Comment Sosucam ment aux Camerounais
“ Suite à l’importation de 10 000 tonnes de sucre par Monsieur Moctar sur accord du ministre des Finances sans considération au dédouanement de la valeur de référence admise, 1000 emplois à Sosucam sont à effacer, 10% de réduction de salaire vont s’opérer sur le personnel, les investissements seront arrêtés à Sosucam. La Cstc en appelle à un sursaut de solidarité pour sauver le sucre camerounais et 7 000 emplois d’une société anonyme… ” Ce communiqué de Jean Marie Zambo Amougou, secrétaire général de la confédération syndicale des travailleurs du Cameroun, datant du 11 juillet 2008, présente une situation presque chaotique à la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam). Dans le même communiqué, l’on apprend que les employés exigent des négociations avant le 15 juillet 2008 “ au risque d’une protestation syndicale ”.
Si l’on s’en tient à cette sortie de la Cstc, l’on conclut aisément que l’un des mastodontes de l’industrie agroalimentaire au Cameroun se porte mal, en raison des importations de 10 000 tonnes de sucre par un opérateur économique camerounais. Mieux, il est à craindre un mouvement d’humeur des employés de Sosucam. Pourtant, une question taraude les esprits : “ Est-ce l’importation de 10 000 tonnes de sucre par Horizon commodities qui peut aujourd’hui précipiter la mort de Sosucam ? ” Avant de répondre, une observation mérite d’être faite : passée la date butoir du 15 juillet 2008 donnée au gouvernement par la centrale syndicale pour engager des négociations, rien ne s’est produit.
Contrôle du monopole
Pourquoi donc cette levée de bouclier contre les importations faites par un opérateur alors même que Sosucam, principal producteur de sucre au Cameroun, n’arrive pas à satisfaire la consommation nationale ? Il y a manifestement des non dits autour de cette démarche de Sosucam. Faut-il le souligner, les Camerounais consomment annuellement environ 140 000 tonnes de sucre. La Sosucam produit moins de 70 000 tonnes. Il y a donc un gap d’environ 70 000 tonnes de sucre à combler chaque année. D’où la pertinence des autorisations d’importation attribuées par le ministre du Commerce à certains opérateurs économiques intéressés. Et le premier importateur n’est autre que Sosucam. L’entreprise importe régulièrement son sucre du Brésil et du Congo-Brazaville pour ravitailler le marché camerounais et de la sous-région Cemac. A la douane, l’on apprend que pour le premier semestre 2008, Sosucam a importé 8650 tonnes de sucre. En 2007, la société sucrière du Cameroun a importé 34 960 tonnes de sucre. Des importations reparties comme suit : 20 000 tonnes du Brésil, 14 960 du Congo.
Certaines sources soutiennent d’ailleurs que c’est au Brésil que Sosucam achète la totalité de son sucre. Elle le ferait transiter par le Congo juste pour ne pas payer certaines taxes douanières. Car à l’arrivée, ce sont des sacs de sucre estampillés Saris-Congo, produit Cemac qui arrivent sur le marché camerounais, exonérés des droits de douane (accords communautaires oblige !). Vrai ou faux ?
Déjà en 2005, c’est cette même compagnie qui ameutait l’opinion publique, faisant état de ce qu’elle n’arrivait pas à écouler sa production du fait de la contrebande et des importations. Il y a donc anguille sous roche. Ce qui donne raison à ceux qui croient dur comme fer que les plaintes de Sosucam ne sont en fait qu’une stratégie pour contrôler le marché du sucre au Cameroun. La Société sucrière du Cameroun ne voit pas d’un bon œil la concurrence sur le marché du sucre. Et c’est le consommateur qui, une fois de plus, va payer la facture de ce quasi-monopole. Le paquet de sucre produit par la Sosucam coûte aujourd’hui 800 Fcfa dans certaines boutiques. Et si jamais elle réussissait à faire interdire les importations, le risque est grand que ce même paquet de sucre franchisse la barre de 1000 Fcfa avant 2010. Pour rappel, le paquet de sucre Sosucam coûtait 400 Fcfa en 2002. C’est tout dire.
Par Léopold CHENDJOU


C’est en référence en référence au " All you need is Love " des Beatles que le Kassav a sorti son dernier album intitulé "All U need is Zouk". Tout un programme pour un groupe qui célèbre bientôt ses 30 années d’existence. "All U need is Zouk" est un album de 14 titres qui, pris dans son ensemble apparaît comme une compile des années Kassav tant il y a des fortes ressemblances aux titres qui ont contribué à hisser le groupe au firmament de la musique mondiale.