Non classé

Nomination de sous préfets à Bakassi

Déploiement : 


Yaoundé et les pays témoins de l’Accord de Greentree se mobilisent dans la perspective de la fin de la présence nigériane.
JFB


A mesure que l’on approche de l’échéance du 14 août 2008 qui doit marquer le retour définitif et complet de la presqu’île de Bakassi au Cameroun, c’est à un véritable déploiement que l’on assiste, tant du côté des autorités camerounaises, que de la communauté internationale. Vendredi 25 juillet dernier, ce sont sept sous préfets qui ont été nommés dans cette zone. L’on a senti l’urgence de la décision prise par le président de la République dans la signature d’un décret qui ne concernait que cette zone, au moment où, près de trois semaines après les mouvements qui ont touché la préfectorale, et alors que l’on attendait la désignation des sous préfets, Paul Biya n’a désigné que ceux qui couvrent cette zone qui apparaît de plus en plus comme à risque.

Ainsi donc, près de deux mois après le brutal assassinat de Fonya Félix Morfan, sous préfet de Kombo Abédimo en mission dans la zone par les mêmes bandes armées auxquelles fait face l’armée camerounaise aujourd’hui, le poste a été pourvu. En plus de Ayuk Edward Taka qui est ainsi nommé pour remplacer Fonya Félix, ce sont cinq autres des sept arrondissements que compte le département du Ndian qui sont concernés. Donc tous les trois qui constituent la presqu’île de Bakassi (Isangele, Kombo Abedimo et Idabato). A ceux-ci, il faut ajouter Upper Bayang dans le département de la Manyu. Des nominations de sous préfets qui sont intervenus après la prise de commandement de Théophile Nzeki, le nouveau préfet du département du Ndian.

Ces autorités administratives sont ainsi désignées au moment où une intense activité diplomatique se déroule dans la capitale camerounaise. C’est ainsi que Henri Eyebe Ayissi, le ministre des Relations extérieures a reçu les ambassadeurs des pays témoins de l’Accord de Greentree du 12 juin 2006. Après George Serre de France le 23 juillet dernier, c’était au tour de Janet Elisabeth Garvey des Etats-Unis, Horst Grunner, le Chargé d’affaires de l’Allemagne fédérale et le Haut commissaire par intérim de Grande Bretagne d’aller assurer les autorités de la disponibilité de leurs pays respectifs à accompagner la mise en place d’infrastructures de développement dans la presqu’île, après le départ de l’armée nigériane dans 17 jours exactement. Au rang de ces " amis "du Cameroun reçus dans la même perspective, Huang Changquing, l’ambassadeur de Chine.
Une action qui viendra sans doute compléter celle des autorités camerounaises qui ont mis sur pied le Comité de coordination et de suivi des actions prioritaires à mener dans la presqu’île.

Les sous préfets nommés
Kombo Abedimo : Ayuk Edward Taka
Isangele : Azia Bukara Claude
Idabato: Ngah Jonah
Kombo Itindi: Itambi Isaac
Bamusso: Dinsi Alfred
Mundemba: Wafwa Lawrence
Upper Bayang: Fombele Mathias

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Yaoundé et les pays témoins de l’Accord de Greentree se mobilisent dans la perspective de la fin de la présence nigériane.
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A mesure que l’on approche de l’échéance du 14 août 2008 qui doit marquer le retour définitif et complet de la presqu’île de Bakassi au Cameroun, c’est à un véritable déploiement que l’on assiste, tant du côté des autorités camerounaises, que de la communauté internationale. Vendredi 25 juillet dernier, ce sont sept sous préfets qui ont été nommés dans cette zone. L’on a senti l’urgence de la décision prise par le président de la République dans la signature d’un décret qui ne concernait que cette zone, au moment où, près de trois semaines après les mouvements qui ont touché la préfectorale, et alors que l’on attendait la désignation des sous préfets, Paul Biya n’a désigné que ceux qui couvrent cette zone qui apparaît de plus en plus comme à risque.

Ainsi donc, près de deux mois après le brutal assassinat de Fonya Félix Morfan, sous préfet de Kombo Abédimo en mission dans la zone par les mêmes bandes armées auxquelles fait face l’armée camerounaise aujourd’hui, le poste a été pourvu. En plus de Ayuk Edward Taka qui est ainsi nommé pour remplacer Fonya Félix, ce sont cinq autres des sept arrondissements que compte le département du Ndian qui sont concernés. Donc tous les trois qui constituent la presqu’île de Bakassi (Isangele, Kombo Abedimo et Idabato). A ceux-ci, il faut ajouter Upper Bayang dans le département de la Manyu. Des nominations de sous préfets qui sont intervenus après la prise de commandement de Théophile Nzeki, le nouveau préfet du département du Ndian.

Ces autorités administratives sont ainsi désignées au moment où une intense activité diplomatique se déroule dans la capitale camerounaise. C’est ainsi que Henri Eyebe Ayissi, le ministre des Relations extérieures a reçu les ambassadeurs des pays témoins de l’Accord de Greentree du 12 juin 2006. Après George Serre de France le 23 juillet dernier, c’était au tour de Janet Elisabeth Garvey des Etats-Unis, Horst Grunner, le Chargé d’affaires de l’Allemagne fédérale et le Haut commissaire par intérim de Grande Bretagne d’aller assurer les autorités de la disponibilité de leurs pays respectifs à accompagner la mise en place d’infrastructures de développement dans la presqu’île, après le départ de l’armée nigériane dans 17 jours exactement. Au rang de ces " amis "du Cameroun reçus dans la même perspective, Huang Changquing, l’ambassadeur de Chine.
Une action qui viendra sans doute compléter celle des autorités camerounaises qui ont mis sur pied le Comité de coordination et de suivi des actions prioritaires à mener dans la presqu’île.

Les sous préfets nommés
Kombo Abedimo : Ayuk Edward Taka
Isangele : Azia Bukara Claude
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Ainsi donc, près de deux mois après le brutal assassinat de Fonya Félix Morfan, sous préfet de Kombo Abédimo en mission dans la zone par les mêmes bandes armées auxquelles fait face l’armée camerounaise aujourd’hui, le poste a été pourvu. En plus de Ayuk Edward Taka qui est ainsi nommé pour remplacer Fonya Félix, ce sont cinq autres des sept arrondissements que compte le département du Ndian qui sont concernés. Donc tous les trois qui constituent la presqu’île de Bakassi (Isangele, Kombo Abedimo et Idabato). A ceux-ci, il faut ajouter Upper Bayang dans le département de la Manyu. Des nominations de sous préfets qui sont intervenus après la prise de commandement de Théophile Nzeki, le nouveau préfet du département du Ndian.

Ces autorités administratives sont ainsi désignées au moment où une intense activité diplomatique se déroule dans la capitale camerounaise. C’est ainsi que Henri Eyebe Ayissi, le ministre des Relations extérieures a reçu les ambassadeurs des pays témoins de l’Accord de Greentree du 12 juin 2006. Après George Serre de France le 23 juillet dernier, c’était au tour de Janet Elisabeth Garvey des Etats-Unis, Horst Grunner, le Chargé d’affaires de l’Allemagne fédérale et le Haut commissaire par intérim de Grande Bretagne d’aller assurer les autorités de la disponibilité de leurs pays respectifs à accompagner la mise en place d’infrastructures de développement dans la presqu’île, après le départ de l’armée nigériane dans 17 jours exactement. Au rang de ces " amis "du Cameroun reçus dans la même perspective, Huang Changquing, l’ambassadeur de Chine.
Une action qui viendra sans doute compléter celle des autorités camerounaises qui ont mis sur pied le Comité de coordination et de suivi des actions prioritaires à mener dans la presqu’île.

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Ainsi donc, près de deux mois après le brutal assassinat de Fonya Félix Morfan, sous préfet de Kombo Abédimo en mission dans la zone par les mêmes bandes armées auxquelles fait face l’armée camerounaise aujourd’hui, le poste a été pourvu. En plus de Ayuk Edward Taka qui est ainsi nommé pour remplacer Fonya Félix, ce sont cinq autres des sept arrondissements que compte le département du Ndian qui sont concernés. Donc tous les trois qui constituent la presqu’île de Bakassi (Isangele, Kombo Abedimo et Idabato). A ceux-ci, il faut ajouter Upper Bayang dans le département de la Manyu. Des nominations de sous préfets qui sont intervenus après la prise de commandement de Théophile Nzeki, le nouveau préfet du département du Ndian.

Ces autorités administratives sont ainsi désignées au moment où une intense activité diplomatique se déroule dans la capitale camerounaise. C’est ainsi que Henri Eyebe Ayissi, le ministre des Relations extérieures a reçu les ambassadeurs des pays témoins de l’Accord de Greentree du 12 juin 2006. Après George Serre de France le 23 juillet dernier, c’était au tour de Janet Elisabeth Garvey des Etats-Unis, Horst Grunner, le Chargé d’affaires de l’Allemagne fédérale et le Haut commissaire par intérim de Grande Bretagne d’aller assurer les autorités de la disponibilité de leurs pays respectifs à accompagner la mise en place d’infrastructures de développement dans la presqu’île, après le départ de l’armée nigériane dans 17 jours exactement. Au rang de ces " amis "du Cameroun reçus dans la même perspective, Huang Changquing, l’ambassadeur de Chine.
Une action qui viendra sans doute compléter celle des autorités camerounaises qui ont mis sur pied le Comité de coordination et de suivi des actions prioritaires à mener dans la presqu’île.

Les sous préfets nommés
Kombo Abedimo : Ayuk Edward Taka
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L’incurie gouvernementale démasquée

Dans une lettre ouverte au président de la République, un Camerounais tire les premières leçons du mouvement populaire de revendications sociales qui a secoué le pays en fin février dernier.
Par Nounawe’mbih meh miaffeu –


Monsieur le président,
J’ai écouté avec beaucoup d’intérêt, comme d’ailleurs la plupart des dix huit millions de vos compatriotes que nous sommes, le message que vous avez bien voulu nous adresser au soir du 27 février, à la suite des événements tragiques qui ensanglantaient alors le pays entier et ébranlaient votre régime.
J’ai aussi appris, en écoutant la radio, en regardant la télévision et en lisant la presse, que vous avez pris un certain nombre de mesures visant à faire baisser le coût de la vie, et donc à calmer les populations que la faim avait fini par pousser dans la rue du 25 au 28 février. Aussi voudrais-je, par devoir patriotique et à la suite d’autres Camerounais, saluer ces deux initiatives, notamment celle d’intervenir, pour une fois, sous le feu de l’action en vous adressant ainsi au peuple désemparé face à la tragédie qu’il vivait. Et celle de donner suite, pour une fois aussi et bien que partielle, à ses revendications.
Vous me permettrez cependant, Monsieur le président, de prendre le contre-pied de ceux qui vous inondent de motions de soutien démagogiques depuis lors, ou qui se préparent à le faire – devoir d’impertinence oblige -, en me permettant d’émettre un autre son de cloche qui pourrait déplaire à votre ouïe et à celles de quelques thuriféraires et autres hagiographes en quête de positionnement.
Lorsque j’ai appris mercredi 27 février en journée que vous deviez vous adresser à la Nation le même jour au soir, mon premier réflexe a été d’appeler votre ministre de la Communication, Jean-Pierre Biyiti bi Essam, pour lui dire ceci : “ Monsieur le ministre, j’apprends que le chef de l’Etat s’adressera à la Nation ce soir ; suggérez lui de dire au peuple que son message est passé, que son cri a été entendu, que des réponses seront trouvées à leurs doléances, et donc qu’il n’est plus nécessaire que l’on continue à casser et à brûler. Eviter surtout de tenir un discours du genre “ force restera à la loi ” comme vous avez clamé lundi soir sur la Crtv… Voilà comment on peut, à mon avis, faire arrêter la violence dans les rues du pays ! ”. Monsieur Biyiti m’avait en effet demandé deux jours plus tôt comment selon moi on pouvait mettre fin à ce cycle de violence.
Lorsque je vous ai écouté ce soir du 27 février, je me suis écrié : “ Ca y est ! Il vient de verser de l’huile sur le feu, comme en 1991… ”. En réalité, je n’ai pas été surpris par le ton, voire l’allure particulièrement violente de votre discours, connaissant suffisamment votre mode de gestion de conflits pour ne pas rêver. Car comme on dit dans mon village, “si tu connais quelqu’un, ne l’appelle pas “ l’homme-là ”, appelle-le par son nom ”. Mais comme de nombreux Camerounais, je me suis pris à espérer que pour une fois et eu égard à la gravité de la situation, la raison patriotique et le souci de préserver les vies humaines vous commanderaient d’apaiser les tensions. Surtout que vous vous souvenez si bien de votre fameuse phrase : “ La conférence nationale souveraine est sans objet au Cameroun ”, devant l’Assemblée nationale en 1991, qui embrasa le pays entier et contribua à asseoir les fameuses “ villes mortes ” qui paralysèrent le Cameroun et son économie huit bons mois durant.
Respectez la Tripartite…
D’entrée de jeu vous sembliez déplorer le fait que “ notre pays ” soit en train de vivre des événements qui [nous] rappellent les mauvais souvenirs d’une époque [que nous croyions] révolue. Pouvez-vous Monsieur le président, dire au peuple camerounais qui fut témoin de ces événements auxquels vous faites allusion, ce que vous avez fait de concret pour que cette époque soit aujourd’hui révolue ? Qu’avez-vous fait des résolutions de cette grosse escroquerie collective que fut la conférence tripartite organisée à la hâte pour noyauter la revendication pertinente d’une véritable conférence nationale souveraine comprise comme base d’un dialogue citoyen préalable à la construction d’une démocratie consensuelle? A la place de l’organe indépendant alors réclamé par l’opposition et ce qui tenait lieu de société civile pour gérer le système électoral, vous avez préféré un Onel dépouillé de tout pouvoir, tout comme d’ailleurs Elecam appelée à succéder à l’Onel, le processus électoral étant placé, aujourd’hui comme hier, et demain aussi sûrement, sous la coupe réglée d’un ministère en charge de l’administration territoriale partisan et partial, à travers ses préfets et sous-préfets totalement aux ordres. Les prétendues consultations improvisées, soi-disant, pour doter le Cameroun d’une Constitution solide qui tiendrait compte de toutes les sensibilités s’était soldées, cinq années plus tard, par la promulgation, en janvier 1996, de celle que vous vous apprêtez à modifier aujourd’hui pour vous assurer une présidence à perpète. Alors même que dès sa soumission à l’adoption du parlement, nous y dénoncions déjà de nombreuses insuffisances que nombre de vos partisans ne “ découvrent ” qu’aujourd’hui ; à l’époque pourtant, ils vous avaient encouragé à nous jeter en prison comme des malfrats pour avoir relevé ces insuffisances. Pire, cette constitution en voie de modification, de par ses dispositions transitoires, fait du Cameroun le seul pays au monde où prospèrent deux constitutions. Et cela dure depuis… douze ans !
Au Code électoral consensuel alors exigé pour garantir la transparence dans le processus électoral, vous avez préféré, pour des raisons évidentes de tripatouillage, des lois électorales taillées sur mesure et qui confèrent l’essentiel des pouvoirs de contrôle aux fonctionnaires de l’administration territoriale. Vous venez de sceller, par vos récents textes, le sort de la décentralisation suggérée à l’époque comme une solution consensuelle aux délicates et légitimes revendications de nos compatriotes d’expression anglaise dont certains ont dû se résoudre à prendre la voie de la sécession, dans l’espoir de vous faire entendre raison. Et ce n’est pas exhaustif…
Comme vous le voyez donc, Monsieur le président, pour n’avoir pas joué franc jeu avec la Tripartite et ses résolutions, et pour avoir cru devoir prendre tout votre temps pour traduire dans les faits – à votre manière et au gré de vos intérêts d’ailleurs – celles de ces résolutions qui l’ont été, vous avez contribué vous-même à façonner, au fil des années, ces cocktails Molotov qui embrasent les rues et dévastent commerces et bâtiments publics aujourd’hui. Rappelant ainsi à notre souvenir ces tristes événements de cette époque que vous croyiez révolue.
Non à la chasse aux sorcières
Vous avez raison, Monsieur le président ! La violence n’est pas une bonne chose pour un pays et pour un peuple. Et nous devons la combattre avec la dernière énergie. D’abord et avant tout par les deux précieuses armes que sont la PREVENTION et le DIALOUE, la force ne devant être que l’exception et non la règle. Alors, plutôt que de voir derrière les récentes revendications sociales la main invisible d’apprentis sorciers qui convoitent votre fauteuil présidentiel, pourquoi ne pas vous demander si vous avez fait ce qu’il y avait à faire du point de vue de la prévention, puis du dialogue, pour éviter ces violences ? Ceci est d’autant plus important qu’une mauvaise analyse des causes pourrait conduire à de mauvaises solutions susceptibles d’engendre à court ou moyen terme de nouvelles violences, certainement plus lourdes de conséquences.
Or la chasse aux sorcières et autres “ apprentis sorciers ” dénoncés dans votre discours va-t-en-guerre, que vous avez engagée pendant et au lendemain de ces événements, encouragée sûrement par des collaborateurs qui veulent noyer leurs incompétences dans le discours sur l’instrumentalisation des jeunes manifestants, peuvent laisser penser que vous êtes malheureusement tombé dans le piège de ces collaborateurs. Or il vous suffisait, Monsieur le président, de faire un flash-back de quelques années sur le sort de vos dix huit millions de prisonniers que nous sommes, pour comprendre pourquoi un peuple si réputé pour sa patience légendaire, ( beaucoup, y compris dans votre entourage, diraient sa passivité), pouvait du jour au lendemain se soulever de la sorte, se permettant même de tutoyer pour la première fois Yaoundé qui, pour avoir cessé de respirer, ou de respirer désormais pour elle-même, a définitivement sevré de vie le Cameroun profond.

Mauvaise appréciation des réalités de vos compatriotes
Il vous souvient en effet qu’en janvier, puis en novembre 1993, votre gouvernement avait procédé à deux importantes baisses de salaires dans la Fonction publique, réduisant de 70 à 75% les salaires des fonctionnaires et assimilés. Deux mois seulement plus tard, et plus précisément le 12 janvier 1994, survenait la dévaluation du franc Cfa, laquelle réduisait de 50% ce qui restait du salaire du fonctionnaire, en terme de pouvoir d’achat. Schématisons : un fonctionnaire qui avait 100 francs Cfa de salaire mensuel au 31 décembre 1992, s’était retrouvé fin novembre 1993 avec un salaire de 25 francs Cfa ; à partir du 12 janvier 1994, la valeur de ce salaire était réduite de 50%, soit 12,5 francs Cfa/mois. Vous aviez alors réussi, à travers vos ministres et autres vendeurs d’illusion qui vous entourent, à faire croire au peuple camerounais que cette dévaluation devait permettre à l’Etat de réaliser une plus-value sur ses exportations, ce qui lui permettrait non seulement d’éponger les deux mois d’arriérés de salaires accusés en septembre et octobre 1993, mais aussi et surtout de relever le niveau de ces salaires au-delà de là où ils se trouvaient avant les baisses sus évoquées.
Quatorze années se sont écoulées depuis lors. Et si les deux mois d’arriérés de salaires ont été épongés bien péniblement il y a seulement quelques années, on ne vous a plus entendu parler d’une revalorisation de salaires que dans votre dernier discours de fin d’année 2007. A vrai dire, comment pensez-vous, Monsieur le président, que ceux de vos compatriotes qui ne gèrent pas de budget public, ou qui ne savent pas attenter à la fortune publique mise à leur disposition – en supposant qu’il y en ait -, font-ils pour joindre les deux bouts depuis tout ce temps ? Comment vous imaginez-vous leur quotidien de chefs de familles face à la montée vertigineuse de l’inflation alors que le pouvoir d’achat n’est pas conséquent ? Ne croyez-vous pas, avec deux semaines de recul, que cette situation, à elle seule, était suffisante pour provoquer une explosion sociale du genre que vous et moi avons connu fin février ? En définitive, ne voyez-vous pas que vous êtes très éloigné des réalités de vos compatriotes pour apprécier à leur juste valeur leurs revendications profondes et légitimes, vous qui n’avez jamais payé un loyer, utilisé un moyen de transport public, payer un salaire à un domestique ou un jardinier, et à plus forte raison diriger une entreprise, pour en apprécier les contraintes ? Et qui n’avez pas pour habitude de surprendre, dans l’anonymat, vos anciens amis ou bienfaiteurs dans les “ élobis ” de Mokolo, Tsinga, Briqueterie…, les ghettos de New-Bell, Oyack, Mabanda, ou dans les plantations à Meyomessala, Akono ou Babouantou ?
Mauvaise gestion des conflits sociaux
Peut-on frapper aussi durement sur un enfant et l’empêcher de pleurer ou de manifester son mécontentement ? C’est pourtant ce que vous avez laissé faire à votre gouverneur du Littoral, Faï Yengo Francis, qui en interdisant les marches contre la vie chère, a mis le feu aux poudres, et qui a instruit les forces de sécurité de tirer à balles réelles sur les manifestants. A moins de vouloir assumer les actes de délinquance administrative de ce shérif des tropiques, ou qu’il ait été envoyé par vos soins en mission commandée à Douala la rebelle, vous devez, Monsieur le président, tirer au plus vite les conséquences de tels actes ayant conduit à d’aussi nombreux morts. Ne serait-ce que pour son incompétence à gérer avec tact les conflits sociaux, comme ont su le faire en leurs temps ses braves prédécesseurs pour contenir les débordements et préserver la paix sociale.
Je salue les exonérations douanières que vous venez de prescrire pour certains produits de première nécessité, ainsi que la revalorisation des salaires dans la Fonction publique, comme une réponse au cri de détresse venu da la rue fin février. Et comme une reconnaissance de la justesse des revendications sociales en question. Et émets l’espoir que cela se ressente très vite dans le panier de la ménagère parce que vous aurez veillé vous-même à ce qu’il en soit ainsi. Vous me permettrez cependant de m’étonner quant à la part belle que vous faites aux hommes en tenue dont le traitement était déjà meilleur que celui des autres serviteurs de l’Etat. N’est-ce pas là une récompense et un encouragement à la répression aveugle qu’il s continuent d’exercer sur le petit peuple depuis la militarisation de nos grandes villes suite aux récents événements ?
Tout risque s’écrouler autour de vous
En tout état de cause, je me permets de vous inviter, Monsieur le président, à user des pouvoirs que vous confère la Constitution, pour ordonner la libération immédiate de toutes ces personnes arrêtées dans le cadre de ces événements devenus un prétexte rêvé pour certains règlements de compte. Soumis à des traitements inhumains lors de leur détention, ils sont depuis peu victimes d’une justice expéditive organisée semble-t-il, pour vous faire plaisir. Si ce n’est pour vous servir l’image d’une justice compétente alors même que celle-ci, notamment dans cette affaire, brille par une incompétence et une soumission notoires qui, parce qu’elles favorisent inéluctablement la violation flagrante du nouveau Code de procédure tant célébré et vanté, n’honore pas le Cameroun.
Monsieur le président, d’autres surprises, certainement aussi désagréables que les récentes revendications, vous attendent avant la fin de votre second septennat. Surtout si vous continuez à vous comporter au Cameroun comme un passager dans un aéroport de transit. Ou comme si le Cameroun pour vous se limitait au morceau sur lequel vous vous trouvez à l’instant “ I ”, notamment Etoudi, Mvomeka’a, et la route qui vous conduit d’un point à l’autre de ces deux localités. Le reste vous important si peu que tout peut s’écrouler autour de vous, cela vous laisserait à 37 tant que vous n’avez pas été ébranlé. Comme le jour où du palais d’Etoudi vous avez vu la fumée monter dans le ciel de Ngola…
Veuillez agréer, Monsieur le président, l’expression de mes sentiments patriotiques. 

Source : LE MESSAGER

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