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Francis Faï Yengo : Gouverner en toute illégalité


Le patron de la province du Littoral préside des manifestations publiques en foulant au pied son propre arrêté.
Léger Ntiga


Comme le 11 février, le 08 mars ou plus récemment encore, le 1er mai, mardi 20 mai dernier, la place de l’Udéac à Douala a servi de cadre aux festivités officielles marquant la commémoration du 36e anniversaire de l’Etat unitaire au Cameroun. Cette énième manifestation publique organisée à Douala intervient alors que la province du Littoral se trouve, depuis le 15 janvier 2008, sous le coup d’un arrêté interdisant l’organisation de manifestations publiques sur toute son étendue. A rebours de ce qui précède, l’actuel gouverneur de la province du Littoral a excipé qu’il n’y a rien d’illégal dans la célébration de la fête nationale dans son unité de commandement. L’acte controversé du gouverneur a été pris dans l’optique de réprimer, au besoin dans le sang, les actions de contestation sur la voie publique soldées par la mort de nombreux Camerounais.

Cela à la suite de l’annonce par le Chef de l’Etat du projet de révision constitutionnelle le 31 décembre 2007 (dans son message de fin d’année à la nation), connaît ainsi donc une application à géométrie variable. Si cette pratique dans la gestion du pouvoir par nombre de collaborateurs de Paul Biya ne surprend véritablement plus les observateurs avertis, elle intrigue tout de même chez le successeur de Gounoko Haounaye.
"Une mission stricte de maintien de l’ordre", a été prescrite à son installation de 11 décembre 2007 par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), Marafa Hamidou Yaya au prédécesseur (transparent) de Koumpa Issa dans la province du Centre. Surtout que derrière son visage d’agneau, l’ancien préfet de la Menchum et de la Mezam dans la province du Nord-ouest, sait faire usage du bâton. Comme il le fit à Bamenda aussi bien à la tête du département que du secrétariat général de la province lors des émeutes de Jakiri, Oku et Bafut au cours du triste week-end pascal de 1997. A l’occasion, les populations excédées par des cas de violation répétée des droits de l’homme, s’attaquèrent aux édifices publics.

Instrumentalisation
La suite est connue: Des morts en série et une instrumentalisation dans l’orientation donnée à la crise par le gouvernement à travers les colonnes de Jeune Afrique Economie et Jeune Afrique. Nommé gouverneur du Littoral après son séjour au même poste dans l’Adamaoua et un bref retour dans les services centraux du Minatd à Yaoundé, sa promotion, a souligné Marafa Hamidou Yaya, "obéit à la logique de la promotion et de la performance au sein de l’administration". Administrateur civil principal qualifié de "chevronné" par le ministre de l’Administration territoriale, Francis Faï Yengo est né le 11 février 1955 dans la province du Nord-Ouest. Ce père de plusieurs enfants a cependant révélé une autre facette de sa vie de polygame (y compris à son épouse), à travers la rubrique "Jardin secret" du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune au cours de l’année 2006. Un autre rebondissement donc dans son parcours. Un peu comme celui qui l’a conduit à présider désormais aux destinées de la population variée et "délicate" de Douala. Un peuple par rapport auquel, le Minatd a prescrit au nouveau gouverneur de tenir dans la ligne de mire les conducteurs de motos "dont le comportement se situe généralement en marge du respect de la loi".

La présence du délégué général à la Sûreté nationale, Edgar Alain Mebe Ngo’o, à la cérémonie d’installation, le 11 décembre 2007 peut-elle se lire sous ce prisme? On pourrait le penser en tout cas, bien que sa venue ait été présentée comme une coïncidence avec la pose de la première pierre de l’hôtel de police de la ville. Cette autre cérémonie a d’ailleurs eu lieu juste après l’installation de Francis Faï Yengo sur le site devant accueillir cette bâtisse au boulevard Leclerc de la capitale économique. Toujours est-il que le 20 mai dernier, la question de l’arrêté du 15 janvier 2008, qui faisait déjà désordre dans l’esprit de plusieurs responsables de partis politiques dont ceux basés à Douala, n’a pas manqué pas de susciter la confusion. C’est sans doute à cette aune là qu’il faut juger l’appel le 15 mai dernier du président provincial du Sdf pour le Littoral, Jean Michel Nintcheu et qui subordonnait la présence de ses militants au défilé à cette levée. Seulement, le gouverneur est resté de marbre. Une attitude de Francis Faï Yengo qui peut se lire comme une constance dans sa démarche quitte à gouverner en toute illégalité. Une pratique érigée au Cameroun en mode de gestion de conflits sociopolitiques. Cette approche se caractérise chez les dirigeants comme c’est le cas avec le gouverneur Faï Yengo, par une obstination à ne reculer devant rien. Même pas devant les lois et textes règlementaires de la République. Conséquence, pour reprendre Pius Njawé, l’on s’oppose invariablement par la force à tout débat contradictoire ou à la moindre contestation.

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Le patron de la province du Littoral préside des manifestations publiques en foulant au pied son propre arrêté.
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Comme le 11 février, le 08 mars ou plus récemment encore, le 1er mai, mardi 20 mai dernier, la place de l’Udéac à Douala a servi de cadre aux festivités officielles marquant la commémoration du 36e anniversaire de l’Etat unitaire au Cameroun. Cette énième manifestation publique organisée à Douala intervient alors que la province du Littoral se trouve, depuis le 15 janvier 2008, sous le coup d’un arrêté interdisant l’organisation de manifestations publiques sur toute son étendue. A rebours de ce qui précède, l’actuel gouverneur de la province du Littoral a excipé qu’il n’y a rien d’illégal dans la célébration de la fête nationale dans son unité de commandement. L’acte controversé du gouverneur a été pris dans l’optique de réprimer, au besoin dans le sang, les actions de contestation sur la voie publique soldées par la mort de nombreux Camerounais.

Cela à la suite de l’annonce par le Chef de l’Etat du projet de révision constitutionnelle le 31 décembre 2007 (dans son message de fin d’année à la nation), connaît ainsi donc une application à géométrie variable. Si cette pratique dans la gestion du pouvoir par nombre de collaborateurs de Paul Biya ne surprend véritablement plus les observateurs avertis, elle intrigue tout de même chez le successeur de Gounoko Haounaye.
"Une mission stricte de maintien de l’ordre", a été prescrite à son installation de 11 décembre 2007 par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), Marafa Hamidou Yaya au prédécesseur (transparent) de Koumpa Issa dans la province du Centre. Surtout que derrière son visage d’agneau, l’ancien préfet de la Menchum et de la Mezam dans la province du Nord-ouest, sait faire usage du bâton. Comme il le fit à Bamenda aussi bien à la tête du département que du secrétariat général de la province lors des émeutes de Jakiri, Oku et Bafut au cours du triste week-end pascal de 1997. A l’occasion, les populations excédées par des cas de violation répétée des droits de l’homme, s’attaquèrent aux édifices publics.

Instrumentalisation
La suite est connue: Des morts en série et une instrumentalisation dans l’orientation donnée à la crise par le gouvernement à travers les colonnes de Jeune Afrique Economie et Jeune Afrique. Nommé gouverneur du Littoral après son séjour au même poste dans l’Adamaoua et un bref retour dans les services centraux du Minatd à Yaoundé, sa promotion, a souligné Marafa Hamidou Yaya, "obéit à la logique de la promotion et de la performance au sein de l’administration". Administrateur civil principal qualifié de "chevronné" par le ministre de l’Administration territoriale, Francis Faï Yengo est né le 11 février 1955 dans la province du Nord-Ouest. Ce père de plusieurs enfants a cependant révélé une autre facette de sa vie de polygame (y compris à son épouse), à travers la rubrique "Jardin secret" du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune au cours de l’année 2006. Un autre rebondissement donc dans son parcours. Un peu comme celui qui l’a conduit à présider désormais aux destinées de la population variée et "délicate" de Douala. Un peuple par rapport auquel, le Minatd a prescrit au nouveau gouverneur de tenir dans la ligne de mire les conducteurs de motos "dont le comportement se situe généralement en marge du respect de la loi".

La présence du délégué général à la Sûreté nationale, Edgar Alain Mebe Ngo’o, à la cérémonie d’installation, le 11 décembre 2007 peut-elle se lire sous ce prisme? On pourrait le penser en tout cas, bien que sa venue ait été présentée comme une coïncidence avec la pose de la première pierre de l’hôtel de police de la ville. Cette autre cérémonie a d’ailleurs eu lieu juste après l’installation de Francis Faï Yengo sur le site devant accueillir cette bâtisse au boulevard Leclerc de la capitale économique. Toujours est-il que le 20 mai dernier, la question de l’arrêté du 15 janvier 2008, qui faisait déjà désordre dans l’esprit de plusieurs responsables de partis politiques dont ceux basés à Douala, n’a pas manqué pas de susciter la confusion. C’est sans doute à cette aune là qu’il faut juger l’appel le 15 mai dernier du président provincial du Sdf pour le Littoral, Jean Michel Nintcheu et qui subordonnait la présence de ses militants au défilé à cette levée. Seulement, le gouverneur est resté de marbre. Une attitude de Francis Faï Yengo qui peut se lire comme une constance dans sa démarche quitte à gouverner en toute illégalité. Une pratique érigée au Cameroun en mode de gestion de conflits sociopolitiques. Cette approche se caractérise chez les dirigeants comme c’est le cas avec le gouverneur Faï Yengo, par une obstination à ne reculer devant rien. Même pas devant les lois et textes règlementaires de la République. Conséquence, pour reprendre Pius Njawé, l’on s’oppose invariablement par la force à tout débat contradictoire ou à la moindre contestation.

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Cela à la suite de l’annonce par le Chef de l’Etat du projet de révision constitutionnelle le 31 décembre 2007 (dans son message de fin d’année à la nation), connaît ainsi donc une application à géométrie variable. Si cette pratique dans la gestion du pouvoir par nombre de collaborateurs de Paul Biya ne surprend véritablement plus les observateurs avertis, elle intrigue tout de même chez le successeur de Gounoko Haounaye.
"Une mission stricte de maintien de l’ordre", a été prescrite à son installation de 11 décembre 2007 par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), Marafa Hamidou Yaya au prédécesseur (transparent) de Koumpa Issa dans la province du Centre. Surtout que derrière son visage d’agneau, l’ancien préfet de la Menchum et de la Mezam dans la province du Nord-ouest, sait faire usage du bâton. Comme il le fit à Bamenda aussi bien à la tête du département que du secrétariat général de la province lors des émeutes de Jakiri, Oku et Bafut au cours du triste week-end pascal de 1997. A l’occasion, les populations excédées par des cas de violation répétée des droits de l’homme, s’attaquèrent aux édifices publics.

Instrumentalisation
La suite est connue: Des morts en série et une instrumentalisation dans l’orientation donnée à la crise par le gouvernement à travers les colonnes de Jeune Afrique Economie et Jeune Afrique. Nommé gouverneur du Littoral après son séjour au même poste dans l’Adamaoua et un bref retour dans les services centraux du Minatd à Yaoundé, sa promotion, a souligné Marafa Hamidou Yaya, "obéit à la logique de la promotion et de la performance au sein de l’administration". Administrateur civil principal qualifié de "chevronné" par le ministre de l’Administration territoriale, Francis Faï Yengo est né le 11 février 1955 dans la province du Nord-Ouest. Ce père de plusieurs enfants a cependant révélé une autre facette de sa vie de polygame (y compris à son épouse), à travers la rubrique "Jardin secret" du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune au cours de l’année 2006. Un autre rebondissement donc dans son parcours. Un peu comme celui qui l’a conduit à présider désormais aux destinées de la population variée et "délicate" de Douala. Un peuple par rapport auquel, le Minatd a prescrit au nouveau gouverneur de tenir dans la ligne de mire les conducteurs de motos "dont le comportement se situe généralement en marge du respect de la loi".

La présence du délégué général à la Sûreté nationale, Edgar Alain Mebe Ngo’o, à la cérémonie d’installation, le 11 décembre 2007 peut-elle se lire sous ce prisme? On pourrait le penser en tout cas, bien que sa venue ait été présentée comme une coïncidence avec la pose de la première pierre de l’hôtel de police de la ville. Cette autre cérémonie a d’ailleurs eu lieu juste après l’installation de Francis Faï Yengo sur le site devant accueillir cette bâtisse au boulevard Leclerc de la capitale économique. Toujours est-il que le 20 mai dernier, la question de l’arrêté du 15 janvier 2008, qui faisait déjà désordre dans l’esprit de plusieurs responsables de partis politiques dont ceux basés à Douala, n’a pas manqué pas de susciter la confusion. C’est sans doute à cette aune là qu’il faut juger l’appel le 15 mai dernier du président provincial du Sdf pour le Littoral, Jean Michel Nintcheu et qui subordonnait la présence de ses militants au défilé à cette levée. Seulement, le gouverneur est resté de marbre. Une attitude de Francis Faï Yengo qui peut se lire comme une constance dans sa démarche quitte à gouverner en toute illégalité. Une pratique érigée au Cameroun en mode de gestion de conflits sociopolitiques. Cette approche se caractérise chez les dirigeants comme c’est le cas avec le gouverneur Faï Yengo, par une obstination à ne reculer devant rien. Même pas devant les lois et textes règlementaires de la République. Conséquence, pour reprendre Pius Njawé, l’on s’oppose invariablement par la force à tout débat contradictoire ou à la moindre contestation.

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Le patron de la province du Littoral préside des manifestations publiques en foulant au pied son propre arrêté.
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Cela à la suite de l’annonce par le Chef de l’Etat du projet de révision constitutionnelle le 31 décembre 2007 (dans son message de fin d’année à la nation), connaît ainsi donc une application à géométrie variable. Si cette pratique dans la gestion du pouvoir par nombre de collaborateurs de Paul Biya ne surprend véritablement plus les observateurs avertis, elle intrigue tout de même chez le successeur de Gounoko Haounaye.
"Une mission stricte de maintien de l’ordre", a été prescrite à son installation de 11 décembre 2007 par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), Marafa Hamidou Yaya au prédécesseur (transparent) de Koumpa Issa dans la province du Centre. Surtout que derrière son visage d’agneau, l’ancien préfet de la Menchum et de la Mezam dans la province du Nord-ouest, sait faire usage du bâton. Comme il le fit à Bamenda aussi bien à la tête du département que du secrétariat général de la province lors des émeutes de Jakiri, Oku et Bafut au cours du triste week-end pascal de 1997. A l’occasion, les populations excédées par des cas de violation répétée des droits de l’homme, s’attaquèrent aux édifices publics.

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La suite est connue: Des morts en série et une instrumentalisation dans l’orientation donnée à la crise par le gouvernement à travers les colonnes de Jeune Afrique Economie et Jeune Afrique. Nommé gouverneur du Littoral après son séjour au même poste dans l’Adamaoua et un bref retour dans les services centraux du Minatd à Yaoundé, sa promotion, a souligné Marafa Hamidou Yaya, "obéit à la logique de la promotion et de la performance au sein de l’administration". Administrateur civil principal qualifié de "chevronné" par le ministre de l’Administration territoriale, Francis Faï Yengo est né le 11 février 1955 dans la province du Nord-Ouest. Ce père de plusieurs enfants a cependant révélé une autre facette de sa vie de polygame (y compris à son épouse), à travers la rubrique "Jardin secret" du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune au cours de l’année 2006. Un autre rebondissement donc dans son parcours. Un peu comme celui qui l’a conduit à présider désormais aux destinées de la population variée et "délicate" de Douala. Un peuple par rapport auquel, le Minatd a prescrit au nouveau gouverneur de tenir dans la ligne de mire les conducteurs de motos "dont le comportement se situe généralement en marge du respect de la loi".

La présence du délégué général à la Sûreté nationale, Edgar Alain Mebe Ngo’o, à la cérémonie d’installation, le 11 décembre 2007 peut-elle se lire sous ce prisme? On pourrait le penser en tout cas, bien que sa venue ait été présentée comme une coïncidence avec la pose de la première pierre de l’hôtel de police de la ville. Cette autre cérémonie a d’ailleurs eu lieu juste après l’installation de Francis Faï Yengo sur le site devant accueillir cette bâtisse au boulevard Leclerc de la capitale économique. Toujours est-il que le 20 mai dernier, la question de l’arrêté du 15 janvier 2008, qui faisait déjà désordre dans l’esprit de plusieurs responsables de partis politiques dont ceux basés à Douala, n’a pas manqué pas de susciter la confusion. C’est sans doute à cette aune là qu’il faut juger l’appel le 15 mai dernier du président provincial du Sdf pour le Littoral, Jean Michel Nintcheu et qui subordonnait la présence de ses militants au défilé à cette levée. Seulement, le gouverneur est resté de marbre. Une attitude de Francis Faï Yengo qui peut se lire comme une constance dans sa démarche quitte à gouverner en toute illégalité. Une pratique érigée au Cameroun en mode de gestion de conflits sociopolitiques. Cette approche se caractérise chez les dirigeants comme c’est le cas avec le gouverneur Faï Yengo, par une obstination à ne reculer devant rien. Même pas devant les lois et textes règlementaires de la République. Conséquence, pour reprendre Pius Njawé, l’on s’oppose invariablement par la force à tout débat contradictoire ou à la moindre contestation.

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Cinéma : Daniel Kamwa fait son come-back

« Mâh Saah-Sah », le dernier film du réalisateur, a été projeté pendant le week-end à Yaoundé.
Dorine Ekwe –




C’est de la salle des machines du cinéma théâtre Abbia que Daniel Kamwa a assisté, vendredi dernier, à la projection de son film "Mâh Saah-Sah" qui y était programmé en avant-première. C’est dire que le réalisateur de "pousse-pousse" (1998) n’a pas encore le courage de laisser son dernier "bébé" tout seul… Malheureusement, malgré sa présence, il n’a pas pu éviter quelques soucis techniques à l’origine de multiples interruptions plus ou moins brèves de la projection: "je m’en excuse auprès du public. Le problème est purement technique et il a été résolu. D’ailleurs, lors des projections de samedi, nous n’avons plus eu les mêmes soucis", confesse-t-il.
Passés ces moments de frayeurs, c’est avec délectation que l’on s’est plongé dans la traversée des plaines du Noun dans lesquelles le réalisateur balade le spectateur. La qualité des images est irréprochable alors que la voix du regretté Tom Yom’s qui a composé la musique du film apaise le téléspectateur et accompagne l’action. Le jeu des acteurs séduit également. On a du mal à croire que c’est la première fois qu’ils flirtent avec la caméra. Le spectateur fait en effet la rencontre des deux personnages principaux lorsque Mapon (Mfouemou Bea Flore) et Ncharé (Abdel Aziz Nchankou) se voient au retour du champ et que cette dernière refuse l’aide de son soupirant.

Après moults taquineries qui se sont soldées, au cours d’une cérémonie dénommée la "danse de la séduction" pendant laquelle le choix de Ncharé pour Mapon a été officialisé, par les fiançailles des deux jeunes gens. Grâce à ces séquences, le réalisateur introduit une petite touche sur la culture du peuple Bamoun. "C’est très important de faire connaître notre culture à nos enfants ou petits enfants. C’est pour cette raison que nous avons opéré ce choix. Même dans une œuvre comme celle-là, il n’est pas question d’oublier nos valeurs culturelles", explique Daniel Kamwa.
Ensuite, on peut passer à autre chose. L’air de rien, l’auteur fait le pont au plan social avec l’entrée en scène du député Molu, homme d’affaires basé a Douala qui, après avoir donné un coup de main aux parents de la jeune Mapon, pendant la maladie de leur fils, se propose d’épouser cette dernière. Le papa de la jeune femme, appâté, résistera difficilement à la tentation de revenir sur sa promesse faite à Ncharé, le fiancé de sa fille. Le film rappelle les épopées de "L’étoile de Noudi" (1990), un téléfilm qui a ému le public camerounais et a fait découvrir Joséphine Ndagnou.

Seulement, dans "Mâh Saah-Sah", au-delà du sérieux de l’histoire, l’intrigue mêle humour et émotion. Le réalisateur, par le biais de sa caméra, fait parler le quotidien de ce peuple d’artisans de Foumban qui vit dans des conditions difficiles. L’enclavement des zones reculées du pays est astucieusement mis en exergue lorsque la maman de Mapon doit accompagner d’urgence son fils malade au centre de santé le plus proche et, pour cela, est transportée avec l’enfant dans un… pousse-pousse. Salutaire est également le choix du réalisateur qui, après avoir tourné la fiction en langue bamoun a opéré un doublage de voix en français qui a le mérite de mettre le film, côté langue, au niveau des standards internationaux. "Je voulais m’assurer que mon film serait vu par un canadien, un français ou un belge sans que le problème de compréhension de la langue ne se pose".

En s’inspirant de la problématique de l’amour face à l’argent, Daniel Kamwa propose une version contemporaine de "Roméo et Juliette" made in Cameroon. "J’ai laissé parler mon côté romantique dans la dernière scène du film où Ncharé, réhabilité après avoir été accusé de vol, sauve sa dulcinée des griffes du député polygame". Et lorsque le générique de fin défile sur l’écran, on regrette que la salle du cinéma théâtre Abbia soit aussi clairsemée pour vivre ce pur moment de détente. Et c’est à reculons que, nostalgiques des 91 minutes que l’on vient de vivre dans la salle obscure, on s’en va, sûrs du fait que les 400 millions de francs Cfa investis dans cette fiction ne sont pas tombés à l’eau.

Repères
Titre: Mâh Saah-Sah
Réalisation: Daniel Kamwa
Production: Coconut Dream Cameroun
Durée: 91 minutes
Musique: Tom Yom’s
Casting:
Abdel Aziz Nchanko
Mfouemou Bea Flore
Adamou Njoya
Poyouko Samuel
Bel Lamy
Ibrahim Njankouh
Mama Muisse
Achirou Moulioum
Pasma Mewouo

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