Non classé

L’armée camerounaise désarmée

BAKASSI

L’armée camerounaise désarmée…les Nigerians font la loi

Les hommes de troupe envoyés dans la zone de conflit ne cachent pas leurs misères.

Il ne fait pas bon d’être militaire ou gendarme en mission à Bakassi. Cette zone est, à en croire des soldats camerounais à Ekondo Titi et à Mudemba, un excellent nid d’insécurité. “ Mon frère, je préfère passer une année en détention à la prison centrale de New Bell que de passer un seul mois dans l’une des pêcheries qui forment Bakassi ”, déclare l’un d’eux au Messager.
Cet élément de la marine nationale camerounaise parle de la situation des îles et de l’insécurité qu’ils sont incapables de juguler dans les eaux, faute de matériel de guerre adéquat. Et, surtout, du nombre d’éléments constamment mis en patrouille dans les îles de Idabato, Isangele et Akwa, largement insuffisant face au très grand nombre d’éléments de l’armée nigériane rencontrés sur le terrain.
“ Vous vous rendez compte, le Cameroun vient d’être victime d’une attaque. Et, tout porte à croire que les assaillants sont originaires du Nigeria. On nous envoie faire des patrouilles dans les pêcheries. Et, pour s’y rendre, nous empruntons des chaloupes civiles, pilotées par des Nigérians ! Même nos chefs empruntent des chaloupes civiles pilotées par des Nigérians, pour se rendre dans les îles de Bakassi. Imaginez un instant qu’un de ces pilotes de chaloupes soit de connivence avec les assaillants. Il ira simplement livrer tous ses passagers de l’armée camerounaise à ses complices ”, fait observer un militaire. Il dit ne pas comprendre pourquoi les bases de la marine nationale à Ekondo Titi et Mudemba (les dernières sur terre ferme avant les îles) ne sont pas puissamment équipées.

Plusieurs postes de combats supprimés
Les militaires et autres hommes de rang se plaignent aussi, de la suppression de nombreux postes de combats de l’armée camerounaise dans divers endroits des îles. “ Ces postes de combats étaient dissuasifs et permettaient de rester vigilants. La hiérarchie a supprimé plusieurs dont certains importants, donnant ainsi la possibilité à l’armée nigériane d’occuper davantage l’espace, et aux pirates de la mer (surtout les originaires de la tribu Bayassa qui s’opposent farouchement à l’application du verdict rendu le 10 octobre 2002 par la Cour internationale de justice de La Haye et des Accords de Greentree) de pouvoir agir sans crainte ”, regrette un élément de la gendarmerie nationale. Les hommes de troupe se disent donc exposés aux attaques qui peuvent venir de partout.
Leur découragement provient aussi de la qualité de la vie menée dans les îles. “ Dans ces îles, on vit comme des primitifs. Partout, il y a de l’eau. La ration de nourriture et d’eau potable – sur place, les eaux sont souillées – n’arrive pas régulièrement. A Bakassi, nous vivons et travaillons dans des conditions extrêmement difficiles. Il y en a parmi nous qui passent près de deux mois, voire plus dans les pêcheries, avant de revenir ”, confie un militaire. Comme nombre de ses collègues, il se plaint aussi du sous-équipement de l’armée camerounaise : “ Dans la mer, notre territoire est séparé de celui du Nigeria par moins d’un mètre. Nous voyons leurs matériels de guerre. Ceux-ci sont sophistiqués.”
Comme on le voit, les éléments placés sous le commandement du colonel Ebaka, commandant de l’opération Delta, du lieutenant-colonel Jean Didier Nakong, commandant du 21è Bafumar, et du capitaine de frégate Ndjana, commandant du 22è Bafumar, ont plutôt le moral en berne. Non seulement, ils sont insuffisamment armés, mais aussi se nourrissent mal. Leur organisation, sur le terrain, ne les met pas en position de défense efficace. Ils sont comme… désarmés.
Approchés, certains responsables de l’état-major expliquent que le Cameroun se trouve, depuis le 10 octobre 2002, dans une stratégie de pacification. On comprend alors que la suppression des postes de combat participe d’une volonté affichée aux yeux de l’opinion internationale d’abandonner la guerre. Le pays de Paul Biya n’aurait ainsi pas fait sienne le conseil des premiers hommes d’Etat israéliens : “ Qui veut préparer la paix prépare la guerre ”. On verra bien à qui l’histoire donnera raison.  

Par Honoré FOIMOUKOM Envoyé spécial dans le Ndian

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Les hommes de troupe envoyés dans la zone de conflit ne cachent pas leurs misères.

Il ne fait pas bon d’être militaire ou gendarme en mission à Bakassi. Cette zone est, à en croire des soldats camerounais à Ekondo Titi et à Mudemba, un excellent nid d’insécurité. “ Mon frère, je préfère passer une année en détention à la prison centrale de New Bell que de passer un seul mois dans l’une des pêcheries qui forment Bakassi ”, déclare l’un d’eux au Messager.
Cet élément de la marine nationale camerounaise parle de la situation des îles et de l’insécurité qu’ils sont incapables de juguler dans les eaux, faute de matériel de guerre adéquat. Et, surtout, du nombre d’éléments constamment mis en patrouille dans les îles de Idabato, Isangele et Akwa, largement insuffisant face au très grand nombre d’éléments de l’armée nigériane rencontrés sur le terrain.
“ Vous vous rendez compte, le Cameroun vient d’être victime d’une attaque. Et, tout porte à croire que les assaillants sont originaires du Nigeria. On nous envoie faire des patrouilles dans les pêcheries. Et, pour s’y rendre, nous empruntons des chaloupes civiles, pilotées par des Nigérians ! Même nos chefs empruntent des chaloupes civiles pilotées par des Nigérians, pour se rendre dans les îles de Bakassi. Imaginez un instant qu’un de ces pilotes de chaloupes soit de connivence avec les assaillants. Il ira simplement livrer tous ses passagers de l’armée camerounaise à ses complices ”, fait observer un militaire. Il dit ne pas comprendre pourquoi les bases de la marine nationale à Ekondo Titi et Mudemba (les dernières sur terre ferme avant les îles) ne sont pas puissamment équipées.

Plusieurs postes de combats supprimés
Les militaires et autres hommes de rang se plaignent aussi, de la suppression de nombreux postes de combats de l’armée camerounaise dans divers endroits des îles. “ Ces postes de combats étaient dissuasifs et permettaient de rester vigilants. La hiérarchie a supprimé plusieurs dont certains importants, donnant ainsi la possibilité à l’armée nigériane d’occuper davantage l’espace, et aux pirates de la mer (surtout les originaires de la tribu Bayassa qui s’opposent farouchement à l’application du verdict rendu le 10 octobre 2002 par la Cour internationale de justice de La Haye et des Accords de Greentree) de pouvoir agir sans crainte ”, regrette un élément de la gendarmerie nationale. Les hommes de troupe se disent donc exposés aux attaques qui peuvent venir de partout.
Leur découragement provient aussi de la qualité de la vie menée dans les îles. “ Dans ces îles, on vit comme des primitifs. Partout, il y a de l’eau. La ration de nourriture et d’eau potable – sur place, les eaux sont souillées – n’arrive pas régulièrement. A Bakassi, nous vivons et travaillons dans des conditions extrêmement difficiles. Il y en a parmi nous qui passent près de deux mois, voire plus dans les pêcheries, avant de revenir ”, confie un militaire. Comme nombre de ses collègues, il se plaint aussi du sous-équipement de l’armée camerounaise : “ Dans la mer, notre territoire est séparé de celui du Nigeria par moins d’un mètre. Nous voyons leurs matériels de guerre. Ceux-ci sont sophistiqués.”
Comme on le voit, les éléments placés sous le commandement du colonel Ebaka, commandant de l’opération Delta, du lieutenant-colonel Jean Didier Nakong, commandant du 21è Bafumar, et du capitaine de frégate Ndjana, commandant du 22è Bafumar, ont plutôt le moral en berne. Non seulement, ils sont insuffisamment armés, mais aussi se nourrissent mal. Leur organisation, sur le terrain, ne les met pas en position de défense efficace. Ils sont comme… désarmés.
Approchés, certains responsables de l’état-major expliquent que le Cameroun se trouve, depuis le 10 octobre 2002, dans une stratégie de pacification. On comprend alors que la suppression des postes de combat participe d’une volonté affichée aux yeux de l’opinion internationale d’abandonner la guerre. Le pays de Paul Biya n’aurait ainsi pas fait sienne le conseil des premiers hommes d’Etat israéliens : “ Qui veut préparer la paix prépare la guerre ”. On verra bien à qui l’histoire donnera raison.  

Par Honoré FOIMOUKOM Envoyé spécial dans le Ndian

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L’armée camerounaise désarmée…les Nigerians font la loi

Les hommes de troupe envoyés dans la zone de conflit ne cachent pas leurs misères.

Il ne fait pas bon d’être militaire ou gendarme en mission à Bakassi. Cette zone est, à en croire des soldats camerounais à Ekondo Titi et à Mudemba, un excellent nid d’insécurité. “ Mon frère, je préfère passer une année en détention à la prison centrale de New Bell que de passer un seul mois dans l’une des pêcheries qui forment Bakassi ”, déclare l’un d’eux au Messager.
Cet élément de la marine nationale camerounaise parle de la situation des îles et de l’insécurité qu’ils sont incapables de juguler dans les eaux, faute de matériel de guerre adéquat. Et, surtout, du nombre d’éléments constamment mis en patrouille dans les îles de Idabato, Isangele et Akwa, largement insuffisant face au très grand nombre d’éléments de l’armée nigériane rencontrés sur le terrain.
“ Vous vous rendez compte, le Cameroun vient d’être victime d’une attaque. Et, tout porte à croire que les assaillants sont originaires du Nigeria. On nous envoie faire des patrouilles dans les pêcheries. Et, pour s’y rendre, nous empruntons des chaloupes civiles, pilotées par des Nigérians ! Même nos chefs empruntent des chaloupes civiles pilotées par des Nigérians, pour se rendre dans les îles de Bakassi. Imaginez un instant qu’un de ces pilotes de chaloupes soit de connivence avec les assaillants. Il ira simplement livrer tous ses passagers de l’armée camerounaise à ses complices ”, fait observer un militaire. Il dit ne pas comprendre pourquoi les bases de la marine nationale à Ekondo Titi et Mudemba (les dernières sur terre ferme avant les îles) ne sont pas puissamment équipées.

Plusieurs postes de combats supprimés
Les militaires et autres hommes de rang se plaignent aussi, de la suppression de nombreux postes de combats de l’armée camerounaise dans divers endroits des îles. “ Ces postes de combats étaient dissuasifs et permettaient de rester vigilants. La hiérarchie a supprimé plusieurs dont certains importants, donnant ainsi la possibilité à l’armée nigériane d’occuper davantage l’espace, et aux pirates de la mer (surtout les originaires de la tribu Bayassa qui s’opposent farouchement à l’application du verdict rendu le 10 octobre 2002 par la Cour internationale de justice de La Haye et des Accords de Greentree) de pouvoir agir sans crainte ”, regrette un élément de la gendarmerie nationale. Les hommes de troupe se disent donc exposés aux attaques qui peuvent venir de partout.
Leur découragement provient aussi de la qualité de la vie menée dans les îles. “ Dans ces îles, on vit comme des primitifs. Partout, il y a de l’eau. La ration de nourriture et d’eau potable – sur place, les eaux sont souillées – n’arrive pas régulièrement. A Bakassi, nous vivons et travaillons dans des conditions extrêmement difficiles. Il y en a parmi nous qui passent près de deux mois, voire plus dans les pêcheries, avant de revenir ”, confie un militaire. Comme nombre de ses collègues, il se plaint aussi du sous-équipement de l’armée camerounaise : “ Dans la mer, notre territoire est séparé de celui du Nigeria par moins d’un mètre. Nous voyons leurs matériels de guerre. Ceux-ci sont sophistiqués.”
Comme on le voit, les éléments placés sous le commandement du colonel Ebaka, commandant de l’opération Delta, du lieutenant-colonel Jean Didier Nakong, commandant du 21è Bafumar, et du capitaine de frégate Ndjana, commandant du 22è Bafumar, ont plutôt le moral en berne. Non seulement, ils sont insuffisamment armés, mais aussi se nourrissent mal. Leur organisation, sur le terrain, ne les met pas en position de défense efficace. Ils sont comme… désarmés.
Approchés, certains responsables de l’état-major expliquent que le Cameroun se trouve, depuis le 10 octobre 2002, dans une stratégie de pacification. On comprend alors que la suppression des postes de combat participe d’une volonté affichée aux yeux de l’opinion internationale d’abandonner la guerre. Le pays de Paul Biya n’aurait ainsi pas fait sienne le conseil des premiers hommes d’Etat israéliens : “ Qui veut préparer la paix prépare la guerre ”. On verra bien à qui l’histoire donnera raison.  

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Les hommes de troupe envoyés dans la zone de conflit ne cachent pas leurs misères.

Il ne fait pas bon d’être militaire ou gendarme en mission à Bakassi. Cette zone est, à en croire des soldats camerounais à Ekondo Titi et à Mudemba, un excellent nid d’insécurité. “ Mon frère, je préfère passer une année en détention à la prison centrale de New Bell que de passer un seul mois dans l’une des pêcheries qui forment Bakassi ”, déclare l’un d’eux au Messager.
Cet élément de la marine nationale camerounaise parle de la situation des îles et de l’insécurité qu’ils sont incapables de juguler dans les eaux, faute de matériel de guerre adéquat. Et, surtout, du nombre d’éléments constamment mis en patrouille dans les îles de Idabato, Isangele et Akwa, largement insuffisant face au très grand nombre d’éléments de l’armée nigériane rencontrés sur le terrain.
“ Vous vous rendez compte, le Cameroun vient d’être victime d’une attaque. Et, tout porte à croire que les assaillants sont originaires du Nigeria. On nous envoie faire des patrouilles dans les pêcheries. Et, pour s’y rendre, nous empruntons des chaloupes civiles, pilotées par des Nigérians ! Même nos chefs empruntent des chaloupes civiles pilotées par des Nigérians, pour se rendre dans les îles de Bakassi. Imaginez un instant qu’un de ces pilotes de chaloupes soit de connivence avec les assaillants. Il ira simplement livrer tous ses passagers de l’armée camerounaise à ses complices ”, fait observer un militaire. Il dit ne pas comprendre pourquoi les bases de la marine nationale à Ekondo Titi et Mudemba (les dernières sur terre ferme avant les îles) ne sont pas puissamment équipées.

Plusieurs postes de combats supprimés
Les militaires et autres hommes de rang se plaignent aussi, de la suppression de nombreux postes de combats de l’armée camerounaise dans divers endroits des îles. “ Ces postes de combats étaient dissuasifs et permettaient de rester vigilants. La hiérarchie a supprimé plusieurs dont certains importants, donnant ainsi la possibilité à l’armée nigériane d’occuper davantage l’espace, et aux pirates de la mer (surtout les originaires de la tribu Bayassa qui s’opposent farouchement à l’application du verdict rendu le 10 octobre 2002 par la Cour internationale de justice de La Haye et des Accords de Greentree) de pouvoir agir sans crainte ”, regrette un élément de la gendarmerie nationale. Les hommes de troupe se disent donc exposés aux attaques qui peuvent venir de partout.
Leur découragement provient aussi de la qualité de la vie menée dans les îles. “ Dans ces îles, on vit comme des primitifs. Partout, il y a de l’eau. La ration de nourriture et d’eau potable – sur place, les eaux sont souillées – n’arrive pas régulièrement. A Bakassi, nous vivons et travaillons dans des conditions extrêmement difficiles. Il y en a parmi nous qui passent près de deux mois, voire plus dans les pêcheries, avant de revenir ”, confie un militaire. Comme nombre de ses collègues, il se plaint aussi du sous-équipement de l’armée camerounaise : “ Dans la mer, notre territoire est séparé de celui du Nigeria par moins d’un mètre. Nous voyons leurs matériels de guerre. Ceux-ci sont sophistiqués.”
Comme on le voit, les éléments placés sous le commandement du colonel Ebaka, commandant de l’opération Delta, du lieutenant-colonel Jean Didier Nakong, commandant du 21è Bafumar, et du capitaine de frégate Ndjana, commandant du 22è Bafumar, ont plutôt le moral en berne. Non seulement, ils sont insuffisamment armés, mais aussi se nourrissent mal. Leur organisation, sur le terrain, ne les met pas en position de défense efficace. Ils sont comme… désarmés.
Approchés, certains responsables de l’état-major expliquent que le Cameroun se trouve, depuis le 10 octobre 2002, dans une stratégie de pacification. On comprend alors que la suppression des postes de combat participe d’une volonté affichée aux yeux de l’opinion internationale d’abandonner la guerre. Le pays de Paul Biya n’aurait ainsi pas fait sienne le conseil des premiers hommes d’Etat israéliens : “ Qui veut préparer la paix prépare la guerre ”. On verra bien à qui l’histoire donnera raison.  

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