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L’activité industrielle au Cameroun en 2007


Après une année 2007 caractérisée par une certaine vigueur, l’économie mondiale, en cette 1ère moitié de l’année 2008, est marqué par le ralentissement dans les pays industrialisés suite à la flambée des cours des matières premières et des produits alimentaires notamment. L’Euro continue à s’apprécier par rapport au Dollar US et a atteint des niveaux historiques tandis que le cours du pétrole brut bat tous les records de hausse. Au plan intérieur, l’inflation, qui était relativement maîtrisée en 2007 avec un taux annuel proche de 1%, est repartie à la hausse. On a ainsi assisté une poussée des prix des produits alimentaires, des matériaux de construction, des produits pétroliers, etc. Par ailleurs, la production agricole d’exportation piétine privant l’économie le bénéfice des cours mondiaux porteurs, tandis que la production industrielle évolue toujours en dents-de-scie. Toutefois les finances publiques ont bénéficié de l’envolée des prix du pétrole. Ainsi pour les 4 premiers mois de 2008, les recettes pétrolières dépassent déjà leur niveau du 1er semestre 2007.

1. Activités industrielles

1.1 Analyse globale de l’activité industrielle
La production industrielle évolue en dents-de-scie. Sur la base de l’échantillon des entreprises membres du Gicam, l’indice de la production en volume, après avoir diminué au cours des 2ème et 3ème trimestres 2007 (-5,0% et -6,9% respectivement), enregistre au 4ème trimestre une progression de 7,8%. Au total, pour l’année 2007, la production industrielle est en hausse de 6,9% par rapport à 2006. En dehors de l’agro-industrie et de l’emballage, la production a progressé dans les autres secteurs, notamment les industries alimentaires (+29,1%), l’énergie et l’eau (+10, 3%) et la chimie (+37,6%). La production des entreprises manufacturières continue dans la progression amorcée en 2006 avec un taux de croissance de 12,9% tandis que l’industrie non manufacturière, bien que tirée par la fabrication des produits pétroliers, stagne (+0,9%).
Le taux d’utilisation des capacités installées s’est amélioré et se situe à près de 75% contre 69% en 2006.
Le chiffre d’affaires industriel hors taxes a progressé près de 7,3% en 2007 contre 7,9% en 2006 et 13,1% en 2005. Les ventes sur le marché local, qui représentent en moyenne 64,7% du chiffre d’affaires ont progressé de 10,0% et les exportations de 2,7%. L’évolution du chiffre d’affaires a été freinée par le recul observé au niveau des agro-industries (-6,1%) et du secteur de la Chimie (-8,9%, notamment par la fabrication de piles électriques). Au cours des cinq dernières années, le chiffre d’affaires industriel a augmenté en moyenne de 9,7% par an, tiré par les ventes des secteurs eau et énergie qui ont plus doublé depuis 2003 (+101,5%), ciment et métallurgie (+55,2%).
Les exportations (35,3% du chiffre d’affaires) ont progressé de 58,9% par rapport à 2003 et sont constituées essentiellement des ventes des produits pétroliers, d’aluminium brut et sous produits, du caoutchouc, du coton brut, le bois transformé et des produits alimentaires. Les produits pétroliers et de l’agro-industrie couvrent 70,7% des exportations tandis l’industrie manufacturière n’offre que 29,3%. Sur la période, on relève une chute importante des exportations des produits alimentaires, des boissons, du textile et de la chimie, soit des produits à forte valeur ajoutée. Le développement de l’industrie passe par sa diversification, la transformation des produits bruts en produits finis. Il s’agit ainsi de la 2ème et 3ème transformations des produits du bois, du coton, de cacao, de mettre sur pied des entreprises de pétrochimie, etc. Les projets structurants devraient être conçus pour créer une industrie intégrée. (1)
Selon l’enquête trimestrielle de conjoncture du Gicam, le secteur industriel faiblement les emplois. Les effectifs occupés stagnent depuis quelques années autour de 51 000 personnes (y compris les emplois temporaires). Par rapport à 2006, la progression a été de 6,0%, suite à l’accroissement observé dans l’agro-industrie (+6,5%), l’eau et énergie (+6,8%). Certains secteurs ont perdu des emplois : Chimie, Textile et Fabrication des boissons et tabacs. Il faut reconnaître qu’au niveau national, la création de grandes unités de production n’a pas été à l’ordre du jour. On ne cessera d’insister qu’il faudrait promouvoir la création et le développement des entreprises, génératrices d’emplois et de revenus. Les entreprises qui tournent structurellement en dessous de leurs capacités ne peuvent créer des emplois.
En dehors de l’année 2006, la masse salariale a régulièrement progressé depuis 2003 (+6,3% par an en moyenne). Tous les secteurs ont connu cette augmentation, notamment l’eau et l’énergie, le textile et les industries alimentaires.

1.2 Analyse sectorielle de l’activité industrielle

i) L’Agro-industrie
La production agro-industrielle poursuit dans la chute entamée en 2006 (-18,8% en deux ans) avec notamment la baisse de la production d’huile de palme, du caoutchouc, du coton et du sucre. La production de la banane d’exportation a atteint 232 725,9 tonnes en 2007 contre 256 363,7 tonnes en 2006. Toutefois pour les 5 premiers mois de 2008, la production se situe à 106 200 tonnes, en hausse de 10,2% par rapport à la même période de 2007.
Le Chiffre d’affaires du secteur atteint 200,5 milliards Fcfa en 2007, en retrait de 6,1% par rapport à son niveau de 2006. Près de 57,0% du chiffre d’affaires sont réalisés à l’exportation (caoutchouc naturel, coton brut et un peu de sucre).
L’agro-industrie emploie 67,9% des effectifs du secteur industriel et paie 33,7% de la masse salariale versée par les entreprises de l’échantillon. Le secteur emploie le plus gros effectif de main d’œuvre temporaire, d’où un niveau de salaire moyen bas dans le secteur.

ii) Eau et énergie
Ce secteur est constitué de la production et de la distribution de l’eau et de l’électricité, de la fabrication des produits pétroliers. Après le repli observé en 2006 (-5,2%), la production du secteur s’est accrue de 10,2% en 2007, ce qui correspond à une variation de 17% par rapport à l’année 2003.
Le chiffre d’affaires du secteur atteint 817,4 milliards Fcfa en 2007 et représente 46,9% du chiffre d’affaires des entreprises industrielles de l’échantillon. Il a progressé de 10,5% et atteint pratiquement le double du niveau de 2003 (+101,5%). La valeur des exportations des produits pétroliers sont passées au cours de cette période de 102,6 milliards de Fcfa à 290,2 milliards et sont orientées essentiellement vers la Cemac. Rappelons qu’au niveau des statistiques du commerce extérieur, les produits pétroliers sont devenus le 3ème poste d’exportation derrière le pétrole brut, le bois et sous-produits.
La production d’électricité a progressé en 2007 de 2,2%, ce qui correspond à une variation de +15,6% par rapport à l’année 2003. Aes Sonel a déjà dépassé son seuil contractuel de 1 000MW à produire et le gap par rapport à l’offre est loin d’être résorbé. L’état d’avancement de grands projets comme la centrale à gaz de Kribi, la centrale hydroélectrique de Memve’Ele ou le barrage réservoir de Lom-Pangar est une source de grande préoccupation pour les entreprises qui continuent à être victimes des coupures intempestives d’électricité. Au-delà de la faible couverture du pays, la fourniture de l’électricité en quantité, en qualité et à des coûts acceptables, est très importante tant pour la compétitivité des entreprises et du pays que dans les choix industriels des promoteurs potentiels.
Les effectifs occupés par le secteur eau & énergie n’ont pas évolué et plafonnent à une moyenne de 5 800 personnes, après restructuration des entreprises du secteur.

iii) Ciment et métallurgie
Après la hausse enregistrée en 2006 (+11,0%) la production du secteur ciment et métallurgie a connu un certain ralentissement en 2007 (+1,9%) avec la chute de la production de l’aluminium brut (-6,1%) qui souffre d’un approvisionnement insuffisant en énergie électrique. Malgré l’accroissement de la production du ciment, le pays vit une grande pénurie qui se traduit par la flambée des prix de ce produit. Le lancement effectif des deux nouveaux projets de cimenterie – à Limbe par les Coréens et à Mintom par les chinois – et l’extension de Cimencam sont fortement attendus et devraient couvrir à brève échéance les besoins internes et la demande de la sous-région.
Le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 7,0% et atteint 255,6 milliards, soit + 55,1% en 5 ans. Les exportations, constituées essentiellement d’aluminium brut et sous-produits (tôles, bandes et disque aluminium) et du ciment, se sont accrues de 91,3% au cours de la période.
Les effectifs occupés par le secteur stagnent autour de 1 500 personnes tandis que la masse salariale a progressé de 6,3% par an.

1.3 Perspectives de l’évolution du secteur industriel
Selon les entreprises enquêtées, les trois principaux facteurs ayant freiné l’activité industrielle au cours de l’année 2007 sont par ordre d’importance les coûts de facteurs (électricité, transport et télécommunications), la pression fiscale et l’état du matériel et des équipements. Quant aux perspectives, près de, 56,3% des chefs d’entreprise répondantes sont prêts à accroître leur production en 2008. S’agissant des investissements, 64,3% sont prêts à investir. Les principales motivations à l’investissement sont : l’augmentation des capacités de production et l’existence d’une demande locale et régionale, ce qui prouve que le pays dispose des avantages comparatifs naturels pour le développement du secteur industriel. L’attractivité du pays et la pratique des affaires doivent être améliorées pour accroître le taux d’investissement, seul gage du maintien de l’industrie sur un sentier de croissance durable.

2. Prix à la consommation
Par rapport à l’année 2006 où la hausse des prix avait atteint 5,0%, l’inflation semble maîtrisée en 2007. Selon l’Institut national de la statistique (Ins), l’indice national des prix de détail à la consommation a progressé de 0,9% en moyenne en 2007. Il faut reconnaître que malgré la montée des cours du pétrole brut, l’Etat, grâce aux mécanismes de stabilisation des prix, a limité au cours du 2ème semestre 2007 la répercussion mécanique à la pompe de l’envolée du prix du pétrole brut, ce qui a réduit les effets en cascade de la hausse des prix du carburant sur les autres secteurs. La levée de cette mesure en 2008, va à coup sûr, nourrir l’inflation.
A Douala, la hausse des prix a été de 1,1% en moyenne tirée les produits alimentaires, les transports et télécommunications. 

Par * Par Justin FOTSING * Economiste Principal

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L’activité industrielle au Cameroun en 2007


Après une année 2007 caractérisée par une certaine vigueur, l’économie mondiale, en cette 1ère moitié de l’année 2008, est marqué par le ralentissement dans les pays industrialisés suite à la flambée des cours des matières premières et des produits alimentaires notamment. L’Euro continue à s’apprécier par rapport au Dollar US et a atteint des niveaux historiques tandis que le cours du pétrole brut bat tous les records de hausse. Au plan intérieur, l’inflation, qui était relativement maîtrisée en 2007 avec un taux annuel proche de 1%, est repartie à la hausse. On a ainsi assisté une poussée des prix des produits alimentaires, des matériaux de construction, des produits pétroliers, etc. Par ailleurs, la production agricole d’exportation piétine privant l’économie le bénéfice des cours mondiaux porteurs, tandis que la production industrielle évolue toujours en dents-de-scie. Toutefois les finances publiques ont bénéficié de l’envolée des prix du pétrole. Ainsi pour les 4 premiers mois de 2008, les recettes pétrolières dépassent déjà leur niveau du 1er semestre 2007.

1. Activités industrielles

1.1 Analyse globale de l’activité industrielle
La production industrielle évolue en dents-de-scie. Sur la base de l’échantillon des entreprises membres du Gicam, l’indice de la production en volume, après avoir diminué au cours des 2ème et 3ème trimestres 2007 (-5,0% et -6,9% respectivement), enregistre au 4ème trimestre une progression de 7,8%. Au total, pour l’année 2007, la production industrielle est en hausse de 6,9% par rapport à 2006. En dehors de l’agro-industrie et de l’emballage, la production a progressé dans les autres secteurs, notamment les industries alimentaires (+29,1%), l’énergie et l’eau (+10, 3%) et la chimie (+37,6%). La production des entreprises manufacturières continue dans la progression amorcée en 2006 avec un taux de croissance de 12,9% tandis que l’industrie non manufacturière, bien que tirée par la fabrication des produits pétroliers, stagne (+0,9%).
Le taux d’utilisation des capacités installées s’est amélioré et se situe à près de 75% contre 69% en 2006.
Le chiffre d’affaires industriel hors taxes a progressé près de 7,3% en 2007 contre 7,9% en 2006 et 13,1% en 2005. Les ventes sur le marché local, qui représentent en moyenne 64,7% du chiffre d’affaires ont progressé de 10,0% et les exportations de 2,7%. L’évolution du chiffre d’affaires a été freinée par le recul observé au niveau des agro-industries (-6,1%) et du secteur de la Chimie (-8,9%, notamment par la fabrication de piles électriques). Au cours des cinq dernières années, le chiffre d’affaires industriel a augmenté en moyenne de 9,7% par an, tiré par les ventes des secteurs eau et énergie qui ont plus doublé depuis 2003 (+101,5%), ciment et métallurgie (+55,2%).
Les exportations (35,3% du chiffre d’affaires) ont progressé de 58,9% par rapport à 2003 et sont constituées essentiellement des ventes des produits pétroliers, d’aluminium brut et sous produits, du caoutchouc, du coton brut, le bois transformé et des produits alimentaires. Les produits pétroliers et de l’agro-industrie couvrent 70,7% des exportations tandis l’industrie manufacturière n’offre que 29,3%. Sur la période, on relève une chute importante des exportations des produits alimentaires, des boissons, du textile et de la chimie, soit des produits à forte valeur ajoutée. Le développement de l’industrie passe par sa diversification, la transformation des produits bruts en produits finis. Il s’agit ainsi de la 2ème et 3ème transformations des produits du bois, du coton, de cacao, de mettre sur pied des entreprises de pétrochimie, etc. Les projets structurants devraient être conçus pour créer une industrie intégrée. (1)
Selon l’enquête trimestrielle de conjoncture du Gicam, le secteur industriel faiblement les emplois. Les effectifs occupés stagnent depuis quelques années autour de 51 000 personnes (y compris les emplois temporaires). Par rapport à 2006, la progression a été de 6,0%, suite à l’accroissement observé dans l’agro-industrie (+6,5%), l’eau et énergie (+6,8%). Certains secteurs ont perdu des emplois : Chimie, Textile et Fabrication des boissons et tabacs. Il faut reconnaître qu’au niveau national, la création de grandes unités de production n’a pas été à l’ordre du jour. On ne cessera d’insister qu’il faudrait promouvoir la création et le développement des entreprises, génératrices d’emplois et de revenus. Les entreprises qui tournent structurellement en dessous de leurs capacités ne peuvent créer des emplois.
En dehors de l’année 2006, la masse salariale a régulièrement progressé depuis 2003 (+6,3% par an en moyenne). Tous les secteurs ont connu cette augmentation, notamment l’eau et l’énergie, le textile et les industries alimentaires.

1.2 Analyse sectorielle de l’activité industrielle

i) L’Agro-industrie
La production agro-industrielle poursuit dans la chute entamée en 2006 (-18,8% en deux ans) avec notamment la baisse de la production d’huile de palme, du caoutchouc, du coton et du sucre. La production de la banane d’exportation a atteint 232 725,9 tonnes en 2007 contre 256 363,7 tonnes en 2006. Toutefois pour les 5 premiers mois de 2008, la production se situe à 106 200 tonnes, en hausse de 10,2% par rapport à la même période de 2007.
Le Chiffre d’affaires du secteur atteint 200,5 milliards Fcfa en 2007, en retrait de 6,1% par rapport à son niveau de 2006. Près de 57,0% du chiffre d’affaires sont réalisés à l’exportation (caoutchouc naturel, coton brut et un peu de sucre).
L’agro-industrie emploie 67,9% des effectifs du secteur industriel et paie 33,7% de la masse salariale versée par les entreprises de l’échantillon. Le secteur emploie le plus gros effectif de main d’œuvre temporaire, d’où un niveau de salaire moyen bas dans le secteur.

ii) Eau et énergie
Ce secteur est constitué de la production et de la distribution de l’eau et de l’électricité, de la fabrication des produits pétroliers. Après le repli observé en 2006 (-5,2%), la production du secteur s’est accrue de 10,2% en 2007, ce qui correspond à une variation de 17% par rapport à l’année 2003.
Le chiffre d’affaires du secteur atteint 817,4 milliards Fcfa en 2007 et représente 46,9% du chiffre d’affaires des entreprises industrielles de l’échantillon. Il a progressé de 10,5% et atteint pratiquement le double du niveau de 2003 (+101,5%). La valeur des exportations des produits pétroliers sont passées au cours de cette période de 102,6 milliards de Fcfa à 290,2 milliards et sont orientées essentiellement vers la Cemac. Rappelons qu’au niveau des statistiques du commerce extérieur, les produits pétroliers sont devenus le 3ème poste d’exportation derrière le pétrole brut, le bois et sous-produits.
La production d’électricité a progressé en 2007 de 2,2%, ce qui correspond à une variation de +15,6% par rapport à l’année 2003. Aes Sonel a déjà dépassé son seuil contractuel de 1 000MW à produire et le gap par rapport à l’offre est loin d’être résorbé. L’état d’avancement de grands projets comme la centrale à gaz de Kribi, la centrale hydroélectrique de Memve’Ele ou le barrage réservoir de Lom-Pangar est une source de grande préoccupation pour les entreprises qui continuent à être victimes des coupures intempestives d’électricité. Au-delà de la faible couverture du pays, la fourniture de l’électricité en quantité, en qualité et à des coûts acceptables, est très importante tant pour la compétitivité des entreprises et du pays que dans les choix industriels des promoteurs potentiels.
Les effectifs occupés par le secteur eau & énergie n’ont pas évolué et plafonnent à une moyenne de 5 800 personnes, après restructuration des entreprises du secteur.

iii) Ciment et métallurgie
Après la hausse enregistrée en 2006 (+11,0%) la production du secteur ciment et métallurgie a connu un certain ralentissement en 2007 (+1,9%) avec la chute de la production de l’aluminium brut (-6,1%) qui souffre d’un approvisionnement insuffisant en énergie électrique. Malgré l’accroissement de la production du ciment, le pays vit une grande pénurie qui se traduit par la flambée des prix de ce produit. Le lancement effectif des deux nouveaux projets de cimenterie – à Limbe par les Coréens et à Mintom par les chinois – et l’extension de Cimencam sont fortement attendus et devraient couvrir à brève échéance les besoins internes et la demande de la sous-région.
Le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 7,0% et atteint 255,6 milliards, soit + 55,1% en 5 ans. Les exportations, constituées essentiellement d’aluminium brut et sous-produits (tôles, bandes et disque aluminium) et du ciment, se sont accrues de 91,3% au cours de la période.
Les effectifs occupés par le secteur stagnent autour de 1 500 personnes tandis que la masse salariale a progressé de 6,3% par an.

1.3 Perspectives de l’évolution du secteur industriel
Selon les entreprises enquêtées, les trois principaux facteurs ayant freiné l’activité industrielle au cours de l’année 2007 sont par ordre d’importance les coûts de facteurs (électricité, transport et télécommunications), la pression fiscale et l’état du matériel et des équipements. Quant aux perspectives, près de, 56,3% des chefs d’entreprise répondantes sont prêts à accroître leur production en 2008. S’agissant des investissements, 64,3% sont prêts à investir. Les principales motivations à l’investissement sont : l’augmentation des capacités de production et l’existence d’une demande locale et régionale, ce qui prouve que le pays dispose des avantages comparatifs naturels pour le développement du secteur industriel. L’attractivité du pays et la pratique des affaires doivent être améliorées pour accroître le taux d’investissement, seul gage du maintien de l’industrie sur un sentier de croissance durable.

2. Prix à la consommation
Par rapport à l’année 2006 où la hausse des prix avait atteint 5,0%, l’inflation semble maîtrisée en 2007. Selon l’Institut national de la statistique (Ins), l’indice national des prix de détail à la consommation a progressé de 0,9% en moyenne en 2007. Il faut reconnaître que malgré la montée des cours du pétrole brut, l’Etat, grâce aux mécanismes de stabilisation des prix, a limité au cours du 2ème semestre 2007 la répercussion mécanique à la pompe de l’envolée du prix du pétrole brut, ce qui a réduit les effets en cascade de la hausse des prix du carburant sur les autres secteurs. La levée de cette mesure en 2008, va à coup sûr, nourrir l’inflation.
A Douala, la hausse des prix a été de 1,1% en moyenne tirée les produits alimentaires, les transports et télécommunications. 

Par * Par Justin FOTSING * Economiste Principal

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L’activité industrielle au Cameroun en 2007


Après une année 2007 caractérisée par une certaine vigueur, l’économie mondiale, en cette 1ère moitié de l’année 2008, est marqué par le ralentissement dans les pays industrialisés suite à la flambée des cours des matières premières et des produits alimentaires notamment. L’Euro continue à s’apprécier par rapport au Dollar US et a atteint des niveaux historiques tandis que le cours du pétrole brut bat tous les records de hausse. Au plan intérieur, l’inflation, qui était relativement maîtrisée en 2007 avec un taux annuel proche de 1%, est repartie à la hausse. On a ainsi assisté une poussée des prix des produits alimentaires, des matériaux de construction, des produits pétroliers, etc. Par ailleurs, la production agricole d’exportation piétine privant l’économie le bénéfice des cours mondiaux porteurs, tandis que la production industrielle évolue toujours en dents-de-scie. Toutefois les finances publiques ont bénéficié de l’envolée des prix du pétrole. Ainsi pour les 4 premiers mois de 2008, les recettes pétrolières dépassent déjà leur niveau du 1er semestre 2007.

1. Activités industrielles

1.1 Analyse globale de l’activité industrielle
La production industrielle évolue en dents-de-scie. Sur la base de l’échantillon des entreprises membres du Gicam, l’indice de la production en volume, après avoir diminué au cours des 2ème et 3ème trimestres 2007 (-5,0% et -6,9% respectivement), enregistre au 4ème trimestre une progression de 7,8%. Au total, pour l’année 2007, la production industrielle est en hausse de 6,9% par rapport à 2006. En dehors de l’agro-industrie et de l’emballage, la production a progressé dans les autres secteurs, notamment les industries alimentaires (+29,1%), l’énergie et l’eau (+10, 3%) et la chimie (+37,6%). La production des entreprises manufacturières continue dans la progression amorcée en 2006 avec un taux de croissance de 12,9% tandis que l’industrie non manufacturière, bien que tirée par la fabrication des produits pétroliers, stagne (+0,9%).
Le taux d’utilisation des capacités installées s’est amélioré et se situe à près de 75% contre 69% en 2006.
Le chiffre d’affaires industriel hors taxes a progressé près de 7,3% en 2007 contre 7,9% en 2006 et 13,1% en 2005. Les ventes sur le marché local, qui représentent en moyenne 64,7% du chiffre d’affaires ont progressé de 10,0% et les exportations de 2,7%. L’évolution du chiffre d’affaires a été freinée par le recul observé au niveau des agro-industries (-6,1%) et du secteur de la Chimie (-8,9%, notamment par la fabrication de piles électriques). Au cours des cinq dernières années, le chiffre d’affaires industriel a augmenté en moyenne de 9,7% par an, tiré par les ventes des secteurs eau et énergie qui ont plus doublé depuis 2003 (+101,5%), ciment et métallurgie (+55,2%).
Les exportations (35,3% du chiffre d’affaires) ont progressé de 58,9% par rapport à 2003 et sont constituées essentiellement des ventes des produits pétroliers, d’aluminium brut et sous produits, du caoutchouc, du coton brut, le bois transformé et des produits alimentaires. Les produits pétroliers et de l’agro-industrie couvrent 70,7% des exportations tandis l’industrie manufacturière n’offre que 29,3%. Sur la période, on relève une chute importante des exportations des produits alimentaires, des boissons, du textile et de la chimie, soit des produits à forte valeur ajoutée. Le développement de l’industrie passe par sa diversification, la transformation des produits bruts en produits finis. Il s’agit ainsi de la 2ème et 3ème transformations des produits du bois, du coton, de cacao, de mettre sur pied des entreprises de pétrochimie, etc. Les projets structurants devraient être conçus pour créer une industrie intégrée. (1)
Selon l’enquête trimestrielle de conjoncture du Gicam, le secteur industriel faiblement les emplois. Les effectifs occupés stagnent depuis quelques années autour de 51 000 personnes (y compris les emplois temporaires). Par rapport à 2006, la progression a été de 6,0%, suite à l’accroissement observé dans l’agro-industrie (+6,5%), l’eau et énergie (+6,8%). Certains secteurs ont perdu des emplois : Chimie, Textile et Fabrication des boissons et tabacs. Il faut reconnaître qu’au niveau national, la création de grandes unités de production n’a pas été à l’ordre du jour. On ne cessera d’insister qu’il faudrait promouvoir la création et le développement des entreprises, génératrices d’emplois et de revenus. Les entreprises qui tournent structurellement en dessous de leurs capacités ne peuvent créer des emplois.
En dehors de l’année 2006, la masse salariale a régulièrement progressé depuis 2003 (+6,3% par an en moyenne). Tous les secteurs ont connu cette augmentation, notamment l’eau et l’énergie, le textile et les industries alimentaires.

1.2 Analyse sectorielle de l’activité industrielle

i) L’Agro-industrie
La production agro-industrielle poursuit dans la chute entamée en 2006 (-18,8% en deux ans) avec notamment la baisse de la production d’huile de palme, du caoutchouc, du coton et du sucre. La production de la banane d’exportation a atteint 232 725,9 tonnes en 2007 contre 256 363,7 tonnes en 2006. Toutefois pour les 5 premiers mois de 2008, la production se situe à 106 200 tonnes, en hausse de 10,2% par rapport à la même période de 2007.
Le Chiffre d’affaires du secteur atteint 200,5 milliards Fcfa en 2007, en retrait de 6,1% par rapport à son niveau de 2006. Près de 57,0% du chiffre d’affaires sont réalisés à l’exportation (caoutchouc naturel, coton brut et un peu de sucre).
L’agro-industrie emploie 67,9% des effectifs du secteur industriel et paie 33,7% de la masse salariale versée par les entreprises de l’échantillon. Le secteur emploie le plus gros effectif de main d’œuvre temporaire, d’où un niveau de salaire moyen bas dans le secteur.

ii) Eau et énergie
Ce secteur est constitué de la production et de la distribution de l’eau et de l’électricité, de la fabrication des produits pétroliers. Après le repli observé en 2006 (-5,2%), la production du secteur s’est accrue de 10,2% en 2007, ce qui correspond à une variation de 17% par rapport à l’année 2003.
Le chiffre d’affaires du secteur atteint 817,4 milliards Fcfa en 2007 et représente 46,9% du chiffre d’affaires des entreprises industrielles de l’échantillon. Il a progressé de 10,5% et atteint pratiquement le double du niveau de 2003 (+101,5%). La valeur des exportations des produits pétroliers sont passées au cours de cette période de 102,6 milliards de Fcfa à 290,2 milliards et sont orientées essentiellement vers la Cemac. Rappelons qu’au niveau des statistiques du commerce extérieur, les produits pétroliers sont devenus le 3ème poste d’exportation derrière le pétrole brut, le bois et sous-produits.
La production d’électricité a progressé en 2007 de 2,2%, ce qui correspond à une variation de +15,6% par rapport à l’année 2003. Aes Sonel a déjà dépassé son seuil contractuel de 1 000MW à produire et le gap par rapport à l’offre est loin d’être résorbé. L’état d’avancement de grands projets comme la centrale à gaz de Kribi, la centrale hydroélectrique de Memve’Ele ou le barrage réservoir de Lom-Pangar est une source de grande préoccupation pour les entreprises qui continuent à être victimes des coupures intempestives d’électricité. Au-delà de la faible couverture du pays, la fourniture de l’électricité en quantité, en qualité et à des coûts acceptables, est très importante tant pour la compétitivité des entreprises et du pays que dans les choix industriels des promoteurs potentiels.
Les effectifs occupés par le secteur eau & énergie n’ont pas évolué et plafonnent à une moyenne de 5 800 personnes, après restructuration des entreprises du secteur.

iii) Ciment et métallurgie
Après la hausse enregistrée en 2006 (+11,0%) la production du secteur ciment et métallurgie a connu un certain ralentissement en 2007 (+1,9%) avec la chute de la production de l’aluminium brut (-6,1%) qui souffre d’un approvisionnement insuffisant en énergie électrique. Malgré l’accroissement de la production du ciment, le pays vit une grande pénurie qui se traduit par la flambée des prix de ce produit. Le lancement effectif des deux nouveaux projets de cimenterie – à Limbe par les Coréens et à Mintom par les chinois – et l’extension de Cimencam sont fortement attendus et devraient couvrir à brève échéance les besoins internes et la demande de la sous-région.
Le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 7,0% et atteint 255,6 milliards, soit + 55,1% en 5 ans. Les exportations, constituées essentiellement d’aluminium brut et sous-produits (tôles, bandes et disque aluminium) et du ciment, se sont accrues de 91,3% au cours de la période.
Les effectifs occupés par le secteur stagnent autour de 1 500 personnes tandis que la masse salariale a progressé de 6,3% par an.

1.3 Perspectives de l’évolution du secteur industriel
Selon les entreprises enquêtées, les trois principaux facteurs ayant freiné l’activité industrielle au cours de l’année 2007 sont par ordre d’importance les coûts de facteurs (électricité, transport et télécommunications), la pression fiscale et l’état du matériel et des équipements. Quant aux perspectives, près de, 56,3% des chefs d’entreprise répondantes sont prêts à accroître leur production en 2008. S’agissant des investissements, 64,3% sont prêts à investir. Les principales motivations à l’investissement sont : l’augmentation des capacités de production et l’existence d’une demande locale et régionale, ce qui prouve que le pays dispose des avantages comparatifs naturels pour le développement du secteur industriel. L’attractivité du pays et la pratique des affaires doivent être améliorées pour accroître le taux d’investissement, seul gage du maintien de l’industrie sur un sentier de croissance durable.

2. Prix à la consommation
Par rapport à l’année 2006 où la hausse des prix avait atteint 5,0%, l’inflation semble maîtrisée en 2007. Selon l’Institut national de la statistique (Ins), l’indice national des prix de détail à la consommation a progressé de 0,9% en moyenne en 2007. Il faut reconnaître que malgré la montée des cours du pétrole brut, l’Etat, grâce aux mécanismes de stabilisation des prix, a limité au cours du 2ème semestre 2007 la répercussion mécanique à la pompe de l’envolée du prix du pétrole brut, ce qui a réduit les effets en cascade de la hausse des prix du carburant sur les autres secteurs. La levée de cette mesure en 2008, va à coup sûr, nourrir l’inflation.
A Douala, la hausse des prix a été de 1,1% en moyenne tirée les produits alimentaires, les transports et télécommunications. 

Par * Par Justin FOTSING * Economiste Principal

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Miss Cameroun 2008

Les remplaçantes de Martha Krumba se bousculent –

Le stress monte au sein des concurrentes, à quelques heures de la finale qui se déroule ce jour à Yaoundé.

“Tenez vous bien ! Mettez en valeur votre corps et continuez à bien vous comporter les filles ! ”. Louise Abomba, scénographe des candidates à l’élection Miss Cameroun, donne les dernières instructions aux filles, sous l’œil vigilant d’Ingrid Solange Amougou, présidente du Comité d’organisation Miss Cameroun. Il est environ 13 h, ce jeudi 03 mars. Les cœurs des 12 finalistes battent la chamade. Elles s’apprêtent à passer à une présélection surprise.
Réunies autour de la piscine de l’hôtel Mt Fébé, ces dernières n’ont pas été informées d’un quelconque défilé devant le jury. “ Je dois avouer que je suis stressée, parce que c’est vraiment une surprise. Quand on venait ici, on ne nous a pas dit qu’on devait passer devant le jury ”, lance une candidate du grand Littoral, Hélène Essombe. “J’avais très peur au début. Mais, dès le passage de la première candidate, j’ai pris confiance parce qu’elle nous a dit que les questions qu’on pose ne sont pas difficiles. Et puis, on nous a assez préparé moralement pour qu’on soit sûres de nous-mêmes ”, ajoute Fabiola Nguimkie du grand Ouest. Ce passage surprise, d’après Louise Abomba, est une occasion de voir les miss à l’état naturel. “ C’est un grand moment de doute pour elles toutes. A cette approche de la finale, elles ont peur. Mais, nous sommes là pour leur remonter le moral. Il est important que l’on juge d’abord leur moralité et leur naturel, parce que ça compte aussi ”, assure-t-elle entre deux instructions lancées toutes les secondes à ses “ Miss ”. La pression est croissante quelques instants après, lorsque arrive le passage en maillots de bain. Pis, les questions sont en anglais. “ N’attachez rien au-dessus ! ”, hurle la scénographe. Sinon, le jury va suspecter que vous cacher quelque chose.” Jusque-là, certaines candidates cachent difficilement leur pudeur.

Morale
Depuis samedi, les candidates sont à la mise au vert au Monastère des Bénédictins du Mont Fébé. Une sorte de période bloquée à laquelle elles ont droit à une préparation physique et morale. Les différentes démonstrations qui émerveilleront le public demain, au Palais des congrès, sont répétées minutieusement. “ C’est vraiment une véritable vie en société qu’on nous apprend. Nous devons être humbles, compréhensives et travailleuses. Ce qui fait que, globalement, l’ambiance est bonne. On se soutient entre nous, on se remonte le moral et on essaye de gérer nos différences comme des grandes personnes ”, concède Audrey Amboague, candidate du grand Sud originaire de l’Est. Cependant, c’est depuis la veille de l’élection (jeudi 03 mars) que le stress et le doute sont plus perceptibles sur les visages. La vie rayonnante en groupe ne fait pas oublier aux candidates qu’elles sont là pour la conquête d’une couronne. “ C’est vraiment difficile, parce que toutes les filles sont belles. Je crois qu’il faut qu’on cultive beaucoup notre intelligence, parce que c’est certainement cet aspect qui va nous départager. Il faut également rester sereine et se dire que si on est là, c’est parce qu’on l’a mérité ”, soutient l’une d’entre-elles.
Joséphine Sirri Neba, candidate du Nord-Ouest, visiblement très abattue, semble gérer, au contraire des autres, une double pression. Candidate à l’élection précédente, elle est rentrée bredouille. Sans baisser les bras, elle se retrouve une fois de plus dans la course. “ Je ne perds pas l’espoir d’être élue Miss. J’ai toujours rêvé d’être ambassadrice des jeunes. Puisque mes parents me soutiennent, je me suis représentée. Mais, cette fois sera la dernière, élue ou pas ”, confie-t-elle. Elle doit probablement savoir que cette présélection permet déjà d’éliminer cinq candidates sans qu’elles ne soient au courant. Le souci des organisateurs est d’offrir au public un spectacle émouvant et inoubliable pour cette 5ème édition de la plus belle femme du Cameroun.

Pélagie Ng’onana
LNE

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