme), les forces de l’ordre ont réuni leurs armes. Gendarmes, policiers et militaires sont là. Pour les appuyer, un char à eau attend. Des patrouilles pédestres vaquent elles aussi à leur occupation comme les riverains qui comme beaucoup de yaoundéens s’intéressent aux nouvelles de l’arrière-pays où ils ont laissé des parents.
Emilia, une habitante d’Obili, confie ainsi la grande frayeur qui l’a agitée il y a deux jours. L’autobus qui la ramenait en pleine nuit de Bamenda a été brusquement arrêté par des militaires. " C’était la énième fouille depuis le départ, mais je me suis dit que si ça se passait en pleine ville, au pied du ministère de l’Education, c’est qu’il y avait quelque chose de grave en ville ou dans notre bus. Ils ont fouillé et laissé partir tout le monde… " Depuis lors, Emilia rentre chez elle plus tôt que d’habitude. Mais en ville déjà comme au Marché central, elle ne peut échapper aux chars et aux militaires qui " veillent sur elle ".

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L’allure fatiguée du militaire ne rappelle pas la démarche presque martiale des soldats d’élite déployés dans Yaoundé dès le mercredi 27 février 2008. Ces derniers avaient momentanément quitté les rues des collines yaoundéennes. Depuis jeudi dernier, les militaires ordinaires les ont remplacés. Par camions entiers postés à certains endroits chauds de la capitale durant, ils ont repris possession de la ville comme ce sergent-chef, l’arme en bandoulière, la paupière lourde, comme s’il avait passé la nuit là dans son camion à l’arrêt devant la brigade de gendarmerie d’Emombo, avec ses frères d’armes.
L’invasion de la rue a donc " commencé jeudi alors que l’Assemblée nationale votait, avant le jour annoncé, la révision de la Constitution " indique une habitante d’Emombo qui comme des centaines de citadins qui s’en vont au travail en ce lundi 14 avril observent d’un œil apparemment désintéressé le manège des troupes. Un couple de soldats vient en fait de se détacher du groupe qu’il formait avec des dizaines d’autres et s’en va patrouiller dans les très animées artères de ce quartier populaire. Dans un taxi, une femme fait un commentaire : " ils ne seront plus là quand ça va recommencer… " Les occupants de la voiture rient. Sauf un homme indigné par tant d’ " irresponsabilité ". " Quand on va tuer vos enfants, vous rirez encore ", lâche-t-il. Personne ne semble d’accord avec l’homme qui préfère la présence militaire à l’insurrection populaire qui a marqué la dernière semaine de février dans le sud du cameroun. Les militaires sont-ils là pour cette raison ? Naturellement, eux ne peuvent rien en dire.

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Mais à battre le pavé vieillissant de la ville, là où il existe, l’on voit bien que Yaoundé est fortement surveillée. A Obili, où une demi dizaine de policiers veillait sur le carrefour, depuis la terrible semaine de février qui avait occasionné la mort de quarante personnes (une centaine selon des Ong de protection des droits de l’homme), les forces de l’ordre ont réuni leurs armes. Gendarmes, policiers et militaires sont là. Pour les appuyer, un char à eau attend. Des patrouilles pédestres vaquent elles aussi à leur occupation comme les riverains qui comme beaucoup de yaoundéens s’intéressent aux nouvelles de l’arrière-pays où ils ont laissé des parents.
Emilia, une habitante d’Obili, confie ainsi la grande frayeur qui l’a agitée il y a deux jours. L’autobus qui la ramenait en pleine nuit de Bamenda a été brusquement arrêté par des militaires. " C’était la énième fouille depuis le départ, mais je me suis dit que si ça se passait en pleine ville, au pied du ministère de l’Education, c’est qu’il y avait quelque chose de grave en ville ou dans notre bus. Ils ont fouillé et laissé partir tout le monde… " Depuis lors, Emilia rentre chez elle plus tôt que d’habitude. Mais en ville déjà comme au Marché central, elle ne peut échapper aux chars et aux militaires qui " veillent sur elle ".

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Bilinguisme : des obstacles à la base

La peur de commettre des fautes et la cherté des cours de langues constituent parfois des entraves à la pratique courante du français et de l’anglais.

Marthe BASSOMO BIKOE –  

«How are you ? », demande Maurice Atango à son camarade de classe, Claude Bibeï qui répond : « Ça va et toi ? ». Maurice et Claude sont deux étudiants. Ils conversent aisément en plein campus de Ngoa-Ekellé, à la sortie des cours. Pendant que l’un s’exprime en anglais, l’autre, lui, répond en Français. Mais finalement, sans qu’on ne sache pourquoi, la conversation se termine uniquement en français. Fabienne N. et Alphonse M., étudiants et nouvellement inscrits en 1ère année de Droit à l’université de Soa, s’étonnent d’entendre un professeur dispenser le cours de Common Law exclusivement en anglais. Le prof ne tient nullement compte des étudiants sortis des collèges et lycées francophones. « Je ne savais pas que je serais confronté à un système bilingue d’enseignement où certains cours sont dispensés en anglais et d’autres en français », s’inquiète Alphonse. Heureusement pour lui, des étudiants qui l’ont précédé ont fait traduire le cours en français. Il lui en coûtera 1000 Fcfa l’exemplaire.

En cette semaine où la communauté nationale célèbre le bilinguisme, les difficultés sont nombreuses. Même pour les enseignants. La plupart ne maîtrise qu’une seule des deux langues officielles. Ils se retrouvent donc confrontés aux mêmes difficultés que leurs étudiants. « Chaque fois que je reçois la copie d’un étudiant anglophone, je suis obligé de recourir à un dictionnaire pour comprendre le sens de certains mots et parfois même le texte en entier. Cela me prend beaucoup de temps », affirme sous anonymat un professeur d’université. « Mes collègues refusent de faire de même et attribuent tout simplement de bonnes notes aux étudiants en ne tenant compte que du nombre de feuilles de composition remplies », regrette-t-il.

Beaucoup de francophones, bien que comprenant anglais, ne s’expriment pas couramment dans la langue de Shakespeare, qui est pourtant l’une de nos deux langues officielles. Parfois, c’est la peur de commettre des fautes qui prend le dessus. Cela est aussi dû à de nombreuses autres causes. Serges W., fonctionnaire, explique qu’il comprend bien l’anglais mais ne parle pas assez. « J’écris, mais c’est difficile de m’entendre parler », ajoute-t-il. Quant à sa compagne Françoise, ménagère, elle avoue qu’elle aimerait bien apprendre, mais parfois le coût des formations en langues est cher : « Nous avons la volonté. L’anglais est de toute évidence la langue d’avenir. Mais, les cours sont chers pour nous et les bibliothèques ne sont pas assez fournies ».

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